La tradition perdure et Halloween sera célébré comme il se doit encore cette année. Simon Predj du podcast Ars Moriendi rejoint Seb et Emile pour une édition spéciale aux couleurs d’Halloween. Au programme ce soir, trois récits inexplorés jusqu’alors dans nos podcasts, mariant faits historiques et technologies, pour vous tenir en haleine jusqu’aux premières lueurs de l’aube, c’est promis ! : Mark Twitchell : L’obscur réalisateur, L’énigmatique mort d’Arpana Jinaga, et l’intrigante conjonction entre le film The Entity et l’affaire Doris Bither! N’oubliez pas d’allumer de la sauge pendant l’écoute, on n’est jamais trop prudent !

Épisode
#113 - Spécial Halloween 2023 avec Ars Moriendi
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Vous êtes sur le point d'écouter Distorsion, un podcast sur des histoires étranges d'Halloween.
Lorsqu'on se met à fouiller les profondeurs de la littérature ou encore les recoins sombres du web, c'est là que l'on trouve le côté le plus extrême de la nature humaine.
La mort nous rattrape partout, que ce soit au fond d'une ruelle sombre ou encore sur un forum de discussion obscure.
Et partout où la terreur se pointe, nous restons pas loin, nous, vos fidèles podcasters.
En cette saison d'Halloween, on en profite pour mettre en commun nos histoires les plus lugubres et terrifiantes.
Préparez-vous, voici les spéciales Halloween de Distorsion et Ars Morindi.
Sébastien Lévesque et Simon Predge, comment ça va?
Ça va bien, et toi, Emile Gauthier?
Simon Predge.
Ça va très bien. Simon, c'est un peu, on est content de te recevoir parce que tu es là depuis le début, tu fais partie un peu de l'histoire de Distorsion.
Tu es là vraiment depuis notre première année, donc c'est pour ça que ça nous fait plaisir de poursuivre cette tradition-là.
Comment tu trouves ça de refaire cet épisode-là à chaque année comme ça, avec toujours des nouvelles histoires?
Déjà, je suis là plus souvent que vous le pensez. Des fois, je me cache en dessous du lit pendant que vous enregistrez, mais ça, c'est une autre histoire.
C'est ça, les petits bruits.
On a parti nos podcasts quasiment en même temps. On s'empile pas depuis le début qu'on est des amis, depuis le jour un qu'on aime ça travailler ensemble, se voir.
Nous autres, on est allé au hockey, nous autres, on est allé prendre des verres ensemble souvent.
On est des amis, ça allait de soi que ça allait devenir une tradition.
Bien sûr.
Cette année encore, en fait, on garde le même concept. On a chacun choisi une histoire un peu thématique Halloween.
Evidemment.
Ça, c'est pas forcément toujours... Nos histoires se déroulent pas toujours le jour de l'Halloween.
C'est le cas de la mienne, par exemple. Mais bref, on ignore chacun les histoires des autres.
Ça fait partie du fun aussi d'en découvrir des nouvelles.
Oui, puis on aime ça aussi être traumatisé par Simon pendant quelques semaines après la lecture de ses histoires.
Oui, c'est ça. Généralement, on est traumatisé un peu avant aussi parce qu'il nous partage des photos, des choses comme ça.
Il nous tease. Puis on réussit toujours à être traumatisé par la suite.
Je pense que je suis pas si pire aujourd'hui.
Il y a quand même un petit élément évé, mais je pense qu'aujourd'hui, je suis quand même tranquille.
Je suis adouci.
On a découvert plusieurs histoires sordides grâce à toi au cours des dernières années, Simon.
Puis même nos auditeurs aussi, souvent, c'est des épisodes qui restent, les spéciaux d'Halloween.
Mais on dirait qu'on se rend pas fou avec ça.
On essaie toujours de trouver une histoire qui va être meilleure que celle des autres.
Pas par compétition, mais on veut pas être l'histoire la moins aimée du show, on dirait.
Mais on s'en reparle pas après. C'est pas une compétition, mais c'est qu'on veut surprendre.
Moi, je vais vous surprendre comme vous voulez me surprendre.
Je pense qu'à la base, c'est normal.
Puis là, au bout d'autant de spéciaux d'Halloween, on essaie de se réinventer, de trouver quelque chose de nouveau.
Non, mais t'as raison.
C'est pas toujours évident de trouver des histoires justement au fil des Halloween parce qu'elle s'épure.
Mais c'est pour ça que justement, comment dire, on reste sur le thème.
Mais ça peut pas juste se dérouler en octobre.
C'est sûr que la première fois, on a fait une recherche, on a écrit Histoire Halloween.
Mais là, on peut plus faire ça. Il n'y a pas d'accès à l'Halloween.
Non, exactement.
Il faut chercher plus loin.
Ça risque d'être bien intéressant encore une fois ce soir.
Puis puisqu'on est un peu dans la thématique Halloween aussi, nous, on a une grosse annonce à faire, moi et Seb,
parce qu'on lance un projet de bande dessinée avec notre ami Ron qui a collaboré à nos deux premiers livres.
Donc, c'est une nouvelle aventure dans laquelle on s'est lancé.
On en a parlé plusieurs années avec lui, avec Ron.
On prend part à une édition de la série de bande dessinée d'horreur Low Reader
qui est édité chez le label 619 et sur rue de Sèvres en France.
Et avec Ron, on a fait la curation de trois histoires étranges de l'ère numérique avec plein de textes accompagnateurs.
C'est une bande dessinée d'environ 100 pages du gros calibre qui a été réalisée avec des duos d'artistes hallucinants.
Donc, chaque histoire, trois histoires, c'est trois duos d'illustrateurs, scénaristes.
Et même nous, on est dans la BD, Seb.
Oui, exactement. Oui, on est des protagonistes d'une certaine façon.
Donc, c'est un secret qu'on vous cache depuis déjà plusieurs mois, quelques années même.
Et sachez que je ne sais pas à quel moment vous allez écouter cet épisode,
mais le 25 octobre en Europe, la BD devrait être en librairie.
C'est le Low Reader spécial Distortion.
Vous allez voir, c'est hallucinant, c'est une BD d'horreur.
Donc, je vous avertis, c'est quand même des passages un peu difficiles.
Oui, oui, oui, quand même.
Et ce sera le 10 novembre dans les librairies du Québec
et sans doute disponible en ligne sur les sites de vos librairies préférées.
Donc, manquez pas ça, c'est une grosse nouvelle pour nous.
Notre retour en livre, notre retour du côté de l'édition,
mais dans un mode illustré, fantastique même, de fiction.
Et Ron, encore une fois, a fait un travail incroyable.
Incroyable. Ron et ses collaborateurs.
Oh oui.
Je t'ai toujours dit que vous étiez des cartoons, dans le fond.
Ah, exactement. En fait, c'est un peu un rêve de se retrouver en cartoon.
Ça, c'est clair. J'ai eu… j'ai pogné de quoi, moi,
quand la chronique de l'abîme est sortie,
puis on a quelques bandes dessinées avec nous dedans.
Moi, c'était… j'avais cinq ans et mon rêve, c'était de faire de la bande dessinée.
Donc, d'en devenir une à l'âge adulte,
je considère que c'est comme un rêve réalisé.
Ah, je comprends le type.
D'ailleurs, dans l'after-show, Simon, garde avec nous,
pour nos abonnés Patreon, on veut partir un petit peu plus en dérap avec toi,
parler de tes projets, creuser un peu plus.
On sait que toi aussi, tu…
comment on dit, tu bourdonnes dans le monde de l'édition,
de la bande dessinée, du live.
J'ai aussi plein de blagues grivoires.
Oui, c'est ça. Donc, on se garde un after-show
après ce spécial Halloween pour parler sans censure ensemble,
puis explorer d'autres petites avenues.
Mais tout d'abord, Ars Moriendi, ton podcast, c'en est où?
Je suis convaincu qu'il y a des nouveaux auditeurs, auditrices
qui nous écoutent et qui vont sans doute te découvrir,
parce qu'il y a tellement de jeunes maintenant
qui découvrent les podcasts.
C'est une renaissance un peu.
Comment ça se passe, ça, de ton côté, Ars Moriendi?
Je ne sais pas, ça fait un an, j'en ai pas fait.
Déjà un an?
Ça fait un an. Mon dernier épisode,
ça date, c'est 2022 parce que j'étais supposant
sortir un dernier en décembre, puis après ça,
me concentrer sur le livre.
Puis là, même celui de décembre a débordé
parce qu'il était trop de travail.
Je peux le répéter, je l'avais déjà annoncé,
il n'y a pas de secret.
C'est un épisode sur Jim Jones et sa secte de Jones Town.
C'est un sujet un petit peu trop riche, finalement.
Entre 17 à 20 pages, j'ai mon heure de podcast normalement.
Mais là, j'en suis à la page 40 et j'ai pas terminé.
Donc là, il faut que j'apprenne à couper,
à adapter ça, il faut que je tranche,
il faut que je sélectionne.
Mais bref, dès que le livre se termine,
je suis en train de terminer l'introduction,
la conclusion de mon livre.
Dès le mois de novembre, je retourne à Jim Jones,
puis je recommence à travailler là-dessus.
Je prépare ma prochaine saison qui va arriver
un moment donné cet hiver.
Je l'espère en janvier.
Donc 2024.
Jim Jones, j'aimerais que ce soit décembre,
mais on va voir comment ça se passe.
Je suis un peu brûlé de mon année,
même si vous n'avez pas eu de podcasts.
Mais ça serait mon souhait le plus cher.
Sinon, au plus tard janvier, c'est certain,
Arse Moriendi va être de retour avec une nouvelle saison.
Donc, à ceux qui se le demandaient,
Simon n'est pas mort.
Yes, puis ceux qui...
En temps d'un peu, là.
Puis pour les curieux,
il y a plein de contenu d'Arse Moriendi
qui est déjà là.
On fait des épisodes merveilleux.
Puis on vous conseille fortement
d'aller jeter un coup d'œil.
Si vous découvrez ce podcast-là ce soir,
c'est un incontournable,
c'est un des plus grands podcasts québécois.
Absolument.
Théâtra a lancé...
C'est vrai que tu le disais super fin, merci, c'est gentil.
Mais en même temps, c'est vrai que tu l'as dit.
On envoie...
On dirait qu'il y a un regain de nouveaux auditeurs
qui découvrent soit votre show, soit le mien.
Puis je trouve ça ben le fun.
On dirait que c'est...
Je ne sais pas si c'est une nouvelle vague,
mais il faut toujours considérer que l'épisode
qu'on est en train de faire,
c'est le premier épisode pour quelqu'un.
Oui, oui, oui.
Ça, je trouve ça ben intéressant.
Je trouve ça ben le fun.
Puis là, les anciens sont jaloux.
Oh, c'est pas juste.
Tu découvres ça pour la première fois maintenant.
J'aimerais se retrouver ça.
Oui, ou pouvoir binger plusieurs épisodes.
Yes.
Donc, même concept que d'habitude, trois histoires, guys.
On s'est organisé en avance.
C'est quoi l'ordre, déjà, Seb?
Vous avez de moi en premier?
Oui, j'ai pris l'ordre d'alphabétique
de nos noms de famille.
Oh là là.
Toi en premier, moi en deuxième.
Et toi en premier, moi en deuxième.
Oui, c'est ça.
Et Simon, on conclut avec le plus macabre.
J'ai mis mon beau port de Jartel, c'est parfait.
Génial.
Mais avant toute chose,
on n'a pas le choix de vous parler un peu
de notre commanditaire et partenaire NordVPN,
n'est-ce pas, Seb?
Commanditaire et partenaire?
Oui.
On n'a pas le choix parce que, je veux dire,
il faut le remercier.
Puis dans un monde, Emile,
où les spectres numériques sont omniprésents,
la protection de nos données est primordiale.
Et NordVPN est notre talissement
contre ces esprits malveillants en ligne.
Absolument, Seb.
Entre les menaces en ligne
et les histoires effrayantes d'Halloween de Simon,
ben, je préfère les histoires de Simon pour être franc,
m'ayant moi-même fait pirater mes comptes à ma entreprise,
mais grâce à NordVPN,
je peux naviguer en toute sécurité
et pour ceux qui aiment voyager
en se connectant à des pays différents,
d'effrayantes bonnes affaires vous attendent.
Et pour nos auditeurs,
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Puis aussi, ben, c'est possible de se connecter
sur des sites de nouvelles, des sites de contenu,
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Donc, on ne manque rien de ces séries télé
et puis on peut aussi l'explorer
à ce qui se passe dans les autres pays.
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il y a vraiment rien à craindre.
Et là-dessus, ben Seb,
est-ce qu'on est prêt à affronter les frissons
de cet épisode spécial Halloween?
Oh oui, madame!
Avec la tranquillité d'esprit offerte par NordVPN,
protégez vos morts pendant qu'il est encore.
Est-ce que, les gars, vous connaissez l'histoire
de la mort inexpliquée d'Arpana Jinaga?
Non, pas du tout.
Non, vous allez voir, je ne la connaissais pas moi non plus,
mais c'est une histoire assez terrifiante.
Même, je mets un petit trigger warning.
C'est drôle que le tirage au sort me fait commencer,
mais c'est une histoire qui va quand même être assez difficile, je vous dis.
Assez violente, même.
Je vais vous parler un peu de cette femme,
de Arpana Jinaga,
mais aussi de sa venue aux États-Unis,
parce qu'elle vient de l'Inde,
et malheureusement,
il lui est arrivé un épisode
dans sa ville d'adoption
vraiment tragique,
qui est toujours inexpliquée à ce jour.
Donc, vous allez voir,
et tout ça se déroule un soir et une nuit dans Halloween.
Donc, rien n'est là
pour, comment dire,
pour adoucir le ton de cette histoire.
Arpana B. Jinaga
a grandi à Hyderabad,
l'une des plus grandes villes de l'Inde.
Elle était l'aînée de deux filles
de ses parents,
B.C. et Nirmala Jinaga,
respectivement professeurs en génie informatique,
et sa mère était femme au foyer.
Alors qu'Arpana
montrait une affinité pour l'art,
l'écriture et même la gymnastique
dès son plus jeune âge,
elle semblait destinée à suivre
les traces de son père
et à devenir une sorte de prodige de la technologie
dans son adolescence.
Donc, c'était une petite fille qui adorait la technologie.
En tant qu'adolescente,
elle a participé à un concours de
conception matérielle de l'IEEE
qui lui a valu l'attention
des universités et des employeurs
potentiels et qui semblait
la diriger tout droit vers le domaine de l'informatique.
Sa sœur Kadet
Pavitra a commencé à
suivre ses traces également
et plus tard a poursuivi une carrière
en génie informatique, donc après sa sœur.
Arpana a déménagé
à Redmond dans l'état de Washington.
Vous savez, c'est là que se trouve
le siège de Microsoft.
Au cours des premiers mois de 2008,
Redmond, qui est une banlieue
en périphérie de Seattle,
se trouve de l'autre côté du pittoresque
Lac Washington et est connu
un peu comme une sorte de mec
de la technologie.
Nintendo sont dans ce coin-là aussi.
Elle a déménagé dans les
appartements de Valley View,
juste au nord du parc Marymoor,
le long du bloc 8-9-0-0
de Redmond-Woodinville Road.
Et là, elle vivait dans l'appartement numéro
89-46,
au dernier étage du complexe.
Bien qu'Arpana n'ait pas eu d'amis
ou de familles dans la région,
cela ne l'a pas empêché de s'intégrer dans la communauté.
Et bientôt, elle a pu se constituer
un cercle social autour d'elle
grâce à sa personnalité enjouée
et à sa volonté d'essayer
tout au moins une fois.
Éventuellement,
elle a décidé de s'acheter une moto
et malgré son expérience,
elle avait prévu de l'utiliser comme principal
moyen de transport. Malgré le fait
qu'elle ne savait pas conduire une moto à l'époque,
elle s'est achetée une Suzuki
et a commencé à suivre des cours pour apprendre
la conduite en toute sécurité.
En plus de rejoindre un club de motocyclistes,
Arpana a également fait du bénévolat
au service d'incendie de Redmond,
participant aux interventions
en cas d'incendie dans la région.
À l'âge de 24 ans,
elle avait déjà vécu une vie pleine
et enrichissante et semblait
prête à laisser une empreinte positive
sur le reste du monde.
Elle avait tout pour elle, elle en était jeune,
elle avait des bonnes études,
une bonne carrière devant elle,
elle refaisait sa vie aux États-Unis,
tout ça, donc tout était prêt pour elle
pour un avenir brillant.
L'American Dream, si je peux me permettre.
Oui, et quelque part. On se transporte
maintenant le soir d'Halloween 2008,
donc le 31 octobre 2008.
Et pour une des rares chances,
cette année-là, ça tombait un vendredi.
Ce jour-là...
J'ai eu peur que tu fasses le gag,
ça tombait un vendredi 13.
Dans ce cas-là, c'est un 31,
c'est pas Halloween un vendredi 13.
Mais au moment où on enregistre cet épisode,
on est un vendredi 13.
On est à l'abri de rien à se voir, les gars.
Mais tu sais quoi, Emile?
Mon histoire se déroule
au même moment que toi, la même date.
Le 31 octobre 2008?
Il y a un événement majeur dans mon histoire.
C'était exactement cette date-là.
Oh, ok, intéressant.
Ah, ben moi aussi de bord.
Je pense qu'on va être plus en 1908.
Ou en 1800.
On s'en va des instants.
Justement, vu qu'on connaît pas nos histoires,
ça m'a comme surpris quand t'as nommé la date.
Bon, ce jour-là,
en fait, Arpana est allé travailler
comme si c'était un jour de travail ordinaire.
Mais elle a parlé à certains de ses collègues
d'une fête qui aurait lieu le soir
dans son complexe d'appartement.
Après avoir quitté le travail,
elle s'est arrêtée dans un magasin
pour acheter des décorations d'Halloween
et a commencé à décorer son appartement
alors que d'autres personnes
commençaient à rentrer chez elle
et à enfiler leurs costumes.
Donc c'est un peu une soirée
où ils se disent, ben, dans le bloc appartement,
on ouvre toutes nos portes,
on met de la musique,
on sort des drinks,
de la bouffe et autres, et puis les gens
se baladent d'un appartement à l'autre.
Ils font ça dans ma ruelle?
Oui, ben oui aussi.
Ça se fait de plus en plus dans les petits quartiers de Montréal.
Oui, c'est vrai.
Cette nuit-là, Arpana et au moins trois de ses voisins
ont ouvert leur appartement pour la fête
qui s'est déplacé dans tout le complexe
au fil des heures.
Plus d'une douzaine de personnes sont passées
par les nombreux appartements ce soir-là,
y compris celui d'Arpana.
La plupart des invités
ont quitté l'appartement pour aller chez
ses voisins peu après 21 heures.
Mais il y avait beaucoup de mouvements
cette soirée-là, il n'y avait pas de moyens
complets de déterminer
qui était où et à quel moment.
À un moment donné
de la soirée, il a été rapporté
qu'Arpana aurait eu une dispute
verbale, une altercation
avec un homme participant à la fête.
Des témoins se souviendraient
que cet incident serait lié
à la « race ».
C'est ce que les témoins ont cité
comme raison d'altercation.
Probablement en raison
de commentaires que l'homme aurait fait.
Mais Arpana a rapidement
pensé à autre chose et a semblé
apprécier le reste de la fête.
Et là, on se transporte à trois heures
du matin le 1er novembre,
lorsque la fête d'Halloween dans l'appartement
a commencé à se calmer.
À ce moment-là, Arpana a commencé
à retourner dans son appartement pour dormir.
Elle a été vue pour la dernière fois
par de nombreuses personnes
quittant un autre appartement au premier étage,
où la fête avait fini par se dérouler
et se dirigeant vers son appartement à elle
qui est au troisième étage, donc le
dernier étage du complexe.
Bien que Arpana Jinaga n'ait
pas été rentrée chez elle pour rendre visite
à sa famille en Inde depuis plus de deux ans,
elle continuait à leur parler
régulièrement au téléphone et avait
discuté avec eux la veille de l'Halloween,
donc le jeudi 30 octobre.
Cependant, le week-end après
la fête, Arpana ne répondrait
à aucun de leurs appels
et ne les rappellerait pas, ce qui était
très inhabituel dans son cas.
Le lundi suivant,
Arpana n'était toujours pas
réapparu et elle ne s'était pas présentée
au travail ce matin-là.
Mohamed, l'un des collègues d'Arpana
qui travaille chez IMC à Bellevue,
avait essayé de l'appeler,
mais n'avait pas réussi à joindre son téléphone portable.
En même temps,
sa famille essayait désespérément
de la contacter, n'ayant plus de nouvelles
d'elle depuis le jeudi précédent.
Finalement, ils ont contacté un
ami de la famille, un certain Jay
B, un ancien élève du père
d'Arpana en Inde, devenu
depuis le professeur aux États-Unis
et lui ont demandé de vérifier la situation
d'Arpana dans son appartement à
Redmond. Jay est arrivé
au complexe d'appartement
vers 9 heures du matin et s'est
dirigé vers l'appartement d'Arpana,
à proximité duquel se trouvait un
de ses voisins, que je vais surnommer
CJ. Ensemble, ils ont décidé
d'entrer dans l'appartement pour
prendre de ses nouvelles, mais lorsqu'ils
ont frappé à la porte, elle s'est
ouverte toute seule. Il est rapidement
devenu évident que la porte menant à l'appartement
avait été forcée et
le montant de la porte sur le côté
était brisé. Maintenant,
à l'intérieur, Jay et CJ
ont pu constater que les choses
étaient en désordre et ils ont rapidement
balayé l'appartement avant de localiser
le corps d'Arpana
allongé sur le sol de sa chambre,
déjà en état de décomposition.
Après cette découverte macabre,
Jay a commencé à composer le 9-1.
Les opérateurs ont demandé
aux deux hommes de quitter l'appartement,
mais de rester à proximité
en attendant l'arrivée des enquêteurs.
Vers environ
9 heures du matin, le 3 novembre,
lorsque la police arrive,
en fait, c'est la police de Redmond
de l'État de Washington qui débarque,
elle a été contactée par un individu
les informant de la découverte d'un cadavre.
Selon cet appelant,
le corps avait été trouvé dans l'appartement
juste au nord du parc Marymoor,
donc dans le complexe
d'Arpana.
Et cette région-là, en fait,
Redmond, c'est une région où il y a très
peu de crimes violents, bien que
il y a des vols à main armée,
parfois des agressions sexuelles ou
de la violence conjugale, le nombre
est très faible par rapport à d'autres villes
de taille similaire ou dans la même région.
C'est un quartier aisé, hein, donc...
Les décès suspects, tel que les homicides,
sont très rares à Redmond,
qui est, en fait, comme tu disais,
l'une des banlieues les plus aisées de
Seattle.
La police, qui est appelée pour un décès,
en fait, débarque. C'est assez
surprenant, mais cette année-là,
il y a eu, je crois, deux autres
meurtres seulement, donc vraiment
pas beaucoup. Et quand la police arrive
au complexe d'appartement, peu de temps,
ils remarquent immédiatement
des choses qui font
pas de sens tout de suite ou du moins qui sont
très étranges. Premièrement,
quelqu'un avait pénétré du
troisième étage en défonçant
la porte d'entrée, laissant derrière
elle le cadre brisé.
Deuxièmement, il y avait une odeur
nauséabonde dans l'appart.
On dirait
qu'il y a eu l'utilisation
de limites exagérées d'agents de nettoyage
chimiques.
C'est pas juste le corps, par exemple.
C'est ce que j'allais dire, on parle pas de la décomposition.
Dans ce cas-là, c'était vraiment une
odeur de détergent qui était très
forte. Mais le corps est resté.
J'ai hâte de voir où tu t'en vas avec ça.
Et là, à l'intérieur, il est devenu
évident pour les enquêteurs qu'une
lutte avait eu lieu. Ils ont pu suivre
la traînée de la tumulte dans tout
l'appartement jusqu'au couloir
en direction de la chambre de la défunte
où ils ont découvert son corps.
En fait, par la suite,
ils se sont retournés
vers les voisins, ceux qui ont
tenu la soirée dans la veine avec
les autres. Et là, ils vont envoyer
le corps pour une autopsie un petit peu plus
minutieuse. Et des voisins
des deux côtés de l'appartement d'Arpana
se souviennent, c'est bizarre
quand même, d'avoir entendu
ce qui semblait être des rapports
sexuels consensuels.
C'est comme ça qu'ils ont décrit ça,
ce déroulant après la fête.
Je ne sais pas au niveau sonore comment tu peux
établir que c'est consensuel.
Ça a l'air, en tout cas,
bien ésonnorisé comme
musicale parce qu'arracher une porte
d'entrée, c'est pas si facile et c'est bruyant.
C'est vrai que tu peux le percevoir.
Tu peux
l'entendre pour avoir déjà
entendu des gens.
J'ai l'impression que tu peux quand même faire
la nuance dans le ton.
Quelqu'un qui est un peu en détresse,
il va peut-être crier à l'aide,
il va peut-être dire non.
Je sais qu'on n'est pas rendu,
mais en même temps, comment t'expliques
le bordel dans l'appartement?
Quand tu fous le bordel
puis tu jettes des meubles à terre,
ça ne sonne pas comme du consentement.
Ça commence à le brosser plus.
Si un policier me demandait la question,
je dirais j'ai entendu des rapports sexuels.
Je n'aurais pas jusqu'à dire consensuels.
Je ne suis pas allé vérifier.
Exact.
Es-tu d'accord si je fais ça?
Oui, je suis d'accord.
Allons-là qu'on s'entend à l'autre côté.
Ça se peut que la fille avec un gun s'attende
à désister moins.
Je comprends un peu ce que tu veux dire
puis ce que eux voulaient dire aussi.
Il aurait entendu ce qui semblerait
à des gémissements étouffés
valant de son appartement, peu après
trois heures du matin.
On sait que c'est à peu près l'heure où elle est rentrée.
C'est presque comme si quelqu'un l'avait suivi
quelques minutes après.
L'un des voisins d'Arpana,
un certain Kyle,
a plus tard remarqué qu'aux environs
de huit heures du matin,
il avait été réveillé par un horrible
grognement qui aurait persisté
pendant vingt secondes.
C'est quand même long, vingt secondes non-stop
pour quelqu'un qui fait un gros grognement
et qui aurait été ponctué par un gros bruit sourd.
Il avait ensuite entendu
le son de l'eau qui coulait
dans l'appartement pendant plusieurs minutes,
même voire une heure.
Une fois qu'il a entendu l'eau couler,
il s'est dit que peut-être quelqu'un
est tombé et il prend une douche.
Ça n'a pas éveillé ses soupçons
à cause de ça, mais c'est quand même bizarre.
En plus de l'eau de Javel,
les policiers
ont noté que l'appartement
sentait légèrement l'huile à moteur.
Là, on se rend compte
qu'il y a de l'huile à moteur qui a été versée
tout autour de la scène de crime.
En particulier dans la chambre
et autour
et sur le corps d'Arpana.
L'huile contribuait à l'odeur
étrange dans tout l'appartement.
C'est un mix d'huile à moteur
d'eau de Javel et de cadavres
décomposés qui avaient comme odeur.
Je ne dis pas ça parce que c'est le film
que j'écoutais hier soir,
mais ma théorie, c'est que le tueur,
c'est Christine, la voiture de Stephen King.
Ça expliquerait
l'huile à moteur.
Merci.
Dans la benne à ordures,
ils ont fait des recherches dans les poubelles
et dans la benne à ordures du complexe,
ils ont trouvé une bouteille d'huile
castrole que l'auteur
présumé du meurtre avait probablement
trouvé à l'intérieur de l'appartement d'Arpana
parce qu'elle a une moto,
donc peut-être que...
Je comprends.
En fait, la bouteille d'huile a été trouvée
dans un sac en plastique
qui contenait également le costume
dans l'huile d'Arpana.
Elle était déguisée en petit chaperon rouge
lors de cette soirée-là.
Il y avait aussi un peignoir taché de sang
et des draps de son lit
qui manquaient de manière flagrante
sur la scène de crime.
À l'intérieur de la salle de bain d'Arpana,
des enquêteurs ont trouvé une couette blanche
de son lit qui avait été également taché de sang.
Elle trempait dans le bain noir
dans un mélange d'eau et d'eau javel.
Plusieurs autres objets
trouvés à l'intérieur de l'appartement
avaient également été brûlés par le meurtrier,
notamment une couverture verte
appartenant à Arpana.
La cape rouge aussi, laquelle portait
comme un costume d'Halloween,
et d'autres éléments de son costume,
ainsi que des morceaux de moquette.
Dans les semaines à venir,
il a été rapporté que plusieurs objets
avaient été envoyés au laboratoire de criminalistique
de l'État de Washington,
mais il a été estimé que cela pourrait prendre
des semaines, voire des mois,
pour que les objets soient testés
pour d'éventuelles preuves médico-légales.
Il y a aussi, en fait,
la moto d'Arpana était manquante
à cette journée-là.
Ils ont cru au départ
que le motif était peut-être un vol,
mais par la suite, ils se sont rendu compte
qu'elle avait amené au garage.
Donc, c'est pas en lien
avec l'attaque.
C'est ça, elle n'est pas disparue.
Ils ont juste réalisé que c'était au garage par la suite.
Exact.
Il y a eu une autopsie, évidemment,
et l'autopsie a révélé qu'elle a été étranglée
et asphyxiée à mort
environ deux jours
avant la découverte de son corps.
Cela signifie qu'elle avait été tuée
dans la matinée du samedi 1er novembre,
ce qui correspond un peu aux heures
où ils ont entendu un bruit sourd
vers 8 heures du matin.
Et en plus d'avoir été étranglée
à mort parce qu'il semble
être un lacet d'une bottine,
Arpana avait subi d'autres blessures.
En fait, une poignée,
elle avait reçu un coup
en fait contondant à la tête
et il y aurait eu une rupture de plusieurs de ses
dents à ce moment-là.
Elle aurait été bâillonnée
par ses propres sous-vêtements,
en plus de ruban adhésif,
puis violée
de force pendant une durée indéterminée.
Ils ont même trouvé,
juste pour vous dire, jusqu'où il est allé,
des tampons,
du matériel
d'hygiène féminine
qui a été retiré d'elle
avant le viol.
Ils les ont trouvés autour.
Vous voyez à quel point...
J'arrive pas à comprendre comment les voisins
ont pu entendre du consentement
dans la description de la scène qu'on est en train de découvrir.
En fait, il y avait pulvérisé
de l'huile à moto sur tout le corps
de la jeune fille.
En fait, on comprend pourquoi,
c'est qu'ils ont tenté de la brûler.
Mais de l'huile à moto,
ça brûle pas comme ça.
Donc, c'est un espèce de drôle
d'équation
que là où
les coupables
ont tenté.
Je pensais au début que c'était peut-être pour camoufler
l'odeur. Je sais pas,
ça avait quand même quelque chose d'enveloppant.
Exact.
En fait, les deux années qui ont suivi
le meurtre
tragique et choquant d'Arpana,
les enquêteurs ont vraiment eu du mal
à comprendre cette affaire,
à trouver un motif, à trouver des suspects.
Mais deux ans plus tard,
ils ont organisé une conférence de presse
et ils ont annoncé l'arrestation d'un suspect,
un certain Emmanuel Fair,
également connu sous d'autres pseudonymes.
Lui, il y avait
27 ans lorsque les accusations ont été portées
contre lui en 2010,
donc deux ans plus tard.
Bien qu'il soit relativement peu connu du grand public,
c'était pas un étranger des forces de l'ordre.
Il a déjà été arrêté plus de douzaines de fois.
Il a déjà purgé des peines
pour au moins six crimes,
des crimes reliés à la drogue, aux armes à feu,
des infractions sexuelles aussi.
C'est quelqu'un
qui avait un gros dossier
criminel. Puis après
sa libération de prison en novembre 2006,
Fair a entamé un processus
de trois ans d'alternance entre la prison
et la situation de sans-abri.
Cela incluait la période
pendant laquelle Arpana a été assassinée.
C'est pour ça que le timing
de temps
pourrait fonctionner.
Puis en fait, la police
a appris que Fair avait
assisté à la même fête
et que même les témoins l'auraient vu parler
avec Arpana.
En plus d'avoir eu au moins une brève
rencontre avec Arpana
lors de la fête, la police a pu déterminer
que Fair avait aussi passé
du temps avec CJ,
le voisin d'Arpana, qui a découvert le corps.
Puis à un certain moment donné,
ils se sont même
partis ensemble et sont revenus
à la fête un petit peu plus tard.
Il a été identifié aussi grâce
à des photographies de la soirée,
des choses comme ça, et il a été interrogé.
Il a déclaré avoir brièvement
rencontré Arpana et avoir
bien sympathisé avec elle.
Mais après,
il dit que il ne s'est rien
passé.
Mais bon.
Et là, les procureurs, eux,
ont décidé de porter les accusations
pour le meurtre d'Arpana
sur la base des preuves
accumulées.
Selon les enquêteurs,
il y aurait même eu de l'ADN d'Emmanuel Fair
retrouvée sur la scène du crime,
ce que je me doutais.
Sauf que tout ça,
il y a eu beaucoup d'incohérences
dans toute cette
enquête-là.
Puis Fair
va être condamnée
pour le meurtre d'Arpana.
Mais il va être libéré
neuf ans plus tard,
dans un second procès,
parce que le doute raisonnable n'a jamais
été démontré. Donc, à ce jour,
il n'y a plus aucun suspect
dans l'histoire d'Arpana.
Plusieurs meurtriers et violeurs en série
étaient aussi dans la région à ce moment-là.
Donc, il y a une plétarde de possibilités.
Les internautes ont invoqué
plein d'autres tueurs en série
qui étaient dans la région ces mêmes années-là.
Mais c'est dur
après de trouver
un suspect plus
autant impliqué
qu'Emmanuel Fair.
C'est un ex-denécon sexuel.
Il était à la fête.
Il avait parlé avec Arpana.
Sauf qu'ils ont réussi à le faire.
Il y avait des bons avocats
de la défense parce qu'ils ont réussi
à le faire libérer après neuf ans.
Justement parce que c'était surtout
une affaire circonstantielle.
L'ADN, la scène de crime, tout ça,
peut-être qu'il avait serré la main,
peut-être qu'il s'était passé autre chose.
Il ne pouvait pas absolument prouver
que c'était à ce moment-là.
Donc, on est un peu dans une...
Mais s'il y a eu agression,
je dis ça, je ne suis pas courant
de toute l'enquête.
Il ne semble pas avoir eu d'ADN retrouvée
sur elle, en fait.
C'est plus sur la scène
de crime que de l'ADN.
Mais en même temps, Fear...
Excuse-moi de te couper, mais en même temps,
Fear, s'il a juste parlé à l'appartement,
je serais vraiment curieux de savoir
s'ils ont trouvé de l'ADN parce que
il y avait eu de l'ADN quoi.
Peut-être qu'il a posé la main
sur son épaule, sur sa main, son bras.
Sinon, ils l'ont trouvé où, l'ADN?
C'est ça qui me pense.
C'est ça qui ferait la différence à savoir
si je croirais Fear ou non coupable.
Exact. Mais quand tu as une relation intime,
je ne sais pas si l'huile, ça efface
ou...
Mais il y avait peut-être un condom aussi.
Oui, exact, exact.
On ne sait pas l'étendue.
Oui, c'est ça.
C'est sans doute lui.
C'est un peu dans cette situation-là
où c'est sans doute lui, mais
il n'y a pas assez
de preuves vraiment évidentes
pour le condamner.
En plus, lui a évoqué beaucoup
l'excuse du profilage racial
parce qu'apparemment,
il était le seul individu de race noire
dans le parti.
Mais bon, Harpana était quand même
indienne.
Il y avait d'autres gens de la diversité
d'une certaine façon, mais quand même,
grâce à tout ça, ils ont réussi à le faire sortir
de prison après 9 ans.
Puis lui se défend toujours d'avoir rien à voir avec ça.
C'est possible aussi.
Mais chose certaine,
Harpana, qui avait déjà
beaucoup d'accomplissement à l'âge de 24 ans,
aurait pu continuer à changer le monde
pour le mieux pour cette
jeune femme très
prometteuse dans la vie.
Mais au lieu de ça, sa vie a été
brutalement et soudainement interrompue
le lendemain d'une fête d'Halloween
et personne n'est tenu responsable
de cela.
C'était terrible.
Quelle histoire.
Chers amis.
C'est toujours triste.
Ça n'a pas de bon sens.
Vous irez faire quelques recherches.
Je l'ai coupé court quand même.
Ça aurait pu faire objet d'un épisode
complet de distorsion.
Il y avait des histoires de relevé cellulaire,
d'autres trucs comme ça.
J'ai coupé ça un petit peu plus court pour
l'occasion.
Mais bon, vous irez vous renseigner un petit peu plus tard.
C'est tellement frustrant quand on n'a pas de coupable.
Mais qu'on en a un,
puis qu'il ressort après.
La famille doit être inversée.
C'est pour eux que c'est le pire.
Parce qu'ils doivent vivre dans le doute
et se poser des questions qui vont rester sans réponse.
Exact.
C'est ça le plus dur.
Sem, je te passe la parole mon cher.
Moi les gars,
je vais vous parler d'une histoire.
En premier lieu,
à l'époque, est-ce que vous regardiez
la série Dexter?
Moi oui, j'ai regardé beaucoup Dexter.
J'avoue que
quand j'ai vu que la deuxième saison
partait et que c'était la même affaire que la première,
j'ai arrêté là.
J'ai trouvé ça trop répétitif.
Sans l'avoir écouté.
J'imagine
qu'à un moment donné,
ils se réinventent.
Sauf que quand j'en disais la deuxième,
je trouvais que c'était la même chose que la première.
J'ai trouvé ça répétitif.
Mais clairement, il y a beaucoup de qualité dans la série.
Il n'aurait pas eu autant de saisons.
Exact, il y a eu huit saisons.
On en a fait une dernière l'année passée.
C'est sûr qu'au fil du temps,
ça évolue.
La saison 1 était basée sur le roman.
À la base de ça.
Mais vous allez voir.
On sait, Dexter, je vais vous en parler un peu plus loin.
Je vais vous expliquer un peu c'est quoi.
C'est un personnage de fiction,
mais il y a des gens parfois
qui peuvent vouloir s'en inspirer.
Aujourd'hui,
je vous parle de Mark Twitchell,
que je surnomme
le cinéaste obscur.
Au début
d'octobre 2008,
Mark Twitchell,
un aspirant cinéaste de 29 ans
original de l'Alberta au Canada,
loue un garage à Edmonton
pour y aménager un studio
destiné à son prochain film.
Né le 4 juillet 79,
à Edmonton,
il nourrit des ambitions cinématographiques
dès son jeune âge,
des aspirations qui le mènent
à décrocher un diplôme en radio et télévision
au Norton
Alberta Institute of Technology.
Sa passion le conduit à réaliser
en 2007
un film destiné aux fans
de la franchise Star Wars,
qui est intitulé Star Wars
Secrets of the Rebellion.
Qui, bien qu'adressé à un public
assez nichant, on s'entend,
est apprécié par les geeks de science-fiction,
et y comporte même
un bref caméo de l'acteur
Jeremy Bullock,
qui est célèbre
pour son rôle de Boba Fett
dans la saga Star Wars.
Dans sa vie personnelle,
Mark s'est marié deux fois.
Son premier mariage
avec Megan Casterella
a eu lieu
entre 2001 et 2005,
puis ensuite
il s'est uni à Jess Twitchell.
À 29 ans,
il est déjà père
d'une jeune fille,
et ses ambitions cinématographiques
continuent de le guider.
Pour son nouveau projet,
il transforme un garage à Edmonton
en studio de cinéma.
Mais derrière ce projet
se cachent des intentions beaucoup plus sombres.
Mark,
plutôt Mark, pardon,
est obsédé par la série télévisée Dexter,
qui raconte l'histoire
de Dexter Morgan,
qui est un expert en médecine négale
menant une double vie,
en tant que tueur en série.
Le jour, il œuvre pour la police de Miami,
suivant un code moral strict
qui a été inculqué par son père adoptif
pour ne tuer que les criminels
qui échappent à la justice.
C'est ça, Dexter.
C'est pour ça qu'on l'aime, Dexter,
dans le sens que
dans cette série-là, c'est qu'on a l'impression
qu'il rend justice, des fois,
aux injustices un peu…
Un peu un Robin des bois, des meurtriers.
Exact, un genre de vigilante.
Il s'assure justement que ça soit
le vrai coupable.
Il met son projet de film en exécution,
et pour l'un de ses personnages,
il recherche des hommes hétérosexuels
sur l'application de rencontre
Plenty of Fish,
sous le pseudonyme féminin
Sheena.
Il prépare également la scène
avec une bâche en plastique,
une table et diverses armes,
rappelant la mise en scène
justement de Dexter.
C'est une démarche étrange
pour le recrutement d'acteurs,
et ses véritables intentions
demeurent assez floues.
Après quelques matchs,
des matchs, comment dire,
des likes sur l'application de rencontre
en tant que Sheena,
il y a une discussion plus approfondie
s'engage avec un certain
Gilles Tetreault.
Oui, Gilles Tetreault, c'est drôle,
un nom très québécois, mais à Edmonton,
ça me faisait sourire.
En même temps, on est toujours surpris
de découvrir qu'il y a des francophones
d'ailleurs.
Oui, il y en a beaucoup,
oui, ça existe.
Et il semble
les deux bien s'entendre
et décident de se rencontrer.
Donc, Mark, ou plutôt Sheena,
donne rendez-vous à Gilles
dans le garage transformé en studio de tournage.
Le 8 octobre,
Gilles Tetreault,
36 ans, se dirige vers l'adresse
donnée par sa date en Sheena.
À son arrivée,
au lieu de la charmante Sheena,
il fait face à Mark,
portant un masque de hockey.
Sans crier gare,
Mark, l'électrocute avec un bâton électrique,
brandit une fausse arme à feu
et l'a force à s'allonger
face contre terre
avant de lui bander les yeux
avec du ruban adhésif gris.
Ça fait mal sans plus de se faire bander les yeux
avec ça, en tout cas la colle
est assez intense.
Effrayé mais résolu,
Gilles résiste
et découvre pendant la lutte que le pistolet
est enfin un faux.
Il parvient à saisir une paire de menottes noires
sur le sol pour se défendre,
mais Mark le frappe violemment,
lui ordonnant de retourner au sol.
Néanmoins,
Gilles parvient à s'échapper du bâtiment,
bien qu'affaibli.
Mark le rattrape et tente
de le traîner de force dans le garage,
mais Gilles s'échappe de nouveau
et croise un couple se promenant
avec un chien.
Il implore leur aide
et le couple voit Mark essayer de feindre
être un ami de Gilles
avant de s'éclipser rapidement de la scène.
Gilles réussit à rejoindre
son véhicule et rentre chez lui.
Arrivé,
il vérifie le profil de China en ligne
et il comprenait pas ce qui se passait,
mais celui-ci avait déjà
été supprimé.
Il se débat avec l'idée de contacter
les autorités, mais la honte de se faire
piéger si facilement le retient.
Désu de l'issue
précédente,
Mark se tourne de nouveau
vers Plenty of Fish
pour recruter
un nouvel acteur.
Le 10 octobre 2008,
John Bryan Atlinger,
un ancien
fabricant d'équipement
pétrolier de 38 ans,
originaire de White Rock,
en Colombie-Britannique,
entre en contact avec Mark
sur le site de rencontre,
encore une fois sans se douter
qui il est réellement.
Ce jour-là,
John informe ses amis qu'il a un rendez-vous
avec une femme qu'il a rencontrée en ligne.
Ça c'est toujours prudent
de faire ça justement.
Vous allez voir,
vous ne partirez plus jamais
en date sans aviser vos amis
après cette histoire-là.
Moi, je pense que ça devrait
toujours être fait de nos jours.
De toute façon, j'ai juste à aviser,
j'ai une date ce soir, il s'appelle tel gars,
je m'en vais à tel bord.
Tu sais jamais.
Mais même quelle fille, comme dans ce cas-ci.
Tu sais, c'est...
Tu sais jamais, en fait.
Oui, ça peut arriver aux gars aussi.
Tu peux te faire quatre fichiers.
Il y a plein d'histoires.
À son arrivée,
John est loin de s'imaginer que Mark
l'attaquera et le tuera.
Lorsqu'il arrive,
Mark le prend par surprise avec une attaque
brutale, le poignard à mort
et tente sans succès de brûler
le corps. Devant cet
échec, il découpe les restes
de John en morceaux,
les emballe dans des sacs de poubelle
et les jette dans un égout pluvial
situé au sud de la 130e
avenue et de la 87e rue.
Un peu comme dans Dexter,
en fait, au niveau de
la technique d'élimination du corps.
Le modus operandi?
Oui. Nous sommes maintenant à la
mi-octobre et les amis
de John commencent à s'inquiéter.
Ça fait plusieurs jours qu'ils n'ont pas de nouvelles de lui.
Ils ont reçu des courriels prétendument
envoyés par John,
affirmant qu'il est parti en vacances
prolongées au Costa Rica avec
sa date, avec son rendez-vous.
Cependant, il y a quelque chose qui cloche
dans les messages et ses amis
sentent que quelque chose ne va pas.
Mais ce qu'ils ne savent pas,
c'est que Mark a pénétré par infraction
dans le condo de John
pour envoyer ces courriels-là
de trompeurs, tentant ainsi
de créer un faux récit
de sa prétendue escapade au Costa Rica.
Mark a également
envoyé un courriel de démission
au travail de John, mais il
n'a pas répondu à leur demande concernant
l'adresse où envoyer le dernier chèque de paye.
Ses amis,
qui étaient encore de plus en plus inquiets,
ont décidé de pénétrer par
infraction dans son condo, un peu comme
les amis dans ton histoire, Emile,
quand tu t'inquiètes de quelqu'un,
on dirait que tout le monde fait ça
si tu vas là et tu rentres.
Là, ils ont découvert
son passeport, de la
vaisselle sale et aucun signe
qu'il avait préparé un voyage.
Assez inquiets,
ils ont alors pris la décision de
contacter les autorités.
Une enquête pour homicide a immédiatement
été ouverte par le service de police
dans Edmonton.
C'est intrigant, tout ça.
C'est vraiment hâte.
C'est tout qu'une histoire pour le moment.
J'ai tellement de questions
en ce moment.
Coup de chance pour les enquêteurs.
Par prudence, comme je vous disais,
John avait envoyé l'adresse que Mark
lui avait donné comme point de rendez-vous
à ses amis. Cette adresse était celle
du garage que Mark avait loué.
Les policiers se rendent alors
sur place. En arrivant,
ils remarquent quelque chose d'étrange.
La voiture de John est
stationnée à proximité.
Mark prétend qu'il l'a rencontrée
par hasard.
Selon lui, John accompagne actuellement
une femme fortunée au Costa Rica
et n'a plus besoin de sa Mazda.
Il aurait vendu,
écoutez cela, il aurait vendu le véhicule
à Mark pour la somme d'argent qu'il
avait sur lui, fois à 40 dollars
canadiens. Bien oui, tout le monde
vend sa voiture à un prix dérisoire.
Ça arrive de meilleures familles. Ben oui.
Cependant, les policiers
ne croient pas le récit de Mark
et saisissent immédiatement son ordinateur
portable ainsi que sa voiture
où il découvre du
sang de John dans le coffre.
Mark est donc amené
pour être interrogé.
Il se montre tout de même collaboratif
avec la police, allant même
jusqu'à conduire sa propre voiture
jusqu'au quartier général
pour faire une déclaration
concernant l'homme disparu
et le garage qu'il avait loué.
Cependant,
son comportement et ses déclarations
ont sans doute suscité des suspicions parmi
les enquêteurs, car il n'a pas pu
fournir une explication convaincante
du pourquoi il avait fait ces arcs.
Il n'y a rien qui se tenait.
Ces éléments combinés à d'autres
preuves recueillies lors de l'enquête
conduisent à l'identification de Mark
comme suspect principal dans le meurtre
de John. En conséquence,
la police l'arrête
le 31 octobre 2008
et le charge du meurtre
au premier degré.
Mais là, vous pourriez vous demander
qu'est-ce qui est arrivé à Jill?
Eh bien, Jill ne contacta
la police qu'un mois après son
attaque, le 2 novembre,
après qu'un ami lui ait fait part
d'un reportage annonçant que
Mark a été accusé de meurtre
au premier degré.
Fin novembre 2008.
Avant le procès pénal,
les procureurs de la Couronne et de la
Défense ont sollicité d'importantes
interdictions de publication, ainsi que
des ordonnances de mises sous-sellées
sur les preuves policières.
Cette démarche a eu pour effet d'empêcher
les médias de divulguer les détails de l'affaire
avant que le jury ne leur prenne
connaissance, enfin en prenne
connaissance lors du futur procès.
Il est fort probable que les procureurs
de la Couronne et de la Défense ont demandé
ces mesures-là pour vraiment garantir un procès
équitable. C'est drôle, on en discutait
dans un des épisodes qu'on a
enregistré dernièrement.
La même question. Dans l'autre
cas, il n'avait pas été accordé,
mais dans ce cas-ci, ils ont autorisé
l'anonymat.
Encore une fois, pour ne pas
influencer le jury, c'est drôle.
C'est pas tout le temps.
Exact, il n'y a pas de standard.
C'est vraiment du cas par cas.
Et là, on va se rendre au procès.
Le procès de Mark
Mitchell, qui s'est tenu du 14 mars
au 12 avril 2011,
c'est quand même trois ans,
ou presque, après deux ans et demi
quand même après le drame,
à Edmonton, il a vraiment captivé l'attention
de la ville pendant ces trois semaines-là,
présidé par le juge Terry
Clarkson, et il y avait
un jury de 12 personnes qui
ont vraiment été
confrontés à une affaire assez
particulière.
La Couronne a ouvert le procès en présentant
111 preuves accablantes.
Écoutez ça, les preuves
sont folles.
Parmi celles-ci, un document
de 42 pages,
écrit par Mark sur son ordinateur,
a été mis de l'avant.
Selon l'accusation, ce document était
une confession détaillée du meurtre
commis par Mark.
Bon, enfin on va savoir. Oui.
En complément,
la Couronne a fait témoigner Gilles Tetreault,
qui avait échappé de justesse
à une attaque de Mark dans le fameux garage,
apportant ainsi un témoignage
de première main sur les agissements de l'accusé.
Il y a des experts en
médecine légale et en informatique aussi
qui ont été appelés à la barre pour fournir
toutes sortes d'éclaircissements techniques.
Le procès a également révélé
des détails troublants sur la manière
dont Mark avait été
inspiré par Dexter pour
commettre le meurtre. Par exemple,
il avait créé un document qui s'intitulait
S.K. Confession,
sur son ordinateur, où il détaillait
ses fantasmes meurtriers
et faisait des comparaisons entre
lui-même et le personnage
de Dexter Morgan.
Du côté de la défense,
l'argument était que le document de 42
pages n'était rien de plus qu'une œuvre de fiction,
bien sûr. Selon elle,
Mark n'avait pas tué John,
mais avait simplement contribué
à sa disparition.
Je comprends pas cette nuance-là.
C'est une drôle de France.
La défense a également avancé
que Mark avait agi
en légitime défense lors de l'altercation
avec John. C'est comme si c'était
défendu. Il y a quand même reviré ça
de l'autre bord. Mais là, avec le témoignage
de Gilles, on le voit bien, le modus operandi.
C'est une chambre.
C'est drôle de tentative.
Des fois,
les avocats de la défense
sont pas chanceux, dans le sens que
t'es pris avec
cet obligeau-là.
Oui, exact. Et t'es obligé des fois
de sortir des...
Je vais me permettre des niaiser comme ça
pour essayer de diminuer
le crime de ton client.
Lors de son passage à la barre,
Mark a admis avoir attiré John
dans le garage sous un faux prétexte.
Il a reconnu lui avoir
porté un coup de couteau fatal à la gorge
et avoir par la suite découpé
son corps. Toutefois,
Mark a maintenu qu'il cherchait
seulement à effrayer John
pour son film d'horreur
et que la situation avait dégénéré
lorsque John l'avait attaqué
en retour.
C'est n'importe quoi parce qu'en plus, dès qu'il est arrivé,
il a donné un coup de couteau, il a même plus...
C'est aucunement crédible.
Justement, à cause que Gilles s'est défendu,
il a pris...
Il a pas pris de chance.
Il l'a tout de suite attaqué pour éviter
que ça ne fonctionne pas encore.
Par la suite,
Mark a aidé la police
en révélant l'emplacement des restes de John,
au moins pour sa famille.
Les enquêteurs ont découvert ces restes
dans les égouts près de la maison des parents de Mark
- je pense à ses parents aussi -
confirmant ainsi la macabre réalité
de l'affaire.
Après cinq heures de délibération,
le jury a rendu son verdict,
trouvant Mark Twitchell,
coupable de meurtre au premier degré.
Il a été condamné à la prison à vie
sans possibilité de libération conditionnelle
avant 25 ans.
Mark a tenté de faire appel de sa condamnation,
mais sa demande a été rejetée.
Vraiment, ça n'a jamais été accepté.
Donc, ce chapitre-là est clos.
Pour anecdote,
il est important de noter que
il a divorcé de sa femme qu'en 2010.
Donc, ça a pris pour velle aussi.
J'ai beaucoup d'empathie.
Souvent,
ils sont aucunement au courant
de ça. C'est des faces cachées
de leur conjoint.
Il avait une double vie.
Oui, exact. Il y a même une petite fille
aussi.
Très très triste.
C'était mon récit.
Je pense qu'il y a quelque chose qui m'a échappé.
Peut-être que j'ai perdu attention en réfléchissant
au potentiel.
C'était quoi son motif?
Il voulait-tu vraiment réaliser un film?
Non, il est juste inspiré de Dexter.
Il est inspiré de Dexter.
Je me suis resté accroché à ça.
Dans sa tête,
c'était une forme de mise en scène aussi.
Mais je ne pense pas qu'il y avait
un objectif de
le faire, de le relancer.
C'était juste
un prétexte, mais
c'est tout de même particulier.
Marc,
il avait quand même un potentiel.
C'était un cinéaste qui semblait avoir
un bon début de carrière.
Il faisait des choses...
Encore une fois,
on s'entend, c'est un trouble de santé mentale.
Ça, c'est définitif.
À chaque fois qu'on a un meurtrier
ou un criminel qui décide de s'inspirer
d'un film pour aller
faire la même chose après,
on avait eu la même chose
en Asie. Quelque part en Asie,
je ne suis plus sûr, mais avec Joker.
On avait eu un qui était débarqué dans le métro
et qui avait fait des victimes.
Il se prenait pour Joker.
Il y en a d'autres qui ne viennent pas comme ça,
mais ça arrive de temps en temps.
Je sais qu'on a déjà eu un Batman,
mais là, on parle des années 90,
je n'ai pas de mémoire.
Mais on a déjà eu un Batman aussi.
Il y a eu un samouraï
dans les rues de Québec aussi.
Un soir d'Halloween.
Exact, il est parti du 450
pour s'en venir ici.
Juste en terminant,
lui, il voulait se comparer à Dexter,
mais Dexter, au moins, il avait un code moral.
Il s'attaquait à des vrais criminels.
Lui, il s'est attaqué
à des pauvres victimes pris au hasard
sur un site de rencontre.
Il n'y avait même pas d'historique,
il n'y avait pas de raison.
Je vois peut-être un peu fort
m'attaquer à des gens que je ne connais pas,
mais ce n'est pas ça que je le trouve un peu idiot,
parce que
il ne t'a pas suivi Dexter pantoute.
Tu ne sens pas avoir compris ce que Dexter
faisait. Déjà, ça part très mal.
Mais en plus,
au lieu de, parce qu'on le sait,
c'est souvent le modus operandi,
des tueurs en série, c'est-à-dire
qu'ils vont s'attaquer à des totales
inconnues. Donc, ils sont difficiles à
retracer. Mais là,
ils s'en prennent des inconnues,
mais en faisant une petite annonce dans le journal,
c'est donc bien idiot.
C'est plus qu'à laisser des traces.
C'est absurde.
Avec un mandat, ils peuvent aller chercher
le data sur Plenty of Fish.
Ils ont tout fait ces correlations-là
pour l'identifier, mais c'est tellement...
C'est bizarre.
C'est vraiment quelqu'un qui a snappé.
C'est vrai qu'on a des histoires canadiennes, en plus.
Oui. Yes.
Merci, mon cher Sem,
pour cette histoire.
Et le dernier, non le moindre,
Simon, on te
passe le micro, mon cher.
Cette année pour le spécial à Halloween,
j'ai eu envie de me plonger dans les
origines de ma passion pour les
histoires et solites, c'est-à-dire
le cinéma d'horreur. C'est de là que moi,
ça me vient. Et soumise
à l'approbation de la société de minuit,
cette histoire s'intitule
Doris Bitter et l'Entité.
Je vais vous parler de l'affaire qui a inspiré
le film The Entity,
ou L'Entité, si vous préférez,
sorti sur nos écrans en 1982
et réalisé par Sydney J. Fury.
Est-ce que vous avez déjà vu le film,
les gars? Non, pas du tout. Moi non plus.
OK, ben The Entity
raconte la hantise violente de
Marla Moran, une mère
onoparentale de quatre enfants dont la
maison n'était pas seulement aux prises avec un
poltergeist agressif, mais elle aurait
aussi été violée par l'esprit maléfique.
Donc, trigger warning,
mais là, vous en faites pas.
Outre la mention occasionnelle
du viol dans mon histoire,
on ne va pas dans les détails, puis de toute façon,
vous allez voir où je m'en vais,
n'ayez craint. Mais donc,
le film le relate son expérience avec
les parapsychologues qui tentent de l'aider
à se débarrasser de l'entité.
C'est un film d'épouvante quand même assez
bien réalisé et très bien coté.
Je vous le suggère, même si la fin est complètement
conne et n'a jamais eu lieu.
Je vous garde la surprise.
C'est bien sûr un livre qui a inspiré le
film, portant le même titre, The Entity.
Il a été écrit par l'auteur
Frank de Filita en
1978, le même auteur qui
signe Audrey Rose en 1975
pour ceux qui connaissent.
Mais lançons-nous enfin dans l'affaire,
si vous le voulez bien. Déjà le nom du
personnage principal, qui s'appelle
Carla Moran, mais c'est un
nom fictif pour protéger l'identité de la
famille. Son vrai nom est Doris
Bitter. Doris
est arrivée avec sa famille en Californie alors
qu'elle n'avait que 10 ans. On en
sait très peu sur son passé, mais
au moment où débute notre histoire, il
ne va pas bien. Sa vie va de mal
en pire. Elle est en début trentaine avec
trois garçons à sa charge, 10 ans,
13 ans et 16 ans, et une fille de
16 ans. Les enfants sont tous de pères
différents, qui ont tous quitté le
navire. Elle se retrouve seule
pour les élever. Au début des années
70, elle est alcoolique,
toxicomane et souffre de plusieurs problèmes
émotifs. C'est une femme brisée
par un passé d'abus qui remonte
jusqu'à sa jeunesse.
En 1974, elle emménage
avec ses enfants dans une petite maison délabrée
de Culver City, en Californie.
La petite bicoque tombe
en ruine, mais c'est tout ce qu'elle peut se
mettre. À deux reprises par le passé,
la ville a condamné la maison
la considérant inhabitable.
Lorsqu'elle s'y installe, Doris
a 37 ans.
Rapidement, elle va se mettre à raconter
des choses étranges qui se passent dans la maison.
Doris et ses fils prétendent avoir
vu des apparitions fantomatiques,
mais ce n'est rien à côté des
agressions que subit Doris.
Elle dit avoir été violée à plusieurs
reprises par ses esprits, et qu'une
fois, elle a même été lancée dans un
mur par une force invisible.
Lors d'une de ces agressions, son fils
le plus âgé aurait tenté de l'aider,
mais dès qu'il s'est approché, il
aurait lui aussi été projeté dans les airs de
manière similaire. Géné de le
rapporter à la police, Doris
en parle plutôt à une de ses amies.
Le 22 août 1974,
les deux femmes se retrouvent
dans une bibliothèque de la région.
À un moment, l'ami de Doris
entend une conversation entre deux hommes
dans l'allée voisine. Ils discutent
l'événement paranormaux.
Doris et son ami se sont approchés et se sont
présentés. Les deux hommes affirment être
des parapsychologues de l'Université de
Californie. Barry Taff et
Kerry Gaynor.
Doris leur raconte ce qu'elle vit.
Elle a été violée par trois entités
à plusieurs reprises. Pendant
que deux petites créatures la retiennent par
les bras et les jambes, le troisième,
beaucoup plus imposant, s'en prend à
elle. Elle les sent, mais
elle ne les voit pas.
Les deux chercheurs sont sceptiques,
mais intrigués, alors ils acceptent
de lui rendre visite pour inspecter la maison.
Barry Taff a un doctorat en
psychophysiologie, c'est-à-dire
l'étude des rapports entre l'activité
physiologique et le psychique.
En gros, je résume.
Kerry Gaynor lui est diplômé en philosophie
et hypnothérapeute pour aider les gens
à arrêter de fumer. Donc en réalité,
c'est pas parce qu'on peut appeler
de grands parapsychologues.
Non, non, effectivement.
C'était une autre époque aussi.
Oui, c'est sûr. C'est un melzolroi,
ça va se faire. Je vais
remplir les espaces en blanc bientôt.
Quelques jours plus tard,
Taff et Gaynor débarquent chez Doris.
La première chose qui leur saute aux yeux,
c'est le terrible état des lieux.
Ils comprennent vite que la famille vit sous le seuil
de la pauvreté. Ils flottent dans l'air
une odeur extrêmement nauséabonde.
L'atmosphère est oppressante.
Doris se met à raconter que lorsqu'elle
est emménagée dans la maison, une voisine,
une vieille dame mexicaine, est venue
frapper à sa porte. Très inquiète,
elle lui a dit que la maison était
maléfique et qu'elle devrait partir avant
qu'il ne soit trop tard.
Des événements étranges se produisent dans la maison.
Doris raconte que des objets se déplacent
tout seuls, qu'il y a souvent des bruits
bizarres et inexpliqués.
Mais ce n'est rien à côté de ces viols
fantomatiques à répétition.
Il existe un terme pour ce que l'on décrit comme une
paraphilie. En clair, Doris serait
victime de spectrophilie. Mais ça,
je vais y revenir un peu plus tard, si vous le permettez.
Les deux chercheurs
ont des gros doutes sur les prétentions
de la pauvre femme. Des objets qui s'envolent,
c'est une chose, mais des viols
fantomatiques, c'est un peu plus difficile
à croire. Pour
eux, il est tout simplement malade,
probablement psychotique. Ils vont donc
la mettre en contact avec une de leurs amis
psychologues pour l'aider. Selon eux,
ce n'est pas une affaire paranormale.
Cependant,
dix jours plus tard, Taffy Gainer
reçoit un appel de Doris affirmant qu'un objet
a volé à travers la pièce, mais cette fois,
il a un témoin.
Si il dit vrai, ça mérite une seconde
visite. Le 6 septembre,
les chercheurs retournent à la demeure maudite.
Lorsqu'ils entrent dans la chambre de Doris,
aussitôt, ils constatent que la température
est extrêmement froide, contrairement
au reste de la maison.
Mais aussi, il y a une horrible odeur de mort,
comme si un cadavre était en train de pourrir
dans le coin de la pièce.
Par la suite, ils sont eux-mêmes témoins
d'un placard de la cuisine qui s'ouvre tout seul,
et ils voient alors un poêlon être
projeté à travers la pièce par une force
invisible. Ils n'en croient pas leurs yeux.
Ils vont inspecter le placard,
mais sans trouver la moindre explication
rationnelle.
Ils ont conclu qu'il se passe vraiment quelque chose
de surnaturel dans cette maison.
Doris disait donc vrai.
Il croit alors qu'elle n'a peut-être pas inventé
ces histoires d'agressions fantomatiques après tout.
Ils sont de toute évidence face à un cas
unique.
Les deux parapsychologues lancent leur enquête.
En tant que chercheurs universitaires,
ils doivent trouver des preuves
irréfutables.
Lors de leur troisième visite,
Doris est complètement affolé, en pleine panique.
Elle dit que l'entité est dans sa chambre.
Toutefois, bizarrement, elle est
la seule à le voir.
Ils vont quand même prendre toute une série de photos
dans la pièce avec un appareil Polaroid,
dans l'espoir de capturer quelque chose.
Aucune des photos ne montre
quoi que ce soit. Rien n'est détecté.
À l'exception d'un détail que les hommes n'arrivent pas
à s'expliquer. Il y a une sorte
de brouillard sur chacune des photos
où Doris aurait indiqué que l'entité
était. Les autres photos n'ont
rien d'anormal. Ils ne trouvent
aucune explication pour cette brume étrange.
Voient-les ce qu'ils cherchaient, une preuve
photographique. Quand
Doris déclare que l'entité est en train de quitter
la pièce, les deux hommes ressentent soudainement
un courant d'air froid les glacer
jusqu'aux os. Taffy Gaynor
en font part à leurs collègues scientifiques.
Tout le département de parapsychologie de l'Université
de Californie s'y intéresse.
En fin septembre, les deux
chercheurs retournent chez Doris, mais cette fois
avec une vingtaine de collègues et chercheurs.
Ils ont l'intention de provoquer la
chose pour récolter un maximum de preuves
en présence de nombreux témoins.
Le groupe s'installe dans la chambre de Doris
Bitter et tente d'entrer
en contact avec l'entité.
Les nombreux témoins raconteront plus tard
que ce soir-là, la chambre est traversée
par des boules de lumière verte
qui virevoltent dans la pièce.
Selon eux, ces mystérieuses lumières
oscillent et se balancent en fonction
de l'état émotionnel de Doris.
Qu'importe ce que c'est,
les chercheurs sont terrifiés par ce qu'ils voient.
Bien sûr qu'ils vont tenter de prendre en photo
le phénomène paranormal.
L'entité n'apparaît toutefois que sur une seule
des photos. Et là, je vous invite,
ceux qui nous écoutent, ou même vous autres,
les boys, les photos
ont été partagées sur Facebook.
Donc, je vous invite à y jeter un œil,
mais je vais y revenir plus tard aussi.
Donc, ça presse pas.
Un grand arc lumineux apparaît
autour de Doris Beter,
sur la photo, où ce qu'on a l'impression...
On voit l'arc sur la photo,
ce serait l'événement
où il y aurait eu des lumières
vertes qui virevoltaient dans la pièce.
Ils sont tous bouleversés
par l'événement. Maintenant,
les deux parapsychologues souhaitent prouver
les agressions subites par la pauvre femme.
L'enquête roule depuis déjà 6 semaines
et ils sont convaincus de posséder
les preuves solides de l'existence de l'entité.
Mais comment prouver les viols
par les esprits ?
L'auteur, Frank de Filita,
entend parler de l'affaire et est curieux,
demande à visiter la maison. Donc,
un soir d'octobre 74,
les boules de lumière vertes apparaissent à nouveau
devant l'équipe. Puis, à un moment,
ils observent quelque chose de totalement
extraordinaire. Les boules de lumière
qui traversent la pièce se rejoignent
en un centre, et ensemble
se met à former une silhouette d'homme,
plus précisément un buste
formé de lumière verte.
Ils sont au moins 30 personnes dans la chambre
et tous affirmeront avoir vu
la même chose.
Dès le lendemain,
l'auteur, Frank de Filita,
choqué par ce témoignage de Doris
et ce dont il a été témoin,
débute l'écriture de son livre
intitulé L'Entité.
Par contre, les chercheurs ne seront plus
jamais témoins du moindre événement
surnaturel. Ils ne trouveront aucune
explication rationnelle pour expliquer
l'antise. Ils avancent plusieurs théories
comme par exemple que Doris a peut-être
fait entrer l'esprit par accident en jouant
à Ouija, mais ils ne seront jamais
capables d'expliquer ce qu'ils ont vu ou même
à qui appartenait le buste fantomatique
de la dernière apparition.
Encore aujourd'hui,
Barry Taff et Kerry Gaynor affirment
que c'est le cas le plus terrifiant de toute
leur carrière. Plusieurs mois après
l'effrayante soirée d'octobre, Doris
va finalement quitter la demeure maudite
avec ses enfants. Elle veut s'éloigner
des projecteurs et passer à autre chose,
mais elle n'est pas libérée pour autant.
Les phénomènes, selon ce qu'on
raconte, la suivent et restent avec
elle jusqu'à sa mort, même si ceux-ci
sont moins intenses et violentes
que dans la maison de Colvert City.
Elle déménage un peu plus loin
à Carson City, là où elle va
décéder dans son lit en 1999.
Selon son fils
Harris, quelques instants avant qu'elle
rentre l'âme, les boules de lumière
vertes tournoyaient encore autour
de sa mère.
Alors, voilà
l'histoire telle qu'elle nous est
racontée. Maintenant,
démolissons, si vous le voulez bien,
ensemble la légende.
Parce que, bon, voici pourquoi
je pense que cette histoire est
inventée de toutes pièces, parce qu'il
y a beaucoup de manque dans la
supposée enquête paranormale
de nos deux osos. Je me permets,
Taff et Gaynor. D'abord,
les événements les plus dramatiques
ont eu lieu sans témoigne de
l'université. Je veux parler des
agressions. Taff le dit
lui-même, il n'était pas là. Alors,
comment savoir? Pour ça,
ils sont un peu obligés de croire les
prétentions de Doris. Personne n'a
jamais vu la moindre agression.
Mais l'agressor, c'est la chose qui
rend cette histoire unique. Parce que
ce type d'allégation de violence par des
fantômes est extrêmement rare.
Et après vérification, c'est surtout
au Moyen-Âge que ça avait lieu.
Déjà, ça devrait nous mettre la puce
à l'oreille.
Ce le dit, on en parle
encore parfois.
Je vous rappelle qu'en 2020,
Donald Trump faisait l'éloge du
docteur Stella Emmanuel, qui
prétendait que les problèmes gynécologiques
étaient causés par des démons
invisibles qui avaient des relations
sexuelles avec les femmes pendant leur
sommeil.
C'est drôle.
C'est clair.
Si vous en faites de la recherche,
vous en trouverez des gens qui prétendent
avoir été abusés par des fantômes.
Mais c'est une perception trompeuse à
des illusions tout à fait normales
causées par notre cerveau. Selon
le folkloriste David Hofford,
15% des gens ont l'impression
de subir un tel abus
dans leur sommeil à au moins un moment
de leur vie.
Si on remet les choses en perspective,
c'était une situation familiale
dysfonctionnelle. Selon les enquêteurs,
la relation de Doris et ses enfants
était déjà très mauvaise.
Les frères se battaient ensemble régulièrement.
Le fils le plus âgé a même déjà
déclaré que lui et ses frères et
sœurs étaient tous des
médiums et que souvent
ils avaient vu des esprits.
Si vous voulez mon avis, on peut pas suivre
à leur témoignage parce que c'est
des enfants.
Mais ça me semble que c'est pas fiable non plus.
On est tous médiums.
C'est vrai qu'enfant, on a vraiment
l'imagination fertile.
On est facilement influençable aussi.
Et on se fait peur facilement.
Mais comme Taff note dans son rapport,
les agressions auraient eu lieu plusieurs
semaines avant leur première visite.
Même pour les équimoses que Doris
prétendait avoir eues sur son corps,
personne ne les a jamais vues.
Il n'y a même pas de preuve des
équimoses. Il était déjà
guéri selon Doris.
Puis là, je lance ça.
Pourrais-tu qu'elle se soit juste blessée
pendant une de ses beuveries?
Parce qu'elle revenait régulièrement à la
maison tard le soir dans un état d'hybrès
avancé.
Je dis ça, je dis rien. C'est possible.
Depuis, elle a jamais rapporté
les viols ni à la police, ni à
aucun médecin.
Elle a donc jamais été examinée pour confirmer
le moindre but au moment des faits.
Un ADN de fantôme.
Ça existe tout seul.
Tout ce qu'on a, c'est sa parole.
Mais même Taf le dit dans son rapport.
Et je cite,
librement traduit,
bien sûr, les événements
paranormaux de la maison ont probablement
rien à voir avec le viol, sauf
dans l'esprit de Doris et ses enfants.
Il est évident qu'elle est une femme profondément
troublée et ses allégations sont sûrement
dues à une grande partie
à une détresse émotionnelle extrême
associée à une imagination hyperactive
et des fantasmes refoulés.
Tu vois, même lui, il ne veut pas
pousser l'idée complètement, mais
il ne peut pas vraiment le confirmer.
Quand les enquêteurs ont posé
des questions sur le passé de Doris,
elle restait floue et cryptique.
Elle ne voulait pas en parler.
C'est pour ça qu'on ne sait pas grand-chose.
Elle a même refusé de dire son âge à la base.
Ils comprennent vite au fil de leur rencontre
l'existence de cette
excémanie et de son alcoolisme.
Mais comme ils refusent de parler de son passé,
ils n'ont aucun moyen de savoir
ce qu'elle consommait ou encore
quel était son passé médical ou psychiatrique.
Donc, déjà,
une enquête, ça va pas en mou.
Effectivement.
Il est clair que ses problèmes sont
exacerbés par sa consommation.
Sous influence des événements anodins
comme trébucher en chemin vers son lit
peut être très mal interprété.
Donc, la théorie auquel je crois le plus,
c'est que Doris aurait plutôt
fait de la...
Vous connaissez bien le sujet.
Peut-être de la paralysie du sommeil.
Il faut comprendre que les récits
vieux spectraux remontent à la
Grèce antique.
Et les scientifiques modernes ont associé le phénomène
à la paralysie du sommeil.
Un trouble du sommeil encore inconnu
et compris à l'époque.
La Grèce antique.
Les scientifiques associent aussi la paralysie du sommeil
à la spectrophilie que j'ai dit
plus tôt, la parephilie qui désigne
les relations sexuelles avec les fantômes.
Donc, c'est, je crois, une théorie
très plausible pour ses supposés abus.
Elle racontait
se sentir écrasé
et tenu.
Ça pourrait être ça.
Second point sur trois.
Taff et Gaynor,
c'est des amateurs.
Il n'y avait aucun protocole de recherche.
Aucun moyen pris pour éviter que la scène
soit contaminée ou éviter les fraudes.
Il n'y a eu aucune vérification formelle.
À mes yeux, le fait que Taff
se considère lui-même,
et là, ça, je ne l'ai pas dit encore,
comme un médium
et qui croit qu'une séance de Ouija
serait une bonne technique d'enquête fiable
démontre son manque de crédibilité.
Effectivement.
Il prétend aussi avoir enquêté,
ça c'est drôle,
3500 cas de hanties
et de poltergeists en 30 ans de carrière.
Ça sonne bien. 3500.
Ça sonne bien. Oui, ça fait un débrouille.
C'est beaucoup. Mais s'on fait le calcul,
je l'ai fait, ça donne une moyenne de 117 cas par année.
Ça, c'est une enquête normal au 3 jours.
Ça ne fonctionne pas.
Encore plus impressionnant
que le nombre d'enquêtes,
c'est son absence totale de preuves.
Il n'existe aucun document
confirmant cette information. Aucun.
Il me semble que à 3500 cas,
il devrait y avoir au moins un rapport
quelque part dans un tiroir.
Des preuves. Exact.
L'histoire prétend qu'il y a eu
environ cinquantaine de témoins.
Ça rappelait au moins une fois
30 personnes dans la chambre de Doris.
Premièrement,
elle grande comment sa chambre?
C'est une chambre
de petites familles pauvres,
délaborées.
Quand tu as quatre enfants, on sait ce que c'est les mères.
C'est sûr qu'elle a pris la plus petite des chambres.
C'est comme ça une mère.
Tu peux-tu...
On peut juger un petit peu.
On sent voir l'entièreté de la pièce.
On voit quand même
que 30 personnes ne rentrent pas dans ce pièce-là.
C'est serré.
C'est très serré.
En tout cas,
je n'ai pas confiance à cette information.
Non, effectivement.
Mais il y a aussi que
ils sont nombreux.
Commençons, on ne les a jamais entendu parler.
Aucun n'a jamais rapporté
quoi que ce soit de vive voix
mis à part leur mention
dans leur rapport de taff.
On ne sait pas qui c'est.
Ils ne sont pas nommés nulle part,
sauf quelques exceptions.
Alors je pense fermement
que c'est juste pas vrai.
Le manque de témoins dépendant pour corroborer les apparitions
veut tout dire.
Avec un code d'une telle notoriété,
on se serait attendu à avoir au moins une douzaine de témoins.
Mais à part Taff et Gaynor,
il n'y en existe aucun pour défendre l'affaire.
J'ajouterai que le poids long
qui s'envole n'a jamais été
documenté dans les rapports
officiels d'enquête de taff.
Ce qui me laisse croire que ça a été inventé
dans le coco des entrevues qui ont suivi.
Troisième point,
les photos.
Il y a deux sets de photos.
Les premières sont des Polaroid.
Ça c'est les trois photos collées que vous avez.
Oui, oui, oui.
Donc ils ont utilisé un appareil photo-instantané
Polaroid S6-70
et un reflex Honeywell Pentax
chargé d'un film infrarouge.
Le film infrarouge a été
surexposé parce que c'est des incompétents
alors les photos n'ont pas fonctionné.
Sur les Polaroid toutefois,
même si la plupart des sites web affirment
que c'est Doris sur les photos,
ce n'est pas vrai. C'est en fait Candy,
l'ami médium, une autre,
de taff.
Donc si on en croit ce qu'ils disent,
on est déjà rendu à SIS médium.
Quand même. Passons.
Donc chaque fois que Candy,
l'ami de taff,
criait qu'elle voyait quelque chose,
taff prenait une photo.
Six des treize photos prises sont surexposées,
les deux à gauche qu'on voit ici.
Et pour servir de comparaison,
il y en a eu six autres
qui ont été prises sans apparition.
Ces six photos sont
normales, c'est-à-dire qu'elles sont pas
surexposées, il n'y a rien de spécial.
Selon taff, la brume blanche
qu'on voit, c'est la preuve
de la présence
de l'entité, mais en réalité,
c'est seulement la preuve qu'il ne sait pas prendre des photos.
Parce que si on regarde
attentivement la série des trois Polaroid
que j'ai mis en ligne, on marque
que sur les deux photos de gauche,
la silhouette de Candy apparaît en ombrage
derrière elle sur le mur.
On voit la ligne d'ombrage.
Donc, à droite, une des photos
de comparaison qui paraît normale.
La différence, c'est que les premières
ont été prises avec un flash,
mais pas les photos de comparaison.
Et dans le manuel d'instruction du
Polaroid, c'est écrit
clairement que si on utilise
le flash, il faut pas être trop proche parce que
sinon, ça ressort tout blanche sur l'exposé.
Et c'est pour ça la deuxième photo
où j'ai mis de la tête
de mannequin. C'est ça l'exemple.
C'est ça l'exemple. C'est avec et sans flash.
Donc, la deuxième,
c'est clairement une photo paranormale.
Oui, exactement. C'est
le fantôme de cette mannequin.
Mais là, bon, évidemment,
je résume. Vous comprenez que
on coupe un peu, mais j'ai fait
mes vérifications, même si je vous partage pas
tous les petits détails techniques.
J'ai aucun mérite non plus.
Plusieurs ont fait les recherches avant moi.
Je ne fais que vous les rapporter.
Tarf affirme, pas longtemps pour la deuxième photo
avec Lark, il affirme dans son rapport
qu'à sa cinquième visite, ils ont créé une espèce de
quadrier sur les murs avec des panneaux
noirs et du tape blanc pour faire
une espèce de graphique servant de référence
pour analyser les photos.
Pourtant, on regarde la photo la plus célèbre
de l'affaire et prise
supposément cette journée-là,
on voit bien qu'il n'y a aucun quadrier de carton
sur le mur derrière Doris Bitter,
qui est assis sur son lit.
Pourquoi il nous dit ça si c'est clairement
pas vrai? Aucune idée, mais
ça prouve qu'il a menti, en tout cas.
Maintenant, la photo,
elle aurait été prise supposément
pendant l'envol des lumières vertes.
Dans son rapport, Tarf dit que Doris
était recrugue vie en boule dans le lit.
Cependant, on voit clairement
sur la photo qu'elle a plutôt assise
et semble même désintéressée par ce qui
se passe. Oui, c'est étrange.
La photo, on dirait quasiment qu'elle est timide
et elle veut pas se prendre la photo.
Elle paraît pas du tout angoissée,
mais savez-vous ce qui peut faire des traces
blanches comme ça sur une photo?
Un poil ou un cheveu collé sur
la lentille.
De plus, Tarf a filmé que les lumières
volaient au-dessus de Doris.
Mais on peut voir à gauche que
l'arc de gauche passe
devant la tête d'une des personnes présentes.
Donc, la distance, ça fonctionne pas.
Clairement, ça vient de la lentille.
Et si elle est pas sur la lentille,
ça peut être juste un bout de fibre dans l'air.
L'effet lumineux sur la pellicule
est le même que la surexposition du flash
des polaroides. L'endroit était
poussiéreux, insalubre.
C'est probablement une simple poussière.
Certaines émissions cheap de
Paranormal prétendent que les photos ont été
authentifiées, mais j'ai fait mes recherches
et les prétentions sont fausses.
Personne de respectable
n'a jamais endossé l'authenticité
des photos.
Et j'ajouterai qu'après de nombreuses
visites sur plusieurs mois et
ô combien d'événements paranormaux
et ce équipé de caméras-vidéos
et de plusieurs appareils photos,
comment ça se fait que tout ce qu'on a
c'est deux, trois photos floues
de mauvaise qualité.
Christian Page te dirait la même chose.
Oui, exact.
Il aurait dû avoir des centaines de photos
ou des vidéos. Dernière chose,
avant de terminer, on affirme que tout le
département de parapsychologie de l'université
a étudié l'affaire.
Et bien sachez que même sur la page
Wikipédia du département
universitaire, vous irez voir,
il y a une section entièrement
dédiée au fait qu'ils ne sont pas crédibles
et que leur méthodologie est pas bonne.
Imagine!
C'est vrai que ça confirme.
Moi, je pense simplement
que Doris Bitter n'allait pas bien
sa famille non plus et on a mal
interprété ce qu'elle a vécu.
Pour ce qui est de Taff et Gaynor,
selon moi, c'est des escrocs
et des mauvais qui plus est
de par leur amateurisme grossier.
Ça a eu lieu
peu de temps après la sortie du film en salle
d'Exorcist. Donc les deux osos
ont simplement flairé la bonne affaire
et ont voulu en profiter.
Malgré tout, ne gâchez pas votre plaisir,
le film The NTT de 82 est très
divertissant et efficace si vous êtes
fans d'épouvante.
Oui, c'est ce que j'allais te demander.
Après tout ce que tu as dit,
je sais que tu donnais des mérites au film,
on dirait que je me questionnais.
Je pense qu'on peut quand même séparer les deux.
Le film peut être très bon,
réalisé, mais
la mention inspirée de faire réelle,
il faut l'apprendre avec
des pinces. Surtout la
scène finale, comme je dis, je ne vais rien spoiler,
mais la scène finale n'a pas de bon sens.
C'est intéressant, mais ça n'a pas
de bon sens et c'est jamais arrivé.
C'est pour ça que je vous dis, c'est un bon film,
l'histoire n'est pas autant vraie.
Il vaut mieux rester dans la fiction.
Ceci dit, on connait l'adresse de la maison.
Si vous êtes des touristes noirs,
comme on dit, vous pouvez aller la vie,
pas visiter la maison, mais vous pouvez
la voir sur la rue, en Californie.
Vous ne pouvez pas la donner, mais l'adresse se trouve en ligne
si vous savez où chercher.
Amenez votre Ouija.
Merci beaucoup pour cette histoire, Simon.
Ça fait plaisir.
Très intrigant. Je pense que
ça va donner le goût aux auditeurs
et aux auditrices d'aller faire un petit tour
et de rechercher ces photos-là.
On va tenter, on dit toujours ça,
mais souvent on oublie.
On va essayer de les mettre sur le site web,
sur la page
de l'épisode.
Je vais essayer de les dispenser aussi.
Je les mettrai aussi sur Ars Morienzi.
Je vais essayer de dispenser.
Donc,
pour l'instant, on se dit adieu,
mais on se revoit dans pas longtemps
pour l'after-show, Simon.
Sinon, on encourage tout le monde
à aller checker ton podcast Ars Morienzi,
même si tu te fais attendre
un petit peu. Il y a plein de contenus.
Tu dois avoir au moins presque une centaine d'épisodes.
Moins que ça, parce que
ils sont plus de travail que les vôtres.
C'est pas de critique, mais vous en avez plus.
Moi, j'en ai un peu moins.
Il y a 49 épisodes de disponibles,
mais il y a l'équivalent
en bonus. Il y a plein
de surprises, des bonus sur Patreon
aussi.
Si vous ennuyez de ma voix, vous en voulez plus.
Allez-là, il y a plein d'histoires.
Je vous promets, je reviens
sous peu cet hiver. Mon livre
se termine. Je suis en train de l'achever.
Et tout de suite après, je me relance dans une prochaine
scène. Oh yeah!
On va surveiller ça.
Merci à toi, Simon. Merci beaucoup.
Merci Seb aussi. Merci à toi, Emile.
En fait, vous savez nous
trouver en les distordues. On est partout.
On est sur les réseaux sociaux, sur Instagram,
Facebook, Twitter, sur YouTube aussi.
Sur TikTok. Vous pouvez rejoindre
Patreon. Évidemment, on en parle souvent
parce que grâce à ça, on a aussi
un serveur Discord où il y a plein de
discussions intéressantes.
On vous dit à la prochaine
tout le monde. C'est un épisode
de bonus. Évidemment,
vous savez, il y en a qui disent
je ne sais pas, est-ce qu'il va avoir
moins d'épisodes à cause qu'on fait
le Special Halloween? Non.
En fait, c'est comme un quatorzième épisode
qui s'inscrit dans la saison.
Donc on continue. On se revoit
très bientôt. Dans une semaine ou deux,
en fait. Mais avant de quitter, Seb,
on n'a pas le choix de remercier
quelques membres Patreon. Je te laisse
commencer. Oh oui, un gros
Wi-Fi à nos commanditaires.
May, Melanie R,
Aurore P,
la mystérieuse Sarah
et Suzanne C. Un
gros shout-out à Abby,
à Joannie C, à Fanny
J, à Coralie et à
Jean-Philippe T.
Gros gros bisous à
Catherine P, Stéphanie
C, Christine R,
Jennifer B et
Maxime R. Et
aussi un gros câlin à A,
W, à Viviane D,
à Amanda J, à
Élise C et à Camille
A. Je poursuis
l'amour à Alexandrine C,
Chloé,
Angélique V, Catherine T
et Lalou.
On ne pourrait faire ce show sans
la contribution de Sarah D,
Sarah Élisabeth, Karine
B, Space Jocky
et Amandine S.
On vous remercie Audrey
L, Chloé M,
Nicolas B,
Sarah S. P. C
et Melina B.
Une bonne tape dans le dos à
Catherine B, à Bénédicte B,
à Ariane M, à
Indeed, bien sûr, et
à Crème Sûre et Grand-Mère Morte.
J'adore ce nom!
Et je poursuis
Annabelle Morceau,
Marie-Gabrielle T,
Pascal L,
Gougoune au Soleil,
Jeans R.
Et pour terminer,
un gros remerciement à Emmanuel
H, à François,
à Guillaume
B, à Caroline H
et à Chris L'Imparfait.
Merci à vous!
Ah ben moi, comme j'ai pas de shout-out,
je vais simplement saluer
au passage nos amis
du podcast Captive,
qui vient de publier leur premier livre.
Félicitations les filles, j'ai très hâte de lire ça!
Oh oui, nous aussi, excellent shout-out!
Yes! Merci tout le monde
et on se dit à très bientôt!
Bye bye! Que vos nuits soient
pleines de cauchemars terrifiants!
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