Dans un monde de plus en plus dépendant de la technologie, de nouvelles formes de crime émergent, se dissimulant dans l’ombre de nos vies numériques. Des groupes de ransomware comme Lockbit ont poussé l’extorsion cybernétique à des sommets sans précédent durant la pandémie de COVID-19, profitant de systèmes affaiblis par la crise sanitaire et prenant en otage des données en échange de rançons exorbitantes, avec la menace de fuites catastrophiques. Mais qu’est-ce qui motive ces hackers ? Qui sont les victimes prises dans leur filet ? Et surtout, qui se cache derrière Lockbit ? Dans cet épisode, nous plongerons dans l’histoire de Lockbit, un groupe de cybercriminels qui sème la peur parmi les entreprises et les gouvernements du monde entier. Nous explorerons ses origines, ses attaques les plus marquantes et les tactiques employées, tout en suivant le jeu du chat et de la souris entre hackers et autorités.

Épisode
#130 - Lockbit : à l’ère des cyber-rançons
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Des histoires étranges de l'ère numérique.
Dans un monde de plus en plus dépendant de la
Se cachant dans l'ombre de nos vies numériques.
Des groupes de ransomware comme Lockbit ont porté l'extorsion cybernétique à des sommets sans précédent durant la pandémie de la COVID-19,
profitant des systèmes affaiblis par la crise sanitaire et tenant des données en otage en exigeant des rançons exorbitantes,
le tout avec des menaces de fuite d'informations catastrophiques.
Mais qu'est-ce qui motive ces hackers?
Qui sont les victimes prises dans leur filet?
Et surtout, qui sont les gens derrière Lockbit?
Dans cet épisode, nous plongeons dans l'histoire de Lockbit,
un groupe de cybercriminels qui sèment la part parmi les entreprises et les gouvernements à travers le monde.
Nous explorerons ses origines, ses attaques les plus marquantes et les tactiques employées,
tout en suivant le jeu du chat et de la souris entre hackers et autorités.
Sébastien Évec, comment ça va ce soir?
Ça va bien et toi, Émile Gauthier?
Ça va très bien parce qu'on aborde un sujet que tu avais hâte de couvrir,
le sujet de Lockbit, une gang de cybercriminels qui ont fait des victimes à travers le monde.
Vraiment, c'est un peu le cancer de la société, le ransomware actuellement.
C'est assez incroyable.
En creusant dans cet épisode-là, je me suis rendu compte qu'il y avait des tonnes de groupes de hackers
qui font le même genre de choses qu'eux.
On a que j'ignorais qu'il y en avait autant.
C'est un peu comme les virus ou comme un vendeur de drogue, quand t'en arrêtes un, il y en a dix qui poussent.
Exact.
On dirait qu'on est pris avec ce type de criminalité-là de façon éternelle malgré les efforts des autorités.
C'est dur d'aller jusqu'à la racine et d'aller chercher vraiment les fondations des groupes et de ces tactiques-là.
Oui, exactement.
Et surtout, comme dans le cas de LockBit, c'est du cas de source.
En informatique, du cas de source, ça se reproduit encore une fois comme un virus.
D'autres personnes peuvent le reprendre, le modifier et le recréer.
Des rassons giciels comme ils le veulent et se cacher des autorités.
C'est vraiment un jeu de cheuille à la souris que les autorités et les hackers jouent au quotidien.
Vous allez voir, la plupart du temps, c'est des erreurs humaines qui causent l'infiltration de ces groupes-là dans des réseaux,
que ce soit personnels ou des réseaux d'entreprises ou des réseaux bancaires, parce que ça peut aller jusqu'à très loin.
Vous allez voir, on va plonger exactement dans ce qui est un peu la version 2024 de la guerre numérique.
Où est-ce qu'on s'en va avec ça?
Parce que c'est une grande portion de la nouvelle guerre froide qu'on vit actuellement avec les conflits en Ukraine, en Russie,
mais aussi au Moyen-Orient, avec la Chine, la Corée et tout ça.
Une grande partie de la guerre froide actuelle entre les gouvernements se joue au niveau du piratage informatique et du vol de données.
Donc, ça risque d'être une histoire assez intéressante, un peu à la James Bond au niveau numérique.
Oui, tu as bien raison.
Et puis, qu'est-ce qu'on boit, Seb, pour faire face à tous ces ransomware?
On boit la Capitaine Jack de la micro-brasserie Jackalup qui se tue à Plessisville, une New England IPA à 6,5 % d'alcool et de goûte lèvres.
Apparemment qu'il faut dire Plessisville. Moi, je me suis déjà fait remettre à ma place.
Ah, bien oui, merci de me corriger.
Par un Plessisvillois.
Oui, je t'imagine. Donc, de Plessisville. Excellente. Une New England qui se respecte.
Et elle nous vient de?
Oui, de Cynthia Fee-Raté.
Et qu'est-ce qu'elle a fait Cynthia? Elle a fait une tournée de bière via notre site web.
Vous vous rendez à distorsionpodcast.com. Il y a un petit onglet de tournée de bière et vous pouvez nous aider à remplir le fridge.
On a aussi un shout-out de 5 étoiles sur Rappel Podcasts qui nous vient de Stacey Moi, ou Stacey Moi, je ne sais pas trop.
Mais merci à toi. Elle nous dit 10 étoiles, non pas 5. Elle nous dit, je mettrai 10 étoiles si je pouvais.
Je vous aime. Merci d'être là pendant que je travaille. J'espère que tu ne fais pas des opérations en cœur ouvert.
Oui, exactement.
Shout-out à toi, Stacey. Je pense qu'on avait même oublié d'en faire un, shout-out, l'épisode précédent.
Oui, bien on tente de mettre en lumière les reviews les plus créatives au site.
Donc, n'hésitez pas de sortir du lot lorsque vous nous donnez une belle review. Merci d'avance.
Exactement. Et si vous êtes membre, oui monsieur, sur Patreon, vous avez droit à un after-show.
Et Seb, de quoi on va parler aujourd'hui?
Oui, on va poursuivre la discussion sur les groupes de hackers qui sont spécialisés dans les rançons gicielles,
Conti, Revel et Darkseid, qu'on va couvrir un peu dans l'épisode, mais qu'on va approfondir dans l'after-show.
Mais en plus de ça, Emile, j'avais envie de vous parler de la panne informatique mondiale qui a eu lieu en 2024 avec l'antivirus CrowdStrike,
qui a eu une grosse panne de mise à jour sur Windows et tu voyais des blues clean-up.
Ça a buggé tout le monde ça.
Ah, c'est incroyable. Vous allez voir les impacts que ça a eu, autant les arrêts au port, les systèmes bancaires, etc.
Donc, on va couvrir ce sujet-là dans l'after-show.
Oh oui, et il y a du stock sur Patreon si vous voulez rejoindre notre belle communauté.
Il y a tellement de... il y a plusieurs épisodes bonus, il y a toutes nos after-shows.
Depuis qu'on est sur Patreon, depuis 3-4 ans environ, il commence à avoir pas mal de stock.
Et aussi tous nos cabarets des curiosités qui ont été enregistrés live sont disponibles sur Patreon.
Parfois, on a des versions vidéo parce que des fois, on est filmé, comme au FooFoon électrique, entre autres.
On était filmé au Festipod aussi.
Et quand on n'est pas filmé, on essaye, je ne sais pas à quel point vous trouvez ça cool, mais on capture aussi nos écrans quand on fait un show.
Donc, un petit setup technique de plus. Je ne dis pas qu'on a toujours réussi, il a fallu faire quelques tests.
Donc, on met aussi à la disposition nos captures d'écrans en format vidéo avec le son.
Et là, on peut voir les vidéos qu'on présente lors des shows, puis aussi les images, les marketplaces qui sont toujours très drôles.
Donc, c'est un autre petit bonus qu'on met sur Patreon pour les geeks qui veulent suivre nos shows comme si ils étaient là finalement.
Oui, ça, je trouve que c'est une valeur ajoutée vraiment cool.
Moi, si je n'étais pas Seb de Distorsion, c'est sûr que je m'abonnerais juste pour ça.
En fait, les cabarets, je trouve ça tellement cool.
Une plug très crédible, mon cher Seb.
Juste avant de commencer, Seb, je pense que tu veux nous dire un petit mot sur NordVPN,
qui est pas seulement le champion des VPN, mais aussi le champion des commanditaires de podcasters et de YouTubers.
Parce que ça fait longtemps qu'ils commanditent, comment dire, qu'ils financent à quelque part la création de contenu.
Oui, absolument. Mais est-ce que tu sais, Emile, ce qui peut t'arriver quand tu cliques sur un lien douteux
ou lorsque tu utilises un Wi-Fi gratuit dans un café?
Oui, monsieur, ça m'est déjà arrivé. Ça peut mettre mes données personnelles à gros risque.
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Oh oui!
Là-dessus, est-ce qu'on est prêt à se lancer dans l'histoire palpitante de LogBit?
Oui, monsieur!
C'est parti!
Avant qu'on se lance Emile, on va commencer par expliquer c'est quoi au Distordus, LogBit.
LogBit, c'est deux choses.
C'est un groupe de cybercriminels, mais c'est aussi le nom du ransomware qui est entretenu par ce même groupe.
Un ransomware ou ransomjiciel, c'est un type de logiciel malveillant qui prend en otage des fichiers ou des systèmes informatiques.
Lorsque l'appareil est infecté, le ransomjiciel chiffre les données de l'utilisateur, rendant ces fichiers inaccessibles.
Et pour qu'on puisse récupérer l'accès, la victime est souvent contrainte de payer une rançon, généralement en crypto-monnaie à l'auteur de l'attaque, en communiquant directement avec lui.
C'est un peu comme empoisonner une personne et lui vendre son antidote.
Oui, c'est vraiment ça!
Les ransomjiciels peuvent cibler à la fois des particuliers et des entreprises, et les conséquences peuvent être catastrophiques,
allant de la perte de données importante à des interruptions de services qui peuvent complètement chambouler des secteurs d'affaires.
Et après l'attaque, il y a la reconstruction aussi du système à faire, une étape qui peut prendre énormément de temps et même tuer carrément des entreprises.
À la tête de Lockbit se cache une personne qui utilise tout simplement l'identifiant Lockbit SOP sur les forums de piratage du Dark Web.
Il serait responsable non seulement du développement de l'entreprise criminelle, mais aussi de son infrastructure et du déploiement des outils de Lockbit.
Mais qui est cette personne mystérieuse?
Il y a une coalition aussi qui regroupe Europol, le FBI et la NCA du Royaume-Uni, et Interpol,
qui s'est mobilisé dans le cadre de l'opération Kronos pour identifier le mystérieux homme ou femme derrière Lockbit SOP.
Cette opération ambitieuse s'attaque frontalement à Lockbit, allant jusqu'à utiliser des tactiques similaires à celles des groupes criminels pour le troller.
Mais est-ce vraiment suffisant pour stopper cette machine bien rodée?
Ou n'assistons-nous pas qu'à une partie sans fin de cache-cache, où le groupe réapparaîtra sans cesse sous d'autres formes?
Est-ce qu'on sait de quoi ça a l'air? C'est quoi ton expérience quand tu te fais hacker par Lockbit?
Par Lockbit, en fait, ça gèle ton système et t'es redirigé vers un système de chat unique.
Donc t'ouvres ton ordinateur, mettons, ce matin-là, puis c'est ça.
En fait, c'est qu'ils bloquent tes données, ils bloquent carrément tes données et t'es redirigé vers une fenêtre,
et que tu tombes dans un système de messagerie qui est asynchronous avec le pirate,
et tu n'as pas accès à tes données tant que tu n'as pas pu soit payer la remson ou que tu n'as pu débarrer par la clé de déchiffrement de tes données.
Eux, c'est eux qui fonctionnent comme ça. Il y en a qui ont différentes mécaniques, mais eux, c'est ce qu'ils prennent en considération.
Puis l'autre mécanique, je vais vous en parler un petit peu plus tard aussi, qu'est-ce qu'ils font une fois qu'ils t'ont hacké,
parce qu'ils ont tendance aussi à troller les entreprises qu'ils font en les extorquant.
On va en parler un petit peu plus loin.
Mais ça doit être tellement stressant quand ça t'arrive.
Je veux dire, tu te connectes le matin et t'as plus accès à...
Tu sais, t'as une fenêtre un peu étrange avec un message qui te menace et qui te demande une remson.
C'est incroyable. Je cherchais justement des stats sur les impacts psychologiques de ce type d'attaque-là.
Il n'y en a pas. Je veux dire, il n'y a rien de chiffré en tant que tel.
Sauf que ça crée des traumatismes.
C'est sûr que ça cause du stress incroyable.
Pour les humains qui ont à gérer ça, c'est assez incroyable.
Mais petit retour en arrière pour expliquer les origines de Lockbit.
En fait, il a fait son apparition en janvier 2020 sur le forum de piratage du Dark Web XSS pour présenter son modèle d'affaires.
Étant un nouvel utilisateur sur la plateforme, il suscite d'abord une certaine méfiance.
Et pour dissiper les doutes, les administrateurs du site russe lui imposent un dépôt d'entrée de 10,5 bitcoins, soit environ 100 000 dollars US à l'époque.
Ce dépôt sert à prouver la légitimité du service et garantir qu'il ne s'agit pas du narnaque et montrer que son promoteur est sérieux.
En se dévoilant sur XSS, Lockbit a pour objectif de recruter des affiliés sur le Dark Web qui ont de l'expérience en piratage.
C'est une méthode un peu semblable à celle qu'on a vue employée par Russ Uriel-Brick dans un autre épisode de Distortion, celui de Silk Road,
où des forums de discussion ont été utilisés pour faire la promotion d'un nouveau service illicite.
Lockbit se positionne alors comme un service suivant un modèle d'affaires appelé le Ransomware as a Services, le RAS, R-A-A-S.
Comme souvent on a des logiciels maintenant, un Google Doc, etc., c'est S-A-A-S, donc Software as a Services.
Donc c'est des solutions logicielles que vous avez accès directement en ligne, soit tu as l'avantage de ne pas avoir de mise à jour à faire parce que tout est fait sur les serveurs et tout ça.
Mais dans ce cas-ci, c'est des rançons logicielles qui fonctionnent un peu de cette façon-là pour que les pirates puissent les installer sur les systèmes.
C'est un service à distance qui est vendu un peu comme une suite office.
Oui, exact. Ça peut se mettre à jour aussi. Un peu comme quand j'étais dans le monde du jeu vidéo, on appelait ça des Games as a Service.
Oui, c'est vrai.
Donc à cause que les jeux sont des écosystèmes en soi. Tu peux acheter des morceaux de jeux, des expansions, des trucs comme ça, des items pour customiser tes personnages, des trucs comme ça.
Donc c'est un peu la même chose au niveau du Ransomware maintenant. C'est presque comme une licence Photoshop que tu achètes avec des mises à jour.
C'est vrai, c'est exactement ça.
Bien oui.
Ce système permet à des pirates informatiques de rejoindre l'organisation en tant qu'affiliés et d'utiliser le Ransomware Lockbit pour mener leur propre attaque.
En retour, ils peuvent extorquer des rançons colossales à leurs victimes tout en partageant une partie des gains avec l'organisation mère.
Ces affiliés peuvent utiliser Lockbit comme une sorte de licence tout en profitant du service à la clientèle de l'organisation, des mises à jour et des discussions en ligne afin d'améliorer le produit.
Et comme plusieurs entreprises légitimes, Lockbit offre même des récompenses monétaires, des bugs bunties comme on dit pour des chasseurs de bugs, à ses clients qui peuvent détecter des failles dans son système.
C'est comme un service clé en main.
Tout ce que Lockbit demande en retour, c'est environ 20% des gains obtenus lors d'une attaque, une offre qui est très compétitive sur un marché dominé par l'argent.
C'est quelque chose que j'ignorais, mais les compétiteurs demandent souvent plutôt 60% de commission versus le 20% de Lockbit, donc ils tentent de se démarquer dans ce marché concurrentiel.
Bien oui, il y a des salles de spectacles qui prennent une plus grosse cote sur la merch.
T'as bien raison.
Et maintenant, Emile, explique-nous un peu comment Lockbit attaque ses victimes.
Oui, à son apogée, Lockbit va typiquement imposer ce qu'on appelle une double extorsion envers ses victimes.
Je vous explique ça. Non seulement les pirates vont saisir les données et les chiffrer grâce aux rançons logicielles,
mais elles vont aussi menacer de faire fuiter les informations privées obtenues lors du piratage si la rançon n'est pas payée.
Et en plus de tout ça, rien ne garantit que les données ne seront pas fuitées même si la rançon est payée.
On ne sait pas, on deal avec des gens qui ont peu de cote d'honneur.
Les victimes sont donc souvent dans une position impossible à gérer.
Il faut souligner que Lockbit n'a pas été le seul acteur dans le monde du ransomware as a service et de la double extorsion en piratage.
Conti, Revel et Darkside ont aussi opéré d'une façon semblable à Lockbit qui sont d'autres types de rançons logicielles et parfois avec beaucoup de notoriété.
On se rappelle d'ailleurs du cas du hacker québécois Sébastien Vachon-Desjardins qu'on a parlé aussi dans un épisode de Tito
qui était affilié au feu réseau Netwalker qui a été dévastateur durant le début de la pandémie de la COVID.
Sébastien Vachon-Desjardins a été condamné à 20 ans de prison en 2022 et les autorités ont confisqué plus de 21 millions de dollars en paiement de rançons.
C'est fou pareil, comment c'est une business rentable.
Incroyable.
Et le réseau Netwalker a depuis été démantelé. Donc on a un peu le même problème avec Lockbit en ce moment-là.
Lockbit n'est peut-être pas seul à opérer ce type d'entreprise, mais le groupe est certainement l'un des plus notoires des dernières années.
De plus, Lockbit offre un service presque à la carte pour le piratage.
Les hackers qui l'utilisent peuvent choisir les options qu'ils veulent pour leur rançon logicielle, un peu comme on commande un repas sur Uber Eats.
Est-ce que le hacker veut afficher un message sur le site qui est saisi?
Est-ce qu'il veut par exemple changer l'arrière-plan de la victime pour se moquer d'elle ou pour mettre un message précis?
Tout semble possible en quelques clics de faire un logiciel sur mesure pour les clients.
Ça ne veut pas dire qu'il s'agit d'un programme que n'importe qui peut utiliser.
On est bien loin de ce qu'on appelait les scripts « kiddies », un peu un surnom péjoratif qu'on donnait à des hackers.
C'est pas eux qui écrivaient les scripts, dans le fond. Ils exécutaient des choses créées par d'autres.
Donc ici, c'est bien différent.
Les clients de Lockbit sont plus sophistiqués.
Même s'ils n'ont pas créé leur rançon logicielle eux-mêmes,
ils ont les compétences nécessaires pour obtenir l'accès à des réseaux et à négocier avec des victimes,
puis exécuter des attaques ciblées comme par exemple des campagnes de phishing, d'hamçonnage ou l'exploitation de vulnérabilité informatique.
Ils ont un rôle plus avancé que simplement exécuter leur script ou un outil.
Le hack en question est déployé par eux seuls et non Lockbit.
Donc Lockbit, c'est pas le criminel, c'est comme un peu le cancer qu'on donne à un système.
Oui, c'est vrai.
Et d'ailleurs, il est soupçonné qu'une bonne partie des attaques Lockbit ont été commises grâce à des campagnes agressives de hamçonnage.
Par exemple, des courriels frauduleux peuvent avoir été envoyés à des employés d'une compagnie
en espérant qu'une personne peut-être moins alerte clique sur un lien frauduleux ou encore une pièce jointe infectée.
C'est souvent ça, l'élément humain revient malheureusement très souvent dans des histoires comme la saga dont on va vous parler aujourd'hui.
Un excellent rappel que le social engineering offre souvent une porte d'entrée beaucoup trop facile à franchir par des pirates.
Et là, on va reparler un peu plus tard de ce phénomène parce qu'effectivement,
on laisse beaucoup de données sur les réseaux sociaux qui peuvent se retourner contre nous assez rapidement.
Une fois qu'un système a été infecté par Lockbit, la victime est redirigée vers un écran hostile service à la clientèle
où elle est en contact direct avec le pirate pour discuter de la rançon.
Un peu comme une boîte de clavardage sur plein de sites de commerce.
Le rançon giciel est un crime bien spécial puisque les victimes n'ont pas le choix de communiquer directement avec la personne responsable de l'attaque.
Oui, c'est ça. Il n'y a pas d'autre chose à faire.
Si on appelle les autorités ou quoi que ce soit, eux-mêmes, il faudrait qu'ils passent par le même processus pour aller chercher la clé de déchiffrement.
Parce que c'est ce qu'ils font, c'est qu'ils encryptent vos données.
Pour encrypter les données, il faut une clé comme ouvrir une serrure et ça, ils l'échangent seulement contre la rançon généralement.
Vous êtes vraiment pris pour négocier votre seul atout, si on peut dire.
Oui.
À l'été 2020, on revient à l'histoire, l'utilisateur LockBitSop va apparaître sur les forums XSS un peu comme une tête d'affiche du produit de LockBit.
C'est durant cette période qu'il y a plusieurs affiliés qui mènent des attaques ciblées, notamment contre des infrastructures critiques aux États-Unis.
Parmi les victimes figurent des services municipaux dans les États du Minnesota et du New Jersey, où les opérations locales ont été sérieusement perturbées.
Ces entités sont souvent choisies en raison de leur système vieillissant et de leur manque de mise à jour, ce qui en fait des cibles faciles à prendre en otage.
Incapables de se remettre seul de telles attaques, souvent à cause des backups insuffisants ou même souvent un manque de ressources techniques, ces victimes n'ont souvent d'autre choix que de céder aux demandes des hackers et de payer.
Dès 2020, les affiliés de LockBitS s'en prennent également au système de santé, notamment au Canada.
Bien que les noms des hôpitaux ne soient pas toujours divulgués pour des raisons de confidentialité, le Centre canadien pour la cyber-sécurité confirme qu'en juillet 2020,
il y a eu une vague d'attaques de ransomware qui a ciblé plusieurs cliniques et hôpitaux du pays.
Ces attaques surviennent à un moment particulièrement critique, alors que le système de santé était déjà sous forte pression en raison de la pandémie.
Le timing de ces attaques aggrave la situation, mettant en péril des soins vitaux alors que les ressources hospitalières sont déjà saturées.
Il faut savoir que le secteur de la santé est particulièrement vulnérable au ransomware.
Quand la disponibilité des données et des systèmes peut être une question de vie ou de mort, lorsqu'un système informatique dans les hôpitaux est paralysé,
ça peut entraîner des retards dans les soins aux patients, perturber le calendrier des opérations chirurgicales, compliquer la gestion des informations médicales qui sont toutes dans des systèmes informatiques.
Tout cela crée un effet domino qui se répercute aux gens en bas de la chaîne.
Ça fait en sorte que, oui, il y a des gens qui peuvent mourir, il y a des enfants qui peuvent être malades et pas rescapés à temps.
C'est clair, c'est dur d'imaginer les conséquences réelles de tout ça.
Ah oui, absolument. C'est là que tu vois l'éthique des hackers, parfois. Je trouve que c'est pire que d'attaquer des entreprises, selon moi.
Ben oui, ça reste grave.
Les cybercriminels qui sont affiliés à LockBit peuvent profiter de cette dépendance au système pour maximiser leur chance de paiement rapide des rançons. C'est ça aussi l'objectif.
LockBitSop, l'utilisateur sur le forum, va être très actif sur les forums de hacking durant cette période-là afin d'attirer de l'attention vers son produit.
Il ira même jusqu'à créer un concours sur le Dark Web où des experts en piratage peuvent écrire des articles techniques et remporter des prix monétaires.
C'est une sorte de campagne marketing puisqu'il n'est pas vraiment possible de faire de la publicité traditionnelle pour un tel produit.
Imagine ça Emile, le concours est un succès et le nom de LockBit est propulsé un peu partout sur les forums de piratage.
Mais il y a un problème. La première version de LockBit n'est pas très solide encore. Il y a beaucoup de problèmes qui font en sorte que les fichiers sur les réseaux ciblés ne se chiffrent pas.
Et donc les entreprises ne mordent pas souvent tant que ça à l'âme son du ransomware.
Oui, des petits problèmes de contrôle qualité.
Oui, exact. À cette époque, LockBit n'offre pas encore d'héberger les données volées lors d'une attaque, alors la double extorsion mentionnée plus tôt n'est pas encore entrée en jeu.
C'est plutôt une version un peu bêta du rançon giciel et celui-ci ne semble pas très menaçant pour l'instant malgré les dégâts causés chez plusieurs victimes.
Et si des hackers sont insatisfaits d'un produit, ils vont certainement le faire savoir.
Des clients mécontents avec LockBit vont faire des plaintes et demander des dédommagements, car le produit n'est pas très efficace.
C'est un peu à partir de là que la tête d'affiche de LockBitSop commence à montrer ses vraies couleurs dans les forums.
Il est un peu mesquin, baveux et refuse de rembourser ou même de dédommager des clients insatisfaits.
C'est sûr que tu peux pas aller te plaindre à la protection du consommateur quand t'achètes un LockBit défectueux.
Si de l'autre côté, t'es dans LockBit, à quel point t'es tenu de fournir un service sous garantie?
T'as la morale un peu flexible.
Malgré son attitude, LockBitSop a clairement entendu une message.
Son produit n'est pas à la hauteur des attentes de ses clients et il ne fera pas autant d'argent qu'est-ce qu'on t'ait.
C'est à ce moment qu'il entend un projet qui va le propulser au sommet du monde du hacking.
Il s'apprête à déployer un rançon giciel qui va avoir des effets incommensurables sur des systèmes informatiques partout sur la planète.
Et le nom original, LockBit 2.0.
Oui, on est en mai 2021 Seb.
Une attaque sans précédent est déployée sur Colonial Pipeline, qui fournit 45 % du gaz à la côte est des États-Unis, affectant 17 États-Américains.
La situation est critique pour Colonial Pipeline, qui va payer une rançon de 75 bitcoins.
À l'époque, c'était 4,4 millions de dollars US.
Mais, cette attaque catastrophique n'a pas été lancée par des affiliés de LockBit.
C'est plutôt un de ses compétiteurs, DarkSide, et ses affiliés qui est derrière l'attaque.
Toutefois, cette attaque sera bénéfique pour LockBit puisque DarkSide sera démantelé par le FBI.
Ils vont avoir attiré l'attention sur eux puis ils vont s'être fait démanteler, donc pendant ce temps-là, LockBit survit.
Le hack de Colonial Pipeline était beaucoup trop massif et avait été tellement médiatisé que ça attirait trop d'attention sur DarkSide, causant son démantèlement.
Le plus grand compétiteur à LockBit est désormais hors de service et le timing est parfait.
LockBit 2.0 est sur le point de sortir et de terrifier la planète.
Quand LockBit 2.0 sort, il offre des options très alléchantes pour les hackers.
C'est à partir de la version 2.0 que le rançon Jussiel va garder des copies des données des victimes qui seront envoyées au serveur de LockBit pour que la menace de fuite soit pesante.
Ça va servir de levier important à l'avantage du hacker lors des négociations pour les rançons.
Ce n'est pas tout.
La mise à jour 2.0 amène aussi avec elle un site web où les requêtes d'extorsion de victimes sont affichées avec un compte à rebours, comme au cinéma.
Imaginez la scène, vous venez d'être piratés, vos données sont chiffrées et inaccessibles et un hacker communique avec vous pour une rançon et sur la page d'accueil de LockBit se trouve le logo de votre compagnie avec un compte à rebours menaçant de fuiter vos informations.
C'est le cauchemar de toute entreprise.
En même temps, les revendeurs d'informations sur le Dark Web voient aussi le compte à rebours.
Ils peuvent se dire que dans quelques jours, on devrait avoir les données de telles entreprises.
Ça leur permet de faire d'autres choses.
LockBit amène à d'autres vols de données à leur revente.
Il y a tout un système criminel derrière qui peut bénéficier de ces données-là volées.
Oui, tu as raison.
Côté marketing, ce site de LockBit sur le Dark Web est un coup de génie.
Des curieux qui ne sont pas nécessairement affiliés au groupe peuvent visiter la page d'accueil et observer quelles compagnies sont entre les griffes de LockBit en temps réel.
Ça fait jaser sur le Dark Web, mais ça attire aussi l'attention du Web de surface parce que des comptes Twitter diffusent des captures d'écran des comptes à rebours du Dark Web.
Donc, ce niveau d'exposition fait en sorte que LockBit explose en popularité, attirant des tonnes d'affiliés prêts à utiliser le service.
Et évidemment, tout ça attire l'attention des autorités.
On est maintenant en juillet 2021.
LockBit est déjà utilisé depuis plusieurs mois par des affiliés et la version 2.0 leur est désormais accessible avec une gamme de nouvelles fonctionnalités paralysantes pour les victimes.
Des rumeurs commencent à circuler, comme quoi la multinationale Accenture a été piratée.
Et ce n'est pas une petite compagnie, même si peut-être vous la connaissez pas, celle-ci travaille avec plusieurs autres compagnies comme Microsoft, Google, Meta, Unilever, Novartis, etc.
Offrant des services professionnels spécialisés dans plein de secteurs.
Des services technologiques, de la consultation, cybersécurité, conseils, même stratégie d'opération.
Accenture, c'est un joueur gigantesque en consultation en entreprise.
LockBit va afficher un compte à rebours sur son site.
Accenture a jusqu'au 11 août 2021 pour payer une rançon de 50 millions de dollars US.
Sinon, 6 teraoctets de données d'Accenture vont fuiter.
C'est beaucoup quand même.
Oui, c'est très dangereux pour les clients surtout.
Mais Accenture ne mord pas à l'hameçon.
Jugeant que les données volées par les affiliés de LockBit ne sont tout simplement pas assez importantes pour justifier une telle rançon.
C'est à se demander qui entre LockBit et Accenture est en train de bluffer.
Les affiliés LockBit vont aller jusqu'à pirater des plus petits clients d'Accenture comme moyen de pression.
Entre autres, Bangkok Airways, la compagnie d'aviation.
Mais encore une fois, Accenture ne se laisse pas intimider.
LockBit va donc faire fuiter un peu plus de 2000 fichiers appartenant à Accenture en août.
Mais on est très loin du 6 teraoctet promis.
On pourrait voir le piratage d'Accenture comme un faux démarrage, puisqu'une rançon n'a pas été payée.
Mais ça va plutôt donner énormément de visibilité et d'inspiration à LockBit et à d'autres pirates informatiques attirant encore une fois plus d'affiliés.
LockBit 2.0 est désormais un redoutable rançon giciel et là, tout ce qu'il faut, c'est éliminer la compétition.
Et c'est là que Revel, qui est un des grands compétiteurs à LockBit 2.0 et qui existe depuis plus longtemps que ce dernier, arrive en scène.
Il opère essentiellement de la même façon.
Les données des victimes sont chiffrées et les cybercriminels exercent du chantage de diffusion afin d'obtenir une rançon.
Revel a beaucoup de notoriétés quand LockBit 2.0 sort, puisque le groupe a déjà ciblé Apple, Acer, Quenta
et est même soupçonné d'avoir prêté main forte au groupe Darkside pour l'attaque catastrophique du Colonial Pipeline, discuté plus tôt.
Une attaque particulièrement sophistiquée en juillet 2021 est déployée par le groupe Revel envers Canseia,
qui est une société technologique spécialisée dans les solutions de gestion informatique pour les entreprises.
Le groupe Revel a ciblé une vulnérabilité dans le logiciel Canseia VSA,
qui est une plateforme utilisée principalement par des fournisseurs de services gérés.
Les MSP, que ça s'appelle, utilisent le logiciel Canseia VSA pour surveiller et gérer à distance les infrastructures informatiques de leurs clients.
C'est important de mentionner que les MSP dans ce cas-ci,
car Revel a utilisé la faille du logiciel pour envoyer le rançon logiciel aux entreprises clientes de ces outils de gestion qu'il utilisait.
Donc l'attaque est dévastatrice, ça a un effet de chaîne en fait, un peu comme un effet domino,
où ce qu'on pirate, une seule plateforme qui est utilisée par des MSP
et qui a permis à Revel d'atteindre des centaines de victimes indirectement
parce que le logiciel se déploie un peu partout où les clients ont accès à ce logiciel-là.
Donc ça crée vraiment un effet domino.
Revel demande l'équivalent de 70 millions de dollars US en bitcoin pour déchiffrer les données.
C'est l'une des rançons les plus élevées jamais demandées à ce moment-là dans l'univers des rançons logicielles.
Cette attaque a touché entre 800 et 1500 entreprises, donc c'est pas rien.
Mais là, il va se passer quelque chose d'étrange.
La rançon ne sera pas payée et Canseia recevra quand même une clé de déchiffrement universel trois semaines après l'attaque.
Revel déclare alors que quelqu'un a réussi à avoir accès à son back-end, mais Log Bitsop n'est pas d'accord.
Lui, il croit que Revel a plutôt été infiltré par le FBI avec succès
et que ce sont les autorités qui ont rendu la clé de déchiffrement à la société Canseia.
Oh, intéressant!
Oui, quand même.
Et quelques mois plus tard, il y a même un raid qui vise Revel ciblant 14 membres du groupe par la Russie
après une pression de la part du président américain Joe Biden pour intervenir sur la cybercriminalité.
Il y a des vidéos où l'on peut observer le FSB, qui est le Federal Security Services of the Russian Federation,
arrêter des individus, mais il y a des internautes qui croient que tout ça est stageé
et que la Russie n'a pas réellement arrêté ces individus puisqu'elle est souvent considérée comme un refuge sûr pour des hackers
et que le tout était pour calmer les États-Unis.
Peu importe, Revel a cessé ses activités alors un gros compétiteur de Log Bitsop est tombé.
Un autre compétiteur à Log Bits, encore plus gros que Revel, qui s'appelle Conti, a également cessé ses activités en 2022.
Peu de temps après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, l'invasion aurait causé toute une discorde au sein du groupe.
Un affilié qui était mécontent a diffusé des fuites massives de leurs conversations internes et des données exposant toutes leurs opérations.
Sous pression des forces de l'ordre et en raison des divisions internes, le groupe a fermé son infrastructure.
C'est toutefois une opportunité en or.
Log Bits peut désormais absorber tous les membres de Conti et de Revel qui souhaitent continuer à utiliser un RAAS.
Donc Log Bits va donc partir en campagne marketing pour inviter ses potentiels affiliés qui ont quand même d'autres options de groupe.
Et pour charmer de nouveaux clients, Log Bits annonce l'arrivée imminente de Log Bits 3.0.
La version 3.0 de Log Bits est lancée à l'été 2022, quelques semaines après le démantèlement de Conti.
Et durant cette période, Log Bits et ses affiliés sont presque intouchables.
Les cyberattaques ne cessent et ciblent des infrastructures majeures partout sur la planète,
du port de Lisbonne à l'Agence de revenus italienne avec des demandes de rançons dépassant les millions de dollars.
C'est sûr que les ports comme le port de Lisbonne, ces installations portuaires-là, je ne suis pas surpris que ce soit ciblé
parce qu'il y a tellement de matériel et de ressources qui transigent par les ports de mer
que je suis surpris que ça n'arrive pas plus souvent, qu'il n'y ait pas des attaques terroristes sur les ports.
Pas que je souhaite que ça arrive, au contraire, mais sauf que ça peut tellement affaiblir un pays ou affaiblir une nation, c'est fou.
Oui, c'est tellement névralgique comme infrastructure.
Au Canada, il y a eu une menace de grève dans les ports et juste à chaque jour,
je me disais l'impact que ça pouvait avoir sur toute la chaîne de l'économie et pas juste de l'Amérique du Nord.
Imagine ce type d'attaque-là, tu as raison.
Je me dis que d'un, ça doit être des infrastructures, que la sécurité doit être quand même assez forte,
mais on n'est jamais à l'abri d'une attaque de ce style-là.
Effectivement, on va espérer qu'on ne soit pas touché plus par ça qu'actuellement.
Mais un tel gain en popularité va aussi provoquer des conflits à l'interne chez Lockbit,
plus particulièrement en lien avec le développement de Lockbit 3.0.
Le groupe va être victime de son propre succès,
mais les problèmes seront surtout causés par les décisions de son fondateur, Lockbit Sop,
et les raccourcis qu'il a pris pour sortir Lockbit 3.0 le plus rapidement possible
suite au démantèlement de ses compétiteurs.
Parce que là, à quelque part, il sait qu'il y a des autorités qui ne sont pas trop loin de le suivre,
qui sont à son cul à l'affût.
Le 21 septembre 2022, le code du ransomware Lockbit 3.0 est divulgué par un développeur mécontent
qui travaille avec le groupe.
Cette fuite permet à quiconque possédant le code de créer ses propres versions personnalisées du logiciel,
augmentant ainsi considérablement la propagation et l'impact des variantes de Lockbit.
Plus besoin de passer par l'organisation maintenant et de payer le 20 % pour utiliser le Ransom Jussiel,
le code est libre.
Oui, c'est fou.
Exact.
Le développeur, qui avait aussi été affilié au groupe Darkside,
qui a attaqué le Colonial Pipeline, qu'on a parlé tout à l'heure,
et aussi Black Matter, qui est un autre groupe,
a été engagé pour construire Lockbit 3.0.
On ne sait pas si c'est de la paresse ou de la confiance envers son produit,
mais ce développeur a réutilisé beaucoup de codes pour Lockbit 3.0
qu'il avait déjà utilisés pour ses deux autres groupes.
Cela a fait en sorte qu'une vulnérabilité majeure
qui avait été détectée dans le code de Black Matter
a été apportée elle aussi à Lockbit 3.0.
Ça s'est propagé.
On parlait plus tôt dans l'épisode du fameux Bug Bounty
à l'interne de Lockbit où les pirates pouvaient détecter des failles dans le code
et être récompensés pour leur travail.
C'est exactement ce qui s'est passé avec Lockbit 3.0.
Un bug a été trouvé et l'organisation a dû payer l'équivalent de 50 000 $ US
à la personne qui l'a détectée. C'était ça le bonus.
En colère, LockBitsUp a demandé à déduire la prime du salaire
de développeur fautif qui a refusé.
Sans créer une vraie petite guerre à l'interne,
le développeur a disparu du réseau et a fait fuiter le code au complet sur le web.
C'est ça quand on est dans des groupes comme ça criminalisés
et avec peu d'éthique, on n'est pas à l'abri de se faire poignarder dans le dos.
Les effets de cette fuite ont été dévastateurs pour le monde de la cybersécurité
puisque des copycats ont commencé à copier
et à lancer une foule d'attaques partout sur le web.
C'était la chasse ouverte pour n'importe quel hacker
et Lockbit a totalement perdu le contrôle.
C'est là qu'on continue à voir le côté un peu cowboy de son créateur
ou du moins de son influenceur, LockBitsUp.
S'il avait négocié avec son développeur,
il aurait pu éviter une fuite aussi catastrophique.
Mais il a plutôt menacé de liquer son identité s'il ne payait pas pour ses erreurs.
Donc tu vois la mentalité un peu.
Et c'est des erreurs qui ont probablement été causées par une pression immense
pour sortir 3.0 le plus rapidement possible.
Justement après le démantèlement des autres groupes rivaux.
Tout ça a créé beaucoup de confusion au sein des experts en cybercrime aussi.
En plus de devoir gérer une montagne d'attaques de LockBits,
ceux-ci devaient déterminer s'il s'agissait d'une attaque vraiment lancée par un affilié
ou si c'était tout simplement un pirate seul qui avait pris possession du code
et lancé sa propre attaque sans passer par LockBits.
Et c'est là, Emile, que la réputation de LockBits a pris tout un coup
avant les fuites de son rançon gissiel
et une attaque vers la fin 2022 va encore plus mettre le groupe dans la mire des autorités.
Alors que LockBits va toujours nier toute attaque contre les cliniques et hôpitaux,
même si on sait déjà que c'est faux puisque d'autres hôpitaux ont été attaqués avant et depuis,
l'hôpital pour enfants malades Sick Kids de Toronto sera bouleversé par une attaque.
L'affaire est tellement médiatisée que LockBits va devoir prendre position publiquement.
Il explique alors que l'affilié responsable de l'attaque a agi en violation des règles de LockBits,
puis a été banni et que le déchiffrement sera offert à l'hôpital.
Mais ça, c'est juste un coup de PR, un coup de relations publiques.
Il y a des spécialistes qui ont infiltré LockBits pour surveiller ses activités
qui ont documenté que LockBitsop a déclaré à maintes reprises
que les attaques contre le système de santé ne le dérangeaient pas.
Il a plutôt offert une clé de déchiffrement à Sick Kids pour redorer son image
et ne pas froisser certains de ses affiliés qui sont réellement contre ce type d'attaque.
Donc il y a certains hackers qui ont un minimum d'éthique quand même.
Oui, mais lui, ça ne le dérange pas trop.
Non, pas en tout.
Parce qu'on doit le souligner, il y a des limites que certains hackers ne vont étonnamment pas franchir
et les cliniques et hôpitaux en font partie.
On se déplace en 2019, il y a une maman à Mobile, en Alabama,
qui a perdu sa fille de neuf mois, c'est tellement triste,
en raison d'une attaque de rançon giciel envers le Spring Hill Medical Center.
Le système de surveillance fétale de l'hôpital a été désactivé par une attaque
lorsque Tyranny Kid était en train d'accoucher.
Oh mon Dieu!
Ça me déchire.
Le personnel médical n'a pas pu surveiller correctement l'état du bébé
qui avait le cordon umbilical enroulé autour du cou.
Cette complication n'a pas été traitée à temps,
ce qui a causé des séquelles importantes sur le bébé qui est décédé neuf mois plus tard.
C'est triste, tellement.
Chaque fois qu'un rançon giciel est impliqué dans la mort d'une personne non liée directement à l'attaque,
ça découle de l'impact sur un service essentiel comme le système de santé.
Certains hackers affirment éviter de cibler les hôpitaux pour cette raison,
évoquant une forme de « code d'éthique » au sein de la cybercriminalité.
Cependant, d'autres pirates exploitent précisément cette vulnérabilité,
sachant que la nature critique des soins de santé rend justement les victimes plus inclines à payer rapidement.
Lorsqu'une attaque paralyse des services vitaux, chaque minute compte
et cette urgence est cyniquement utilisée pour accélérer le paiement des rançons.
Je vous parle d'une autre attaque ici et d'un jeu de bluff qui s'est joué un peu entre les parties.
Je avance dans le temps, en janvier 2023.
Lockbit 3.0 frappe un coup majeur en ciblant Royal Mail, le principal service postal du Royaume-Uni.
L'attaque cause de tels dégâts que l'organisation n'a d'autre choix que d'informer le public
qu'elle est victime d'un rançon giciel sophistiqué.
L'infection paralyse principalement les systèmes utilisés pour le traitement et l'expédition du courrier international.
Bien que les services nationaux restent fonctionnels, l'ensemble des opérations d'exportation vers l'étranger est gravement perturbé,
provoquant d'importants retards dans la gestion des lettres et des colliers.
Cette paralysie impacte non seulement les entreprises britanniques, dépendant du commerce international,
mais aussi les particuliers, en créant un effet domino sur les chaînes logistiques mondiales.
Il y a des débats sur le montant exact demandé par Lockbit en rançon à la Royal Mail,
mais il est estimé que le groupe a demandé l'équivalent de 80 millions de dollars US,
donc ça ne fait qu'augmenter leur demande de rançon.
Royal Mail a nié avoir payé la rançon, mais le service a mis des mois à se remettre de l'attaque
Il a quand même fini par dépenser des millions pour rebâtir ses systèmes et les sécuriser.
Si ça arrivait au Québec, je serais tellement inquiet parce que je ne sais pas à quel point nos systèmes informatiques
d'assurance maladie, de société automobile, de tout ça, des passeports est solide.
Ben oui, moi c'est une bonne question.
J'ose croire qu'en 2024, on a quand même des backups et des infrastructures avec tout ce qu'on sait,
mais bon, j'aime mieux pas trop, il pense.
On penserait que LockBitSop se ventrait d'une telle attaque,
mais l'administrateur a clairement senti la soupe chaude.
LockBit faisait désormais la une de tous les grands médias.
C'était beaucoup trop d'attention pour un groupe criminalisé.
LockBitSop a donc utilisé la fuite de LockBit 3.0 en guise de défense,
déclarant que l'attaque ne provenait pas d'un affilié du groupe,
mais plutôt d'une personne qui avait eu accès au code durant son logiciel lors de la fuite.
Une déclaration qui s'est avérée fausse, l'attaque venait en fait du vrai de vrai LockBit,
puisqu'elle menait à son site sur le Dark Web, chose que les attaques de hackers solo ne faisaient pas.
Le plus impressionnant dans la saga avec Royal Mail,
c'est que LockBit a fini par faire fuiter les documents saisis lors du piratage.
Le hic, l'information n'était pas très pertinente.
La personne qui a négocié avec LockBit à propos de la rançon a détecté le bluff du pirate,
qui n'avait finalement pas tant de levier pour négocier.
C'est une histoire qui va se répéter avec un fournisseur de matériel,
pour entre autres la compagnie SpaceX de Elon Musk.
Un hacker va déployer une attaque, chiffrer les données et menacer de fuiter des milliers de documents privés,
comme des trucs d'ingénieurs que SpaceX voudrait probablement garder secret.
Mais encore une fois, il s'agit d'un bluff et LockBit n'a rien de dramatique à faire fuiter.
Il s'agit d'un autre coup dur pour la réputation du groupe.
Ça ne veut pas dire que les attaques de LockBit ne sont pas dévastatrices. Elles le sont.
Les auditeurs québécois vont peut-être se rappeler d'une attaque informatique qui a ciblé Indigo,
proprio des magasins Chapters au début 2023, mon livre de Rick Rubin.
Il m'a pris des mois à me faire livrer.
Je me comptais chanceux dans tout ça de ne pas m'avoir fait hacker,
parce que j'avais commandé mon livre, le livre du producteur de musique Rick Rubin.
J'en ai eu deux.
Je n'ai jamais eu de confirmation si la commande était entrée,
mais j'avais vu que mon paiement était passé.
Et là, l'attaque est survenue le lendemain ou deux jours après.
Je savais que j'avais payé probablement un livre dans le vide,
mais je n'avais pas peur de m'être fait pirater ma carte.
Je me disais peut-être que je ne recevrais jamais le livre,
mais je pense que c'est moins pire que ceux qui sont arrivés un peu plus tard.
Une fois que c'était infecté.
Je l'ai reçu au moment donné le livre,
mais je m'en étais commandé un deuxième que j'ai refilé à Seb entre temps.
Mais oui, on s'en rappelle de ce hack de Indigo puis de Chapters.
Il s'agissait d'une attaque de Lock-Bit, en fait, Seb,
qui a retardé mon livre,
qui a paralysé les systèmes informatiques de la compagnie,
forçant la fermeture temporaire de son site web de commerce
et affectant même les paiements par carte dans les magasins physiques.
Les magasins ont repris leur opération normale une semaine après l'attaque,
mais le site web a pris des semaines avant de redevenir pleinement opérationnel.
C'est immense pour une entreprise.
À chaque jour, je retournais sur le site et je me disais,
chaque jour perdu pour cette compagnie-là, c'est des millions en perte.
Il nous envoyait toujours des e-mails pour nous dire,
venez faire un tour en magasin, venez nous voir en magasin.
Les magasins fonctionnent encore,
parce qu'il voulait tenter de récupérer un peu la clientèle.
Ce qui arrive, c'est qu'il y a bien des gens qui recommanderont plus après chez Indigo à cause de ça.
Ça a des effets néfastes à très long terme.
Indigo aurait décidé de ne pas payer la rançon exigée par les cybercriminels,
ça, je ne le savais pas, vous voyez,
conformément aux recommandations des forces de l'ordre.
L'entreprise a justifié cette décision en affirmant
qu'il n'existe aucune garantie que les données volées
seraient effectivement protégées ou détruites après le paiement.
La compagnie a perdu 50 millions de dollars selon la CBC cette année-là.
C'est beaucoup d'argent.
En grande partie à cause de cette attaque,
puis avec la rupture de confiance avec les clients après ça.
On note aussi que Boeing a été attaqué par Lockbit durant cette période,
avec une demande de 200 millions de dollars en rançon.
Boeing s'est fait très discrète concernant cette attaque,
parce qu'il était dans l'eau chaude pour plein d'autres raisons,
mais on sait que Lockbit a fini par faire fuiter 43 gigaoctets
de données privées de Boeing.
Donc, je ne sais pas à quel point c'est sorti,
s'il y avait des designs d'ingénieurs ou des secrets professionnels.
Bonne question.
Oui, mais c'est sûr que dans l'eau, il y a de l'info confidentielle,
sur 43 gigaoctets.
C'est sûr.
Je ne peux pas croire.
Ça doit tellement être stressant pour les dirigeants,
les gens des TI,
de ces organisations-là.
Il faut que les entreprises, j'espère qu'ils leur offrent du soutien
psychologique après coup, parce qu'ils ont toute la pression.
Ils ont beaucoup de pression, en fait.
Ils ne peuvent pas faire grand-chose souvent contre les rançons officielles.
Il y a bien à faire.
Si tu n'as pas la clé, ça ne se défait pas.
À moins que je me trompe, mais c'est vraiment ça.
Ils ont vraiment toute la pression sur la tête.
Puis remonter des systèmes.
Après ça, tu es pris avec tes mauvais choix, tes mauvaises décisions,
justement, quand on parlait que souvent les entreprises,
des fois, ils ont des plans de contingences,
mais ils ne l'appliquent pas dans le réel.
Ce qui est dans le plan de contingences n'existe pas
ou il n'y a pas toujours des backups.
Mais maintenant, les entreprises sont quand même plus dirigeantes,
plus sérieuses par rapport à ça.
Mais je trouve que malgré tout,
les TI, ça reste un peu des victimes collatérales.
Oui, des héros sans cap.
En 2023, il est estimé que 44 % des attaques
rançons officielles ont un lien avec Lockbit,
qu'elles soient des attaques majeures ou plus petites.
Il est aussi estimé que Lockbit,
seulement avec sa part de 20 %,
aurait collecté le plus de 100 millions de dollars
en paiement sur 18 mois.
Donc c'est quand même assez rentable comme entreprise.
Si tu fais fois 5 pour donner 100 %,
ça fait environ 500 millions.
C'est vraiment beaucoup d'argent que les entreprises ont perdu.
Et là, c'est là que Lockbit perd le contrôle.
Même si le début de l'année 2023
a été marqué par des gros piratages pilotés par des affiliés de Lockbit,
le mystérieux administrateur derrière le rançon officiel
devient de plus en plus imprudent et presque négligent.
Il lance Lockbit Green, la nouvelle version du service.
Mais encore une fois,
des experts détectent que c'est du code recyclé d'un ancien compétiteur.
Dans ce cas-ci, Conti a vu son code fuiter aussi.
Lockbit SOP se retrouve en mode gestion de crise.
Il affirme que les similitudes entre Lockbit
et d'autres rançons officielles sont intentionnelles,
permettant aux affiliés d'avoir plus de flexibilité
dans le choix de leur attaque.
Cependant, à l'été 2023,
les serveurs de Lockbit commencent à montrer des signes de faiblesse.
Les documents volés lors des attaques ne sont plus correctement publiés,
compromettant ainsi l'efficacité de la double extorsion.
La situation se détériore rapidement
et Lockbit SOP perd un grand nombre d'affiliés.
À son tour, il devient la cible de d'autres pirates
qui exploitent des failles dans ces systèmes
pour tenter de l'extorquer,
mais Lockbit SOP refuse de céder à leur demande.
Il subit alors un coup dur supplémentaire lorsqu'il est banni
de plusieurs forums de piratage influents sur le Dark Web,
portant un coup fatal à sa réputation.
En réalité, le mécontentement des affiliés
couvait déjà depuis sa sortie de Lockbit 2.0 en 2021,
jugée décevante par certains d'entre eux.
Désormais isolé, avec des hackers hostiles à ses trousses
et sans soutien, Lockbit SOP se retrouve vulnérable,
un moment idéal pour les forces de l'ordre de frapper.
Le 19 février 2024, le jour redouté par tout groupe de hackers
finit par arriver.
Les forces de l'ordre saisissent le site web de Lockbit.
L'opération baptisée Kronos est menée par une coalition internationale
comprenant la NCA, Europol, le FBI
et plusieurs autres agences partenaires à travers le monde.
Ensemble, ils parviennent à infiltrer le réseau de Lockbit
et à prendre le contrôle de son infrastructure.
Le célèbre site où les victimes voyaient habituellement
leurs données fuiter affichent désormais un message de saisie
par les forces de l'ordre avec les logos des agences impliquées.
Mais l'opération ne s'arrête pas là.
Les visiteurs du site sont invités à revenir le lendemain
à une heure précise.
Cette fois, ce sont les forces de l'ordre qui imposent
un compte à rebours à Lockbit.
Les experts en cybersécurité et les hackers du monde entier
restent suspendus à leur écran, témoins en direct
d'un retournement de situation spectaculaire.
LockbitSop, habitué à semer le chaos avec ses ultimatums,
se retrouve à son tour, pris à son propre jeu.
Lorsque le compte à rebours atteint zéro,
le site s'affiche à nouveau, mais avec une différence cruciale.
Au lieu d'exposer des victimes, le site publie des informations
compromettantes sur Lockbit.
On y trouve des outils pour aider les victimes à se protéger
et se riz sur le gâteau une série de messages de trolling
qui vise directement Lockbit et son leader.
C'est comme la Revenge Porn de pirates informatiques.
C'est vrai, j'aime ça comme comparaison.
La pièce maîtresse de cette humiliation est un second compte
à rebours, mimant ceux utilisés par Lockbit
pour extorquer ses victimes.
Celui-ci mène à la question à 10 millions de dollars.
Qui est LockbitSop?
Une manière implacable pour le FBI de le provoquer en public.
Pour enfoncer le clou, le FBI crée un compte signal
intitulé FBISOP, spécialement conçu pour recevoir des informations
d'éventuels lanceurs d'alerte.
En parallèle, une récompense de 10 millions de dollars
est offerte pour toute information menant à son arrestation.
Pendant ce temps, les affiliés de Lockbit tentant de se connecter
à leur compte découvrent avec stupeur un message menaçant
de l'opération Kronos.
Le message indique que l'infrastructure de Lockbit
a été entièrement compromise et que les autorités connaissent
désormais l'identité des victimes et les paiements effectués.
Pour semer la discorde au sein du groupe,
les autorités insistent sur le fait que cette infiltration
a été rendue possible à cause de l'infrastructure
défectueuse de LockBitsop, incitant ainsi ses affiliés
à se retourner contre lui.
Intéressant comme tournure d'événement.
Pendant que les forces de l'ordre ont le contrôle du site,
LockBitsop joue ça cool en communiquant avec des comptes Twitter
qui peuvent diffuser ces messages.
Il indique que non seulement le FBI et la NCA et Europol
ne connaissent pas sa réelle identité, mais qu'il est prêt
à doubler la récompense de 10 millions de dollars à 20 millions
à quiconque peut réellement l'identifier.
LockBitsop a également admis que l'infiltration du FBI
et des autres agences n'étaient pas dues à leur compétence technique,
mais à sa propre négligence.
Il reconnaît avoir laissé une vulnérabilité évidente
dans son infrastructure par simple paresse,
facilitant ainsi leur accès.
Une fois le compte à rebours écoulé,
les autorités publient sur le site web de LockBit des révélations intrigantes.
Elles affirment que LockBitsop aurait prétendu être aux États-Unis
et non aux Pays-Bas, mais que ces informations sont fausses.
Elles ajoutent également que LockBitsop aurait, sans le savoir,
déjà communiqué directement avec les forces de l'ordre.
Le message se termine par un émoji de bonhomme sourire,
dans la même veine moqueuse que le reste de l'opération Kronos.
Cependant, à la grande déception des spectateurs suivant l'affaire en direct,
l'identité de LockBitsop n'est finalement pas dévoilée.
De l'extérieur, cela donne l'impression que l'opération des forces de l'ordre a échoué.
Pour aggraver les choses, quelques jours plus tard,
toujours en février 2024,
le site de LockBit est restauré à partir de sauvegarde.
Comme un pied de nez supplémentaire,
une nouvelle victime y est affichée, le FBI.
LockBitsop a continué avec son arrogance,
diffusant un message sur le site
expliquant comment le FBI a probablement réussi à entrer sur son réseau
dû à une erreur de sa part
et a même osé inviter la personne qui a découvert la vulnérabilité
à travailler pour lui pour un salaire plus alléchant.
Il en profite aussi pour dire que cette attaque envers son service
lui a donné un regain de motivation
et que tant qu'il serait en vie,
les forces de l'ordre ne pourraient jamais l'arrêter.
LockBitsop a continué ses activités durant plusieurs semaines
sans le signe de vie de l'opération Kronos,
qui semblait avoir raté son opportunité de dévoiler le visage du groupe criminel.
Mais tout a changé le 7 mai 2024.
Qu'est-ce qui s'est passé, Seb?
C'est à ce moment que les forces de l'ordre
tiennent enfin leurs promesses en mai 2024
en révélant publiquement l'identité de Dmitry Yurievich Koroshev,
alias LockBitsop, le leader présumé du réseau LockBit.
Cette annonce est effectuée par le Département du Trésor des États-Unis,
qui publie en parallèle un acte d'accusation contre Koroshev
ainsi que des sanctions financières importantes à son encontre.
Les documents révèlent que Koroshev,
né en 1993 de nationalité russe,
utilise une adresse courriel iCloud
et se trouvait à la tête d'une opération criminelle
responsable de plus de 2500 attaques à travers le monde,
dont 1800 aux États-Unis.
Le gouvernement diffuse également des photos de Koroshev
montrant un homme d'apparence ordinaire au début de la trentaine.
Je suis toujours curieux de savoir à quoi il ressemble ces gens-là.
Ah oui, bien lui, il a une belle petite coupe,
bien peigné, bien rasé.
Il a l'air d'un gars assez en forme,
comme un trentenaire qui aime le gym un peu,
chandail blanc.
Quelqu'un que tu ne douterais jamais
qui est à la tête d'un réseau comme ça,
il a l'air d'une personne normale.
En fait, il n'y a pas de tatou dans le visage.
C'est un préjugé que je dis là,
mais il n'y a pas l'air de ce qu'il est, en fait.
Si vous googlez son nom,
vous allez voir les avis de recherche de lui.
Il n'y a rien.
C'est un peu ça qui n'est pas bluffant,
mais des fois, on se fait une image de ces gens-là,
mais on pourrait le croiser dans la rue sans s'en rendre compte.
En parallèle, les internautes
s'emparent de ces informations
et en moins de 24 heures,
retrouvent des comptes de médias sociaux,
des numéros de téléphone,
des enregistrements d'entreprises
et des transactions financières en lien avec lui.
De plus, son e-mail iCloud
et son nom apparaissaient déjà
dans plusieurs fuites de données
sur des plateformes variées,
amplifiant sa vulnérabilité en ligne.
J'imagine qu'il y a des chances que lui aussi
se soit fait voler ses données.
Oui, il n'est pas à l'abri.
Les sanctions de l'Office of Foreign Asset Control,
l'OFAC,
qui inclut le gel de ses actifs financiers
et l'ajoute à ses adresses en crypto-monnaie
sur la liste noire américaine,
interdisant ainsi toute transaction
avec des entités américaines.
Par ailleurs,
une récompense de 10 millions $
est offraite par le gouvernement américain
pour toute information qui mène à son arrestation.
Et en cas de capture,
il risque jusqu'à 180-50 prisons
- il est mieux de prendre des vitamines
pour vivre jusqu'à ce temps-là -
avec des chefs d'accusation
allant de l'extorsion au piratage informatique
en passant par la conspiration pour fraude
et l'usage de données volées.
Cette révélation représente une avancée majeure,
bien que l'extradition
en fait de corochèves
reste à l'abri.
Mais ce n'est plus probable
en raison de sa résidence en Russie
où il pourrait bénéficier de protection implicite.
Malgré cette incertitude,
les autorités poursuivent un objectif clair
bloquer ses ressources financières
et démanteler ses réseaux
en rendant toute collaboration
avec d'autres affiliés impossibles.
Mais quelle a été la réaction
de LockBitsUp devant un doxing
si massif ?
Il a tout nié,
déclarant que les forces de l'ordre
avaient identifié la mauvaise personne
et que le pauvre Dimitri
est un bouc émissaire
du FBI.
Il ira même jusqu'à lancer
un de ses fameux concours
offrant une récompense de mille dollars
à quiconque
qui réussit à contacter
Corochèves et sa famille
pour voir comment il va
et s'il est encore en vie.
Toutefois, le développement
de la présumée identité de LockBitsUp
soulève deux questions.
Quelles sont les preuves du FBI ?
Qu'il s'agit réellement de l'admin de LockBits ?
Ici, ce fameux Corochèves
n'est pas LockBitsUp,
mais pourquoi ne s'est-il pas manifesté
pour dire « hey, c'est pas moi » ?
Oui, il n'y a jamais vraiment…
Non, c'est ça, il fait juste nier,
mais pas officiellement comme ça.
Et le fait que Corochèves
soit en Russie
est la raison principale pour laquelle
il est toujours en cavale à ce jour.
Il n'y a pas d'extradition,
alors tant qu'il ne sort pas de son pays,
il est plutôt protégé.
Il y a aussi le fait que la Russie
intervient que très rarement
dans les cas de cybercriminalité,
tant que les groupes ne ciblent pas
des entités dans son pays.
Oui, c'est presque leur PIB,
la cybercriminalité.
Un hacker peut donc souvent
paralyser des systèmes en Amérique du Nord
à partir de la Russie
avec peu de conséquences.
Je reviens un peu sur
les arrestations
puis sur l'opération Kronos,
parce qu'elle a quand même mené
à quelques arrestations qui continuent
à ce jour-même.
En mars 2024, Kronos va permettre
d'arrêter trois affiliés de Lock-Bit
en Pologne et en Ukraine
qui n'ont pas été identifiés
par les rapports officiels.
Et tout récemment, en octobre 2024,
Europol a mis la main au collet
de quatre individus liés au groupe,
dont un qui était en séjour en France
à l'extérieur de la Russie à ce moment-là.
Deux individus ont été
arrêtés au Royaume-Uni et un
en Espagne.
Quand les autorités ont saisi Lock-Bit,
un message publié par la NCA
sur le site saisi déclarait avoir
une compréhension complète
de la plateforme et de son fonctionnement,
et tous ces détails sont
actuellement analysés avec nos collègues
internationaux de l'opération Kronos
pour nous aider à identifier
et poursuivre les criminels dans le monde entier.
C'est une citation sur le site.
Comme vous pouvez le constater,
nous en avons déjà identifié certains,
mais ce n'est que le début.
Fin de la citation.
D'un point de vue technologique aussi,
l'opération a eu un certain succès.
On parle de 200 comptes de crypto
qui ont été gilés, une tonne
de mises en accusations qui ont été lancées,
plus d'une trentaine de serveurs
saisis, mille clés
de déchiffrement obtenues.
Il y a des sanctions
qui ont été imposées, effectivement.
L'opération va également
confirmer que dans beaucoup de cas,
les données volées par LockBit ont été
gardées même après les paiements de
rançons pour potentiellement
victimiser les compagnies à nouveau.
Donc, il est gardé quand même
au cas. Il y a aussi eu
une arrestation d'un affilié
de LockBit bien avant le dévoilement
au grand jour de l'opération Kronos,
et cette fois-ci au Canada.
Mikhail Vasiliev,
un homme de 34 ans d'origine
russe, résident à Bradford,
en Ontario, a été pris la main
dans le sac en octobre 2022.
Des enquêteurs américains affirment
qu'il était assis à une table dans son
garage, utilisant un ordinateur
portable avec plusieurs onglets
d'ouvert sur son ordinateur,
dont l'un pointant vers son portail
affilié, LockBit Login,
avec le logo de LockBit.
Il était aussi en possession
d'un cas illégal de deux armes semi-automatiques,
imaginent. Selon son avocat,
il est devenu un pirate informatique
parce qu'il s'ennuyait durant la pandémie.
Il y en a qui ont lancé des podcasts,
il y en a qui sont devenus des hackers.
Chacun son
destin. Vasiliev
a été condamné à près de quatre ans
de prison après avoir plaidé coupable
le mois dernier à huit chefs
d'accusation liées à l'extorsion
cybernétique, au méfait
et à des infractions aussi liées
aux crimes en lien avec les armes à feu
au Canada. Toutefois, la
justice américaine est après lui
aussi. Il pourrait être extradé
pour y être jugé. On ne sait pas
quelles compagnies ont été visées par le cyber
criminel, mais il aurait ciblé des entreprises
à Montréal, en Saskatchewan
et à Terre-Neuve pour des
rançons allant dans les centaines de
milliers de dollars. Donc, quand même,
beaucoup de dommages causés par
ces gens-là. Oui, c'est incroyable.
Bien que LockBit demeure
dans une situation précaire depuis l'opération
Kronos, sa mystérieuse
thèse d'affiche n'a toujours pas été
arrêtée et le groupe demeure actif.
Malgré quelques victoires des forces
de l'Ordre, il est clair que
LockBit n'est pas encore complètement
éradiqué. Des signes montrent que le groupe
tente de se réorganiser et il est
possible que d'autres affiliés ou copies
du groupe refassent surface.
L'opération Kronos, cependant,
a non seulement perturbé ses capacités
techniques, mais aussi terni
sa crédibilité en tant que plateforme
fiable pour les cybercriminels.
LockBit reste une menace
en tant que RAAS
et les autorités n'ont clairement pas fini
d'arrêter des affiliés liés à l'entreprise.
Et comme c'est souvent le cas
dans la cybercriminalité, suffit
qu'un groupe tombe pour qu'un autre
prenne sa place. On pense notamment
à Black Cat, Scattered,
Spider et Akira
qui ont tous été très actifs dans
les dernières années. Après tout,
les affiliés qui ont quitté LockBit
se sont probablement tout simplement
associés à de nouveaux groupes
afin de continuer à amasser de l'argent
avec des ransomware.
Oui, fort probable.
Et là, ça fait un peu le tour de notre
chronologie des événements.
Mais avant qu'on quitte l'épisode,
je voulais quand même vous parler des statistiques
sur le social engineering.
Oui, parce que c'est
de là que ça part.
Parce que là, à la fin de cet épisode-là,
on n'a pas le choix
de dire un peu comment se protéger
face à tout ça.
Une de ces parties-là, c'est en lien avec
le social engineering.
Oui, parce que c'est vraiment
là qu'on voit que la manipulation humaine,
ça reste le principal vecteur
de ces attaques-là.
En 2023, 98 %
des cyberattaques utilisaient
des tactiques d'ingénierie sociale
comme le phishing, le smishing,
qui est du phishing par SMS,
ou le vishing, qui est du phishing
vocal,
donc par la voix.
L'impact du phishing,
91 % des cyberattaques commencent par
un e-mail. En outre,
les attaques de phishing ont augmenté de
320 % d'une année à l'autre.
Ça démontre en fait
la
faiblesse, mais aussi la
popularité de ce type d'attaque-là.
Au niveau des brèches de données,
67 % des violations de données en 2023
ont été causées par des attaques par
vols identifiants,
par phishing ou autres tactiques sociales.
Le nombre d'attaques
d'ingénierie a augmenté avec
le télétravail aussi, parce que
avec nos ordinateurs à la maison,
souvent, ils ne sont pas aussi bien protégés,
ou du moins, ça nous rend un peu plus vulnérables
à ce type d'attaque-là.
En 2022, 76 %
des organisations ont été victimes
d'au moins une attaque, donc c'est trois
entreprises sur quatre.
Ce chiffre-là, je l'ai revu
en 2023, il est
dans les mêmes eaux au Canada.
Donc, vous à
la maison, les distordus, il y a à peu près
trois personnes sur quatre que son entreprise a été
attaquée, puis peut-être que vous le savez même pas,
souvent, ils ne le disent
pas aux
employés, et ça peut être
de toute sorte d'accabie, ça peut être quelques milliers
de dollars, comme des centaines de milliers de dollars.
Il faut savoir que près de 80 %
des violations de données impliquent une
erreur humaine, ce qui
montre en fait que malgré la technologie
de défense, le facteur humain reste une faiblesse
importante. Seulement
27, puis c'est là l'enjeu,
c'est que seulement 27 %
des organisations pratiquent des formations
de sensibilisation à l'ingénierie
sociale, et les professionnels
de IT, ceux qui travaillent
dans le milieu de l'informatique,
eux aussi sont victimes d'attaques sociales
en moyenne 40 fois par
année, parce qu'ils sont le vecteur un peu
de ce type d'attaque-là,
mais eux aussi sont susceptibles de
ça, ils ne sont pas à l'abri.
Je trouve que ça
démontre en fait,
dans les organisations
de plus en plus, ils font des tests
à chaque mois, puis peut-être que tu as déjà
vu ça, par exemple, pour tester les gens,
ils envoient des courriels
qui look phishing
aussi, puis ils vont pour un peu
éduquer les gens à bien détecter
si un courriel a l'air vrai ou faux,
pour habiliter les gens à ça,
parce que de plus en plus, en plus,
les courriels de phishing sont
près de la réalité,
ce qui nous biaise encore plus,
ce qui rend encore plus difficile à les détecter.
Oui, parce que parfois, ils vont utiliser,
ils vont aller sur LinkedIn, ils vont recenser
les figures importantes
de l'entreprise, ils peuvent même
appeler par téléphone pour
demander à, je ne sais pas moi,
au secrétaire
de transférer quelque chose
à un des présidents
ou quelque chose comme ça, puis c'est toujours des
tactiques, des fois, de trouver une petite
faiblesse, souvent dans la confiance
de quelqu'un, d'un employé,
puis justement, ça
commence comme ça. Moi, j'ai eu tellement de tentatives,
quelqu'un qui t'envoie
une boutique en ligne,
c'était pas avec Distortion, mais c'était avec un autre
employeur, quelqu'un t'envoie
un courriel pour dire qu'il n'a pas reçu sa
commande, commence à te challenger
là-dessus, puis à un moment donné, tu te rends compte que
il n'a jamais passé de commande, cette personne-là
est juste en train d'essayer
de me soutirer un peu des
je ne sais pas quelle info exactement
elle veut, mais c'est peut-être une info
qui va lui permettre de rentrer sur la boutique
ou autre, mais c'est strictement
humain
presque, comme les stats
le disent, les failles.
On s'en sortira pas, mais
soyez vigilants, en fait, c'est un peu ça,
puis si vous êtes à la tête d'organisation,
vous avez un peu de pouvoir dans les formations
utiles, n'hésitez pas à mettre de l'avant
ce type de formation-là
pour sensibiliser
les gens, parce que le coût
une fois que c'est arrivé, coûte beaucoup
plus cher que de former ses employés
en amont.
Kevin Mitnick, l'ancien hacker
moi, j'ai reçu les formations
de sa société, No Before
je dis ancien hacker, oui, parce qu'il est devenu
un white hat
avec le temps, il est tombé du bon
côté, puis il est décédé aussi
à son âme, Kevin Mitnick,
récemment, il y a quelques années, me semble.
Puis c'est ça, sa
boîte, sa compagnie s'appelle
No Before, donc si jamais
vous recherchez des formations en entreprise
il y a en fond, eux, des formations
sur le social engineering,
sur comment prévenir
des attaques comme ça, le damsonnage.
Très intéressant, puis dites-vous
quand je dis que ça coûte beaucoup d'argent, là, en moyenne
une violation de données
au social engineering est en moyenne
4.1 millions de dollars au niveau mondial
et aux Etats-Unis,
c'est 9.44 millions de dollars.
Donc j'imagine que les entreprises sont plus
grosses celles qui sont visées, puis on l'a vu
dans le ratio des 2500 par exemple
que LockBit ont attaqué, il y en a
1800 aux Etats-Unis, donc
c'est un gros gros marché
pour eux.
Tout un épisode, mon cher Seb.
Oui, quand même, un peu
différent de notre true crime,
si on veut dire, ou phénomène.
Oui, on suit moins une histoire
linéaire, mais c'est toujours
intéressant de se plonger dans
des phénomènes comme ça de sociétés
qui nous touchent beaucoup.
Dites-nous si vous aimez ce genre de format-là
aussi, peut-être un petit peu plus informatif,
un petit peu moins narratif, et
dites-nous, qu'est-ce que vous
en avez pensé? Est-ce que ça vous est déjà arrivé?
Est-ce que vous partagez vous aussi une histoire
de piratage ou d'damsonnage
comme ça? Il y a des techniques tellement
avancées maintenant.
On va vous en parler d'une aussi dans l'After Show,
une technique qui marche beaucoup
chez les personnes âgées.
On parle moins
de hamçonnage comme Lock-Bit,
mais ça peut être intéressant aussi.
Mais oui, dites-nous ce que vous
en pensez. En l'After Show,
toi Seb, tu nous parles de d'autres
compétiteurs de Lock-Bit.
Tu nous parles de Conti, de Revel et de
Darkside, dont on a effleuré un peu,
et d'autres cas liés à ça, si je me trompe pas.
Oui, exact, le CrowdStrike,
de la panne informatique mondiale.
Oui, la grosse panne pour nos abonnés
Patreon. Donc merci encore
tout le monde de nous suivre. Vous savez où nous
trouver. On est un petit peu partout sur les réseaux sociaux,
Instagram, Facebook, TikTok.
On est sur YouTube aussi.
Et on est surtout sur Patreon.
Vous pouvez trouver tous nos épisodes en avance
sans pub et aussi plein de bonus,
des épisodes secrets, l'accès à
nos shows live et aussi
aux After Show,
bien évidemment. Et parlant
d'abonnés Patreon, je crois, Seb,
que c'est le moment de les remercier chaleureusement.
Oh oui, je continue.
L'amour donné à Caroline L,
Marie-Pier M,
François Q, Jerry K
et Le ou
la mystérieuse Maud.
Aussi, on a Steve, Perso,
Charlotte à toi, Alexandre C,
Amy, Thomas V
et Max L.
Je poursuis Isabelle M,
Minthor,
Le ou la
mystérieuse MC.
Ensuite, je poursuis avec Chad
et Joannie R.
Un gros câlin à Marie-Soleil S,
à Maud Frédéric L,
à Audrey DT,
à Karibou et à Aurélien L.
Et on conclut avec
un gros high five à Corinne,
à Arcade Freezer,
à Joannie,
à Rose Badcall
et à Simon L.
On veut aussi chaleureusement
remercier notre monteur,
André, et nos deux
recherchistes anonymes d'amour.
Charlotte à vous.
Et pour terminer, aurais-tu un mot de la fin
pour nous ce soir, Seb?
Quand vos données valent plus que votre compte en banque,
vous comprenez que le vrai pouvoir,
c'est l'information.
Protégez vos données.
Maintenant.
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