À l’aube du nouveau millénaire, Internet est en pleine expansion, et toute la planète vit l’angoisse du fameux bug de l’an 2000, une menace potentielle pour tous les systèmes informatiques. En février 2000, alors que le monde respire soulagé après avoir évité cette crise, une attaque informatique sans précédent paralyse les géants du Web, dont Yahoo, Amazon et CNN. Les dommages astronomiques sont estimés à plus d’1.2 milliards de dollars, exposant la vulnérabilité inédite des infrastructures du Web. À l’origine de cette tempête numérique, un jeune québécois de 15 ans, opérant depuis le sous-sol de ses parents. Aujourd’hui, nous plongeons dans l’histoire fascinante de Mafia Boy, le hacker le plus connu du Québec, pour comprendre comment ce prodige de l’informatique a ébranlé le monde entier. Rejoignez-nous pour découvrir son histoire.

Épisode
#119 - Mafiaboy - (Special Hackers QC)
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Du nouveau millénaire, Internet est en pleine expansion et toute la planète vit l'angoisse du fameux bug de l'an 2000.
En février 2000, alors que le monde a survécu, une attaque informatique historique paralyse tous les géants du Web de l'époque, dont Yahoo, Amazon et CNN.
Les dommages sont estimés à plus de 1,2 milliard de dollars et pour la première fois, les infrastructures du Web sont ébranlées.
À l'origine de cette attaque, un jeune Québécois de 15 ans, depuis le sous-sol de ses parents.
Aujourd'hui, nous plongeons enfin dans l'histoire de Mafia Boy, le hacker le plus connu du Québec.
Sébastien Lévesque, comment ça va aujourd'hui?
Ça va bien toi, Emile Gauthier?
Ça va très bien, c'est notre premier épisode de 2024.
Oui, t'as raison.
Yes, on vous souhaite une bonne année les Distordus, 2024 ou 2028 si encore une fois vous nous écoutez dans le futur, comme c'est souvent le cas.
C'est bon de laisser des petits Easter Eggs comme ça.
Exactement.
Donc, oui, c'est très fun.
Yes, on a plein de projets nous cette année.
Évidemment, on est à peu près à mi-saison, il reste quelques épisodes quand même.
Oui, oui, oui.
Mais tranquillement, on approche de la fin.
Autrement, vous risquez de nous voir peut-être sur une scène près de chez vous qui sait,
parce qu'on veut amener notre cabaret des curiosités du Web ailleurs qu'à Montréal.
Exactement.
Il y a au moins une grosse date qui va être révélée bientôt, on a bien hâte de vous en parler.
Sinon, eh bien, on va tenter de voir justement où est-ce qu'on pourrait aller jouer si je parle comme si on était un band.
Donc, vous nous avez déjà suggéré des endroits, des salles dans votre région, en dehors de Montréal, tout ça.
Eh bien, n'hésitez pas à continuer si vous avez des bonnes idées dans la région de Québec ou Sherbrooke, par exemple.
Même au Saguenay, peu importe.
Il y a des gens qui nous ont écrit de la Gaspésie, qui aimeraient nous amener en Gaspésie trois, quatre dates là-bas.
Ça pourrait être chouette, donc n'hésitez pas, peu importe votre région du Québec.
Nous, ça nous permet de savoir en fait quels sont les salles, les lieux, les endroits où on peut faire des shows comme ça.
Oui, exactement.
Puis souvent, les gens ont des contacts aussi, donc c'est intéressant.
Des fois, ils nous font une petite passe sur la palette pour nous aider pour tout ça.
Donc, continuez parce que c'est vraiment, comme tu le dis, c'est quelque chose qu'on veut vraiment mettre de l'avant.
Oui.
Cette année, on veut aller à votre rencontre.
Exact.
C'est ça.
On a vraiment hâte, honnêtement.
C'est tellement, comment dire, les expériences live.
Puis surtout ce concept-là, je l'adore personnellement.
Oui, oui.
On a hâte qu'encore plus de gens puissent y goûter.
Tout à fait, Seb.
Et aujourd'hui, en fait, on va parler d'un sujet qui est sur notre liste depuis longtemps.
On entendait le bon moment, je pense.
On poursuit notre série sur les hackers québécois.
En début de saison, on avait parlé du pirate de Gatineau.
Et aujourd'hui, on revient en force avec Mafia Boy, qui a perpétré plusieurs attaques informatiques.
À une époque où on n'était pas si habitué que ça de voir des attaques.
Maintenant, c'est rendu chose commune.
Et on va revenir sur toute l'histoire des attaques qu'il a fait contre les géants du web de l'époque.
On parle évidemment de l'aube de l'an 2000, du bug de l'an 2000 et tout ça.
Donc, ça risque d'être intéressant d'être un retour en arrière assez cool.
Et en plus, Seb, tu nous as préparé un after-show pour nos abonnés Patreon.
Oui, sur le piratage de MGM Resort.
Ça, c'est un énorme casino à Las Vegas, mais il y en a un peu partout dans le monde.
C'est des hôtels de luxe et tout ça au Nevada.
Et il y a eu un gros piratage au mois de septembre où ça a vraiment, comment dire,
figé à peu près toutes les chambres d'hôtel, les machines à sous, toutes les transactions, etc.
Et ce qui va être intéressant aussi dans ce cas-là, c'est que c'est une nouvelle forme de fishing
qui a été utilisée par ces piratages-là. Donc, on vous en parle un peu plus dans l'after-show.
Et qu'est-ce qu'on boit ce soir, Seb?
Oh oui, ce soir, Emile, on boit quelque chose de spécial.
On boit la brown ale du barista, qu'elle s'appelle.
Et ça, c'est une collaboration entre Silo, le micro-brasseur,
et barista, qui est un micro-torréfacteur, en fait.
C'est une ale brune au café.
C'est une collaboration entre voisins, en fait.
Le café a été infusé à froid avec des grains de café torréfiés,
spécialement pour cette bière qui a été fournie par le barista.
C'est très bon.
Ah oui, vraiment. Moi, j'adore le mélange entre les deux
pour avoir goûté quelques térrations de bière au café.
C'est la meilleure que j'ai pu boire, je pense, dans ma vie.
5,7 % d'alcool.
Et ce qui est intéressant de cette bière-là aussi, c'est qu'elle nous a été offerte, Emile, par Marc-André.
Qui travaille à cet endroit-là, chez barista, en fait,
et qui est venu nous voir au cabaret des curiosités en novembre dernier
au théâtre Saint-Catherine, où il est venu nous remettre ça en main propre.
Donc, toujours un plaisir de recevoir cette bière de votre part.
Merci, Marc-André.
Yes. On a aussi un shout-out, une review cinq étoiles
sur Apple Podcasts qui nous vient de Dégénéreux.
On nous dit, faites attention, pire qu'une drogue dure,
une fois le premier épisode écouté, vous serez accros
et vous en voudrez toujours plus.
Emile et Seb sont incroyables autant que leurs histoires.
Merci pour tout sérici que j'écoute attentivement dans le trafic.
J'espère que tu parles de trafic de voiture, bien sûr.
Oui, effectivement.
Alors, Emile, est-ce qu'on est prêt à se lancer dans l'épisode d'aujourd'hui?
Oui, mais juste avant, on doit dire un petit mot à propos de notre commanditaire Manscape.
Seb, la Saint-Valentin approche à grand pas et je parie que nos distordus
se demandent comment impressionner leur douce ou leur doux moitié.
Je ne sais pas si ça se dit doux moitié.
Et bien, Manscape a la solution parfaite avec son performance package 5.0 Ultra.
Mesdames ou messieurs, imaginez offrir ça à votre homme,
un cadeau Cupidon approuvé pour garder la flamme toute l'année.
Tout à fait, Emile.
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Je t'avoue que ce LED donne un petit côté de distorsion aux rasoirs.
Dans le noir, ça peut faire un effet un peu de light stick.
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La polyvalence est le mot d'ordre chez Manscape
que vous vouliez une barbe soignée ou un rasage de près.
Exactement, Emile. Et c'est pas tout.
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comme le sac de voyage, Shed et les boxeurs 2.0.
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Prêt pour la Saint-Valentin, Emile?
Oh oui! Alors Emile, je pense qu'on en a assez dit.
Est-ce qu'on est prêt à se lancer dans l'épisode d'aujourd'hui?
Oui! C'est parti! Yeah!
En l'an 2000, alors que l'Internet connaissait une expansion fulgurante
avec environ 361 millions d'utilisateurs à travers le monde,
le secteur traversait également une période de crise.
La planète venait tout juste de surmonter les craintes liées au bug de l'an 2000,
je le rappelle, qui était un problème informatique qui aurait pu,
craignait-on à l'époque, causer des pannes massives
dans les systèmes critiques du monde entier,
affectant tout là, des services financiers au réseau de transport.
Heureusement, les conséquences furent minimes
et un soupir de soulagement collectif a pu être poussé.
Est-ce que tu te rappelles, Seb,
qu'est-ce qui allait causer ce bug-là?
C'est-tu le passage vraiment allant 2000,
comme si les horloges de tout ce qui est informatique dans le monde
n'avaient pas été conçus pour passer le millénaire?
Oui, c'est exactement ça, c'est l'espace mémoire des dates.
En fait, à l'époque, je pense que c'était pour économiser de l'espace mémoire,
les formats de dates, même pour les années, avaient seulement deux espaces.
Et à cette époque-là, encore une fois,
tous les systèmes étaient un petit peu plus rigides aussi.
Oui, puis ce n'étaient pas les ordinateurs qu'on connaît aujourd'hui.
Exactement. Je ne me rappelle plus la conséquence exacte,
mais je sais que quand il allait changer d'année,
ça retombait comme dans les années 30 ou quelque chose comme ça.
Ça pouvait créer toutes sortes de bordels.
Il y a beaucoup de choses qui sont calculées avec les dates,
les actions qui sont prises.
Ça aurait créé un méchant méchant bordel.
Donc, c'est vraiment ça, en fait.
C'est un peu la naïveté des créateurs de l'époque, si on veut,
des systèmes informatiques.
Mais heureusement, étant donné quand même qu'on l'a vu venir plusieurs années d'avance,
là-dessus, des fois, l'humain, il est poche,
dans le sens qu'il va réagir une fois que c'est arrivé.
Mais pour ça, je dois avouer qu'il a été proactif,
puis on a vraiment limité les dégâts.
Mais c'était vraiment drôle.
Les gens avaient quasiment peur que tout allait sauter.
Oui, pour l'avoir vécu, c'était angoissant.
Oui, il y avait des légendes urbaines qui se promenaient là-dessus.
Vous allez perdre votre argent dans vos comptes de banque.
Oui, puis je serais curieux de voir, puis je ne me rappelle plus,
tu as trouvé des vieux reportages de l'époque,
s'il y avait des gens vraiment qui avaient été retirés leur argent par crainte.
Sûrement, c'est sûr.
C'est sûr que oui.
C'était toute qu'une époque.
Vous, les dits tordus, je ne sais pas si vous avez des anecdotes farfelues par rapport à ça.
N'hésitez pas à nous en parler.
Oui, nos dits tordus, je pense que la plupart n'étaient pas nés en 2000.
Ils étaient très jeunes.
Oui, oui, oui. Ils doivent en avoir.
Bien sûr.
Nous, on était des jeunes adultes dans la fleur de l'âge.
Moi, en tout cas, j'étais en 2000.
Je n'étais pas encore adulte.
Oui, moi, je l'étais, mais j'étais un jeune jeune adulte.
Heureusement, comme on vous dit, les conséquences furent minimes
et un super de soulagement collectif a pu être poussé.
Mais ce soulagement fut de courte durée
car la bulle Internet a éclaté peu de temps après,
mettant fin à une heure de spéculation effrénée
et faisant plonger les valeurs de nombreux startups du Web.
Ces entreprises, qui étaient souvent surévaluées, même la majorité du temps,
qui avaient mis égros sur l'avenir du commerce en ligne,
se sont retrouvées face à la réalité
avec des modèles d'affaires non viables et des dépenses astronomiques.
Parmi ces dépenses, on a des publicités à plusieurs millions de dollars,
y compris lors du Super Bowl,
des fêtes somptueuses avec des artistes de renom,
des bureaux luxueux dotés de toutes les commodités inimaginables.
De plus, des acquisitions surévaluées
et des projets futuristes non rentables étaient monnaie courante.
Cette période d'excès,
marquée également par des salaires et des bonus astronomiques,
a finalement conduit à l'éclatement de la bulle,
entraînant la chute de nombreuses entreprises
du dot-com qu'on disait à l'époque.
Oui, ça aussi, ça a été un événement marquant.
C'était fou, la valuation des entreprises à l'époque.
Tu dis, voyons donc,
c'était même pas toute la population qui avait des ordinateurs.
C'est vrai.
C'étaient des entreprises évaluées à des centaines de millions, des fois,
de centaines de millions de l'époque.
Exactement.
Sans jamais faire de revenus,
sans justement avoir de modèles d'affaires viables.
Heureusement maintenant, il y a l'hélicoptère maintenant,
mais quand même, c'est aussi les investisseurs qui ont appris
de ça, à faire moins confiance et d'être plus serré.
Mais je me rappelle, il y a eu tellement d'excès.
La pub aussi, à l'époque, c'était dégueulasse sur le web.
C'était pas bien intégré comme maintenant.
Non, même maintenant, des fois, c'est difficile encore.
C'était pas ciblé.
Non, pas comme aujourd'hui.
Alors, c'est incroyable.
Il y a des gens qui se sont mis très, très riches avec ça aussi.
Des gens qui avaient acheté genre broadcast.com.
Des mecafites au monde, des antiviruses.
Oui, c'est ça.
Des affaires pas...
Antivirus, c'est une certaine complexité,
mais des fois, à l'époque, c'était pas tant.
C'était plus l'idée.
Souvent, les gens devenaient très, très riches avec ça.
Il y a eu des .com qui ont été achetés tellement chers
que maintenant, c'est complètement autre chose.
Ça n'a même plus rapport.
Mais c'était comme...
Une ruée vers l'arbre.
Oui, exactement.
C'est comme si c'était une nouvelle planète, l'Internet,
puis là, on était à la chasse.
En tout cas, non, c'était peut-être comme un monde.
Mais tu vois vraiment tous les travers de l'humain à travers ça.
Bien sûr.
Malgré cet effondrement, le web continuait de se démocratiser.
Le nombre d'utilisateurs augmentait significativement
et les connexions au débit commençaient à remplacer
les anciennes connexions d'iolop par modem,
offrant une expérience en ligne qui était tout de même plus rapide et plus fluide.
Cette période a également été témoin d'une vague d'innovation
avec le lancement de services qui allaient devenir emblématiques
comme Google en 98.
Ça fait 25 ans.
Ils ont fêté ça le 4 septembre dernier.
C'est 25 ans, Google.
On ne réalise pas comment c'est intégré dans nos vies. C'est fou.
Le commerce électronique gagnait du terrain
et au milieu de cette tourmente,
certaines entreprises ont non seulement survécu,
mais se sont épanouies,
devenant des géants du e-commerce d'aujourd'hui,
comme Amazon, qui a été fondé en 94,
ou même eBay en 95.
En somme, l'an 2000 a jeté les bases du monde hyper connecté d'aujourd'hui,
une période où l'Internet a commencé à prendre une forme plus mature,
pavant la voie pour les innovations futures.
Oui, puis Amazon, à l'époque, c'était vraiment un marchand de livres.
Il ne faut pas...
Tu ne peux pas faire ton épicerie comme aujourd'hui là-dessus.
Par contre, eBay, ce qui est le fun de eBay,
c'est qu'ils n'ont jamais changé de vocation.
Ça a très peu changé de design.
Je suis allé hier pour chercher quelque chose d'usagé.
J'en regardais sur eBay, puis ça n'a presque pas changé.
Oui, l'ergonomie s'est amélioré, l'interface,
mais c'est comme la même chose.
Pourquoi ne pas changer une formule qui fonctionne?
Oui, c'est vrai. Tu as raison.
Je ne sais pas au niveau...
Je n'ai pas regardé les chiffres d'affaires.
Ça doit encore générer beaucoup d'argent.
Je vois beaucoup moins qu'à une certaine époque.
Il y a une époque où Amazon avait moins de produits,
puis eBay, il en avait quand même des produits neufs et tout ça.
Oui, ils ont des produits neufs, évidemment.
Mais j'ai perdu des réflexes, bien honnêtement, d'aller sur eBay.
C'est très, très rare.
C'est quand je vais chercher des trucs très plus rares, justement,
que je n'arrive pas à trouver sur Amazon.
On dirait que c'est devenu plus un deuxième choix,
mais qu'il n'y arrive pas souvent.
Tu disais que tu y allais.
Je ne sais pas si c'est dans tes habitudes d'acheter sur eBay.
Ce n'est pas dans mes habitudes,
mais quand tu recherches du matériel audio, par exemple,
des instruments de musique, des choses comme ça,
des trucs que tu vas regarder sur Marketplace, par exemple,
je vais avoir tendance à regarder aussi sur eBay
pour comparer un peu puis rechercher quelque chose.
Oui, oui, oui.
Moi, ça donne une idée.
Ça donne une idée, effectivement.
Et justement, en parlant de l'an 2000,
tu étais-tu connecté à Internet chez toi, dans ce temps-là?
En 2000, je pense que oui.
Sans doute.
Probablement depuis 1997, 1998, environ.
OK, quand même.
Oui, j'avais un vieil ordinateur qui n'allait pas vite.
Mais au moins, tu étais quand même connecté à Internet.
À cette époque-là, on ne s'en rendait pas tant compte.
C'était juste ça, la réalité, la norme.
Bien oui, souvenir de l'époque.
En fait, j'avais eu le disque de Wu-Tang Forever,
qui était un disque multimédia, en fait.
Puis quand on le mettait dans l'ordinateur,
on pouvait aller sur le site puis voir des petites vidéos
ou des choses comme ça.
Moi, j'avais vraiment beaucoup de difficultés
à aller voir le contenu sur ce disque-là.
Mon ordinateur n'était pas assez rapide.
Il n'y arrivait pas.
Ça me dit quelque chose.
Je l'ai encore, la pochette douche.
Je vais tester, voir.
C'était une technologie.
Je pense que c'était RealPlayer.
C'était super avant-garde disque à l'époque.
Oui, c'était intéressant.
Cependant, on revient à notre histoire,
à l'aube du nouveau millénaire,
l'Internet était semblable à un adolescent en pleine croissance
qui naviguait encore dans les eaux tumultueuses de sa jeunesse.
Les infrastructures, étant encore naissantes,
allaient être mises à rude épreuve une fois de plus.
Nous sommes maintenant le 7 février 2000
à Santa Clara, en Californie.
Quelques semaines après,
le monde est poussé à un soupir de soulagement,
ayant invité les catastrophes potentielles du Boc de l'an 2000.
Cependant, un autre événement significatif
était sur le point de secouer le monde numérique.
À 10h30 du matin,
des millions de personnes à travers le monde utilisent Yahoo,
qui est le moteur de recherche le plus populaire de l'époque,
naviguant à travers ses divers services,
du courrier électronique,
allant jusqu'aux actualités.
Soudainement, les services commencent à tomber en panne
les uns après les autres,
entraînant frustration et de multiples rafraîchissements d'écran
par les internautes qui sont perplexes.
Et donc, en faisant ça,
ça congestionne encore plus le service à l'époque.
Chez les ingénieurs de Yahoo,
c'est la confusion totale.
Ils s'efforcent de déterminer la cause de cette augmentation
soudaine du trafic qui a saturé les serveurs
en ce jour de février.
Rapidement, une équipe de gestion de crise
se met en branle,
tels que des détectives numériques
plongeant dans un océan de données.
Ils scrutent le flux incessant de paquets données
tels un torrent d'eau déferlant dans un barrage
cherchant à identifier le type d'attaque
et les outils utilisés par les pirates.
Chaque paquet qu'on appelle « paquet »
est comme une goutte d'eau,
et parmi eux, ils recherchent les eaux contaminées,
un peu comme des biologistes marins
qui identifient des espèces toxiques
dans une mer par exemple.
Les enquêteurs remarquent que le trafic
provient de certaines adresses IP suspectes.
Ils contactent alors les fournisseurs d'accès à Internet
et leur demandent de bloquer le trafic
provenant de ces adresses IP là qui sont suspectes,
qui sont potentiellement responsables
d'envoyer des requêtes très élevées
aux serveurs de Yahoo.
En faisant cela, ils érigent une barrière virtuelle
visant à stopper l'assaut
et à restaurer la tranquillité
dans les eaux numériques de Yahoo.
Parallèlement, ils augmentent la capacité de leur réseau
en ajoutant des serveurs supplémentaires
et en répartissant la charge entre eux.
Ils modifient leur configuration DNS
pour rediriger les utilisateurs
vers des sites miroirs ou des pages statiques
qui consomment moins de ressources.
Bref, ils font tout ce qui est possible
pour tenter de désengorger le système.
Ils sont quand même bons et réactifs
pour des situations qui n'arrivent pas souvent.
Je les ai trouvés bons.
Yahoo se trouve en fait victime
de ce qu'on appelle une attaque
par déni de services distribués, DDoS.
Certains d'entre vous doivent connaître ça,
ceux qui sont familiers avec le hacking
ou qui ont écouté d'autres épisodes pensés de distorsion.
Et c'est cette attaque-là
qui a submergé le site avec du trafic fictif, en fait,
le rendant inaccessible pendant plus de deux heures.
Heureusement, aucune donnée cliente n'a été compromise.
C'est comme s'il y avait tellement de requêtes
dans le site Web que t'avais un millier de personnes
qui essayaient de rentrer dans une petite porte.
Exactement, en même temps.
En même temps. Donc, qu'est-ce que ça fait?
Ça bloque complètement.
Ça ne fonctionne pas, exactement.
Exact.
Étonnamment, cette mésaventure de quelques heures
n'a pas ébranlé la solidité financière
de Yahoo cette journée-là.
Sa valeur marchande de 93 milliards de dollars…
Quand même, à l'époque.
À 2000, c'est beaucoup.
Oui.
On voit, c'était la ruée vers l'or pour les moteurs de recherche.
C'était la course pour qui allait gagner.
Moi, ce n'était même pas mon préféré, si tu veux mon avis.
Non, non plus.
Donc, sa valeur marchande de 93 milliards est restée stable
et l'action de l'entreprise a même connu une légère hausse.
Les analystes financiers de l'époque ont souligné
que cela témoignait d'une certaine maturité,
même une résilience du marché,
reconnaissant que les interruptions temporaires
étaient des incidents, en fait, gérable
et non des catastrophes insurmontables, une certaine façon.
Oui, parce que souvent, la bourse, on est très émotif.
À ce moment-là, même à l'an 2000,
ils ont bien réagi la première journée du pératage, quand même.
Pour comprendre l'ampleur et la gravité des attaques
par déni de services distribués,
il est essentiel de saisir leur nature et leurs conséquences.
Ces attaques, qui continuent de molasser sérieusement
les entreprises et organisations du monde entier encore aujourd'hui,
ont le potentiel d'interrompre les opérations, en fait,
de nuire à la réputation et d'entraîner d'énormes pertes financières.
Malgré des avancées significatives en matière de protection et de sécurité,
les attaques par déni de services demeurent toujours une tactique
et privilégiées par les cybercriminels pour diverses raisons.
Ces dernières années, il y a eu plusieurs attaques notables
qu'on peut souligner leur persistance et leur évolution.
Par exemple, en février 2018, GitHub,
les gens dans l'informatique connaissent bien ça.
C'est une plateforme de développement de partage de cas de source.
Il y a eu une attaque massive.
Écoutez ça, la vitesse du trafic, il recevait 1,35 TB par seconde.
Ça, ça bousillait complètement les serveurs.
En 2020, il y a eu des institutions financières majeures qui ont été perturbées.
Il y a eu l'attaque de Dyn.
C'est un serveur DNS qui permet vraiment de réadresser tous les sites web.
En 2016, ça a causé des pannes de Twitter, de Netflix.
Pendant la pandémie de la COVID-19,
il y a plusieurs services de santé qui ont été touchés par des attaques comme ça.
Amazon Web Services aussi a eu une grosse attaque en 2020.
Même si Mafia Boy c'était la première,
en 2000, on a l'impression que c'est quelque chose qui...
Des fois, j'avais un peu l'impression que c'était quelque chose du passé pour être bien honnête,
ou dans le sens qu'on était super protégés,
mais je me rends compte que non,
dans le sens que les pirates aussi se sophistiquisent.
Ils se sophistiquisent.
Oui, c'est drôle. Je sais que ça se disait pas, mais bon.
Ça m'éliore, en fait.
Ça m'éliore.
Mais c'est ça. J'avais l'impression que c'était quelque chose du passé,
puis ça ne l'est pas.
Dans une attaque comme ça,
les assaillants utilisent un réseau de machines infectées.
C'est ça la force, en fait.
C'est qui crée des plein de petits robots, si tu veux, de soldats.
Donc, ils infectent des machines
pour inonder la cible de trafic qu'on dit superflu, en fait.
C'est ça qui paralyse les ressources.
Ces attaques ont connu une augmentation alarmante
avec des incidents records en termes de fréquence et d'intensité.
Les secteurs qui sont le plus touchés,
l'aéronautique, l'Internet,
les services financiers et le gaming.
Et les pays, c'est les États-Unis, la Chine, l'Allemagne et la France
qui figurent parmi les pays les plus ciblés des attaques DDoS.
Je sais que le Canada, c'est juste parce qu'on est moins,
mais on est autant la cible de tout ça.
Donc, c'est toujours quelque chose de très, très présent aujourd'hui.
Si on revient à notre histoire, on est le 8 février 2000.
Dès 10h30 du matin, une nouvelle honte de choc secoue le monde du Web.
Les sites de Yahoo et de ses affiliés sont assiégés,
restant inaccessibles pendant environ trois heures
suite à une seconde attaque de déni de services d'une ampleur sans précédent.
Orchestrée avec une précision chirurgicale depuis de multiples points sur Internet,
cette offensive crée une tempête parfaite de trafic hostile
submergeant les serveurs de Yahoo.
Non seulement le site principal de Yahoo aux États-Unis est affecté,
mais aussi des services forts comme Yahoo Mail, leur service de courriel,
et Geocities, on s'en rappelle, rest in peace,
laissant des millions d'utilisateurs sans accès à leurs comptes
et aux informations qui viennent avec, à l'actualité entre autres.
Les ingénieurs de Yahoo, dépassés par la rapidité et l'intensité de l'attaque,
peinent à rediriger le trafic.
C'était tellement rapide et intense qu'ils ne pouvaient même pas rediriger ce trafic-là,
ce qui illustre un peu le niveau de chaos et de désorganisation causé par l'attaque.
Finalement, vers 13h30, un semblant de normalité commence à se rétablir.
La majorité du trafic hostile a été filtrée
et l'accès au site a été progressivement restauré.
Secret Fenton, porte-parole de Global Center Inc,
la société d'hébergement des sites de Yahoo,
a qualifié l'incident d'immense,
soulignant que personne n'avait jamais vu quelque chose de semblable auparavant.
Cette attaque marque un tournant,
révélant une vulnérabilité jusqu'alors inconnue dans le monde du Web.
Le 9 février 2000,
au lendemain de la seconde attaque dévastatrice contre Yahoo,
le monde du Web assiste à une escalade sans précédent dans la série d'attaques de denis de service.
Une multitude de sites très fréquentés sont ciblés,
subissant une avalanche de messages fictifs qui perturbent gravement leur fonctionnement.
Amazon.com, par exemple, voit ces temps de chargement s'allonger significativement,
bien que le site parvienne malgré tout à traiter les commandes pendant l'heure que dure l'attaque.
eBay, quant à lui,
souffre de dysfonctionnements majeurs,
rendant inaccessibles des pages essentielles comme celles des articles en enchère.
Simultanément,
Buy.com,
ça aussi, je ne pense même plus que c'est plus ce que c'était.
Oui, c'est une grosse boutique en ligne.
Exact.
Et mis hors ligne pendant environ trois heures.
C'était une drôle de coïncidence.
C'était la journée même où l'entreprise était introduite à la bourse.
Bien que l'augmentation de trafic soit initialement attribuée à cet événement,
il a été rapidement confirmé que l'arrêt résulte d'une attaque malveillante.
CNN Interactive.
CNN n'est pas épargné non plus,
connaissant un ralentissement notable dans ses opérations pendant près de deux heures aussi.
Face à cette situation d'urgence et de sérieux,
les attaques non revendiquées ont créé un climat d'incertitude et de mystère quant à leur origine.
En réponse à cette menace croissante,
le FBI réagit avec rapidité et efficacité,
lançant une enquête approfondie et méticuleuse pour identifier et traquer les responsables.
Ces attaques représentent un signal d'alarme pour les autorités de sécurité nationale.
Le président Clinton convoque un groupe de travail spécialisé en cyber-sécurité,
tandis que la procureure générale Janet Reno initie une chasse à l'homme intensive pour appréhender les cybercriminels.
Les agents spécialisés en cybercriminalité mobilisent toutes leurs ressources et leur expertise pour analyser les indices,
démêler les motivations en derrière ces attaques sans précédent
et mettre en place des stratégies pour prévenir en fait de futures incursions.
Mais parallèlement à Saint-Émile,
dans les méandres des forums en ligne et surtout sur MIRC,
il y a un individu se faisant appeler Mafia Boy
qui commence à se vanter d'être l'architecte de ces attaques dévastatrices.
Sur la plateforme MIRC, il proclame fièrement sa responsabilité.
Qui est vraiment cette personne se cachant derrière le pseudonyme de Mafia Boy?
Et peut-elle véritablement être la clé de cette série d'attaques troublantes?
Le mystère s'épaissit,
ce qui laisse les enquêteurs et observateurs dans un état de questionnement assez particulier
parce que ça s'est venu rapidement aux oreilles du FBI.
Oui, carrément, il y avait beaucoup de spéculation à l'époque.
Je continue, Seb, le 10 février 2000 maintenant.
Le monde du web reste en état de choc alors que la série d'attaques des DOS continue sans relâche.
Ce jour-là, ZDNet, un leader en informations technologiques, un site un peu de geek,
et Daytech Online, qui est une plateforme de courtage en ligne,
sont les nouvelles cibles des cybercriminels.
Comme les jours précédents, les attaques inondent les serveurs des sites
visés d'un trafic massif les rendant inaccessibles.
Dans les entreprises du monde entier, une tension palpable règne.
Les équipes de sécurité informatique, en état d'alerte maximale,
se préparent à contrer d'éventuelles nouvelles attaques.
Les salles de serveurs où les machines tournent à plein régime
résonnent du bourdonnement de l'activité intense nécessaire pour parer aux menaces continues.
Parallèlement, les agences de sécurité, y compris le FBI,
redoublent d'efforts pour identifier les responsables de cette série de cyberattaques sans précédent.
Cette situation a conduit à une prise de conscience à l'échelle mondiale.
Le 11 février 2000 maintenant, le monde virtuel retient encore son souffle.
Une accalmie dans la tempête des attaques DDoS semble s'installer.
Partout dans le monde, les entreprises et les fournisseurs de services Internet
restent en état d'alerte élevé, se tenant prêts pour d'éventuelles nouvelles vagues d'assauts.
Les mesures de sécurité sont intensifiées, chaque mouvement sur le réseau
étant scruté à la recherche de signes avant-coureurs d'activité malveillante.
Les équipes de sécurité informatique, en posture de vigilance accrue,
se tiennent prêtes à intervenir instantanément au moindre indice d'une attaque.
Les forums et les salles de chat en ligne bourdonnent d'activité,
devenant des centres névralgiques où experts et passionnés d'informatique
échangent astuces et stratégies pour se prémunir contre ces attaques impitoyables.
Parce que dans le temps, ceux qui utilisaient les forums, c'était vraiment les geeks des geeks.
Monsieur et Madame Tout-Le-Monde qui allait sur Yahoo pour chercher une recette
de pâté chinois par exemple, n'allait pas sur les forums poser des questions sur les attaques des DOS.
C'était quand même une relativement petite communauté.
Les groupes de hackers se connaissaient aussi et les gens se demandaient
qu'est-ce qui se passe, c'est qui ces gens-là?
De l'autre côté, comment on peut se protéger de ces attaques-là?
Oui, exactement. Même sur MIRC, qui existe encore, je l'ai téléchargé aujourd'hui.
Je voulais voir.
Et même à l'époque, quand j'étais là-dessus, même sur l'internet,
c'était pas tout le monde qui était sur MIRC.
Mais je me rappelle de ce moment-là, c'est vrai que ça discutait énormément de ça.
Moi, j'ai travaillé en informatique à ce moment-là et tout le monde en parlait.
C'était vraiment le sujet de l'heure.
Dans cet environnement tendu et incertain, la chasse aux responsables s'intensifie.
Le FBI, en première ligne, mobilise des ressources considérables
pour traquer et localiser les auteurs de cette série d'attaques sans précédent.
Le 12 février 2000.
La tension reste palpable dans la communauté en ligne.
Les entreprises et les fournisseurs de services Internet
maintiennent encore une fois une surveillance accrue de leur réseau.
Les événements récents ont laissé vraiment une marque profonde
qui ont créé un climat de méfiance.
Les équipes de sécurité toujours en état d'alerte.
Les experts en sécurité du monde entier intensifient leur échange,
cherchant collectivement des stratégies pour mieux protéger les infrastructures.
Mais parallèlement à ça, le FBI, lui, continue de mener ses enquêtes
pour identifier les auteurs de ces attaques.
Alors que le week-end passe sans nouvelles attaques majeures,
là il y avait un peu de répit.
La vigilance reste de mise dans le monde du Web.
Confrontés à un déficat leçal, le FBI pousse ses ressources à leurs limites
pour traquer les responsables de ces attaques qui ont ébranlé les gens d'Internet.
Dans cette quête, l'Agence étend ses efforts bien au-delà de ses capacités habituelles
et initie une collaboration interagence et internationale.
En s'associant à d'autres entités gouvernementales,
en fait tant aux États-Unis qu'au Canada qu'à l'étranger,
le FBI orchestre une chasse au cybercriminel
qui nécessite une expertise puis une coordination
qu'il faut faire pour tenter de le traquer.
Dans le sillage des attaques récentes,
les entreprises touchées ainsi que d'autres acteurs influents du secteur technologique
se mobilisent avec le FBI.
Elles partagent des informations cruciales
et leur donnent des informations techniques
qui vont contribuer à aider pour l'analyse technique.
Chaque jour, les experts du FBI et du secteur privé
plongent dans un océan de données
et tentent de scruter tous les détails possibles
qui peuvent avoir comme informations par rapport
à la personne ou au cybercriminel qui font l'attaque.
En parallèle, le FBI, eux,
ils ont fait une mission proactive de prévention, en fait,
parce que pour contrer ça,
ils voulaient quand même que les entreprises se sécurisent plus.
Donc, ils ont développé des recommandations stratégiques
pour renforcer la sécurité des systèmes informatiques
et la protection des infrastructures critiques.
Dans le même temps, il y a eu une campagne de sensibilisation
qui a été déployée pour éduquer le public et les entreprises
sur toutes les menaces du web
et par rapport aux stratégies de défense efficaces.
On était le 12 février et le 13 et le 14 février,
il y a eu d'autres attaques similaires,
mais après ça, à partir du 15 février,
plus aucune autre nouvelle offensive.
Alors que les jours s'écoulent,
l'enquête continue de progresser.
Mais avant de nous plonger davantage dans cette affaire,
Emile, explique-nous un peu d'où vient l'origine du mot hacker.
Pourquoi on dit hacker?
Oui, c'est intéressant.
Je pense qu'on en a jamais parlé même à distorsion
parce qu'en français, on traduit pirate,
mais c'est pas une traduction littérale, en fait.
L'origine du terme hacker nous transporte dans les années 60,
en fait, au sein du MIT,
le Massachusetts Institute of Technology.
À cette époque, hack, en fait,
ça désignait une solution ingénieuse à un problème technique
symbolisant l'ingéniosité plutôt que la transgression.
Souvent, on va le dire, voici un hack
pour recharger ton téléphone ou quelque chose comme ça.
Au sein du Tech Model Railroad Club du MIT,
ça me semble que c'était l'espèce de club de geeks,
de reconnus de l'époque.
Exactement.
Le concept de hack prenait une forme concrète
se référant à des modifications ou améliorations
apportées au système de train miniature.
Parce qu'eux, justement, ils faisaient des espèces de méga,
j'ai juste des mots anglais dans la tête,
mais des chemins de fer électriques.
Exactement.
Ça a commencé là.
En fait, les ingénieurs du MIT se rassemblaient là.
Puis, va savoir, ils avaient une passion pour les trains miniatures.
Mais c'était une des seules bébelles
qui avait un moteur dans le temps quasiment.
Oui, puis on pouvait se mi-programmer, je présume.
C'est ça.
Moi aussi, à cette époque-là, j'aurais sûrement été dans le club.
Les membres réalisaient donc des hacks
pour modifier les systèmes de ces petits trains-là.
Et c'est de là que vient le mot.
En fait, on les appelait des hackers.
Donc, l'évolution du terme a suivi l'arrivée
des premiers ordinateurs au MIT.
Après les petits trains, les ordinateurs sont arrivés.
Et les programmeurs ont adopté le mot hacker
pour désigner ceux qui étaient capables
de créer des programmes informatiques innovants.
Ce qui faisait un peu de ce terme-là
un badge d'honneur et de respect
dans la communauté au MIT.
Mais toutefois, avec la démocratisation
de la technologie dans les années 70-80,
la connotation du mot hacker
a commencé à s'assombrir un peu.
Il a commencé à être associé à des individus
exploitant les systèmes informatiques
à des fins moins louables,
que ce soit pour le défi,
le profit ou encore la malveillance.
Donc, de nos jours, le terme hacker,
il y a plusieurs nuances.
Il y a les hackers blancs, les white hats,
qui sont considérés un peu comme
les protecteurs du monde numérique.
Il y a les black hats, les hackers noirs,
qui eux sont un peu les antagonistes.
Il y a aussi les hackers gris, en fait,
qui se situent quelque part entre les deux,
les gray hats,
qui sont un peu dans une zone ambiguë.
Merci, Emile.
Et toi, si tu étais un hacker,
et peut-être que tu l'es dans l'ombre,
on ne sait pas, on ne se dit pas tout,
tu as ton jardin secret,
quel chapeau tu porterais?
Écoute, je pense que je serais sans doute
un white hat, parce que
j'ai l'impression qu'on parle toujours à distorsion
de l'erreur de débutant qui fait en sorte
qu'on retrouve les hackers.
J'ai l'impression que je serais cette personne-là
qui aurait utilisé son e-mail
de jeunesse pour un jour
s'entrer dans un forum
ou faire quelque chose comme ça.
On me retracerait, donc je pense
que je serais mieux d'être du bon côté.
C'est bien ça, c'est bien.
On retourne à notre histoire.
Dans les semaines suivantes,
les attaques des DOS de février,
l'enquête des autorités avance discrètement,
mais de manière déterminée.
Le 15 avril 2000,
quelques mois plus tard,
un événement dramatique se déroule
en banlieue de Montréal, à l'île Bizarre,
marquant un tournant crucial en face.
Le 15 avril 2000,
un événement significatif
se déroule en banlieue de Montréal
à l'île Bizarre.
La Gendarmerie royale du Canada,
la GRC, en collaboration étroite
avec le FBI,
arrête un adolescent de 15 ans,
connu sous le pseudonyme de Mafia Boy.
Ce jeune pirate informatique
est rapidement identifié
comme le responsable des attaques
des DOS qui ont paralysé
des géants du web, comme on vous parlait,
CNN, Yahoo, eBay,
Amazon, il y a eu Dell,
il y en a eu plein d'autres.
Cette arrestation marque un moment clé
dans l'histoire au niveau
de la cybercriminalité,
plongeant le jeune homme au cœur
d'une importante affaire judiciaire.
C'est la première fois qu'un jeune comme ça,
du moins au Québec, se fait arrêter.
Mafia Boy, qui a inondé
ses sites de requêtes simultanées
à l'aide de logiciels obtenus illégalement,
avait pas au but d'impressionner
la communauté des pirates.
Toutefois, c'est son orgueil
qui l'a trahi.
Souvent, on parle des erreurs
des erreurs de débutants, mais lui,
c'est son orgueil. Il se vante
de ses exploits, il s'est vanté
auprès de ses amis, mais même
sur les channels MIRC,
il affirmait même que le FBI
ne le retrouverait jamais.
C'est cette arrogance qui a précipité
sa chute.
Accusé de méfaits et de déni de données
électroniques, le jeune pirate informatique
fait face à deux ans de prison
et à une amende de 1000 $.
À Washington,
la procureure générale Janet Reno
appelle à une punition sévère
soulignant les pertes économiques
massives subies par les entreprises
touchées. Si jugé aux États-Unis,
Mafia Boy risquerait
en fait jusqu'à 10 ans
de prison.
Le jour de son arrestation marque également
un changement de perception.
Mafia Boy, loin d'être un
hacker expert, est révélé
comme un script qu'ilise.
Utilisant des outils et des scripts
qui sont conçus par d'autres.
C'est comme un peu script qu'il
dit, une petite insulte entre un
hacker. Genre, tu es juste capable
d'exécuter un script en fait.
Exactement. Mais par contre,
moi je vais nuancer, on va vous en
reparler un petit peu plus tard.
On va vous parler même de certaines
techniques qu'il a utilisées.
Je nuancerai un peu.
Il n'est pas juste un script qu'il
dise. Non, non, sans doute.
Mais c'est vrai que c'était ça.
Les autres le traitaient un peu comme ça.
Il ne faut pas oublier, là on parle
de sentences qu'il risque, il ne faut
pas oublier qu'il a 15 ans à ce moment-là.
C'est des sentences quand même pour mineurs.
Oui, oui, oui.
Et qui sont quand même sévères.
Malgré son jeune âge,
c'est ça, mais malgré
tout, malgré son jeune âge,
qui exécute les scripts des autres,
il démontre une habileté surprenante
dans la manipulation de tout ça.
Protégé justement par son statut
mineur, son identité reste
confidentielle.
Après son arrestation,
la GRC lui propose d'utiliser ses
compétences pour la sécurité sur Internet,
une offre qu'il décline.
Cette arrestation, c'est
le fruit d'une enquête méticuleuse et d'une
coopération internationale.
Alors que Mafia Boy fait face à la
justice, le monde observe.
En fait, c'est vrai
que les gens, c'était la première fois
que ce type de criminalité-là
était amené au grand
public, ce type
d'attaque-là, et on sentait
une forme de vulnérabilité
universelle par rapport à
ces menaces-là, ce qu'on n'avait pas
avant. Mais avant d'aller plus loin
et mille, est-ce que tu peux nous parler
un peu plus de qui est derrière
Mafia Boy?
Oui, né dans une famille
marquée par le divorce,
Michael Calce, qui se fera
connaître sous le pseudonyme Mafia Boy,
grandit principalement avec
sa mère, tandis que son père,
un homme d'affaires prospère,
en avait la garde les week-ends.
Durant ces week-ends,
souvent seul, tandis que son père était
absorbé par le travail,
Michael trouve un refuge inattendu
dans un vieil ordinateur.
Sans jeu vidéo pour l'occuper,
il se lance dans l'exploration et
le bidouillage, maîtrisant rapidement
le langage du système d'exploitation
DOS, le DOS,
à seulement cinq ans, une prouesse
remarquable pour son âge.
Son père, cherchant à combler
son absence, lui offre son premier
ordinateur personnel à l'âge
de six ans.
Michael se souvient vivement de l'émerveillement
qu'il ressentit en allumant
cet ordinateur, un moment
qui marque le début de son immersion
dans un univers de possibilité
infini. Passionné
par les légaux, il préfère
les ensembles sans instruction,
favorisant la créativité et
l'innovation, une tendance
qui se reflète dans son attrait pour l'informatique.
Dès l'âge de six ans,
il se plonge dans des livres
sur la programmation et le matériel
informatique, nourrissant une curiosité
insatiable pour le
reverse engineering et la
compréhension des systèmes et des codes.
Reverse engineering, c'est de partir
un peu d'un objet ou d'un concept
déjà fait et de tenter un peu
de le déconstruire.
Oui, exactement, de comprendre comment il a été fait.
Exactement.
À neuf ans, Michael reçoit
sa première version d'essai gratuit
d'AOL, marquant sa première
incursion sur Internet.
On recevait tous souvent, quand on achetait
un truc informatique,
un lecteur de CD-ROM,
une souris, un truc comme ça.
T'avais le CD d'AOL
qui était disponible.
Pour nous, les Canadiens, je pense que ça marchait même pas.
Oui, t'as raison.
Je pense que non, on l'avait pas du moins au début,
mais c'est vrai qu'il était agressif quand même.
Il y en avait partout.
Peu de temps après avoir reçu
ce CD-ROM, probablement lui aussi,
puis en ayant fait une version gratuite,
il réussit à pirater
les systèmes d'AOL
pour prolonger sa période d'essai,
démontrant une aptitude
remarquable pour son âge.
En tant qu'adolescent, Michael
commence à interagir dans les salons de
discussion de AOL,
où il est souvent expulsé
ou souvent déconnecté, punter
par l'envoi massif de données.
Intrigué par la capacité
d'attaquer quelqu'un à distance
via Internet, justement par son expérience
personnelle, il acquiert
les compétences nécessaires pour punir
ceux qui l'énervent dans les chats.
Donc,
Michael devient rapidement
un membre actif des premières communautés
de piratage en ligne,
où il approfondit ses compétences
et connaissances en matière de piratage.
Lorsqu'il rejoint l'IWC,
qui est un groupe de hackers,
IWC,
il découvre le pouvoir de contrôler
des ordinateurs à distance,
d'effacer des données, de créer des outils
malveillants, de voler
des informations personnelles et encore
bien plus. Sous la tutelle
du chef de groupe et d'autres membres,
il apprend même à exploiter
les vulnérabilités des réseaux
pour obtenir un accès à la racine.
Mais les gens,
même dans le groupe de hackers, ne savent pas
il a quel âge, ne savent pas forcément il vient d'où.
C'est vraiment un monde anonyme
où il y a des gens de plein de milieux,
plein d'origines, qui se rencontrent.
C'est vrai,
il n'y a pas de préjugés,
du moins qui peuvent être possibles par
tous ces facteurs que tu n'as.
Après la disparition
soudaine du chef de l'IWC,
laissant le groupe dans l'incertitude,
Michael décide de quitter l'IWC
pour rejoindre TNT Force,
un groupe encore plus
influent. Eux, ils étaient vraiment connus.
Je me rappelle aussi de TNT Force,
c'était considéré comme
l'élite sur internet,
entre autres sur MIRC,
où évidemment
c'est le lieu de discussion
principale.
C'est sur MIRC qu'il va adopter
le pseudonyme Mafia Boy,
inspiré par son frère.
Et au sein de TNT Force,
c'est là qu'il va rencontrer
des membres très influents,
comme Jedi,
et l'autre, comment on le prononce,
c'est Strater,
mais c'est 69,
Strix Niner,
ou String Niner,
je ne sais pas comment dire,
STA69E.
Ces gens-là communiquaient
dans un langage cryptique,
en mêlant des termes techniques et des abréviations.
Le groupe se distingue aussi
par des attaques des DOS
qui font des rivalités
contre d'autres groupes de hackers.
Ils sont très actifs
et très hostiles.
C'est un groupe plus proactif
ou qui fait plus d'attaques
que son groupe d'avant,
l'IWC.
L'entrée de Michael dans ce monde de hacking
sous le nom de Mafia Boy
marque le début d'un parcours
qui allait non seulement transformer sa vie,
mais aussi influencer profondément
le monde de la cybersécurité.
Tu parlais justement
quand les gens se parlent
et ils n'ont pas connaissance de l'âge,
mais moi, j'ai l'impression,
surtout à cette époque-là,
même encore aujourd'hui,
que beaucoup devaient être
pas très vieux.
Peut-être pas l'âge à Mafia Boy,
mais t'es des gens,
des jeunes adultes,
il doit y avoir beaucoup d'adolescents
qui ont beaucoup de temps.
C'est beaucoup de temps pour apprendre ces choses-là.
Il y a plein de gens autodidactes,
c'est tous des autodidactes,
mais pour avoir le temps
d'apprendre ça,
j'ai l'impression que
c'était quand même beaucoup de jeunes ensemble.
Sans le savoir,
j'ai cette impression.
On va vous parler
un peu de comment il a procédé,
parce que les médias
disaient qu'il y avait un script qui disait
mais je vais nuancer.
Après s'être entraîné à avoir perfectionné
ses compétences sur des cibles plus modestes,
Mafia Boy s'est tourné
vers HotlineNet Inc,
qui est un fournisseur d'accès Internet
de l'Oregon,
qui est géré par des étudiants de la Sisters High Schools.
Exploitant leur serveur,
il parvient à masquer
son adresse IP,
lui permettant de se connecter
à des forums de discussion sur
MIRC sous de fausses identités,
tout en brouillant ses traces.
Michael réussit à infiltrer
plusieurs réseaux universitaires,
utilisant leur puissance de calcul
combinée pour lancer des attaques
extérieures.
En quelques clics sur son clavier,
il orchestre des attaques DDOS,
submergant des sites web de trafic massif
en exploitant ces réseaux universitaires.
C'est de cette façon-là
quand même. Il a quand même fallu
qu'il rentre dans les réseaux universitaires,
qu'il installe les trucs.
Donc, il faut quand même,
si ça va au-delà du script qu'il dit.
Ah bien sûr, peut-être qu'à la fin,
il exécute un script, sauf qu'il y a tellement
un travail de préparation minutieux
en amont qu'effectivement.
Ah oui, vous allez voir,
il a fait même autre chose.
L'assis justement d'utiliser les outils
des autres hackers, Michael,
lui aspire à plus. Il conçoit
l'idée de créer son propre outil
DDOS puissant avec l'aide
de ses collègues hackers, pour
assoir sa domination, parce qu'il
avait quand même un désir
de dominer le monde,
le cybermonde.
Après des mois de développement,
et en combinant cet outil avec les machines
compromises qu'il contrôlait dans les réseaux universitaires,
il est prêt pour un test
grandeur nature.
Le 7 février 2000,
encore au secondaire,
à l'école, Michael lance
sa première attaque DDOS avec cet outil
contre Yahoo! dans le cadre
du projet que lui, il avait nommé son projet
Rivolta, qui signifie
soulèvement en Italien.
À cette époque, Yahoo!
était, comme on vous en a parlé,
une entreprise multimilliardaire, c'était
le premier moteur de recherche.
L'attaque a paralysé le site pendant deux heures.
Le jour suivant,
buy.com subit également
la même attaque que Michael a
interprété comme un défi
qui a été lancé par un rival,
suggérant que d'autres pourraient imiter
son exploit sur Yahoo!
Donc lui, il a vu ça comme un concours,
c'est pour ça qu'il a enfilé les sites un après les autres.
Donc il a décidé après ça de
s'attaquer à eBay, avec son puissant
botnet. Le 8 février,
eBay a subi une attaque encore plus
dévastatrice que celle de Yahoo!
C'est fou pareil!
Lors d'une discussion sur MIRC,
un de ses collègues, Acker, lui
a émis des doutes sur la possibilité
de faire tomber CNN
en raison de ces réseaux avancés
qui avaient quand même beaucoup de sécurité.
Il a vu ça comme un défi.
Il a réussi à mettre hors
de service CNN quelques jours plus tard.
Ensuite, il a fait Dell.
Donc on dirait que c'est un peu,
c'est une forme de
compétition. C'est pour ça que ce sont tout enchaînés.
Oui, c'est de la bravade.
Exact, donc il avait 15 ans.
Il devait se sentir
fier. C'est l'égo
qui était à la source de ça, on dirait.
C'est fou pareil.
Il n'en a pas tiré aucun profit, lui.
Il n'a pas piraté eBay pour aller chercher
pour s'acheter des
jeux vidéo.
Aucune donnée, il n'a rien fait.
Il a juste nuit au service.
Mais quand même!
Lorsque
les participants, les autres
Acker dans les chats MIRC, constatent
que CNN est hors ligne,
ils lui suggèrent une nouvelle cible,
Amazon, qui était quand même
en même époque un gros joueur.
Michael attaque Amazon
la semaine suivante, réussissant à
le faire tomber assez aisément.
Mais Amazon a quand même réussi,
malgré tout, à survivre, mais ils ont eu
quelques heures difficiles.
L'affaire a pris un tournant
décisif lorsque le FBI
et la police canadienne ont
commencé à s'intéresser à Michael,
alias Mafia Boy.
Sa première apparition sur leur radar
s'est produite lorsque des agents
infiltrés dans les salons de discussion MIRC
ont repéré Mafia Boy se vantant
justement d'être à l'origine
des attaques. Il est rapidement
devenu le principal suspect.
Les agents se sont lancés
dans une recherche minutieuse sur Internet
pour dénicher des indices
sur son identité. Ils ont vite
découvert un compte enregistré
sous le nom de Mafia Boy auprès
d'un fournisseur d'accès Internet
au Canada. De plus,
les données issues de l'attaque
Conte Dell indiquent un lien avec
un autre fournisseur d'accès à Montréal,
renforçant l'hypothèse
que Mafia Boy se trouvait donc
au Canada lors des attaques.
Les enquêteurs ont réussi
à localiser Michael en
exécutant des mandats de perquisition
chez Delphi Supernet et
Totalnet à Montréal,
deux fournisseurs d'accès associés
à plusieurs comptes de Mafia Boy.
En établissant un lien entre
les attaques et un incident survenu
chez Outlawnet à Seattle,
ils ont rapidement déchiffré les informations
de l'autre compte sur Totalnet.
Le numéro de téléphone
et l'adresse correspondaient,
ils étaient les mêmes.
Donc encore une fois, un peu une erreur de débutant
de ce côté-là.
Après avoir recoupé et analysé
ces informations pendant quelques jours,
les enquêteurs ont commencé
à surveiller son domicile.
Finalement, cette surveillance
méticuleuse a conduit à
l'arrestation de Michael Calchi.
Mais oui, tu as raison,
parce que c'est
qu'il y avait la...
Juste le dire sur IRC,
sans penser que des agents du FBI
peuvent y aller,
c'est très naif.
À l'époque, il ne devait pas avoir cette
conscience-là que la
police est sur le web.
Elle ne l'était pas tant que ça.
Je vais vous en parler un peu en fin d'épisode,
juste l'effectif de cyber-enquête
à Montréal.
Ça n'a rien à voir avec aujourd'hui,
mais non,
c'était vraiment autre chose.
C'était vraiment naif.
Au final,
ça a pris un certain temps,
mais ça n'a pas été si complexe
de faire les liens.
Le procès
de Michael,
le Mafia Boy, est devenu un phénomène
médiatique international.
Il a captivé l'attention bien au-delà du Canada
et des États-Unis.
Protégé à l'époque par son
statut de mineur, le jeune homme
se retrouve au cœur d'un procès qui
soulève des questions essentielles
sur la cybersécurité, la
responsabilité légale et la
complexité de la criminalité en ligne.
Parce que je lisais
même des articles de l'époque
et même eux, ils disaient que c'était
la pointe de l'iceberg,
ce qu'on voyait, ce qui était dénoncé
ou tout ça, que même à l'an 2000,
il y avait énormément
d'attaques qui étaient juste pas sues
au grand jour
et qui avaient très peu d'effectifs
aussi pour enquêter.
Tout ça, ça restait nouveau aussi
pour que des corps policiers
développent une expertise aussi
en cyber-enquête.
Dans la salle d'audience,
la tension est palpable.
La défense plaide pour la clémence,
soulignant la jeunesse et le manque de
maturité de l'accusé. Et le fait
qu'aucune donnée sensible n'a été
compromisant, comme on vous disait,
il n'y a rien volé.
L'accusation de son côté
présente un dossier solide
mettant en lumière toutes les
dommages économiques causés
aux entreprises, l'insécurité
générée par les attaques
partout dans le monde.
Des experts en cybersécurité témoignent
révélant quand même de méthodes
assez sophistiquées de Mafia Boy
et de sa compréhension avancée
des systèmes informatiques.
Donc, on est loin du script qu'ils lisent.
Le 18 janvier 2001,
Mafia Boy plaide coupable
à 57 des 67
chefs d'accusation,
évitant ainsi un procès long et technique.
Imagine le procès,
la preuve et tout cela.
Reconnaissant sa culpabilité pour clare
cette période tumultueuse et reprendre
une vie normale, Michael
exprime son désir de poursuivre
des études en informatique, un domaine
où il a déjà démontré un talent certain.
Après des mois d'audiences judiciaires,
Michael est finalement
condamné à une peine de détention
dans un établissement pour jeunes, pour mineurs,
assorti d'une probation stricte.
Cette probation inclut notamment
l'interdiction d'accéder à Internet
sans supervision.
La sentence rendue le 12 septembre 2001
suscite des réactions
assez partagées. Certains la
considèrent comme adéquate, tandis que
d'autres la jugent trop indulgente.
Tout à fait,
en plus de sa peine de
huit mois de détention,
il se voit imposer des restructions sévères
sur l'accès à un ordinateur
et Internet jusqu'en juin
2004. C'est quand même
juste trois ans plus tard, mais je pense qu'il devient
majeur à ce moment-là.
Je trouve ça intéressant qu'il
mette ça dans le jugement. Il était également
interdit de monétiser son
histoire ou même de participer
à des interviews jusqu'en 2004.
D'après moi, c'est ça, c'est qu'il devait
devenir adulte à ce moment-là.
Je trouvais ça bien qu'il empêche
d'exploiter un peu ce
côté-là, pour
pas que ça devienne du sensationnalisme
et que ça donne
à la limite des idées
à d'autres de continuer de faire ça, je trouve.
Oui, c'est clair. Pourtant, plein
de criminels, eux, réussissent
quand même à vendre leurs histoires.
Ça semble pas être une clause qui est commune
à tous les criminels, mais je
pense que c'est un petit sursis parce qu'à partir de
2004, il peut monétiser son histoire.
Exact, il le bien fait. Oui, c'est clair.
Mais tu as raison, mais
j'ai l'impression qu'un des gros
arguments, c'est le fait, selon moi, qui était
mineur. Puis maintenant,
Michael Calce
a radicalement changé de cap pour devenir
un expert reconnu en cybersécurité.
Il est auteur de l'autobiographie
Mafia Boy, How I Cracked
the Internet and Why It's Still
Broken, qui est publié
en 2008. Qu'on vous recommande.
Oui, absolument.
Il partage son parcours, ses motivations.
J'en ai lu plusieurs extraits.
C'est quand même assez intéressant
comment il explique tout ça. Justement, il y a
des éléments que j'ai apporté dans l'histoire.
Il a également collaboré avec des médias
tels que Le Journal de Montréal, Info Security
Magazine. Il a offert
son expertise en protection de données de systèmes
informatiques. Il a fondé l'entreprise
Optimal Secure, qui est
une société spécialisée en test d'intrusion,
gestion des risques et formation.
Il est aussi conférencier.
C'est un intervenant qui est apprécié dans le monde
de la cybersécurité.
Mais aussi,
il nous dit qu'il veut se détacher.
Il ne veut plus qu'on l'appelle Mafia Boy.
Oui, j'espère.
C'est pour ça qu'à la fin, quand on était dans son processus,
je préférais le nommer par son prénom.
Il a raison. Pour lui,
Mafia Boy est mort, c'est ce qu'il dit.
Il regrette ses actions passées.
Il s'engage désormais à aider les entreprises,
les individus à se prémunir contre
les cybermenaces.
Il se positionne plus comme un ancien hacker
repenti. Il est maintenant un défenseur
de la cybersécurité.
Je suis allé sur son LinkedIn avant
d'enregistrer.
Maintenant, il est le CEO,
le fondateur d'une entreprise
qui s'appelle Decentra Web,
donc le web
décentralisé, qui est une entreprise
quand même innovante dans le domaine,
des noms de domaines. C'est que tu peux acheter
des noms de domaines pour le Web 3.0.
Le Web 3.0,
c'est une nouvelle génération
d'Internet.
Ça va être des infrastructures qui vont être
décentralisées et basées sur la blockchain.
Même moi,
je comprends, mais j'ai de la misère
à saisir jusqu'où on peut tenir tout ça.
Mais lui, il est quand même assez pris que ça
dans son entreprise par rapport à ça.
Aujourd'hui, il est toujours actif
dans le milieu de la sécurité.
Le Web 3.0,
c'est justement un Web qui est moins
au travers des infrastructures communes.
C'est justement un Web isolé
que tu peux contrôler.
Je trouve que ça carte bien avec
sa vision d'esprit.
On a fait le tour
de la chronologie, mon cher Emile.
Oui,
toute qu'une histoire, Seb,
cette histoire de Mafia Boy,
de Michael Calchet. Désolé,
c'est la dernière fois Michael qu'on va t'appeler
Mafia Boy. Et qui sait,
un jour, on pourrait le recevoir à distorsion.
C'est quelqu'un qui donne des entrevues
aussi couramment. Oui, c'est quelque chose que j'aimerais bien
justement le contacter.
Pour discuter avec lui, je pense
que ça pourrait être intéressant de faire
ce type de discussion-là. Ce serait chouette,
un épisode bonus si tu nous écoutes, Michael
et Krino. Oui, absolument.
Avant de terminer, Seb,
cet épisode-là et de passer à l'after-show,
je voulais faire un petit point
sur les attaques des DOS au Québec.
Parce qu'il y en a eu aussi
des attaques notoires.
On va avancer un peu dans le temps.
Le 13 septembre 2023,
c'est le Québec
qui est frappé par une série d'attaques
des DOS d'une grosse ampleur.
En fait, c'est sept sites
gouvernementaux qui auraient été frappés,
dont ceux du ministère de l'Économie
et d'Investissement Québec.
Ces attaques caractérisées par une augmentation
exponentielle des demandes de connexion
et ont provoqué une
surcharge des serveurs, entraînant
la paralysie temporaire de ces sites-là.
Le groupe de pirates russes,
le No Name, connu pour ses actions
cybernétiques audacieuses,
a rapidement revendiqué la responsabilité
de cette offensive sur le réseau
Telegram cette fois.
Ils ont déclaré que cette attaque
est une réaction au soutien réitéré
du premier ministre
Justin Trudeau à l'Ukraine
lors du dernier sommet du G20.
Cette déclaration a ajouté
une dimension géopolitique à l'incident
reflétant la complexité
croissante des cyberattaques
dans le contexte international.
Parce que moi, je trouve ça fou
que des hackers maintenant,
c'est comme des activistes.
Ce type d'hacker-là, c'est drôle.
Et les employés du gouvernement
aussi dans certains cas.
Oui, tu as raison.
Comme en Russie, comme en Corée.
Oui, exactement.
Ils sont bien entretenus par l'État
parce qu'ils sont utiles.
Malgré la gravité de l'attaque
ils ont rapidement communiqué
pour rassurer la population.
Ils ont affirmé qu'il n'y avait
jusqu'à la soirée de l'attaque
aucune preuve de compromission
des données sensibles.
Quelques mots sur le groupe de pirates
Noname, justement,
immergeant récemment dans le paysage
de la cybercriminalité.
Ce groupe-là, Noname, représente
un nouvel acteur aux motivations
et tactiques très complexes.
Ils opèrent depuis la Russie.
Ils semblent être motivés par des
objectifs entre les intérêts
politiques et financiers,
souvent influencés par les
dynamiques géopolitiques actuelles
et les conflits mondiaux.
Leur récente révendication
d'attaque au Québec,
en réponse au soutien de Trudeau
à l'Ukraine,
souligne d'ailleurs leur capacité
d'interagir dans des enjeux
internationaux comme ça.
Noname s'inscrit aussi dans la lignée
des groupes de hackers modernes
utilisant des attaques des DOs pour
submerger les sites web de trafic excessif
ainsi que d'autres méthodes
comme du phishing par exemple
et d'autres exploitations de
vulnérabilité de logiciels.
Leur mode opératoire caractérisé
par l'anonymat et peut-être
des liens avec d'autres entités
criminelles ou étatiques,
reste développé de mystères,
rendant leur structure et leur
opération délibérément opaque.
Donc, on en sait encore peu sur eux,
mais on va vous tenir au courant
s'il y a d'autres
conflits avec ce groupe-là.
Oui, absolument. Merci pour ça.
C'est ça, comme je te disais.
C'est encore présent.
Puis même là, c'est fou.
Moi, je trouve ça fascinant
en fait qu'on vit à une époque
comme ça, comment la technologie
est utilisée contre nous pour
revendiquer des trucs.
Oui, juste avant de se quitter,
je voulais parler un peu du service
de police de Montréal.
Oui, justement, à l'an 2000,
ça s'appelait le SPCUM.
Oui, Communauté urbaine de Montréal.
Exact. À l'an 2000,
leur petite équipe pour les
cyberenquêtes avait 6 personnes.
Puis même à cette époque-là,
il y avait 700 dossiers à traiter,
soit le double de l'année 98.
Donc, les crimes aussi,
les crimes technologiques,
augmentaient au fur et à mesure
maintenant, je ne sais plus exactement,
mais je l'ai lu,
je pense qu'ils sont quasiment 40
au total,
je pense avec les consultants.
Ils sont quand même une bonne gang,
mais maintenant, la plupart des crimes,
c'est rare
que la technologie n'est pas impliquée.
Oui, maintenant, c'est clair.
Elle n'est pas toujours au cœur,
mais elle est toujours impliquée indirectement.
Donc, ces gens-là,
c'est juste normal.
Ils doivent être occupés.
Je voulais vous parler d'un petit truc
par rapport aux cyberattaques.
Je n'avais pas pensé à ça.
C'est les dispositifs médicaux
dans les hôpitaux et tout ça.
Ils sont vulnérables à ces attaques-là,
les pacemakers, les choses comme ça.
Heureusement, la FDA aux États-Unis
exige maintenant
que chaque fabricant ait un plan
de cybersécurité pour tous les dispositifs
médicaux parce que
les hôpitaux, on l'a vu pendant la pandémie,
étaient extrêmement vulnérables
à toutes sortes d'attaques d'Eurene,
toutes sortes de choses.
Et on était chanceux à la limite
que ces appareils-là n'ont pas trop été la cible.
Mais souvent, c'est vrai
qu'ils ne sont pas bien sécurisés.
Il y a des risques.
Maintenant, je réfléchis à ça
en m'en venant en studio.
Je le trouve un peu fou, notre monde,
aujourd'hui, comment on doit,
autant que la technologie est géniale,
autant que c'est un mausoleum
de ne-gaipe.
Il faut tellement se protéger de tout.
C'est rendu...
Des fois,
j'ai le goût de revenir en arrière.
Des journées comme ça.
Bref...
Toute une histoire.
Et vous, les distordus, est-ce que vous avez envie
de revenir en arrière, comme ça,
dans le passé, où la technologie était moins présente?
Dites-nous-le.
Vous savez où nous trouver. On est partout
sur les réseaux sociaux, TikTok, Instagram,
YouTube, Facebook.
On a un groupe de discussions privées aussi sur Facebook.
Et aussi, évidemment,
sur Patreon, où nos supporters
vont avoir un magnifique after-show
aujourd'hui sur les dessous
des piratages récents
des casinos et des hôtels MGM.
Donc, Seb va nous parler de ça
dans l'after-show sur Patreon.
Sinon, on vous remercie
encore une fois, tout le monde,
tous les auditeurs et auditrices de votre soutien.
On remercie André Beaupré, notre monteur.
On remercie R.B. qui a fourni la musique
aujourd'hui.
Et on n'a pas le choix de faire des beaux shout-outs
à nos membres Patreon.
Aussi, une bonne poignée de main à
Philippe C, à Amélie L,
à Ran L,
à Brian V et à Chantal B.
L'amour à Babin B,
Esther F, Kevin B,
Caroline C et la mystérieuse
Mylène.
Un gros shout-out à Jennifer,
à Marie-Pierre M,
Samuel L, Mathieu M
et la mystérieuse Camille.
Je poursuis
un gros câlin à Florence,
à Laurence Dédé,
à Val A,
Élisabeth FB
et Maxime SJ.
On ne pourrait faire ce show
sans l'aide de Julie T,
Michael, JB,
Philippe L,
Chloé R et Sarah Emilly.
Je poursuis
à Julia B,
Mark P, Melody L,
Aude B, Nathalie D.
Je continue
l'amour avec Sandra,
Daphné B,
Olivier G, Philippe B
et Josée Catherine D.
Un gros gros gros double high five
à Eva K,
Jeffrey V,
Jenny S,
Maxime M et Véronika.
Et pour terminer,
beaucoup d'amour à Estelle P,
à Naomi U,
à Annie Claude B,
à Cédric N, O et A,
ou la mystérieuse
Thorg.
Merci à vous.
Si vous trouvez que vous avez fait de grosses erreurs de jeunesse,
consolez-vous,
ça peut rarement être pire que celle de Mafia Boy.
À bientôt!
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