En 2004 au Colorado, Oakey Al Kite, un homme sans histoire, manque à l’appel, personne ne l’a vu depuis 24h et il ne se présente pas au travail. En se rendant chez lui, les enquêteurs découvrent la plus violente scène de crime de leur carrière. Al Kite a été assassiné et torturé pendant des heures. Le meutre semble n’avoir aucun mobile, et le tueur n’a laissé aucun indice, comme si le crime était parfait Au centre de l’enquête: un mystérieux visiteur qui aurait soigneusement planifié chaque détail de cette exécution. Croyez-vous au crime parfait?

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#87 - Le meurtre parfait d’Oakey Al Kite
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Des histoires étranges de l'ère numérique.
En 2004, au Colorado, Oki Al-Kait, un homme sans histoire, manque à l'appel.
Personne ne l'a vu depuis 24 heures et ne se présente pas au travail.
En se rendant chez lui, les enquêteurs découvrent la plus violente scène de crime de leur carrière.
Al-Kait a été assassiné et torturé pendant des heures.
Le meurtre semble n'avoir aucun mobile et le tueur n'a laissé aucun indice, comme si le crime était parfait.
Au centre de l'enquête, un mystérieux visiteur qui aurait soigneusement planifié chaque détail de cette exécution.
Croyez-vous au crime parfait?
Sébastien Lévesque, comment ça va ce soir?
Ça va bien et toi, Emile Gauthier?
Ça va très bien parce qu'on a une histoire assez hallucinante à vous proposer ce soir.
J'en dis pas plus, qu'est-ce qu'on boit?
Pour nous accompagner, on boit une New England IPA, Emile, mais sans alcool ou à peine, 0.5% d'alcool.
Ça existe ça, Seb, une New England IPA sans alcool.
C'est nouveau en tout cas, mais celle-là, c'est une des premières que je vois.
Elle est excellente, elle est créée par la brasserie des deux frères de Terrebonne, c'est Brasseau, Québec.
Son nom, c'est la New England IPA.
Tout simplement, elle a des oublons de citéra, de menthe, d'arina, entre autres.
Et il y a des abricots et des pêches qui sont utilisés pour la fabriquer.
Puis on le sent, on voit la texture, comment elle ressemble carrément à du jus.
C'est comme un nectar, c'est ce que tu disais.
Donc, sincèrement, elle me surprend au niveau du goût parce qu'elle n'a pas d'alcool.
Puis ce type d'IPA, je suis assez têteux, on dirait, sur le goût.
Puis finalement, je l'ai adopté.
Yes, je me sens même déjà un peu tepissi, on dirait.
Cette bière-là est une gracieusité de Marilou qui est une de nos bonnes amies
qui possède le site Apéro à zéro.
Là, ce n'est pas une commandite, on la plugue par amour de son beau projet,
mais c'est un site web où vous pouvez aller visiter.
Il y a plusieurs produits sans alcool qui sont disponibles.
Vous pouvez vous commander même des boîtes surprises, des trucs de même.
Donc, un shout-out à Marilou qui nous a offert cette bière-là.
Ça tombe définitivement dans nos cordes.
Et aussi, on voulait donner un shout-out à nos 36 auditeurs des Émirats arabes.
Quand même, lorsqu'on regarde nos statistiques,
des fois, on tombe sur des trucs un petit peu plus inusités.
Puis à 36, guys, faites-vous un party, faites-vous un party d'écoute de distorsion
puis envoyez-nous une photo ou quelque chose.
Un petit get-together à l'air climatisé, ça serait parfait.
Oui, pourquoi pas.
Si vous voulez vous abonner aussi à notre Patreon,
si vous voulez avoir nos épisodes en avance, vous savez que notre Patreon est disponible,
patreon.com slash distorsion.
Là-dessus, vous avez les épisodes quand même plusieurs semaines en avance.
Vous avez les after-shows, c'est ce qu'Émile et moi,
on continue la discussion après les épisodes,
c'est toujours une quinzaine, vingtaine de minutes sans montage.
On jase avec une bière de plus, c'est vraiment cool.
Et aussi plein d'autres contenus exclusifs pour vous.
Absolument.
Et là-dessus, Seb, est-ce qu'on est prêt à se lancer dans l'histoire d'aujourd'hui?
Oui, madame.
C'est parti.
C'est une très bonne question.
Puis tu me l'avais posé en amont pour que je réfléchisse.
On dirait que pour moi, le crime parfait, c'est de ne pas se faire prendre,
c'est une chose, mais aussi qu'on ne soit pas quelqu'un de soupçonné
ou une personne d'intérêt.
Je trouve que quand tu es à ce niveau-là,
c'est encore plus le crime parfait que de ne pas te faire prendre,
parce qu'il y a beaucoup de criminels qu'on sait qu'ils ont fait un crime,
mais on le sait que c'est eux.
Donc, techniquement, le crime n'est pas parfait, mais c'est ça.
C'est le fait de ne jamais te soupçonner,
de faire un crime ne jamais te soupçonner.
Pour moi, c'est une forme de crime parfait.
Toi, comment tu vois ça?
Souvent, j'ai tendance à croire que le crime parfait,
surtout dans le cas d'un meurtre, c'est souvent un crime aléatoire,
un crime qui n'est pas planifié,
souvent de la part de quelqu'un qui voulait simplement assouvir une passion meurtrière,
parce qu'on l'a vu dans plusieurs cas à distorsion,
souvent c'est dans la planification du crime que les meurtriers font des erreurs
et c'est souvent là qu'ils se font retrouver.
Par exemple, on aurait la chance d'en reparler dans l'after-show
ou peut-être même à la fin de l'épisode,
mais Xavier Dupond-Ligonnès, est-ce que c'est un crime parfait?
Tout le monde sait que c'est lui, mais il n'a toujours pas été trouvé,
malgré le fait qu'il a laissé plein d'indices autour de lui.
Mais justement, dans son cas, c'est en faisant des achats, par exemple,
dans un magasin de jardinage qu'évidemment ça n'a pas joué de son côté.
Donc, je ne suis pas sûr de dire que c'est un crime parfait.
Mais l'histoire de ce soir, vous allez voir, comment dire,
ça frôle la perfection dans la planification et dans l'exécution, on dirait.
C'est un crime méticuleusement planifié.
Moi, c'est une histoire qui me passionne depuis vraiment longtemps.
On était dans la saison d'avant, dans notre saison 6,
puis moi, j'avais déjà hâte d'enregistrer l'épisode de ce soir
parce que justement, c'est hallucinant.
Il n'y a pas énormément de blogs ou de vidéos,
même de documentaires, de consacrés à cette histoire-là,
à l'histoire de Hawkeye Al-Qaït.
C'est pour ça que ça a été un petit peu plus long de faire des recherches
pour essayer de retrouver un petit peu les bribes un petit peu partout,
sur le web, sur Reddit et tout ça.
Puis finalement, on est prêt à vous en parler.
Mais vous allez voir, c'est une histoire qui est assez hallucinante.
Puis en intro aussi, Seb, je suis tombé sur un document du FBI
qui datait de 2017 qui explique que dans les cas de meurtres
survenus aux États-Unis, c'est seulement 9,7 % des cas
qui concernent des meurtriers qui ne connaissaient pas leurs victimes.
Donc, la grande majorité des gens qui commettent des crimes
connaissent les victimes.
Donc, c'est soit des membres de la famille
ou soit que c'est des connaissances un petit peu plus éloignées.
Mais les gens, en grande majorité, connaissaient leurs meurtriers
dans les cas de meurtre.
C'est sûr qu'aux États-Unis, il y a énormément de mass-murder,
de tueries de masse qui font monter un peu la statistique
parce qu'évidemment, ils ne connaissaient pas tous les gens qui ont tué.
Mais les cas de victimes croisées dans la rue au hasard,
c'est quand même assez rare.
Oui, c'est rare.
C'est vraiment rare.
Il faut que tu sois malchanceux.
Bien oui.
Puis le cas de ce soir, en fait, contrairement aux crimes aléatoires
dont je parle, celui-ci était vraiment planifié au quart de tour.
Puis peu d'erreurs ont été commises.
Même qu'après 17 ans, le crime n'est toujours pas résolu
puis le suspect demeure toujours dans la liste des criminels
les plus recherchés par le FBI.
Donc, je pense qu'on est prêt à se lancer dans la chronologie des faits
pour comprendre l'histoire totalement incompréhensible
de la mort d'Oki Al-Kait.
Et j'y viens comme suis.
Le matin du 24 mai 2004, une société de conseil en ingénierie de Denver
dans l'État du Colorado, une société nommée Carter Douglas,
remarque l'absence d'un employé.
L'employé en question, c'est un homme nommé Oki Al-Kait,
surnommé Al, on va l'appeler Al pendant l'épisode.
C'était un homme chaleureux et amical qui était normalement
un employé très fiable et responsable.
Il était rarement en retard et encore moins absent
le sens d'avertissement au préalable.
Lorsque les minutes ont commencé à se transformer en heures,
les collègues d'Al ont commencé à s'inquiéter.
Ils ont décidé d'appeler le domicile de Al ainsi que son téléphone portable
dans l'espoir qu'il décroche et explique son absence en ce lundi matin.
Les multiples appels n'ont rien donné et le bureau a finalement décidé
d'appeler le contact d'urgence d'Al qu'il avait listé dans ses documents d'emploi.
Il s'agit de sa sœur Barbara qui vit à des milliers de kilomètres de là en Virginie.
Barbara répond à l'appel mais insiste sur le fait qu'elle n'a pas eu une nouvelle
d'Al ni de personne d'autre ce matin-là.
Elle a donc commencé à essayer de contacter son jeune frère en essayant
de joindre les mêmes numéros de téléphone que ceux que le bureau
avait essayé auparavant, hélas sans succès.
Alors, en désespoir de cause, Barbara se tourne vers la seule
ressource dont elle dispose, la police.
Elle savait que cette absence ne ressemblait pas du tout à celle d'Al,
alors elle a contacté le service de police d'Orora,
en fait la ville qui dans l'agglomération de Denver où réside
pour rendre visite à son frère et effectuer une vérification de son bien-être.
Vous savez qu'on peut faire ça, entre autres, un welfare check qu'on appelle.
Tu peux appeler la police pour dire je veux juste m'assurer que cette personne-là
est dans un bon état physique et mentale.
Ils le prennent en considération.
La ville d'Orora, c'est la troisième ville d'importance au Colorado
avec ses 386 000 habitants.
La ville a d'ailleurs fusionné avec la ville de Denver,
qui est la ville la plus importante de l'État.
Orora est une banlieue assez tranquille qui ne vit pas souvent de gros drames.
Cependant, on va se rappeler la tuerie qui était survenue dans un cinéma en 2012
lors de la projection du film The Dark Knight Rises,
le film de Batman de Christopher Nolan.
James Holmes avait causé une des plus grosses tueries de masse aux États-Unis
à l'époque en faisant 12 victimes et 70 blessés.
La tuerie avait interrompu la campagne présidentielle
et Holmes a écopé de 3 300 ans de prison pour ce crime-là.
Les peines américaines, ça vous font toujours sursauter
parce qu'ils multiplient versus le nombre de victimes.
C'est symbolique.
C'est lors de cet incident malheureux que le grand public
a eu vent de l'existence de cette ville,
alors qu'auparavant, on la référait souvent comme Denver.
Plus tard dans l'après-midi,
la police d'Aurora s'est rendue au domicile d'Alkite.
C'était une maison de ville résidentielle,
ce qui ne semblait pas trop anormal.
Ils ont frappé à la porte à plusieurs reprises,
mais n'ont obtenu aucune réponse.
Craignant qu'Al ne soit en danger,
les officiers ont pris la décision d'entrer dans la maison de force
et d'aller faire les vérifications de routine.
À l'intérieur, ces policiers ont trouvé la maison plutôt normale.
Les choses semblaient être là où elles devaient être,
à quelques exceptions près,
mais ils ont continué leur fouille de la maison dans les chambres de l'étage
avant de décider de descendre au sous-sol
où ils ont fait une découverte totalement inattendue.
Avant toute chose, on va parler un peu plus de qui est O.K. Albert Kite.
Il est né le 7 mai 1951 dans le comté de Nash, en Caroline du Nord.
Ses parents, O.K. Albert Kite Senior et Edith Davis Kite,
ont eu un autre enfant, une fille nommée Barbara.
En grandissant, O.K. Junior a commencé à utiliser le surnom de Al,
qui est la diminution de Albert, pour se différencier de son père.
Son paternel est un dresseur de chien réputé dans la région.
Il était même cofondateur d'une entreprise de dressage.
Ça, Emile, petite parenthèse sur les seniors, les juniors,
je trouve ça toujours un peu drôle de donner son propre nom à son fils.
On voit ça plus rarement dans notre culture.
Parfois, c'est une symbolique d'un grand-père ou d'un arrière-grand-père notoire.
Dans ce cas-ci, je comprends O.K. de vouloir plus qu'on l'appelle Al
pour créer une différence.
Aux études, Al fréquente l'Atlantic Christian College,
où il se spécialise en administration des affaires.
En 71, il commence à travailler pour Stone & Webster,
qui est une grande entreprise de services d'ingénierie.
Il finira par travailler pour cette société pendant plus de 31 ans,
sous une forme ou une autre dans une variété d'emplois
qui l'amèneront à parcourir les États-Unis.
En 1976, Al épouse son ami du secondaire, Gale K.
Dans l'intervalle, elle avait eu une autre relation,
mais le moment était venu pour eux de se retrouver.
Elle amenait avec elle sa fille, nommée Julie,
qui deviendra la belle-fille de Al.
Même lorsque Al et Gale divorçaient plus de 10 ans plus tard,
Julie et lui sont restés très proches.
Le travail d'Al l'amène à parcourir les États-Unis,
comme on vous disait, mais même le monde entier.
Il a travaillé comme comptable de projet pour des postes dans le Massachusetts,
le Texas, New York, le Nevada, le Wyoming et le Tennessee,
même en Afrique du Nord et en Algérie.
Al et Gale divorcent en 1988.
Ce n'est qu'en 1998 que la proposition de déménage
au Colorado fait surface.
Al a la possibilité de s'y accepter un emploi,
et comme il aime pratiquer toutes sortes d'activités de plein air,
comme le golf, le vélo, la randonnée, le camping et le ski,
il saute sur l'occasion.
Al s'installe donc à Aurora, dans le Colorado,
qui est une région située en banlieue de Denver.
Al a acheté une propriété à Aurora le long de South Helena Street,
qui est près de l'autoroute.
La maison elle-même est une maison de ville à deux étages
avec beaucoup d'espace à l'intérieur.
Al plaisantait souvent en disant que c'était plus de place
qu'il en avait besoin, surtout en tant que célibataire d'âge moyen
qui aime passer beaucoup de temps à l'extérieur.
Au début des années 2000,
il décide de transformer le sous-sol aménagé
en un appartement indépendant.
Cela lui permettrait d'aider à payer l'hypothèque
tout en remplissant un espace qu'il n'utilisait pas.
Cela s'est avéré très utile en 2002
lorsque Stone et Webster,
l'entreprise pour laquelle il travaille à l'époque,
a décidé de réduire ses effectifs.
Al a été licencié,
mais a quand même pu se retrouver un emploi peu de temps après
lorsqu'il a commencé à travailler pour Carter Douglas,
qui est une société de conseil.
Ce n'est qu'en 2004 que les choses ont commencé à changer dans la vie de Al.
Tout d'abord,
il commence à fréquenter une femme nommée Linda Angelo-Poulos.
Les deux semblent s'entendre à merveille
et il commence à envisager de faire de leur relation une affaire plus sérieuse.
Linda va jouer un grand rôle dans les événements dont on va parler aujourd'hui.
Puis, au début de l'année 2004,
le locataire qui douait l'appartement d'Al au sous-sol depuis quelques années
a annoncé qu'il prévoyait déménager dans quelques mois.
Il ne renouvelera donc pas son bail.
Ce locataire a déménagé en mai 2004
et Al a commencé à faire des plans pour trouver un autre locataire.
Il a passé une annonce dans les journaux locaux peu de temps après
et a reçu quelques personnes intéressées,
mais une qui semblait plus intéressée que les autres.
Un certain Robert Cooper.
Vous allez voir, on va en parler beaucoup de ce Robert Cooper.
Donc, Al est vraiment un professionnel du monde de l'ingénierie.
Il a peu d'histoires.
Il mène une vie tout à fait normale en banlieue de Denver.
Il ne cherche pas le trouble.
Il n'y a rien dans nos recherches qui nous a montré
que c'était quelqu'un qui pouvait être lié
à quelque forme d'organisation criminelle ou autre.
Pas de problème de jeu, de dette.
Les entreprises pour lesquelles il travaille
sont des grosses entreprises sérieuses quand même.
Ils ne sont pas liés eux non plus à des codes de corruption.
Je n'ai pas vu d'histoires à ce sujet.
Ça semble être quand même un homme sans histoire
qui mène une vie très calme.
Il adore le plein air, tout ça,
mais qui n'a pas l'air à se mêler de choses qu'il ne regarde pas.
Revenons au 24 mai 2004,
le jour où Al ne s'est pas présenté au travail.
Les policiers sont entrés dans la maison
et n'ont toujours rien remarqué.
Ils décident de se rendre au sous-sol,
dans l'appartement qu'ils louent à un locataire,
et là, personne ne pouvait les préparer
à ce qu'ils allaient découvrir.
Et là, écoutez bien ça.
Au sous-sol, les agents ont trouvé le corps d'Al Kite,
étendu sur le ventre,
au milieu d'une scène de crime
qui semblait d'emblée incroyablement macabre.
Il y avait des éclaboussures de sang
sur le long du mur et sur le sol autour de son corps,
indiquant que sa mort n'avait pas été paisible du tout.
Vraiment une scène de film d'horreur.
L'inspecteur Thomas Sobieski de la police d'Orora
a répondu à l'appel
et est devenu l'un des principaux enquêteurs sur l'affaire.
Il décrira plus tard la scène de crime
comme étant la pire qu'il ait jamais vue de sa vie.
Les enquêteurs et les analystes
ont noté une blessure à l'arrière de la tête d'Al,
ce qui indique qu'il a été frappé par derrière.
Selon leurs théories, cela s'est probablement produit
lorsqu'il descendait les marches du sous-sol,
car la scène ne semblait pas décrire un affrontement,
une bagarre ou ni même encore une tentative de fuite.
Au premier étage, tout était normal,
les objets toujours en place,
donc tout l'escroir cal a été maîtrisé assez rapidement
avant d'être assassiné.
Ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas eu
d'objets brisés à l'étage
qui démontrent qu'il aurait pu avoir une disputte,
une altercation qui a éclaté au premier,
et que le reste se soit produit au sous-sol.
Ça laisse croire que vu sa blessure en arrière de la tête,
et vous allez voir, il y a d'autres blessures assez importantes
sur le corps de Al,
mais la blessure à la tête est sans doute ce qui l'a fait chuter
et ce qui a fait enchaîner la suite des choses.
Le plus troublant cependant
a été de réaliser que ce pauvre homme
n'était pas mort sans douleur
et que son agonie a sans doute été très longue.
La police a rapidement découvert
qu'Al avait été attaché avec une corde
non seulement aux mains, derrière le dos,
mais aussi aux pieds,
qui étaient liés aux ligatures des poignets.
Donc en fait, il a été ligoté de tous ses membres.
Et à partir de là,
la personne qui a attaqué Al Kite
a commencé à le torturer impitoyablement
pendant des heures, au moins,
en utilisant plusieurs instruments tranchants.
Les marques sur ses bras et ses jambes indiquent
qu'Al a été ligoté d'une manière considérée très spécifique
et rappelant un genre de rituel.
Il a ensuite été torturé pendant des heures
en se faisant couper les pieds puis fouetter
à plusieurs reprises dans une forme de torture
connue sous le nom de falaka.
Je vais en reparler tout à l'heure.
Des couteaux provenant de sa propre cuisine
avaient été insérés dans ses oreilles
et dans la zone située juste au-dessus de ses yeux.
Les enquêteurs ont émis l'hypothèse
qu'Al est finalement mort
après avoir reçu environ 22 coups de couteau
sur la partie supérieure de son corps
et qu'il a été presque décapité.
Il était méconnaissable.
C'est une scène de crime affreuse
qui dénote une violence vraiment incroyable,
justement digne d'une chambre de torture
d'un film d'horreur ou d'une torture
faite par des terroristes ou encore
la mafia ou d'autres organisations criminelles.
Ce n'est pas une mince chose.
Ça doit marquer longtemps les policiers
qui tombent là-dessus.
Ça a l'air d'une forme de vengeance
ou du moins qu'il veut le punir
quand tu fais ce genre de choses-là.
C'est soit pour faire avouer souvent
ou même de punir.
Je ne comprends pas dans ce cas-ci.
Le pauvre homme a vraiment souffert
pendant des heures avant sa mort.
Je reviens sur la technique dont on parlait,
le phallaka, qui est une technique de torture,
une technique de châtiment corporel
qui est originaire du Moyen-Orient
où les pieds d'un prisonnier sont attachés
à un bâton et sont soulevés
alors que le corps reste au sol.
Peut-être que vous avez déjà vu ça
dans des films ou autres,
mais les pieds sont par la suite frappés
avec un bâton ou encore fouettés
avec une lanière de cuir.
Le but de tout ça, c'est que
il y a des circuits nerveux
qui sont présents sous les pieds
et qui peuvent causer des dommages
permanents au système nerveux central.
- Je ne savais pas ça. - Moi non plus.
C'est vraiment dans ce but-là.
Ils frappent les pieds tellement
qu'à un certain moment donné,
il y a des dommages causés
à tout le système nerveux.
On se fait chatouiller sous les pieds
et on a tout de suite une réaction.
Il n'est pas rare que des gens en meurent
parce que ça peut causer
des arrêts cardiaques,
cette technique de torture.
C'est assez surprenant
de voir une telle technique
qui est utilisée sur Al,
car bien souvent, comme tu disais,
on l'utilise pour faire avouer
des choses à un prisonnier.
C'est vraiment une technique qui est utilisée
pour faire parler des gens.
Ici, on se demande bien
ce que le meurtrier voulait vraiment
faire avouer à Al.
Est-ce qu'il aurait utilisé
le phallaka simplement pour le plaisir?
Si oui, on a affaire
à tout un psychopathe.
Il semble que Al soit mort
quelques heures seulement après avoir parlé
à sa petite amie Linda
dans la soirée du 22 mai 2004,
car le 22 mai au matin,
Al est allé porter Linda
à l'aéroport alors qu'elle devait
se rendre en Virginie pour une semaine
en voyage. Pendant
son absence, Al a dit
à Linda qu'il avait prévu effectuer
quelques réparations dans l'appartement
et d'aider Robert Cooper,
son nouveau locataire, à déménager
quelques objets lourds dans son appartement.
Elle avait prévu de l'appeler une fois
arrivée à destination.
Lorsqu'elle l'a appelée,
Linda a appelé Kate une
première fois lors d'une escale pendant
son voyage et puis une seconde
fois à 15h30, une fois
arrivée à destination. Elle a
décrit que Al était inhabituellement
calme pendant ces appels-là.
Il était moins joyeux qu'à l'habitude.
Donc apparemment que d'habitude,
il a tendance à être un peu plus
verbomoteur, à parler beaucoup de ce qu'il vit,
et ici, il s'en tenait vraiment
au minimum.
Plus tard, après les faits,
Linda a pensé que
son comportement était probablement lié
à la présence du nouveau locataire,
donc peut-être qu'il était
avec lui en sa présence
parce qu'il venait de dire,
entre autres, qu'il avait réparé
un tuyau dans le sous-sol
et qu'il semblait passer un samedi
productif, selon lui.
C'est possible que peut-être
Linda ait parlé à Al
même peut-être pendant
qu'il se faisait torturer, je ne sais pas.
C'est ce qui peut-être expliquerait
du moins pendant le début de sa torture,
ce qui pourrait expliquer le ton un peu plus
inhabituel de sa voix,
puis qu'il
ait l'air un petit peu plus
occupé et moins
ouvert à lui parler.
C'est risqué quand même,
on ne sait pas si c'est ça
qui s'est passé, mais
il y avait une zone de risque
pour son assaillant
parce qu'il aurait pu facilement
crier à l'aide ou
quoi que ce soit. On dirait qu'à cause de ça,
je ne suis pas sûr si c'est arrivé pendant ce moment-là,
mais en même temps, si quelqu'un
tient un couteau au-dessus de l'œil et
il t'a déjà frappé, peut-être que
tu vas t'en tenir à ce qu'il dit aussi.
Ou peut-être, non, c'est ça,
peut-être que Al lui a dit,
c'est ma conjointe, si je ne réponds pas,
elle va trouver ça louche.
Mais bref, tout ça n'est qu'une hypothèse.
Ils se sont rapidement
souhaités un bon week-end
et se sont dit au revoir,
mais sans plus. Et ce coup
de téléphone-là, c'est la dernière fois
que quelqu'un a parlé
au quai.
Comme tu l'as dit un peu plus tôt, Emile,
il ne semble pas avoir de traces d'infraction
dans la maison, ni de signes d'affrontement,
ce qui indique que Al a bel et bien
permis à l'agresseur d'entrer dans la maison
et de descendre au sous-sol.
Oui.
Tout porte à croire qu'il connaissait son agresseur.
Et comme son nouveau locataire du sous-sol
est introuvable, les soupçons se portent
alors directement vers lui.
Les enquêteurs pensent qu'il a frappé
au moment où Al descendait
au sous-sol, le rendant tout de suite
facilement maîtrisable et vulnérable
à se faire ligoter et torturer.
Les déclarations publiques de l'inspecteur
Sobieski et des proches d'Al
semblent indiquer que plus tôt dans la semaine,
lorsqu'il parlait à son mystérieux
nouveau locataire, il avait fait mention
d'un fauteuil inclinable dans le salon
que Al voulait déplacer au sous-sol.
Les deux hommes avaient parlé
du fait qu'ils ne pouvaient pas passer
par la cage d'escalier et l'on a supposé
que Al, un homme de bonne foi,
aurait aidé son nouveau locataire
à déplacer le fauteuil au sous-sol
pour son confort.
La nature aidante de Al aurait joué
alors contre lui.
Oui, c'est peu dire.
D'autres indices sont vraiment troublants.
Grâce à certaines preuves que le détective
Sobieski et d'autres enquêteurs ont pu trouver,
il semble qu'après la torture
et le meurtre de Al,
le tueur aurait ensuite mangé
des aliments provenant de la cuisine,
pris une douche dans la salle
de bain principale, dormi dans son lit
et même porté ses vêtements
dans les deux jours suivants.
Il faut avoir du culot.
Étrangement, le meurtrier
ne semblait pas pressé
de quitter les lieux.
Ce dernier était en totale maîtrise
de son acte, et alors que la plupart
d'entre nous aurait fui tout de suite la scène,
on s'entend, il a plutôt
continué de passer tout bonnement encore
deux jours sur les lieux du meurtre,
avec Al, qui était ligoté au sous-sol,
imaginé.
Ça, il faut être psychopathe quand même,
à un niveau assez élevé pour
demeurer dans la maison avec
quelqu'un qu'on vient juste
d'assassiner au sous-sol.
Ça montre que, ça en dit beaucoup
sur sa personnalité, je trouve, à ce mystérieux
locataire-là, il semblait vraiment
aimer le risque,
le roche d'adrénaline que lui amène
ce risque-là de peut-être se faire
prendre, alors qu'il reste deux jours.
Pendant deux jours, n'importe qui
peut venir cogner à la porte, n'importe qui peut
venir vérifier, tout ça,
c'est hautement audacieux.
Ah, vraiment!
Il savait que sa blonde
était à l'extérieur, on dirait aussi.
C'est ça qui m'a,
dans tout son plan,
tout était vraiment calculé.
Comme tu dis,
il n'était pas à l'abri non plus qu'un proche
vienne, débarque. C'est moins courant
que les gens débarquent, on dirait, sans
avertir, mais quand même.
En plus,
je me demande si,
est-ce qu'il y avait peut-être une envie,
le locataire,
de vivre un peu comme sa victime?
Je ne sais pas si ça dénote un trait
de personnalité de quelqu'un
qui a envie un peu de s'immiscer,
de s'immerger dans le monde,
de sa victime, de vivre comme lui,
de dormir dans son lit, de porter ses vêtements,
tout ça, parce que je ne vois
aucun motif de faire tout ça,
à part que tu risques encore plus de laisser
de l'ADN et des traces
sur le lieu du crime.
Exactement, tu pollues la sangue.
La déclaration d'un voisin indique
que ce mystérieux tueur est parti
tôt le dimanche matin, mais pas avant
d'avoir nettoyé à fond la maison.
La maison avait apparemment été nettoyée
pour effacer les empreintes digitales
et de l'eau de javel avait été versée
dans la canalisation de la douche
pour détruire toute preuve
médico-légale du tueur.
En outre, le tueur avait trempé
plusieurs couteaux dans l'eau de javel après coup.
Mais dis-moi,
l'eau de javel dans la canalisation,
c'est pourquoi pour enlever les cheveux
ou vraiment s'y rincer
avec le sang, c'est…
Oui, c'est ça, c'est vraiment pour tout cliner,
mais jusqu'à quel point…
J'imagine que ça doit être efficace.
On dirait que j'avais jamais pensé à cette tactique-là
de nettoyer les tuyaux,
puis je me demande même si dans un cas de distorsion
on a déjà parlé de ça,
on dirait de quelqu'un
qui tente d'effacer ses traces,
mais de mettre de l'eau dans une canalisation,
pas de l'eau, mais de l'eau de javel plutôt.
Mais ça doit prendre beaucoup d'eau de javel, par exemple,
pour tout ce qu'il a fait,
étant donné qu'il a vécu pendant deux jours
dans la maison, puis il n'a pas dû sortir
de la maison du tout, en fait.
Lui, il a pris une douche sans doute,
il a porté des vêtements, il a laissé
potentiellement des poils,
même un peu
de l'effritement de peau,
des choses comme ça,
il laisse plein de traces,
donc encore une fois, c'est dur à comprendre.
Lorsque la police
est arrivée sur les lieux et a découvert
le corps d'âle au sous-sol,
elle a remarqué plusieurs objets dans les vies.
La canalisation avait été bouchée,
il y avait dans les vies une douzaine de couteaux,
ainsi qu'un certain nombre d'articles
ménagers, dont un verre à boire,
un stylo, une brosse à vaisselle
et les clés de la voiture de Hall.
Les vies avaient été ensuite
remplies d'eau de javel.
Les clés de l'appartement du sous-sol
avaient été laissées bien en évidence sur le comptoir
de la cuisine,
comme on ferait lorsqu'on remet les clés
d'un logement à un propriétaire.
Il semble que le meurtrier
veuille décidément narguer les enquêteurs.
Oui, c'est ce qu'on sent depuis le début.
Immédiatement,
les enquêteurs ont commencé
à chercher un mobile pour ce crime.
À l'origine, il semblait
s'agir d'un crime passionnel,
uniquement parce que Hall avait été
physiquement torturé avant sa mort,
et sans doute psychologiquement aussi,
parce qu'on ne sait pas, on n'a pas de preuve de ce qui s'est dit,
mais ça ne devait pas être beau non plus.
Mais personne dans la vie de Hall
n'avait de raison de se battre avec lui
ou encore moins de le torturer pendant des heures
et de l'assassiner.
L'hypothèse d'un meurtre en lien avec le crime
organisé est aussi soulevée,
notamment en raison des heures de torture
qu'a subi Hall.
On pourrait croire qu'il aurait été torturé
dans le but d'avouer quelque chose
ou parce qu'il devait de l'argent à une organisation criminelle.
Mais ceci dit,
Hall n'avait aucun lien avec ces organisations
et ne semblait pas avoir
de dettes importantes, encore moins
auprès de créanciers louches et dangereux.
Donc, l'hypothèse
sera écartée.
Serait-ce possible qu'il s'agisse d'une erreur
sur la personne,
donc que ce soit quelqu'un d'autre
qui devait être tué ?
On va y revenir un peu plus tard.
Ils ont alors commencé à élaborer une théorie
selon laquelle il s'agissait d'un cambriolage
méthodiquement planifié,
car la police a rapidement appris
que plusieurs objets appartenant à Hall
semblaient avoir disparu de son domicile,
à savoir son véhicule,
un pick-up GMC
et son téléphone portable.
La police a commencé à orchestrer
une recherche de ces objets
en espérant qu'elle serait capable de trouver
la piste du tueur assez rapidement.
Plus tard,
dans la journée du lundi 24 mai,
la camionnette GMC
bleue et grise d'Hall a été
retrouvée. Le véhicule
avait été garé à un peu plus d'un
panter de maison du domicile de Hall
le long de la rue,
donc pas du tout caché,
pas caché dans la forêt,
lancé dans un lac,
carrément très près du lieu du
crime. Alors que les
enquêteurs fouillent le véhicule
dans l'espoir de trouver des preuves médico-légales
nous liant à
l'identité du tueur,
ils ont également entrepris une fouille approfondie
du domicile d'Hall.
Ils ont pu trouver des traces d'ADN,
imagine-toi, Seb. Vraisemblablement
laissés par le tueur
et qui seront soumises à une base de données
médico-légales peu après.
Cependant, en fouillant
la poubelle de la cuisine de Hall,
les enquêteurs ont trouvé une demande
de location pour son logement.
Cette demande, qui semblait avoir été
écrite à la main par le mystérieux locataire
qui emménageait dans le sous-sol,
contenait le nom de cet étranger,
son adresse postale,
son numéro de sécurité sociale
et même son numéro de téléphone,
donc tout ça, trouvé dans la poubelle
de la cuisine de Hall. Et le nom
sur la demande de location était
Robert Cooper,
tel que, comme on le pensait
au départ.
Mais là, est-ce que tout ça
est bel et bien vrai ou est-ce que encore
c'est des preuves qui sont laissées là
pour narguer les enquêteurs ?
Certains témoins,
dont la copine d'Hall, Linda
et des voisins, ont bel et bien aperçu
le mystérieux locataire pendant son séjour
dans la région. Cet homme
qui s'est présenté comme Robert Cooper
voulait emménager presque immédiatement.
Il était prêt à verser à Hall
un dépôt de garantie ainsi que
le premier mois de loyer pour que cela
se fasse rapidement. Il était vraiment
déterminé.
Hall a parlé à sa petite amie Linda
de ce locataire potentiel.
Il a déclaré que cet homme venait
de déménager de la côte est,
qu'il avait pris un emploi chez Wells Fargo
à un titre inconnu et
qu'il logeait temporairement chez sa soeur.
C'est pourquoi il l'avait maintenant
besoin d'un endroit à lui.
La petite amie d'Hall n'a jamais vu
le visage de ce locataire potentiel.
Elle a déclaré plus tard
que la seule fois où ils se sont trouvés
à proximité l'un de l'autre,
elle a dû s'éclipser pour aller aux toilettes
et pendant la minute ou deux
où elle y était, ce mystérieux homme,
Robert Cooper,
a trouvé une excuse pour partir
et selon ses mots, il ne voulait pas
du tout que je le vois.
Bien que Linda n'ait pas pu voir le visage
de ce locataire, elle a pu décrire
le type de vêtement qu'il portait.
Elle a dit qu'il était très bien habillé,
portant un beau pantalon et un veston.
Cet homme mystérieux a été décrit
comme étant âgé d'une quarantaine d'années,
ayant les cheveux foncés et ondulés,
mesurant environ 1m80
et pesant autour de 80 kilos.
De plus, il marchait en boitant.
D'ailleurs,
il portait une canne pour se stabiliser.
Par contre, Linda a obtenu
la plupart de ces informations
en un bref coup d'œil sur l'homme.
Alors qu'elle sortait
de la salle de bain et regardait
son profil par la fenêtre,
elle ne l'a vu qu'un seul instant.
C'est d'ailleurs beaucoup de détails
pour quelqu'un qui l'a vu aussi vite,
mais c'est des détails qui sont assez marquants.
Comment quelqu'un est habillé,
son style vestimentaire.
Elle ne s'attendait pas à voir quelqu'un
d'aussi bien habillé venir
visiter le sous-sol
de Hal, qui est un peu plus modeste.
Et la canne, évidemment, est dure à manquer.
Oui, exactement.
Notre cerveau, la première impression,
elle enregistre
toutes ces informations
d'un coup d'œil. On classifie tout ça.
Je ne suis pas surpris
qu'elle ait retenu ça en une minute,
enfin, ou quelques secondes.
On a cette faculté
de survie, de détecter
tous ces éléments rapidement.
Oui, mais j'ai tendance à penser
sans doute que Robert Cooper
ou le locateur, il le sait ça.
Il le sait que notre cerveau
rapidement va être
attiré par les beaux vêtements,
la canne. C'est des choses
qu'on va remarquer plus rapidement
que d'autres, plus rapidement que la couleur
des yeux. Tu as raison.
Je pense que c'était encore à planifier,
mais je te laisse poursuivre.
Parce que c'est vrai que si elle avait été plus habillée,
« normale », plus régulier,
elle aurait peut-être moins porté attention.
En plus de l'observation unique de Linda,
il y avait un groupe de témoins non liés
qui se souviennent avoir vu ou même
rencontré l'homme nommé Robert Cooper.
Une professeure locale
de l'Université du Colorado
possédait une propriété qu'elle louait.
Un homme correspondant exactement
à la description physique de Robert
l'a rencontré pour discuter de la propriété.
Cependant, cet homme
ne boitait pas et ne portait
pas de canne, et en fait,
il a lui-même parlé avec un accent roumain,
ce qui est assez spécifique.
Cet homme a apparemment approché
plusieurs locataires potentiels dans les jours
et les semaines qui ont précédé sa réponse
à l'annonce de Hall. Au moins,
trois de ces locataires se souviennent
d'avoir rencontré cet homme mystérieux.
Et chose curieuse, tous
se souviennent qu'il avait des caractéristiques différentes.
Il avait des accents
et des manières différentes. C'était
comme s'il mettait en scène différentes
personnalités et jouait un nouveau personnage
pour chaque témoin potentiel.
Ça aussi, c'est brillant.
Kaiser Sausé.
Dans Usual Suspect.
Oh mon Dieu, je ne me rappelais pas de ce nom-là.
Il portait une canne, il boitait.
Il faudrait que je revoie.
Ça doit faire au moins 20 ans.
L'un de ces locataires potentiels
a décrit cet homme comme étant
âgé d'une trentaine d'années,
tandis qu'un autre l'a décrit comme étant
âgé d'une cinquantaine d'années.
Hall, quand il l'avait vu,
c'était autour de 40 ans.
On voit les nuances
dans ces personnages.
Juste pour vous donner une idée de l'inventaire
de ces personnages.
Dans un cas, il avait une canne, il boitait,
alors que dans l'autre, il marchait
parfaitement bien sans aucune aide.
Dans certains cas, il avait un accent,
mais dans d'autres, il parlait très peu
et disait peu de choses d'une voix
avec un accent américain.
C'est fou, ça, quand même. C'est un caméléon.
Oui, il a des bons skills.
C'est quelqu'un d'intelligent, en tout cas.
On ne peut pas lui reprocher ça.
L'une des locataires,
une femme âgée, se rappelle avoir été
effrayée par la façon dont cet homme
étrange se déplaçait dans sa maison.
Elle a dit qu'il semblait examiner les fenêtres
très attentivement, mais qu'il parlait
très peu. Au bout d'un moment,
elle s'est souvenue à avoir ressenti une sensation
étrange de la part de l'homme.
Et sa seule présence a commencé
à la mettre mal à l'aise.
Mais ça aussi, on le sent comme individu,
on a encore, on a souvent cet instinct-là.
On va le filer
quand il y a quelque chose qu'il va reprocher.
C'est dur à décrire, mais
je comprends, il y a des gens qui
ont une meilleure intuition aussi pour détecter
les gens moins nets.
Laurent des gens.
Oui, exact. C'est à peu près
à ce moment-là que Robert Cooper
a répondu à l'annonce de Hall en mai 2004.
L'un des voisins
se souvient avoir vu cet homme
quitter la maison de Hall le 19 mai
et la police a donc déterminé que
c'était la première fois qu'il entrait en contact
avec lui. Le lendemain
ou le surlendemain, au moins
deux voisins de Hall se souviennent
avoir eu des rencontres étranges avec l'homme.
Un voisin a essayé
d'approcher ce Robert Cooper,
mais a été complètement ignoré.
Dans un autre cas, une voisine a dit
qu'elle avait rencontré cet homme sur un sentier
de randonnée proche, mais elle se souvient
qu'il semblait la regarder d'un air
fixe, mais sans lui parler.
Elle a également déclaré que
lorsqu'elle a rencontré l'homme, il marchait
lui aussi cette fois-ci s'emboîter.
Un jour ou deux après
avoir rencontré Hall,
les deux hommes ont conclu un accord.
En plus d'un dépôt de garantie,
Cooper fournirait la moitié du premier mois
de loyer et emménagerait rapidement.
Plus on effectue de recherche
sur cet étrange individu,
plus il y a de questions qui apparaissent.
Tout d'abord, l'adresse
laissée sur le document, qui était censée
appartenir à la sœur de ce Robert
Cooper en guise de résidence
temporaire, était en fait un immeuble
du campus de la Faculté de
médecine de l'Université du Colorado.
Le numéro de sécurité sociale
qui était fourni, une fois vérifié,
s'est avéré appartenir à une femme
sans aucun lien avec l'affaire.
Robert Cooper
semble avoir meticuleusement
planifié ses actions. Les
enquêteurs comprennent alors tranquillement
à qui ils ont affaire et ce ne sera pas
une mince tâche de retrouver cet homme.
Et puis, il y a le fameux
numéro de téléphone qui était sur la demande
de location, le preuve très importante,
qui était un numéro actif.
Cependant, le téléphone était
lié à aucune ligne, donc
il s'agissait d'un téléphone pré-payé que l'on
trouve dans les magasins de proximité et autres
comme les dépanneurs. Et là,
écoute ça Seb, lorsque
la police organisait le repérage de
ce téléphone, parce qu'il était encore actif,
ils se sont dit « enfin, on a trouvé
une erreur ».
Et aussi les deux téléphones
portables d'Halkite qui
avaient été volés,
elle a eu la surprise de constater que
les deux téléphones se déplaçaient
dans la région de Denver lorsqu'on tente
de les géolocaliser.
Une recherche des téléphones
a permis de les trouver, tous les deux,
mais aucun n'était
entre les mains de ce tueur inconnu.
Écoute bien ça, la police a
rapidement appris que les deux téléphones
avaient été abandonnés
dans le quartier de Five Points à Denver
dans le Colorado. Et plus spécifiquement,
ils avaient été abandonnés
dans une zone où les sans-abris
trainaient souvent.
Donc le tueur savait vraisemblablement
que les téléphones seraient ramassés tout de suite
puis utilisés par les personnes sans-abris,
étant donné que justement,
il y a peut-être moyen
de les utiliser, de les revendre et autres.
Donc ça les rendait actifs.
Mais ça a envoyé les policiers vraiment
sur une mauvaise piste. Donc,
il s'agissait encore une fois d'une tactique
extrêmement efficace pour faire perdre
du temps aux enquêteurs puis brouiller les pistes.
Ça, j'avoue que j'avais
pas pensé à ça. Il a pris le temps
d'aller, au lieu de les jeter
dans un lac ou dans les égouts,
il les a gardés actifs, il est allé les porter
dans un quartier où il y a plusieurs sans-abris.
Donc, un effort de mi encore plus
pour gagner un peu de temps.
Donc, toutes les minutes
sont importantes, malgré le fait que
paradoxalement, il est resté deux jours chez Hawkeight.
Donc, c'est incompréhensible.
Non, exact, mais tu vois qu'il
connaît ça, tu sais, pour penser
à tous ces détails-là, c'est quelqu'un
qui a l'expérience.
Une enquête plus approfondie
sur le téléphone jetable utilisé par
Robert Cooper a permis de déterminer
qu'il avait été acheté dans un dépanneur
à proximité de l'école de médecine
de l'Université de Colorado.
Donc, encore une fois, une deuxième
connexion à ce campus universitaire.
Les détectives ont également
découvert que ce téléphone avait été
utilisé pour plusieurs demandes de location
et que le suspect avait passé
des dizaines d'appels sortant
à des locataires potentiels.
Autre détail important qui démontre
la connaissance de Cooper envers
les techniques d'enquête, il a pris soin
d'attendre au moins un mois avant d'utiliser
le téléphone prépayé qu'il a acheté,
sachant que les boutiques attendent
généralement un mois avant d'effacer
leur bande vidéo de caméras de surveillance.
Donc, encore une fois,
une tactique soigneusement
planifiée, il sait comment ça fonctionne
les preuves numériques aussi et il a attendu
un mois. Ainsi, aucune image
montrant Cooper en train d'acheter
le téléphone n'est disponible.
Ça aurait pu être ça encore une fois
sur une erreur.
Le lien entre ce crime et la Faculté
de médecine de l'Université du Colorado,
ça fait quelques fois qu'on en parle,
allait devenir l'une des rares pistes
sur lesquelles les enquêteurs allaient pouvoir travailler.
En plus de l'adresse postale
figurant sur la demande de location
de Cooper, qui correspond à un bâtiment de l'école,
il y avait maintenant un téléphone
jetable acheté juste à côté du campus.
En plus, comme la
police l'a appris plus tard, certaines
des propriétés à allouer pour lesquelles ce
mystérieux Robert Cooper a postulé
ont été annoncées sur des prospectus
dans la bibliothèque de l'Université du Colorado.
Elle n'avait été affichée
nulle part ailleurs, ni sur Internet,
ni dans les journaux.
Et là, c'est spécial, tout ça.
Sur Reddit,
entre autres, quelqu'un commentait tout récemment
parce que l'histoire, même celle-là de 2004,
est toujours très active
sur les websites Loot et autres
et sur Reddit. Et puis cette personne-là disait
que la fameuse bibliothèque
de l'Université du Colorado,
qui est dans la Faculté de médecine,
c'est pas un endroit où tu peux passer
à tout hasard. C'est pas un endroit
où le grand public va. C'est vraiment
des professeurs et des étudiants
qui y vont. Donc c'est spécial
ce lien,
cette super niche-là.
Oui, mais en même temps, ils laissent pas
de traces numériques en mettant pas une annonce
sur un site ou tout ça.
Je trouvais que ça aussi c'était brillant.
Encore une fois, il est fort probable
que tout cela ne soit encore qu'un nuage
de fumée destiné à brouiller
les pistes.
T'as bien raison.
Une vérification rapide du registre financier
de Hall a montré que ses cartes de crédit
avaient été utilisées en grande partie
après l'heure supposée de sa mort.
Mais que sa carte de retrait,
sa carte de guichet dans le fond,
avait été également utilisée la nuit de son
meurtre le samedi 22 mai.
Lorsqu'ils ont découvert
la camionnette GMC de Hall,
garée à environ un patin de maison
de son domicile, ils ont trouvé
des reçues de guichet automatique sur
le siège avant. Ah tiens, coïncidence!
Les enquêteurs ont pu
retrouver le distributeur sur lequel
la carte avait été utilisée dans un
Wells Fargo voisin.
Ce distributeur a été équipé d'une caméra
intégrée, enfin une opportunité
de voir, de découvrir
le visage du tueur.
Sur les images, on voit l'homme au volant
du pick-up GMC de Hall
lorsqu'il a effectué le retrait au
distributeur. Seule une petite
partie de son visage est visible,
notamment ses yeux, son long
nez et une petite partie du
haut de ses joues, car il a pris
soin de porter un masque de ski,
ne permettant pas de l'identifier
clairement. Ça, on va vous en parler
un petit peu plus tard. En plus,
le tueur portait également des gants
lorsqu'il s'est rendu au
guichet automatique, de sorte que la
police n'a pas pu trouver d'empreintes
digitales sur le distributeur ou dans
le camion lui-même. L'une des
raisons pour lesquelles la police n'a
pas considéré cette affaire comme un vol
est que lors de son passage au
guichet automatique, le tueur a
retiré seulement 1000 $. Cependant,
Hall avait bien plus de 1000 $
dans son compte en banque. Et le tueur,
il a eu accès tout le long de ce week-end.
Il est intéressant aussi de noter
que Cooper avait déjà laissé une
avance à Hall pour son premier mois
de loyer. Ça fait en sorte que
avec ce retrait, il se faisait un
maigre profit de 250 $.
Donc, on voit que ce n'est pas un motif
financier.
L'hypothèse du cambriolage
ne tient plus vraiment la route. La
police, après avoir parlé au proche
de Hall, a déterminé qu'il aurait
donné à n'importe quel voleur les
informations dont il avait besoin,
incluant celles de son compte bancaire,
afin d'éviter la torture excessive et
gratuite qu'il a subie. Tous s'entendent
pour dire que Hall n'aurait jamais,
jamais tenté de jouer au héros.
On pense qu'après avoir visité
le guichet automatique, le tueur a
conduit le véhicule de Hall jusqu'à
la rue où il a été retrouvé plus tard,
laissant le reçu du distributeur
sur le siège à côté de lui.
Il a ensuite rapporté les clés
au domicile où elles ont été trempées
dans l'eau de javel avec un assortiment
de couteaux et de d'autres articles
ménagers. Les clés auraient été par
la suite laissées sur le comptoir de cuisine.
Tous ces indices n'ont qu'un seul but,
encore une fois,
narguer les policiers.
Ben oui, rien n'est laissé au hasard.
À chaque fois qu'il y a quelque chose
qui donne l'impression qu'il y a
une piste, en fait c'est une perte de temps.
Ben oui, le
relevé du guichet automatique,
il savait très bien qu'il était
cagoulé. C'est pour ça
qu'il l'a laissé là. Il n'y a pas d'hasard,
il y avait des gants en plus, il y avait déjà prévu.
Il n'avait même pas besoin
d'aller retirer de l'argent.
Quelqu'un qui planifie
un meurtre à ce degré-là
de méticulosité
n'a pas besoin de 250
piastres deux jours après
le meurtre.
C'est vraiment pour les nargules.
Après le meurtre
d'Alkite, la police adressait
une liste de caractéristiques qui aurait pu
être celle de son assassin.
Le tueur pourrait être originaire de
la côte Est, en particulier de la région
du New Jersey ou de ses environs.
Il pourrait avoir des liens avec
le secteur bancaire, notamment en
travaillant pour Wells Fargo comme il le
prétendait. Il connaît
potentiellement l'hôpital de l'Université du
Colorado à Denver. Il s'habillait
probablement de façon professionnelle,
de façon régulière.
Il avait peut-être, ou non,
une mère, une soeur ou une
autre femme de sa famille qui vivait
dans la région de Aurora, dans le Colorado,
si on suffit encore une fois à s'aidir.
Et enfin, peut-être, à un moment
donné, il a peut-être tenté de devenir
policier. C'est une hypothèse intéressante,
je trouve. Les enquêteurs ont émis l'hypothèse
que ce type de comportement,
des crimes violents suivis
d'un peu de mind games contre
la police, pouvait provenir
de quelqu'un qui serait frustré
après un échec en tentant de devenir
policier. C'est pas fou, ça, quand même.
Sur la base des observations
des voisins et des photos prises
au distributeur de billets Wells Fargo
que le tueur a visité, il y a
un portrait robot qui a été réalisé.
Vous pouvez trouver cette image facilement
si vous cherchez Al-Kait en ligne.
C'est un Caucasien, il n'a pas beaucoup
de cheveux, il a des yeux
espacés, ce qui semble être
un long nez, mais sans plus.
Bref, c'est difficile à identifier
dans une foule, quelqu'un comme ça,
c'est vraiment un portrait robot très générique.
Oui, exact, et même la photo
du guichet automatique,
je te disais, il n'y aurait quasiment
pas la mettre tellement qu'on ne le voit pas.
Il est tellement bien cagoulé que
on ne peut rien reconnaître
ou identifier d'un individu
et spécifier quelqu'un en voyant
cette photo-là, mais je comprends
que c'est leur seule preuve, mais
ces pauvres enquêteurs, pareils,
qui sont pris avec ces peu de traces
pour tenter de résoudre un si horrible crime.
Oui, et à ce compte-là,
il aurait même pu payer quelqu'un d'autre
pour aller retirer l'argent.
C'est hallucinant.
Mais encore, connaissant les habitudes
de Cooper à camoufler ses actions,
tout porte à croire que tous ses éléments
ne sont peut-être que des fausses pistes
destinées à créer de la confusion.
L'utilisation de la canne pourrait être
une couverture pour le rendre un peu plus vulnérable
aux yeux des autres, et non comme
un prédateur, tout en lui fournissant
une arme aux besoins. Donc ça,
il y a peut-être quelque chose à fouiller ici.
Parlant que les enquêteurs
s'efforcent de comprendre ce qui est arrivé à
Al, sa famille et ses amis
doivent faire face à son décès et
vivre leur deuil. Plus tard,
en mai, sa dépouille a été confiée
à ses proches et ramenée par avion
dans l'est du pays, à Halifax,
en Caroline du Nord aux États-Unis et non
au Canada. Les funérailles
ont eu lieu le 2 juin 2004.
Plus tard, ce jour-là,
au qui Al Kite a été enterré
dans le cimetière de l'Église,
où il repose encore aujourd'hui.
Donc ça fait un peu le tour de la chronologie
des événements, Seb.
Après, il y a différentes théories.
Peut-être, il y a quand même
un potentiel que peut-être le numérique
va permettre de résoudre
cette histoire-là grâce à l'ADN,
entre autres. Justement, il y a eu
des développements en 2019,
tout de même assez récemment.
L'histoire de Al a été présentée
dans le cadre de l'émission
« The DNA of Murder » sur le réseau Oxygen,
et l'affaire a été largement
investiguée par Paul Holes,
qui est l'enquêteur du Golden State Killer,
un fait qui est très réputé.
Et dans l'épisode, une goutte de sang
provenant du potentiel tueur avait été
analysée, la fameuse goutte de sang qu'ils ont retrouvée.
Ce sang contenait un profil
d'ADN complet. Il a été
téléchargé dans le CODIS, vous savez,
la base de données du FBI,
entre autres, sans qu'aucune correspondance
ne soit trouvée. Cependant,
Paul Holes a également testé
l'ascendance de l'ADN,
qui s'est avérée à être principalement
d'Europe du Sud-Est.
C'est intéressant, car l'une des locataires,
on se rappelle, a dit avoir détecté
un léger accent roumain chez Cooper.
Et cette locataire est professeure de langue,
soit dit en passant, donc c'est quelqu'un
qui a une certaine crédibilité.
Donc, c'est intéressant comme filon.
Il y aura peut-être, éventuellement,
des développements autour du sujet,
tu sais, avec les banques de données d'ADN,
même les banques de données
ancestrales, qui permettent
de faire des matchs, parfois,
peut-être qu'un jour, ça pourrait
permettre de résoudre ce crime-là.
Oui, absolument. Comme ce n'est pas le Golden State Killer,
justement, qui plusieurs années,
des dizaines d'années plus tard,
ont été résous, entre autres, à cause de ça.
Ils ont fait un lien, je pense, de son cousin,
je ne sais plus trop. C'est qu'à un moment donné,
il y a peut-être quelqu'un, justement,
de sa famille qui va s'inscrire,
et ça va lever le drapeau,
on le souhaite tous.
Il y avait une autre théorie
que je voulais discuter avec toi, Emile.
C'est que Cooper
pourrait être un membre
du Hezbollah turc, en fait.
Ça, c'est assez particulier.
Celle-ci,
elle vient aussi de Paul Holes
et de l'autre enquêteur, Tom Sobieski,
qui ont investigué l'affaire.
Selon eux, le tueur a une certaine
forme d'expérience militaire,
ou encore nautique,
par rapport aux nœuds
qui ont été faits sur la victime
pour bien le ligoter.
La forme de torture, elle,
qui ressemble à la falaka,
serait pratiquée en Turquie.
Donc, pourrait-il être possible
que le tueur soit un ex-membre
du Hezbollah turc?
Oui, qui est donc un peu
les techniques enseignées par le Hezbollah
corroborées avec justement
la pratique du falaka.
Apparemment, il y a des cellules
du Hezbollah en Turquie.
C'est une hypothèse
qu'avait soulevé Paul Holes
et Sobieski dans le cadre
de leur enquête.
Ça expliquerait
son expérience de la technique
de torture ainsi que les nœuds
qui ont été faits par l'expérience
militaire.
Je trouve qu'on va loin,
mais il essaie de s'accrocher
à ce qu'il peut.
Il ne doit pas avoir d'un registre non plus
des membres
de Hezbollah turcs,
du moins d'un registre officiel.
Non, c'est clair.
Ça soulève quand même la piste intéressante
du fait que c'est quelqu'un qui a un entraînement
militaire ou paramilitaire.
Et moi, je veux t'amener sur une autre théorie,
Seb, qui est assez
intéressante aussi,
qui est peut-être un petit peu
éloignée, mais tu me diras
ce que tu en penses.
Parce qu'il y a un autre
meurtre qui a été commis
avec le même
modus operandi.
C'est le cas de James Duquette.
Je vais te raconter ça brièvement.
Tout comme Kite,
James Duquette, il vivait seul
dans sa maison à Shelbyville, au Kentucky,
avec son chien de sept mois.
Le Kentucky, c'est pas tout près
du Colorado. Il y a quand même
quelques états entre. C'est relativement
à la même hauteur sur une carte,
mais tu sais, c'est pas quelqu'un qui passait
dans le coin, mais ceci dit, c'est
pas infaisable en voiture ou autre.
Bref, il habitait au Kentucky.
Et dans cette maison-là, on parle
d'une maison en briques de trois chambres
et d'environ 1400 m3,
qui est située dans une zone
très rurale de la ville,
mais c'est une maison qui n'est pas isolée,
donc elle n'est pas au bout d'un rang ou quoi que ce soit.
Duquette, il menait une vie
calme et paisible. Il aimait les
animaux, il montait souvent à cheval,
il faisait du bénévolat aussi dans une église
près de chez lui. Il n'avait aucun
comportement susceptible de l'exposer
à un environnement criminel.
Il était décrit comme un individu gentil,
serviable, doté d'un grand sens
de l'humour, aimant, quelqu'un
qui aimait faire plaisir aux autres.
Il était âgé de 43 ans au moment
des faits. Il avait fait carrière dans
l'armée et il avait notamment
participé pendant plusieurs années à l'opération
tempête du désert.
Suite à une blessure, il a quitté l'armée
et s'est installé en Allemagne où il a travaillé
pendant plusieurs années comme enquêteur
sur les scènes de crime. Et quelques
années avant son meurtre, il a décidé de s'installer
dans le Kentucky pour être près de sa famille.
Il avait l'intention
d'aider sa sœur à s'occuper de ses enfants
et des autres besoins de la famille.
Bref, il était le père aussi d'un fils adulte
qui ne vivait pas avec lui.
Sa sœur, Katrin, le considérait
comme son meilleur ami. Elle a déclaré
qu'il se parlait au téléphone plusieurs fois
par jour. Elle a également déclaré
que dans le mois précédent son meurtre,
il avait exprimé le désir de vendre
sa maison et de déménager.
Ses sentiments étaient en partie
liés à un cambriolage
qui s'était produit chez lui à l'Halloween
quelques semaines avant son meurtre.
Il n'était pas chez lui lorsque sa maison
a été cambriolée. Quoi qu'il en soit,
sa sœur sentait que son frère
était un peu à l'écart lors du dernier mois
de sa vie, mais elle ne pouvait pas dire
pourquoi. Katrin
a dit que elle et Duquette ont passé
plusieurs heures ensemble le jour où il
a été probablement assassiné.
Ils étaient allés faire des courses et elle a
noté que rien ne semblait aller
mal jusqu'à ce qu'elle ne puisse pas
le joindre plus tard dans la soirée.
Elle a dit qu'il était inhabituel que
Duquette ne réponde pas à ses messages,
elle a donc conduit jusqu'à sa maison,
mais ne s'est pas arrêtée. C'était un
samedi soir. Le lendemain matin,
comme elle n'avait toujours pas de nouvelles,
elle a commencé à paniquer.
Elle a donc téléphoné à certains de ses amis
de l'église pour voir s'il l'avait vu.
Elle se rend à nouveau chez lui et lorsqu'elle
arrive, elle constate que son nouveau
camion n'est pas là.
Prise d'un sentiment de malaise, elle a décidé
d'utiliser une clé qui lui avait donné pour
entrer dans la maison.
À l'intérieur, elle a découvert
une scène épouvantable dans la salle
de bain. Le cadavre de son
frère sur une chaise qui avait été
déplacé dans la salle.
Elle a d'abord pensé à un suicide,
mais elle a ensuite remarqué que ses membres
étaient attachés à la chaise.
Elle a couru hors de la maison et appelé
la police. L'enquête
a révélé que Douquette avait été torturé
et battu pendant des heures avant de
mourir. Il était couvert de blessures.
Une profonde coupure
à la gorge avait causé sa mort,
presque sa décapitation.
Son chiot a été retrouvé enfermé dans
une autre pièce, mais vivant par contre.
Son camion, flambant
neuf, avait disparu, ainsi que son
portefeuille. Ça vous rappellait
quelque chose. C'est pas terminé,
mon cher Seb, écoute bien ça.
Son camion a été retrouvé plus tard
ce jour-là, garé dans un
même pâté de maison, autour
de chez lui, avec les clés à l'intérieur.
Le tueur avait utilisé
le camion de Douquette pour se rendre
à un distributeur de billets de banque
afin de retirer l'argent du compte de Douquette.
Le distributeur était équipé
d'une caméra, mais l'image floue
n'a pas pu fournir aucun indice réel
sur l'identité. La photo
montre un homme dont le visage semble
en grande partie couvert par un masque
de ski sur le siège du conducteur
du camion de Douquette.
Il portait des gants. Cela fait
12 ans et aucune arrestation
n'a été faite, ni aucun motif
révélé. Donc,
le meurtre de Douquette a fourni peu d'indices
et les enquêteurs n'ont pas révélé
beaucoup de détails. Il est donc impossible
de savoir si Douquette a pu avoir
des relations qui aurait pu l'exposer à une attaque
aussi violente, mais tu vois qu'on note
qu'il y a quand même, dans les mêmes années,
un meurtre très similaire avec
un même genre de modus operandi.
On ne sait pas dans ce cas-ci
si le tueur a demeuré plusieurs
jours dans la maison ou autre, mais
quand même, je trouve ça assez troublant
comme hypothèse.
Est-ce qu'il y aurait un prédateur en circulation
qui aurait fait plusieurs victimes
dans différents états américains?
Puis même en fouillant, j'en ai trouvé d'autres.
On ne voulait pas toutes les
raconter ce soir, mais il y en a d'autres
qui ont une histoire de torture comme ça
gratuite effectuée chez des hommes
la plupart du temps, vivant seuls,
sans histoire, sans lien avec
des organisations criminelles.
C'est vraiment troublant.
Mon Dieu, j'espère que je ne te deviendrai pas une victime.
Mais oui,
j'ai vraiment l'impression
que c'est la même personne en lisant.
Il y a beaucoup de similarités.
Je trouve que
c'est beaucoup de hasard
pour pas que ce soit la même personne.
Je fais de l'enquête à deux scènes,
comme on fait dans la psychologie à deux scènes,
mais c'est vrai qu'il y a des
similitudes qui font
froid dans le dos, mais encore une fois,
il a été prudent, j'imagine.
Je ne sais pas si ils ont trouvé de l'ADN
sur cette...
On le sait-tu, sur ces scènes?
C'est ça, on n'a pas trop de détails,
mais bref,
c'est drôle.
Ça me bouleverse un peu.
Oui, c'est bouleversant.
Il y a d'autres personnes
qui ont subi ça.
Ça doit être horrible, en fait.
Je me mets dans la peau du calvaire
de ces gens-là sans histoire.
La personne arrive chez vous
et tu ne t'attendais pas à ça du tout.
Qu'est-ce que t'en penses
de ce cas-là, Seb?
Est-ce que tu as des théories qui n'ont pas été discutées?
Qui n'ont pas été discutées.
C'est quelqu'un de très malin.
J'ai l'impression que l'ADN va nous aider
dans quelques années.
Je dirais à un moment donné,
un parent, une parenté va...
Sinon, non.
Au départ,
avant que
quand on fouillait,
que je me rende compte que c'est
sûrement que Robert Cooper,
il magasinait ses victimes en louant
les appartements, j'avais l'impression que
Al avait peut-être des secrets
ou des choses qu'on ne savait pas sur lui.
On ne le sait pas.
J'imagine qu'on fouille son...
Je m'imaginais toutes sortes de scénarios
qui faisaient en sorte que peut-être c'était
un pédophile ou je dis n'importe quoi
qui aurait fait du mal à quelqu'un, mais
que personne ne le savait. Mais là,
avec le magasinage
de victimes, comme je l'ai dit,
avec les choix d'appartement,
on dirait que j'ai évacué totalement
cette théorie-là. Sinon, je suis un peu...
Je me demande, c'est qui?
La théorie du policier frustré
ou du moins de la personne
qui n'a pas été prise
fait partie de mes théories
ou quelqu'un qui a été mis en dehors
de la police.
Il y a ça aussi parce que je trouvais que ses connaissances
étaient tellement avancées que
j'avais quasiment l'impression qu'il avait déjà
travaillé pour ou militaire ou peu importe.
C'était un peu
vers là que j'allais, mais
j'ai pas tant d'autres
éléments à toi de ton côté.
Bonne question.
J'ai l'impression, effectivement, comme toi,
que c'est un prédateur, quelqu'un qui cherche des victimes
et qui a magasiné sa victime.
Il y en a vu des dizaines, justement.
Il a visité des appartements
et il a tenté de voir
quel endroit serait
le meilleur lieu du crime,
quelle victime serait
la plus
parfaite pour lui.
Il n'a pas choisi...
Tu sais, il avait visité
le logement d'une vieille dame aussi.
Al-Qaït était quand même grand
et bâti dans le sens qu'il n'a pas
choisi la victime la plus facile à maîtriser,
mais malgré tout, ça ne semblait
pas faire partie de ses critères.
Ça ne semblait pas être son critère principal, on dirait.
Donc, ce côté-là,
c'est spécial aussi un peu.
C'est vraiment quelqu'un, je pense,
qui magasinait une victime parfaite.
Peut-être que c'est quelqu'un
qui a des traumatismes, qui fait en sorte qu'il recherche
un type d'homme
particulier, qui lui rappelle
quelque chose, une histoire
militaire passée, ou même
je ne sais pas, son père. On fait de la psychologie
à deux pièces.
Mais c'est un peu ça. J'ai l'impression qu'il y a vraiment un prédateur
qui est sans doute
encore à l'air libre
et qui a sans doute fait des
victimes après ou même avant.
C'est quelqu'un, ça semble tellement
démontrer une expérience
que j'ai de la difficulté à croire que c'est la première fois
qu'il torturait quelqu'un, cette personne-là.
Donc, c'est encore plus troublant, on dirait.
Surtout si ce n'est pas fait de
preuve. Il n'y a comme rien qui t'empêche
de continuer, dans le sens que sa
conscience, s'il y en a une, n'a pas dû
le bloquer. Il n'a même pas été
prêt d'être pris. Même je me
disais qu'il est peut-être mort aujourd'hui.
2004, aujourd'hui, il y a 15 ans de différence.
C'est sûr, il est peut-être
tout simplement mort et on n'aura jamais de réponse
non plus.
Il y a un peu plus que 15 ans de différence, 2004.
2004, ça fait 2019,
presque. On arrondit.
C'est bon. Et vous, les Dix Tordus,
qu'est-ce que vous en pensez? On veut le savoir.
Dites-nous aussi, selon vous, c'est quoi
le crime parfait? Vous pouvez nous rejoindre
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rappelle que Distorsion est une création
de moi-même, Émile Gauthier et Sébastien Lévesque
à mes côtés. Le montage
d'André Beaupré, la musique de cet épisode-ci
est une graciosité de moi-même.
Et on ne pourrait pas
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Je te laisse commencer, Seb.
Beaucoup d'amour à Alice C.
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Et je continue avec Lydia
I. Marie-Hélène
L. Josiane T.
B. Claudia B.
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Aussi, on ne pourrait pas faire ce
show sans la participation de
Justine L.
Rack 69.
Jessie D. M.
Shoshana ainsi que Marie
M. Shout-out à vous.
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Mon cher Emile,
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