Pendant des décennies, il a été l’un des hommes d’affaires les plus influents du Québec. Discret, insaisissable, Robert Miller a bâti un véritable empire : Future Electronics. Une réussite éclatante qui lui a offert bien plus que du succès financier : le privilège d'un silence absolu. Mais derrière cette façade de puissance et de discrétion se cachait une réalité beaucoup plus sombre. Un système secret, méthodique et impitoyable, où de très jeunes filles-certaines à peine adolescentes-étaient recrutées, manipulées et exploitées. Comment un homme aussi influent a-t-il pu diriger un réseau aussi sinistre sans jamais être inquiété ? Qui était au courant, et surtout, qui a préféré garder le silence ? Plongez avec nous au cœur de cette affaire troublante.

Épisode
#138 - Le réseau de trafic humain d’un milliardaire montréalais
Audio
Écouter l’épisode
Transcription de l’épisode
Lire la transcription
Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent être inexacts.
Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sur...
Il fait face, monsieur Méleux, à 21 chefs d'accusation au total pour des crimes commis entre 1994 et 2016.
On parle de 10 victimes, la majorité qui étaient mineures au moment des faits, l'une d'entre elles qui n'avait même pas 14 ans.
Des histoires étranges de l'ère numérique.
Pendant des décennies, il a été l'un des hommes d'affaires les plus puissants du Québec.
Discret, insaisissable, Robert Miller a bâti un véritable empire, celui de Future Electronics.
Il a amassé une fortune qu'il lui a offert bien plus que du succès.
La possibilité d'un silence absolu.
Mais derrière cette réussite éclatante, une autre réalité prenait forme.
Une réalité bien plus sombre, celle d'un système secret bien rodé ou de jeunes filles dont certaines à peine adolescentes étaient recrutées, manipulées et exploitées.
Comment un homme aussi influent a-t-il pu orchestrer un tel réseau sans jamais être appréhendé?
Qui savait et surtout qui a choisi de ne rien dire?
Plongez avec nous au cœur de cette affaire troublante.
Sébastien Nevec, comment ça va ce soir?
Ça va bien toi, Emile Gauthier?
Ça va très bien. Ce soir, on va parler d'une affaire qui est encore en cours au Québec, qui a secoué le monde des affaires.
Mais le grand public aussi, suite à un reportage d'enquête, une émission à Radio-Canada et aussi de Fifth Estate.
Il s'en est suivi une saga interminable. Il y a même eu des nouveautés, des nouvelles cette semaine.
On va vous tenir au courant de tout ça.
L'histoire de Robert Miller qui est un homme d'affaires qui a eu beaucoup de succès.
Un milliardaire québécois très secret qui ne prenait pas souvent parole dans les interviews, dans les journaux par exemple.
Et on s'est rendu compte qu'il y avait un stratagème un peu à la Epstein pour recruter des jeunes filles pour assouvir ses passions.
Ou du moins, c'est ce qui est allégué contre lui en ce moment via un recours collectif.
Donc ce soir, on va faire le tour un peu de cette histoire, de son parcours à lui, mais aussi de comment des gens ont découvert des allées venues un petit peu louches dans des chambres d'hôtels,
dans une deuxième maison que le milliardaire possédait.
Donc c'est très intense. On est toujours sous le choc quand on entend parler d'une histoire à la Epstein, mais qui arrive près de chez nous.
Oui, parce que je veux dire, ces filles-là, ça peut être nos enfants.
Puis ce que tu disais, c'est vrai, parce qu'avant le reportage d'enquête, moi qui est quand même dans le milieu de l'informatique et tout ça,
j'avais jamais entendu même le nom de l'entreprise, Future Electronics, et encore moins Robert Miller dans ça.
Donc son côté discret, c'est vrai qu'il l'a toujours bien gardé.
Puis ça, il y a le droit dans le sens que c'est juste que là actuellement, si vous le googlez, c'est une toute autre histoire.
Oui, absolument. Puis on a l'impression que c'est juste des milliardaires dans d'autres pays qui ont des îles privées, qui montent des stratagèmes comme ça.
Mais là, c'est ça, on se rend compte que ça arrive même à Montréal.
Et on va faire le tour de cette histoire-là et on va vous tenir au courant éventuellement des développements.
Absolument.
Sinon, ce soir, on boit une bonne bière que j'ai découverte il n'y a pas si longtemps, Seb.
Ah oui?
Qui est une ail pillée au chardonnay et au seigle de la brasserie Grand Allée de Bois-Briand.
Vraiment, très bonne bière à combien déjà? À 5,6 % d'alcool.
C'est relax.
C'est relax. Pour une ail pillée, généralement, c'est plus alcoolisé que ça.
Avec un IBU de 40. Donc c'est une bière quand même qui est très florale et pissée, mais à la fois qui est légère.
Elle a un peu la force d'une ail pillée, mais qui n'est pas trop alcoolisée en même temps.
Et cette tournée de bière-là nous est offerte par Isabelle Guérot, donc shout out à toi.
Oui. Et puis si vous voulez faire comme Isabelle, en fait, qui nous a offert cette tournée de bière-là,
vous allez sur notre site web distorsionpodcast.com.
Petit onglet en haut à droite de tournée de bière.
Et voilà, vous nous faites un petit don sur PayPal et on peut remplir le fridge.
Oh oui. On a aussi un shout out à donner à Caroline Fortin,
qui nous a donné une review 5 étoiles sur Apple Podcasts.
Sachez que vous pouvez le faire sur Spotify ou sur les autres plateformes.
Ici, on va aller faire un tour. Elle nous dit un bonjour de l'Est.
Coucou les gars en direct de la Gaspésie, marée journatale.
Oui.
Plus précisément, Saint-Georges-de-Malbaix,
je me suis fait recommander votre podcast par ma coloc et meilleur ami Audrey-Anne.
Franchement, je suis complètement addict.
J'ai commencé avec les épisodes plus récents,
mais je n'ai eu d'autre choix que de retourner à l'épisode 1 et de toutes les écouter.
Oh, il y a pire que ça dans la vie.
Merci de nous écouter avec vos colocs.
Oui, très gentils Caroline. Shout out à toi.
En after-show pour nos abonnés Patreon,
on va parler d'un autre cas similaire, mais du côté canadien, celui de Peter Nygaard,
qui est un genre de mogul de la mode et du vêtement,
qui a lancé une entreprise et qui est devenu milliardaire,
avec des vêtements distribués un petit peu partout.
Et lui, ça le mettait très près du monde, du mannequinat, puis bref.
Et il a profité de son statut d'homme puissant pour, lui aussi,
monter un genre de réseau. Je ne sais pas ce qu'ils ont, les milliardaires,
mais on dirait que c'est l'ultime luxe.
Après, les voitures de luxe, ça te prend un réseau de trafic humain.
C'est le tril. On dirait que c'est le tril.
M'en ai, j'avais déjà entendu ça,
qui disait que quand tu es riche comme ça,
il n'y a à peu près plus de besoin que tu n'es pas capable de compenser, de combler.
Donc tu vas aller chercher des choses quasiment inatteignables pour le monde.
On dirait qu'il y a une distorsion de l'esprit
de ce que tu peux acquérir.
Donc ça va se retrouver sur Patreon pour nos abonnés.
C'est After Show sur Peter Nygaard.
Là-dessus, Seb, je pense qu'on en a assez dit.
Est-ce qu'on est prêt à se plonger dans l'épisode complexe d'aujourd'hui?
Oui, mais, Emile, est-ce que tu as déjà eu l'impression que gérer ton forfait mobile,
c'est aussi compliqué que de résoudre l'affaire Robert Miller?
Ha! Carrément, Seb. À chaque fois, c'est une enquête complexe.
Juste savoir pourquoi ma facture augmente sans arrêt.
Alors, oublie les énigmes, Emile. Chez Fizz, tout est simple et honnête.
Le prix que tu vois, bien c'est le prix que tu paies, sans frais cachés ni augmentation surprise.
Donc, pas besoin de devenir détective pour comprendre son forfait?
Exact! Et avec Fizz, plus tu restes, moins tu paies grâce à leur programme de loyauté.
Et en plus, avec le code PODZZ, les nouveaux membres obtiennent 25 $ de rabais,
10 GB de données mobiles gratuites et un mois d'Internet gratuit.
Ça, c'est clairement la meilleure piste à suivre, Seb.
Rendez-vous sur Fizz.ca pour activer votre forfait avec le code PODZZ et simplifiez-vous la vie.
Avec Fizz, l'enquête est bouclée.
Hé Emile, justement, pour les journées où ta liste de tâches est interminable
et en plus tu dois gérer ton forfait mobile,
comment tu fais pour garder ton énergie et la tête en dehors de l'eau?
C'est vrai que ces journées-là peuvent être très épuisantes.
Entre les appels, les courriels, les réunions, la gestion du forfait Internet,
il me faut un bon coup de fouet d'énergie.
Eh bien, oublie le café, j'ai découvert une solution idéale,
les shots pressés à froid Dose Juice.
Un concentré 100 % naturel avec du gingembre, du curcuma, du citron et du poivre noir,
tout ça sans caféine, mais ultra efficace.
C'est exactement ce qu'il me faut pour rester énergique toute la journée.
Pas de sucre ajouté, pas d'ingrédients inutiles, juste de l'énergie pure.
Exactement, Emile, et en plus, c'est super accessible dans toutes les petites épiceries de quartier,
mais aussi IGA, Metro, Walmart, Super C, Maxi, Avril, Costco et bien sûr en ligne sur dosejuice.com.
Et pour nos auditeurs, on a un petit cadeau.
Profitez de 20 % de rabais sur votre première commande en ligne
avec le code DISTORTION20 sur dosejuice.com.
Dose, un petit shot, un grand impact.
Seb, maintenant qu'on est bien réveillé,
est-ce qu'on est prêt à se lancer dans l'histoire troublante de Robert Miller?
Oui, Monsieur!
Allons-y, maintenant!
Robert Miller est né en 1943 à Montréal.
Il est une figure emblématique du monde des affaires québécois
dont la vie illustre à la fois le rêve américain et une chute spectaculaire.
Fondateur de Future Electronics,
Miller a bâti un empire dans le domaine de la distribution de composantes électroniques,
devenant l'un des hommes les plus riches du Québec.
Cependant, derrière cette façade de réussite
se cache une histoire sombre qui mêle exploitation sexuelle
et trafic qui aurait duré plus d'une décennie.
Je vais revenir en arrière et je vais vous parler un peu de sa vie, lui aussi de Future Electronics.
À l'âge de 25 ans seulement,
c'est en 1968 que Robert Miller fonde Future Electronics.
Partant de rien, il transforme cette entreprise
en l'un des plus importants fournisseurs de composantes électroniques au monde.
Un tournant majeur survient en 1976
lorsque Miller rachète les parts de son partenaire,
un certain Eli Manis, pour 500 000 $,
prenant ainsi le contrôle total de l'entreprise.
Tu disais en intro sable que tu n'as jamais entendu parler de Future Electronics,
mais je vais te parler un peu de ce qu'il faisait.
Les composantes électroniques, c'est très vague.
Évidemment, ils fournissent des parties
qui servent à fabriquer les plus grands.
Vraiment des composantes électromécaniques
pour des ventilateurs ou aussi des dissipateurs thermiques
pour du matériel électrique ou informatique, par exemple.
Ils faisaient des dispositifs de protection de circuit
contre des surtensions comme des fusibles, des diodes,
des dispositifs de synchronisation aussi,
comme tu sais des cristaux qu'on va utiliser dans des montres
ou même des oscillateurs, solutions de gestion thermique,
des relais informatiques, des relais électriques,
des choses comme ça, des interrupteurs.
C'était vraiment des composantes
qu'on va retrouver sur des boards
par exemple d'amplification ou autre.
Dans notre console. Dans notre console.
Des résistances, des trucs comme ça.
C'est vraiment des petites pièces qu'on retrouve
dans la plupart des objets électroniques du quotidien.
Oui, oui. Je me suis un peu dit qu'on l'avait
peut-être un peu financé tous dans notre vie
en achetant un toaster ou une laveuse
ou quoi que ce soit indirectement.
Exact, un cadran. Je ne sais pas.
Mais je lui donne que c'était quand même visionnaire.
Fin années 60, 70, on était dans les débuts,
débuts de l'âge informatique électronique.
Oui, mais c'était un peu la bulle du silicone.
C'est ça qu'il y a, puis des microprocesseurs.
C'est là que ça commençait. Donc il y a dû flairer
justement la bulle techno qui allait arriver.
Avec l'arrivée de Silicon Valley, tout ça.
La réussite de Miller est spectaculaire.
Future Electronics devient rapidement un acteur majeur
de l'industrie avec des succursales dans 47 pays
et environ 5 500 employés.
L'entreprise approvisionne certains des plus grands
producteurs d'appareils technologiques de la planète.
Forbes estime d'ailleurs la fortune de Miller
à près de 2 milliards de dollars américains,
le plaçant parmi les hommes d'affaires
les plus fortunés au Canada.
Le secret de son succès réside dans son approche
novatrice de la gestion des relations clients
et des stocks.
Miller est connu pour être un travailleur acharné,
ayant travaillé le 16 heures par jour, 7 jours sur 7,
pendant plus de 2 ans afin d'établir son entreprise.
Au sein de Future Electronics,
il est considéré comme un visionnaire.
Un vice-président de l'entreprise a même déjà déclaré
que notre propriété intellectuelle la plus précieuse
est le cerveau de Robert Miller.
Mais malgré son succès phénoménal,
Miller demeure une figure énigmatique.
Il est connu pour sa discrétion extrême
accordant rarement des entrevues et évitant les projecteurs.
Cette aversion pour la publicité s'étend également
dans sa vie privée.
Ses jets privés ne sont pas traçables
avec les outils de suivi de vol,
et sa luxueuse demeure de Westmount,
un quartier bourgeois de Montréal,
a été délibérément brouillée sur Google Street View,
comme bien des millionnaires vont faire.
Miller est décrit comme un homme
fasciné par la technologie et l'innovation.
Son intérêt pour la cryogénie,
une technologie controversée visant à préserver les corps
dans de l'azote liquide dans l'espoir d'une future résurrection,
a fait l'objet d'un article dans Forbes en 2014.
Cette fascination pour la prolongation
de la vie humaine témoigne de son désir
de repousser les limites de la science et de la mortalité.
Seb, est-ce que tu peux m'en dire plus
sur la cryogénie, toi qui en es un spécialiste ?
Oui, un grand expert en congélation.
À part congélémon, c'était caché.
Non, plus sérieusement, la cryogénie,
c'est la science qui étudie et produit des températures
extrêmement basses, généralement inférieures
à moins 150 degrés Celsius.
Dans le contexte de la préservation humaine,
on parle plus spécifiquement de cryonie ou de cryogénisation,
qui vise à conserver un corps ou un cerveau humain
à très basse température
dans l'espoir d'une résurrection future.
Le processus de cryogénisation se déroule
en plusieurs étapes.
Il faut refroidir rapidement le corps après le décès.
Ensuite, on le transporte vers une installation spécialisée
et on l'immerge dans de l'azote liquide
à moins 196 degrés Celsius.
C'est très, très froid.
J'avais l'impression qu'on casserait.
Il y a plusieurs personnalités qui ont manifesté leur intérêt
pour ça et qui ont effectivement été cryopréservées,
qu'on dit.
Il y a James Bedford, premier homme cryopréservé en 1967.
Ça fait longtemps.
Oui, c'est clair. Parce que je me rappelle,
c'est dans Star Wars que Harrison Ford
se fait mes sembles cryogénésis.
Je ne suis pas assez fan, mais je ne m'en rappelle pas.
Lui, James Bedford, c'était avant Star Wars.
Peut-être qu'ils se sont inspirés de ça.
Effectivement.
Sinon, il y a eu Ted Williams, un joueur de basket américain
qui a été cryopréservé en 2002.
Un joueur de baseball.
Et il y a Dick Clare, un producteur de télévision américain
qui a été préservé en 1988.
Il faut savoir qu'il y a d'autres personnalités
qui ont exprimé leur intérêt pour la cryogénisation
et qui sont encore vivants.
Paris Hilton, la charmante Paris
qui a dit en 2007 qu'elle voulait être cryopréservée.
Il y a Steve Aoki, le DJ un peu foufou
avec ses tartes et tout ça.
Lui, il a même créé une fondation
pour la recherche en cryopréservation.
Oui, j'imagine que si on arrive
à la fin du monde
et qu'il reste juste quelques humains,
on va avoir besoin de Steve Aoki.
Exact, pour recevoir une tarte à la crème au visage.
Il y a même eu Britney Spears
qui a manifesté son intérêt dès 2010.
On la préserverait Britney Spears.
Il est important de noter que la possibilité
de ressusciter des personnes cryopréservées
reste très hypothétique et soulève de nombreux débats
scientifiques et éthiques.
Qu'en est-il de Walt Disney?
Il y a une rumeur qui dit que Walt Disney
aurait été un précurseur qui aurait congelé son corps.
C'est tout de suite à cette histoire-là que je pense.
Toujours moi aussi. Mais non, c'est une fake news.
Je dois t'avouer que jamais...
J'ai toujours pensé que c'était vrai
avant de faire la recherche pour ça.
Les rumeurs, en fait, c'est que son corps
aurait été conservé par cryogénie.
Ça fait des décennies, mais ce n'est pas vrai.
Il est décédé le 15 décembre 1966 à la suite
d'un cancer du poumon, mais deux jours après sa mort,
il a été incineré et ses cendres ont été enterrés
au Forest Lawn Memorial Park à Glendale, en Californie.
Il est loin d'être préservable.
On ne peut même pas le déterrer
ou le reconstituer comme Frankenstein a fait.
Ou dans la mouche.
Sur le plan personnel, Robert Miller s'est marié
en 1967 avec Margaret Antoniet,
une diplômée de l'Université Concordia de Montréal.
Margaret sera mariée 37 ans avec Miller.
Elle va devenir une tête influente
dans le milieu de la radio au Québec,
en devenant une des agentes publicitaires
les mieux reconnues dans la province.
Margaret a aussi contribué à la construction
de Future Electronics, en travaillant le L sans salaire
pendant longtemps dans les débuts.
Elle a également dirigé Miromar Development,
une entreprise immobilière en Floride,
aussi fondée par Miller.
Sa femme a beaucoup aidé dans toutes
ses aventures professionnelles.
Miller est une personne fanatiquement discrète,
si recluse qu'il était rarement photographié.
Sa première mention dans les pages
des journaux québécois en tant comme ayant acheté
le manoir de Charles Bronfman à Westmount
remonte au milieu des années 1980.
Pour info, la famille Bronfman est une famille
de très riches financiers canadiens.
Ils sont à Montréal eux aussi,
c'est parmi les plus riches de la ville.
Son nom à Miller apparaissait occasionnellement
dans des petites annonces offrant des emplois de vente
ou dans des articles sur son entreprise
qui prenait toujours soin de le décrire
comme quelqu'un fuyant la publicité.
Mais c'était à peu près tout,
on en parlait très peu de Miller dans les médias.
C'est quand même étrange pour un magnat
de la technologie qui a commencé à dominer
le marché des composants d'informatique
plus d'une décennie avant la révolution du PC
et de l'ordinateur personnel.
Ses confrères de la Silicon Valley par exemple
sont beaucoup plus extravagants en public.
Ils brassaient beaucoup plus d'air que Miller.
Mais derrière cette image d'entrepreneurs
visionnaires et discrets se cachait un système
d'exploitation sophistiqué qui aurait perduré
pendant plus d'une décennie, soit de 1994
à 2006.
Ce qui est particulier avec l'histoire de Robert Miller
c'est que ça se déroule pour la majeure partie
à Montréal dans des lieux qu'on connaît et mille.
En même temps, ça donne la frousse de savoir
que des choses comme ça se sont déroulées si près de chez nous.
De 1999 à 2000,
Robert Miller est un client très régulier
de l'Hôtel Intercontinental de Montréal.
Malgré le fait qu'il habite une maison
de Westminster à seulement 15 minutes de là,
il loue en permanence deux suites au 25e étage
de l'hôtel sans jamais y passer une seule nuit.
Une des suites était pour lui-même
l'autre pour Raymond Poulet, son principal entremetteur.
Les employés de l'hôtel
remarquent un va-et-vient constant
constitué de très jeunes femmes et le qualifie même
d'une parade de jeunes filles.
Raymond Poulet les amenait d'abord dans sa chambre,
la 2500, puis les accompagnait à la chambre de Miller.
Après leur rencontre avec Miller,
elle retournait à la chambre de Poulet
avant de quitter l'hôtel.
Donna Louprey, ancienne directrice
de la sécurité de l'hôtel intercontinental,
elle se souvient avec précision de l'époque
où Miller louait les deux suites du 25e étage.
Raymond Poulet semble-t-il, c'était quelqu'un
qui était aussi impliqué dans son entreprise
Future Electronics. Oui, oui, oui.
Exact, c'est un genre d'adjoint
de plus haut niveau.
Miller paie même de sa poche avant de faire
des modifications dans sa suite.
Il y fait installer une immense baignoire.
Cette baignoire était surnommée par le personnel
de l'hôtel, le Fucktub.
Oh, un beau petit nom pour une baignoire. Oui, exact.
Une jeune fille témoigne ce souvenir
de sa rencontre marquante avec Miller.
Raymond Poulet lui avait mentionné
qu'elle devait prendre un bain avec lui,
une fois dans la baignoire. L'homme lui aurait demandé
qu'il se lave mutuellement. Une fois
le bain terminé, elle croyait pouvoir quitter.
Mais Miller passa à la chambre
dans le but d'avoir une relation sexuelle avec elle.
La jeune femme aurait alors manifesté son refus
et il l'aurait laissé quitter la chambre sans conséquence.
Suite à détention entre l'équipe
de Donna Louprey, la directrice de la sécurité
de l'hôtel, et Robert Miller,
Louprey finit par le confronter au téléphone
au sujet de l'âge de ces jeunes femmes.
Et la réponse exacte de Miller fut « ce sont mes nièces ».
Oui, bien sûr. Bien oui.
Louprey raconte avoir répondu « vos nièces,
vous avez un sacré paquet de nièces »,
avant que Miller ne raccroche.
Encore à ce jour, elle est convaincue qu'il savait très bien
de quoi elle parlait. La mascarade de Miller
commence à s'ébrouiller dans les couloirs de l'hôtel
et les employés en sont mal à l'aise, avec raison.
Son équipe explique que la suite en question
est simplement un endroit où Miller souhaite
aller réfléchir, quand il ne peut le faire
à la maison ou au bureau.
Malgré les inquiétudes de son équipe,
Louprey se sentait impuissante car aucune des jeunes femmes
n'avaient porté plainte auprès de l'hôtel.
La fréquentation de l'hôtel intercontinental par Miller
prend fin au début des années 2000.
À ce moment-là, Miller délaisse les hôtels de Montréal
et relocalise ses activités présumées
dans une maison cossue de Westmount, située
au 380 Avenue Olivier.
Ce qui est vraiment troublant, Seb,
c'est que cette maison semble avoir été spécialement aménagée
pour recevoir des visiteuses comme à l'hôtel.
Robert Miller avait mis en place
un système élaboré pour ces rencontres présumées
avec de jeunes femmes. Encore une fois,
on voit à quel point les ultrariches sont prêts
à aller loin pour satisfaire leurs envies.
Ils louaient deux maisons situées face à face
sur l'Avenue Olivier. Et son modus operandi
était le suivant.
Miller se garait derrière l'une des maisons
à l'abri des regards. Il entrait dans cette première maison
via un garage souterrain et la traversait
discrètement. Ensuite, il sortait
et traversait la rue pour se rendre dans la seconde maison.
Il entrait par la porte principale
et sa deuxième résidence était celle
où il recevait les jeunes femmes. Une fois installé
et prêt à recevoir ses visiteuses,
Miller allumait une lumière spécifique.
Ce signal lumineux indiquait aux intermédiaires
que Miller était disposé à accueillir les jeunes femmes.
C'était donc un système assez complexe
qui lui permettait de maintenir une apparence
de discrétion tout en organisant ces rencontres
de manière méthodique. Il a été filmé.
C'est presque Batman qui arrive dans la Batcave
devant une maison qui n'est même pas celle où il s'en va.
C'est quand même un peu « weird ».
On voit que c'est le désir de garder
tout ça discret et bien
opérationnalisé. C'est bien finalisé
ce stratagème. À un moment donné,
il va avoir des débuts de soupçons.
En 2006, l'ex-femme de Miller, Margaret,
qui était mariée avec lui à cette époque-là,
décide de briser le silence et de demander le divorce.
Les procédures autour de ce divorce
seront très complexes. Ça va faire aussi
le tour des journaux. Ça va être très long.
Miller va poursuivre sa femme par la suite.
Ça ne sera pas facile. La peur marque son visage
alors qu'elle explique ses soupçons à un ancien policier
du SPVM devenu maintenant détective privé.
Comme rapporté par l'émission de
Fifth Estate de la CBC et Enquête de Radio-Canada
à l'automne 2006, Margaret a demandé
une rencontre avec John Westlake,
un enquêteur privé montréalais et ancien policier
pour discuter d'une enquête sur son ex-mari.
C'est drôle. Encore une fois, les riches, ils ne passent pas tout de suite par les policiers.
Non, ils se paient des ressources.
Exactement, ils passent par des enquêteurs privés.
La rencontre a eu lieu au Vermont,
l'État américain, car Margaret aurait eu peur
de Miller. Elle s'est assurée d'être très loin de lui
et de ne pas être suivie.
Vous allez le voir, Miller, ayant plein de ressources,
ce n'est pas qui fait suivre des gens.
Ils se sont rencontrés au Vermont.
À ce moment-là, Margaret a affirmé avoir trouvé
du matériel pornographique qu'il avait horrifié.
C'est les termes qu'elle a utilisés.
Son ex-mari, Miller, le milliardaire et homme d'affaires,
cacherait un secret inavouable,
et elle est déterminée à en savoir plus sur ce secret.
Elle avait des soupçons concernant des activités sexuelles
troublants impliquant son mari.
Westlake, l'enquêteur privé, intrigué par son récit,
accepte l'affaire et entame sa surveillance.
Mais il est bien conscient que ce ne sera pas si facile que ça.
Les nuits sont longues pour l'équipe
postée devant la luxueuse demeure de Miller à Westmont.
L'homme mène une vie en apparence banale,
mais un détail attire rapidement l'attention des enquêteurs.
Pendant 21 jours,
ils observent un flux constant de jeunes femmes
au profil juvénile qui entre et ressort de la maison,
souvent les bras chargés de sacs de hockey.
Tu sais, les grosses poches de hockey, c'est immense,
c'est dur à traîner.
Miller semble offrir des cadeaux,
une habitude qui éveille davantage les soupçons.
Ceci dit, alors que les enquêteurs
suivent Robert Miller,
ils ne se doutent pas qu'ils sont eux aussi suivis.
Les investigations des enquêteurs privés
révèlent également que Robert Miller
stocke des vêtements de marque et des accessoires de luxe
dans un entrepôt de l'Ouest de Montréal,
ce qui alimente les doutes sur ses intentions réelles.
Des vêtements de marque Gucci, Versace, Louis Vuitton,
sans pile, sans limite dans l'entrepôt.
C'est pas le genre de vêtement
qui correspond au style vestimentaire de Robert Miller,
si vous voyez ce que je veux dire.
Un jour, alors que l'enquête de Westlake progresse,
deux hommes l'approchent dans un restaurant
de l'Ouest de Montréal.
Il s'agissait de Terence Corcoran et Stephen Roberts,
des agents de sécurité engagés par Robert Miller.
Stephen Roberts est un ancien policier
qui travaillait pour NCIS,
la National Criminal Investigation Service,
une entreprise de sécurité privée
qui était liée à Future Electronics.
Terence Corcoran était quant à lui
le propriétaire de NCIS.
Ils suivent les enquêteurs depuis belle lurette,
car Robert a remarqué qu'il était surveillé.
Ils ont d'abord tenté d'obtenir des informations
sur l'enquête de Westlake,
mais celui-ci est resté discret.
Plus tard, ils reviennent avec une proposition plus directe.
Selon Westlake, Stephen Roberts lui aurait dit
« On va vous donner 300 000 $ pour cesser l'enquête
et nous donner ce que vous avez recueilli ».
Ils ont donc tenté de soudoyer l'enquêteur
en lui offrant un montant d'argent.
Faut le faire quand même!
Seb, toi qui es un expert encore une fois
en enquête privée, quelles sont les conséquences
pour un enquêteur privé d'accepter des pots de vin comme ça?
Est-ce que c'est une faute grave
parce que ce n'est pas des policiers officiels?
Non, mais oui c'est une faute grave
parce que pour un enquêteur privé au Québec
d'accepter de l'argent en échange de son silence,
il faut comprendre que c'est une pratique
qui va à l'encontre de plusieurs règles éthiques
mais aussi légales qui encadrent la profession.
C'est quand même un cadre législatif.
Il y a le Code d'éthique de l'Association professionnelle
des enquêteurs privés du Québec,
l'APEPQ, qui est le acronyme nommé Muffere,
stipule qu'un enquêteur doit toujours faire preuve
du plus haut degré d'intégrité
lors de l'exercice de ses affectations.
Il y a aussi la Loi sur la sécurité privée
qui régit les activités des détectives privés au Québec.
Ça exige en fait que les titulaires de permis
fassent preuve de professionnalisme et d'intégrité.
Également, les enquêteurs privés sont tenus
de se conformer à l'achat des droits et libertés des personnes
et aussi au Code civil du Québec.
Tu ne peux pas faire n'importe quoi d'illégal
sous prétexte que tu es enquêteur.
Et accepter de l'argent pour garder le silence,
ça pourrait être considéré comme une activité illégale
ou même illicite, ce qui est expressément interdit
par le Code d'éthique de l'APEPQ.
Un tel comportement pourrait donc entraîner la suspension
ou même la révocation du permis d'agent de sécurité privé
qui est remis par le bureau de la sécurité privée, le BSP.
Donc c'est quand même rassurant pour ceux qui engagent
des enquêteurs privés, ils sont quand même soumis
à un Code d'éthique assez strict.
Oui, je ne pensais pas que c'était autant cadré
au niveau législatif, bien honnêtement.
Donc cette offre que Westlake a reçue confirme
l'importance de ce qu'il est en train de découvrir.
Ancien policier expérimenté dans les enquêtes
sur le crime organisé, il comprend immédiatement
la gravité de la situation. Au lieu d'accepter l'argent,
Westlake et son partenaire se rendent directement
au poste de police afin de signaler l'incident,
parce que jusqu'à date, les vrais policiers
n'étaient pas encore mis au courant.
Ils se rendent compte aussi qu'ils sont eux-mêmes
suivis par l'équipe de sécurité privée de Miller
et ils doivent adapter leur stratégème en fonction de ça.
Jusqu'à ce jour, Stephen Roberts nie avoir offert
de l'argent à Westlake. Lui, c'est un des deux agents de Miller,
et les avocats représentants Carr-Coran et Roberts
qualifient ces allégations de fausses et non fondées.
Donc on verra bien en cours si la lumière
sera faite sur cette tentative de soudoiement.
Suite au signalement de John Westlake,
la police de Montréal ouvre officiellement
une enquête sur les activités de Robert Miller.
Enfin, la police officielle s'emmaile.
C'est en 2009 que l'agence de sécurité Garda
alerte le service de police de la ville de Montréal
des activités suspectes de Robert Miller.
Garda exprime des inquiétudes quant au pouvoir de Miller
et à ses contacts influents,
craignant d'éventuelles entraves à une enquête,
et cette alerte pousse le SPVM à lancer une enquête formelle.
Les enquêteurs déploient alors
un arsenal de méthodes pour percer ces secrets.
Ils interrogent des victimes présumées
et recueillent des déclarations assermentées.
Toutefois, il semblerait que certaines méthodes
utilisées pour obtenir l'information
disons soient quelque peu coercitives.
Oui, c'était ressorti dans les journaux entourant l'enquête.
Oui, c'est dommage.
Certaines filles rapportent que les enquêteurs
les auraient menacées en leur disant que
si elles ne parlaient pas, bien elles seraient accusées
d'être impliquées dans l'exploitation du réseau de jeunes filles.
Je comprends que des fois, ils veulent avoir de l'info
pour faire avancer l'enquête et pouvoir condamner, mais…
Ça ne se fait plus tellement comme ça, je pense.
C'est sûr, on était plus au début des années 2000.
Ça a dû changer. J'ose croire que oui,
on ne menace plus les jeunes filles comme ça
quand on s'attaque aux trafiquants.
Non, c'est des personnes vulnérables,
mais ça va toujours dans l'éducation
des policiers, d'enquêteurs et tout ça.
C'est sûr qu'elles peuvent être incitées à mentir à cause de ça.
Bien sûr.
Il y a une perquisition qui est finalement menée
à la luxueuse résidence de Miller à Westmont,
tout ça dans l'espoir de trouver des preuves incriminantes.
Il y a des caméras cachées qui sont installées
par un informateur qui est recruté
pour obtenir des informations de l'intérieur.
Les enquêteurs scrutent également
les textos et les registres d'appels de Miller
et de ses associés, cherchant des communications
qui pourraient être compromettantes.
Cependant, l'enquête se heurte rapidement
à de nombreux obstacles, témoignant de la puissance,
mais aussi de l'influence de Robert Miller.
L'entourage de celui-ci exerce des pressions
sur les témoins potentiels, les dissuadant
de parler aux enquêteurs.
Il y a des avocats influents, probablement mandatés par Miller,
qui tentent de dissuader les témoignes
collaborés avec la police, utilisant des tactiques
d'intimidation ou promettant des avantages financiers,
mais en échange de leur silence.
On n'est pas trop surpris parce qu'il n'y a pas si longtemps,
qu'il aurait tenté de soudoyer
les enquêteurs privés de sa femme.
Ça ne me surprend pas qu'il tente le même stratagème
auprès des victimes potentielles.
Absolument. C'était quand même 300 000 l'enquêteur.
Quand j'y reprends, c'est beaucoup de sous.
Oui, mais c'est tellement quelque chose
que ça peut t'amener en prison, je veux dire,
pour 300 000 pour lui, qui est milliardaire.
C'est rien pour lui pour une histoire qui peut tellement
l'éclabousser et potentiellement détruire sa famille
et l'envoyer en prison.
Miller dispose même d'une garde personnelle composée
de policiers retraités qui ont beaucoup de bons contacts
et qui sont capables d'exercer une influence
sur les forces de l'ordre ou d'entraver les efforts
d'enquête. J'aime toujours pas se lire ça.
Encore une fois, ici, les victimes, bien,
c'est les filles et milles. Elles se font intimidées
autant par la police que les bullies de Miller.
Et malgré les efforts déployés par les enquêteurs du SPVM,
les preuves recueillies sont jugées insuffisantes
pour justifier des accusations formelles contre lui.
En 2010, le dossier est transmis au DPCP,
le directeur des poursuites criminales et pénales,
qui décide de ne pas porter
d'accusations faute de preuves suffisantes
pour obtenir une condamnation. Donc,
on repart à zéro, même si tout le monde sait
ce qui se déroule réellement derrière les portes closes
et ce pendant des décennies.
C'est fou quand même. Il va y avoir un tournant,
par contre, le 2 février 2023,
après le prêt d'un an d'enquête.
C'est l'émission de Radio-Canada Enquête
et aussi la CBC avec The Fifth Estate
qui diffuse un reportage percutant sur Robert Miller.
Selon les témoignages recueillis,
les enquêteurs du SPVM
ont réussi à élaborer un scénario.
Miller aurait utilisé le pseudonyme Bob Adams
pour publier des petites annonces et mettre en place
un réseau sophistiqué de recrutement pour les jeunes filles,
dont certaines n'avaient que 14 ans, selon eux.
Ces adolescentes, souvent en fugue
et issus de centres de jeunesse, auraient été ciblés
afin d'entretenir des relations sexuelles rémunérées.
D'après le reportage, ce système aurait fonctionné
de 1994 à 2006.
Dix femmes ont témoigné à l'émission Enquête,
dont six affirmaient avoir eu des relations sexuelles
avec Miller quand elles étaient mineures.
Le système fonctionnait
grâce à des intermédiaires, dont Raymond Poulet,
dont on vous a parlé, qui dès 1995
recrutaient activement de jeunes filles, souvent mineures.
Les rencontres avaient lieu initialement
dans des hôtels luxueux de Montréal,
notamment l'Intercontinental dont on vous a parlé,
mais aussi le Rhein-Élisabeth,
afin de se déplacer vers la deuxième maison de Miller
située sur l'avenue Olivier.
Ce sont les fameuses nièces que l'équipe de l'Intercontinental
avait repéré, dont on parle ici,
qui faisait des allées venues dans l'hôtel.
Le système de Miller était bien rodé
et impliquait plusieurs personnes.
Il y avait Raymond Poulet, qui se présentait
comme un employé de Future Electronics
et conseiller privé de Miller, qui jouait un rôle clé
dans le recrutement des jeunes filles.
Il y avait aussi Sam Joseph Abrams, vice-président
d'Intercontinental, qui était impliqué dans l'organisation
des rencontres. La location des chambres d'hôtel
et la distribution d'argent aux victimes.
Mais comment tu peux en arriver là?
T'es VP d'une entreprise milliardaire,
tu te retrouves à bouquer des chambres d'hôtel
pour de la prostitution pour ton boss.
Comment ils pouvaient en arriver là,
à utiliser des membres de son entreprise?
C'est fou quand même. Ils devaient en profiter
eux aussi, je présume.
Ils devaient avoir la même déviance.
Ça me hantait un peu tout ça.
Est-ce qu'ils étaient obligés pour garder leur emploi?
Tu peux en trouver un autre.
Donc si tu fais ça, il y a une partie de toi
qui doit être aligné avec tes valeurs,
mais peut-être pas jusque-là.
Ou peut-être aussi.
Mais tu es d'accord avec ça.
Ce n'est pas faire une tâche qui ne tente pas
des autres tâches connexes.
Je me demandais,
ces hommes-là, ont-ils des enfants
et ont-ils des filles aussi?
Si on ferait ça à leur propre enfant,
comment ils réagiraient?
Ça m'a beaucoup perturbé.
Pas juste Robert, mais l'entourage.
C'est des gens qui peuvent être dangereux
pour leurs enfants.
La morale éthique, un emploi,
il y en a partout.
À moins qu'ils les payaient.
J'ai l'impression qu'ils avaient
des très gros salins.
Pour garder le silence.
Eux aussi, c'est très compromettant pour eux.
S'ils se font prendre, c'est illégal aussi.
D'après moi, ils dépliaient beaucoup.
Ils coulent avec eux aussi.
J'ai l'impression que l'incitatif était financé.
Mais il n'y a personne d'autre que Robert
actuellement qui est accusé.
Il y a eu une adjointe qu'on va vous parler plus tard,
mais il n'y a pas de temps.
On dirait qu'il n'y a pas d'accusation encore.
Ça, on dirait que ça me perturbe.
Exact. On verra bien.
Miller semblait avoir une préférence
pour les filles très jeunes.
Selon une victime nommée Julia,
il les aimait vraiment jeunes
et il aimait beaucoup le style, le look,
de la petite fille.
Une autre victime, Jeanne, a déclaré que
Miller n'aimait pas coucher avec les filles très longtemps.
Il fallait qu'il y ait une variété
et que, sur chacune des filles,
il y avait une date de préremption, selon Miller.
Il était important de maintenir une rotation importante
de jeunes filles dans le réseau du milliardaire.
On reconnaît encore ici Epstein,
P. Diddy, ou Peter Nygaard,
dont on va parler dans l'after-show.
Ça devient un emploi à temps plein
pour les complices qui sont impliqués de fournir ce réseau.
Imagine-tu pour vrai la job
de trouver des jeunes filles pour un milliardaire?
Oui, c'est ça.
Je te dis que le sens moral est douteux.
Vraiment, mener l'argent, c'est particulier.
C'est toujours l'effet de nouveauté.
Il faut qu'il y ait une rotation, que ça change tout le temps,
qu'il soit de plus en plus jeune les victimes.
On dirait qu'il y a un pattern chez les ultra-riches.
Il doit y avoir un mode d'emploi à quelque part
distribué entre eux pour se monter un réseau comme ça.
En tout cas, je n'en reviens pas.
Ça ne donne pas le goût d'être milliardaire.
Non, c'est ça. Ça vient avec.
Miller utilisait diverses techniques de manipulation
pour attirer et retenir les jeunes filles dans son réseau.
Il se vantait de connaître des célébrités
et promettait d'aider les filles à devenir mannequins
ou encore à rencontrer des célébrités.
Certaines victimes décrivent avoir vécu
une sorte de syndrome de Stockholm
où Miller avait réussi à les convaincre
qu'il était un mentor bienveillant au lieu d'un exploiteur.
Son système incluait également un mécanisme
d'auto-perpétuation, un peu comme un MLM, Seb,
du multi-level marketing,
où Miller encourageait les victimes
à recruter d'autres jeunes filles,
souvent dans leurs propres écoles secondaires.
On le voyait avec Epstein aussi.
C'est presque de la vente pyramidal.
Plusieurs finissaient par céder à la demande
parce que pour elle, lorsqu'elle recrutait d'autres femmes,
elle s'assurait ou du moins ça se pouvait
qu'elle n'ait pas de relations sexuelles avec Miller
si elle n'amenait d'autres.
D'amener d'autres victimes, faisant en sorte
que ça les rendait elles moins victimes,
ce qui est tout aussi malsain.
C'est assez tordu. Elle empochait la fille
sans avoir à subir les sévices elle-même.
Malgré tout, elle faisait rouler la machine,
mais les victimes étaient aussi embarquées
et manipulées.
Cette tactique augmentait le sentiment de culpabilité
des victimes et réduisait les chances
qu'elle dénonce le système.
S'il se faisait pogner, c'était plus grave.
Plusieurs femmes ayant témoigné dans le cadre
de l'émission Enquête ou dans des poursuites judiciaires
contre Miller ont également exprimé des critiques
à l'égard du travail de l'avocat criminaliste
Stephen Angers. Lors de l'enquête de 2009,
ce dernier aurait été engagé par Miller
afin d'offrir des conseils juridiques
à certaines présumées victimes lors de leur interrogatoire
avec la police.
En septembre 2024, tout récemment,
un maître à l'écran de la police
Stephen Angers a été désigné comme codéfendeur
dans une poursuite de 9,5 millions de dollars
intentés contre le milliardaire.
La plaignante allègue que l'avocat aurait à l'époque
entravé la capacité des victimes à témoigner
auprès des enquêteurs au sujet de leur vécu
au sein du réseau dirigé par Miller.
C'est quand même des gros trucs juridiques
qui s'en viennent. Le taux se resserre.
Les rencontres suivaient généralement un schéma
assez identique, que ce soit dans les hôtels de luxe
de Montréal ou dans la maison de Westmont.
Sur l'avenue Olivier, le rituel est encore plus élaboré.
Les victimes présumées étaient d'abord reçues
dans un somptueux salon au rez-de-chaussée
où Miller les servait, en fait, leur servait
un verre d'alcool comme du bel-aise.
On le sait, le bel-aise, c'est sucré,
c'est apprécié souvent par les jeunes femmes
ou souvent même les jeunes, les ados, point final.
C'est un alcool tremplin. Oui, exact.
Il engageait ensuite une conversation
posant des questions sur leurs études,
leurs rêves, leurs ambitions. Il s'intéressait à elles,
mais lui révélait très peu de détails sur lui-même.
Miller se vantait d'écrire des discours
pour des politiciens ou même de fréquenter
plusieurs célébrités.
Après une courte conversation,
Miller sortait des enveloppes préparées à l'avance
contenant des montants impressionnants
à l'âge de 1500 à 4000 $.
Ensuite, il amenait les jeunes filles au sous-sol
qui est décrit comme une véritable
caverne d'alibaba remplie de cadeaux.
On y trouvait une immense collection de bijoux,
des sacs à mains de luxe, par contre souvent de contrefaçon,
des vêtements Victoria Secret,
des CD de musique et même des téléphones cellulaires.
Les jeunes filles étaient encouragées
à choisir des cadeaux qu'elles déposaient ensuite
dans les fameux sacs de hockey dont on vous parlait.
Cette tactique renforçait ainsi leur sentiment
de redevabilité pour la suite.
Ceci dit, des jeunes filles qui sortent d'une grosse maison luxueuse
avec des poches de hockey, bien c'est pas subtil du tout
et ça éveille les soupçons.
Après cette étape, elles étaient invitées à prendre une douche
dans une salle de bain spécialement aménagée
équipée de produits de toilettes neuves pour chaque visite.
Elles devaient se raser et s'assurer
d'être parfaitement propres.
Miller encourageait les filles à faire des tests de dépistage du sida
car ils ne souhaitent pas utiliser de condom.
Mais les autres ITSL...
Ils portaient un soin maladif à ces détails.
Après la douche, elles devaient mettre une robe de chambre
pour ensuite rejoindre Miller
pour les activités sexuelles présumées.
C'est plus lui le danger que les jeunes filles.
Oui, il y a un nombre de personnes
qui voient par semaine
et qui ne veulent pas mettre
les préservatifs de ce qu'on sait.
Je vais vous lire des témoignages de jeunes filles
qui ont été extraits de CityVNews.
Une des jeunes filles nous dit
« Je n'avais eu qu'un seul rapport sexuel avant cette rencontre
et je ne me sentais pas prête à avoir des relations sexuelles avec lui,
surtout sans protection. »
Peut-on lire dans la déclaration ?
« Je lui dis que je ne voulais vraiment pas le faire sans préservatif,
mais j'ai fini par accepter. »
La victime présumée a déclaré que Miller
lui avait montré un test VIH négatif.
On n'a pas envie de tomber en scène de Miller non plus.
C'est vrai, mon Dieu.
Une autre victime aurait été confrontée
à un test VIH négatif,
mais elle aurait eu des soupçons lorsque le nom
qui figurait sur le test était différent.
C'était un nom différent de Bob Adams.
Elle lui a donné une montre
et il lui a montré un test VIH négatif
sur lequel est inscrit un nom différent qui n'était pas Bob Adams.
Justement, ça devait être peut-être son vrai nom
ou n'importe quel nom.
Dans certains cas, notamment pour une victime
présumée de 11 ans,
Miller aurait offert une grande quantité d'alcool
avant d'avoir des rapports sexuels complets
et non protégés avec elle.
Certaines victimes recevaient jusqu'à 5000 $
en argent comptant après les rencontres,
mais imagine, 11 ans!
Le rituel des rencontres
avec Miller aka Bob alias Bob Adams
comportait également des éléments
spécifiques qui contribuaient à créer une atmosphère
particulière et à manipuler les jeunes filles.
Miller se présentait souvent comme le propriétaire
d'une station de radio en Californie.
Il utilisait cette fausse identité pour impressionner les jeunes filles
et renforcer son image d'homme influent,
mais surtout de bien connecter.
Cette façade lui permettait de gagner la confiance de ses victimes
et de les mettre à l'aise rapidement.
Lorsque les rencontres impliquaient deux jeunes filles,
Miller mettait en place une dynamique particulière.
L'une des filles était désignée pour jouer le rôle d'hôtesse,
se chargeant de préparer les verres et les bains
pendant que Miller lui s'entretenait avec l'autre fille.
Cette stratégie permettait non seulement de créer
une hiérarchie entre les victimes,
mais aussi de les impliquer davantage dans le processus,
ce qui renforçait le sentiment de complicité,
mais aussi de culpabilité.
Il y a un détail surprenant du rituel, Emile.
C'était l'omniprésence de la musique de Céline Dion
lors des rencontres.
Je ne suis pas sûr que si elle s'y assait ça,
je me suis posé la question si c'était venu à ses oreilles à Céline.
Je ne serais pas content.
Mon Dieu!
Lors des rencontres, Miller est un grand fan
de la chanteuse québécoise.
Il faisait systématiquement écouter ses chansons aux jeunes filles.
Cette ambiance musicale familière
d'une certaine façon pouvait contribuer à créer
un sentiment de confort trompeur chez les victimes,
tout en reflétant les goûts personnels de Miller.
Ceci dit, ce détail me trouble, Emile.
Je pense que je ne pourrais plus jamais entendre
une toune de Céline Dion de la même façon.
Sachant que Miller utilisait ça dans ce stratagème.
La discographie de Céline Dion jusqu'à 1998,
je connais toutes les paroles par cœur
parce que ça jouait toujours chez nous.
Ma mère, c'était une grande fan.
On dirait que Céline, je l'aime d'une certaine façon.
Ça l'a nourri mon avance.
Quand je voyais ça, je me disais que c'était massif.
C'était de la musique réconfortante.
Je ne laisserais pas Robert
gâcher mon propre plaisir,
mais c'est quand même troublant.
Plus troublant encore, il y avait pour habitude
de prendre des photos des jeunes filles déshabillées
lors de leur première rencontre.
Cette pratique violait leur intimité,
mais ça pouvait aussi servir de moyens de pression
et de chantage pour s'assurer de leur silence et de leur retour.
Ces photos représentaient une forme supplémentaire
d'exploitation et de contrôle sur les jeunes filles
impliquées dans ce système présumé d'abus.
Comment peux-tu imaginer une jeune fille de 11 ans
se sortir d'un servicieux pareil?
C'est impossible.
Elles savent qu'elles ont affaire avec un milliardaire
dont les moyens sont infinis pour les contrôler.
En plus, ils détiennent du matériel
compromettant sur elles.
Sérieux, ça me…
Comment tu veux qu'elles se sortent de ça,
la jeune ado qui a dealé avec tout ça?
Pauvre petite à 11 ans.
Toujours au Lego, à la barbe.
Tu ne penses même pas à la sexualité à 11 ans.
En tout cas, pas beaucoup.
Le 30 mai 2024, les enquêteurs ont assez de témoignages
et passent finalement à l'action.
Robert Miller, maintenant âgé de 80 ans,
est arrêté à son domicile de Westmount
par le service de police de la ville de Montréal.
Il fait face à 21 chefs d'accusation
impliquant 10 victimes présumées
pour des faits qui se seraient déroulés entre 1994 et 2016.
Les accusations comprennent
agressions sexuelles, proxénétisme,
exploitation sexuelle d'adolescentes,
contacts sexuels et rapports sexuels
avec des mineurs moyennants en rétribution.
Une bonne brochette d'accusation quand même.
La plupart des victimes présumées étaient mineures
au moment des faits et l'une d'elles aurait eu moins de 14 ans.
Miller est libéré sous promesse de comparaître
le 3 juillet 2024 avec l'interdiction
de communiquer avec les présumées victimes.
L'enquête s'intensifie rapidement.
Le 4 juin 2024,
Teresita Fuentes, âgée de 67 ans,
une femme de l'entourage de Miller
décrite comme une membre de sa garde rapprochée
et une fidèle assistante qui gérait son quotidien depuis des décennies
est également arrêtée pour proxénétisme
en lien avec l'une des victimes présumées.
Elle est libérée sous promesse de comparaître
elle aussi au palais de justice de Montréal le 3 juillet.
Lors de la comparution de Miller le 3 juillet 2024,
la procureure de la couronne, Delphine Moget,
souligne la complexité du dossier.
Elle mentionne l'existence de deux enquêtes distinctes
concernant Miller, générant un volume important
de preuves à examiner.
Le 1 octobre 2024,
le dossier est reporté devant les tribunaux.
La couronne confirme avoir commencé à fournir des preuves
aux avocats de Miller.
Parallèlement à l'enquête criminelle,
un recours collectif impliquant environ 51 femmes,
Seb, est en cours contre Robert Miller.
L'avocat Jeff Orenstein, qui dirige ce recours,
indique que certaines victimes présumées
auraient été âgées d'à peine 11 et 12 ans
au moment des infractions présumées.
Bien que pour l'instant le recours comporte
51 femmes, Jeff Orenstein estime
que le nombre réel pourrait atteindre 100.
En plus de Miller, l'action collective
cible trois employés de l'ancienne entreprise
qui l'a fondé et récemment vendu,
Future Electronics, dont Sam Joseph Abrams,
Raymond Poulet, on vous a déjà parlé de ces deux hommes-là,
tu me posais la question Seb aussi d'ailleurs,
et un certain Helmut Lippmann.
Donc eux aussi sont ciblés par l'action collective.
La défense de Miller repose en partie
sur son état de santé.
Souffrant d'un stade avancé de la maladie de Parkinson,
ses avocats affirment qu'il serait incapable
de subir un interrogatoire en cours.
Il affirme dans une lettre que son client
n'avait jamais eu de relations sexuelles
avec une personne en dessous de l'âge du consentement
fixé à 14 ans au moment des faits allégués.
Ils avancent également un argument médical
prétendant que Miller serait impuissant
depuis plus de 20 ans. Un urologue montréalais
qui connaît Miller depuis 1996
fournit une lettre témoignant des difficultés érectiles
très sévères de ces derniers.
Un problème qui peut survenir chez les personnes
atteintes de la maladie de Parkinson.
Les vieux pervers sortent toujours à cette excuse-là.
Tu peux agresser quelqu'un avec autre chose
que ton zizi.
C'est l'excuse facile.
On ne peut pas aller le vérifier.
On ne peut pas aller le vérifier.
Va savoir ce que tu peux faire
avec les autres membres de ton corps.
Je m'en questionnais.
Si quelqu'un qui a des difficultés érectiles
s'il prend du Viagra, du Cialis...
Ou du Viagra et du Cialis.
C'est une excuse.
On a toujours cette impression-là.
J'ai toujours le sourire en coin quand je lis ça un peu.
Dans un récent communiqué,
Robert Miller réaffirme son innocence
soulignant sa réputation d'honnêteté, d'intégrité
et de philanthropiste.
À ce jour, l'enquête se poursuit
et les autorités continuent d'inviter
toutes victimes ou témoins potentiels à se manifester.
Ça va donc être à suivre toute cette histoire-là, Seb.
Encore une fois, Miller n'a pas été condamné officiellement.
Tout ce dont on vous parle ce soir, c'est des allégations.
Éventuellement, il y aura procès, je présume.
On va en savoir un petit peu plus.
Pour l'instant, il faut tout de même être prudent là-dessus.
Mais il y a eu une sortie cette semaine
où on enregistre l'épisode aussi, je crois.
Oui, Robert Miller est sorti pour contester
l'autorisation de l'action collective dont on vous parle.
En fait, c'est Robert Miller,
son ancienne entreprise, Future Electronics,
et un ex-employé qui ont déposé un appel
contre la décision autorisant l'action collective
qui est intentée au nom des jeunes femmes.
Et là-dessus, en fait,
eux, ils soutiennent que le dossier ne devrait pas être regroupé
au sein d'une seule procédure judiciaire, selon ces avocats,
parce qu'il serait impossible de traiter collectivement
des questions liées à l'âge et au consentement des plaignantes
qui sont pourtant au cœur de l'affaire.
Là, ils jouent sur des détails, des technicalités.
Et de son côté, Future Electronics,
eux, ils contestent son inclusion dans le recours collectif
parce qu'ils estiment qu'aucun élément
ne démontre que les individus mis en cause
auraient agi dans l'intérêt de l'entreprise.
Ça, j'avoue, c'est vrai que ça devient tordu un peu de voir
parce que, tu sais, c'est une entité.
Ils maillent des employés à ça.
C'est là que c'est vrai que c'est complexe.
Je ne sais pas jusqu'à quel point, surtout qu'en plus,
ça ne lui appartient plus.
Mais je comprends un peu dans le recours collectif,
je pense que tu tires un peu partout d'une certaine façon
pour arriver à tes fins.
Sinon, Sam Abrams, ancien brodroit de Robert Miller,
lui, il qualifie les allégations concernant
de vague et ambigu.
Il affirme qu'elles ne peuvent justifier
une telle procédure à son encontre.
Il faut savoir que parallèlement à l'action collective,
Robert Miller fait aussi face à des poursuites individuelles
qui ont été déposées par d'autres femmes
ayant choisi de ne pas se joindre au recours collectif.
Donc, on en est là, Emile, actuellement, cette semaine
par rapport à Robert Miller.
Donc, ça va être à suivre.
Oui, ça va être à suivre.
Je suis toujours choqué de voir ce côté-là de la richesse
encore plus quand ça arrive dans notre ville, près de chez soi.
On a l'impression que ça se passe juste
chez nos voisins du Sud ou ailleurs.
Mais non, en fait, ça se passe près de chez nous.
Il semble avoir carrément une culture
du... Je ne sais pas comment appeler ça.
Une culture de la déviance auprès des ultrariches.
C'est jamais rassurant de voir ça.
Heureusement, c'est quelque chose
de plus en plus dénoncé, mais imagine tout ce qu'on ne sait pas.
Imagine le fond de l'iceberg.
Oui, il y en a combien, des réseaux comme ça.
Heureusement, au Canada, on n'a pas trop de milliardaires.
C'est la blague, mais non, c'est dégueu.
Pour vrai.
En fait, ils sont tout le temps assez pernicieux
parce que c'est toujours des jeunes femmes vulnérables
qui vont chercher... Souvent de quartiers défavorisés.
Qui n'ont pas beaucoup de sous,
qui n'ont pas beaucoup d'attention parentale,
d'écoute dans leur famille.
Ils mentaient justement, ils voulaient devenir...
Ils disaient qu'ils étaient propriétaires de radio en Californie.
Ces jeunes femmes-là ne vont pas aller googler,
les fouiller sur Internet, ils sont trop jeunes.
Souvent, dans le cas de Miller, mais on l'a vu dans d'autres cas,
que ce soit Epstein, PDD ou encore même R. Kelly,
dont on n'a jamais parlé.
Souvent, il les recrutait dans le cas de Miller.
Apparemment, c'était des jeunes filles en fugue
ou de centre jeunesse.
Effectivement, non seulement, c'est des jeunes filles vulnérables,
mais souvent, ils n'ont nulle part où aller.
C'est sûr que c'est impressionnant pour elles de rencontrer tout d'un coup
un bonhomme qui a plein d'argent et qui les couvre de cadeaux.
Oui, et qui leur promet des choses.
C'est vrai que quand tu as de 12, 13, 14 ans,
un adulte qui était, comme je le disais,
un des témoignages qui disait que même quand j'étais jeune,
il était déjà vieux.
Dans les fins des années 90, il y a une figure d'autorité,
il impose d'une certaine façon le respect.
Il y a plein d'employés en plus.
Oui, c'est ça autour de lui.
C'est impressionnant pour les jeunes filles aussi
d'arriver, même s'ils savent que ce n'est pas bien ce qu'elles font,
de voir tout un système rotter comme ça.
Il doit y avoir une forme de, pas de respect,
mais de sentir, comment dire,
dans un genre de système bien établi.
Je ne sais pas jusqu'à quel point...
Tu n'as pas envie de contester ça.
Tu dis respect, mais c'est plus soumission.
Oui, soumission, oui, pas respect, mais tu as raison.
Toute une histoire. Dites-nous,
chers distordus, si vous avez entendu parler de l'histoire de Robert Miller,
on va vous tenir au courant éventuellement, c'est sûr.
Pour nos chers abonnés Patreon,
on va parler d'un autre milliardaire déviant,
Peter Nygaard, un Canadien.
Vous allez voir, ce n'est pas très beau cette histoire-là non plus,
mais au moins, ces gens-là ont été dénoncés
et il y a des procédures en cours.
Ça sera un super after-show tout de suite après ça.
Quoi d'autre? Vous savez où nous trouver, guys?
On est partout, sur les réseaux sociaux,
on est sur YouTube, sur Instagram, Facebook,
sur Twitter, anciennement X...
L'inverse.
Sur TikTok, on est là aussi.
Merci encore de votre chère écoute.
Avant de partir, on y va avec la tradition.
On remercie nos chers abonnés Patreon.
On arrive tranquillement vers la fin de notre liste.
Je ne sais pas trop combien d'années qu'on donne des shout-outs.
Je te laisse commencer, Seb.
À bientôt, tout le monde.
Et je conclue l'amour à...
Et Seb, aurais-tu un mot de la fin,
plein de sagesse pour nous ce soir?
Si quelqu'un vous parle qu'il souhaite être congelé à sa mort,
il a forcément de sombres choses à cacher.
C'est certain.
Écouter Distorsion
Écouter

