L’Antarctique, une terre de mystères et d’extrêmes, se dresse comme un continent sauvage, peu foulé par l’homme, où le climat est d’une rigueur sans pareille et les saisons, d’une intensité bouleversante. Dans cette contrée isolée, les conditions de vie hors normes mettent à rude épreuve la résilience psychologique des scientifiques, poussant parfois certains au bord de l’impensable. Incidents violents sans explications, cas d’abus sexuels, tentatives d’assassinat, et décès mystérieux sont autant de chapitres sombres et méconnus de ces stations de recherche reculées. Plongez avec nous dans cet épisode captivant et troublant, à la découverte d’un territoire où les frontières de la loi et de l’ordre semblent s’estomper dans le voile blanc de l’oubli. Bonne écoute!

Épisode
#120 - Crimes et mystères en Antarctique
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Des histoires étranges de l'ère numérique.
L'Antarctique, un territoire très peu fréquenté par l'homme, où règne un climat extrême et des saisons très intenses.
Les conditions d'isolement dans un tel climat font en sorte que le mental des scientifiques est poussé aux limites et parfois peut mener à d'importantes dérape.
Violences inexpliquées, abus sexuels, tentatives de meurtre et morts inexplicables font partie des secrets bien gardés de ces bases de recherche très éloignées.
Suivez-nous dans cet épisode choquant où on vous amène dans un territoire où la loi et l'ordre ne sont pas très clairs.
Sébastien Évec, comment ça va aujourd'hui?
Ça va bien et toi, Émile Gauthier?
Ça va très bien parce que ce soir, en fait, on parle, on a un épisode un peu hivernal.
On se plonge dans l'isolement, dans les territoires éloignés de l'Antarctique.
Un épisode un petit peu différent des autres où on va aborder plusieurs histoires.
Certaines histoires, on va le creuser un petit peu plus, vous allez voir, mais on va aborder un peu le sujet de justement jusqu'où ça peut amener la psychologie humaine d'être éloigné comme ça.
De vivre dans un climat extrême où les saisons sont très extrêmes aussi.
De vivre avec des gens, passer beaucoup de temps dans des espaces restreints avec beaucoup de gens.
Est-ce que tu es un peu claustrophobe, toi, Seb?
Clostrophobe? Je ne trie pas à être enfermé, mais je ne pourrais pas me catégoriser de claustrophobe.
Non. Je pense que non, et toi?
Bonne question. Je pense que j'ai quand même besoin de beaucoup d'espace en général.
Donc, je ne sais pas si je serais le bon candidat pour aller en Antarctique pendant plusieurs mois.
Vous allez voir, un des sujets aussi qu'on va aborder aujourd'hui, c'est les conditions de vie des scientifiques qui sont basés là-bas.
Qu'est-ce qui se passe là-bas? Quel type de recherche ils font?
Et justement, quel genre de candidat peut aller faire de la recherche?
Ça se rapproche presque de conditions mentales de gens qui vont aller dans l'espace quelque part.
Parce que ils sont isolés pendant des longues périodes de temps.
Et vous allez voir, il s'est passé des histoires assez inexplicables en Antarctique sur ces bases de recherche-là.
Ça risque d'être un épisode passionnant, vraiment, un de ceux où on a eu le plus de fun à travailler en recherche.
Et en after-show, en fait, pour nos abonnés Patreon.
Si jamais ça vous dit de rejoindre le groupe, vous pouvez vous rendre au patreon.com slash distortion.
Mais en after-show, on revient encore sur le thème de l'Antarctique, mais on va parler de théorie du complot.
Parce qu'il y en a beaucoup, partout où l'homme ne va pas fréquemment.
On sait que ça crée une certaine sorte de fascination.
Et c'est là qu'il y a des mythes, des légendes.
Est-ce qu'il y aurait une base extraterrestre en Antarctique?
Est-ce que Hitler se serait caché en Antarctique, d'ailleurs, selon les rumeurs?
Donc, on va en parler un petit peu tout à l'heure.
Est-ce que Tupac y habite?
Bonne question. Mais je sens que Christian Page va nous unfriender parce que là, on parle de théorie du complot.
Mais vous allez voir, on va débunker ça aussi.
Les décrypteurs aussi vont me tweeter comme quoi on prolifère de la désinformation.
Mais vous allez voir, on va en débunker aussi.
Mais c'est un épisode qui risque d'être très intéressant.
Qu'est-ce qu'on boit, Seb, ce soir pour cet épisode de froid et glacial?
En fait, on a une bière thématique justement pour accompagner tout ça.
C'est la grivoise de Noël du Trou du Diable.
En fait, une bière que même si on n'est plus vraiment à Noël, qui se boit bien en plein hiver.
La grivoise de Noël, c'est une bière brune qui catégorise de festive 7,5 % d'alcool.
Elle est vraiment bonne.
On a un mélange d'épices et de bonbons aux petits fruits.
Il y a un assemblage vraiment complexe de caramel, réglisse, cardamom et piment fumé.
Honnêtement, elle est vraiment délicieuse.
Merci au Trou du Diable.
Et en fait, cette bière-là nous a été offert via la tournée de bière sur notre site internet par Sébastien Warreau.
Je ne sais pas si je le prononce correctement.
Mais bref, shout-out à toi, Seb.
Merci énormément.
Et si vous voulez faire comme lui, nous offrir une bonne petite bière pour remplir notre fridge dans le studio,
vous vous rendez sur DistorsionPodcast.com en haut à droite.
Il y a un petit bouton Tourner de bière et vous suivez le processus pour nous faire un petit don.
Donc, merci beaucoup.
On a aussi une review 5 étoiles et un shout-out qu'on donne à Honeymoon.
Peut-être que c'est Lana Del Rey qui nous écoute.
On nous dit, au début, utiliser comme un son de fond pour jouer aux Sims.
Ça m'a bien fait rire.
Ce podcast est devenu un incontournable de mes journées.
Histoires extrêmement bien racontées, présentateurs attachants et charismatiques.
Je ne sais pas si c'est ça que j'utiliserais Distorsion dans un background pour jouer aux Sims,
mais respect à toi si ça te fait découvrir des bonnes histoires terrifiantes.
Merci, Honeymoon.
Oh oui.
On vous rappelle qu'on a plein de contenus disponibles sur Patreon.
Des gens qui rejoignent notre Patreon en même temps.
Vous allez voir, vous avez tellement de contenus bonus, c'est fou.
Vous avez plusieurs after-shows sur plusieurs saisons, les épisodes secrets, les épisodes bonus.
Il y en a d'ailleurs deux autres qui s'en viennent qu'on vous a préparé comme ça, l'air de rien, subtilement.
On a quelques petits épisodes secrets et hors série qui s'en viennent.
Donc, rejoignez la page, vous allez voir, c'est une belle communauté.
Sinon, notre dernière collaboration, c'est une bande dessinée avec Law Raider,
le label 619 piloté par notre ami RUN.
C'est une bande dessinée d'horreur, en fait, que les gens de 619 avec Rue de Sèvres ont sorti.
Trois histoires étranges de l'ère numérique, écrits avec notre collaboration.
Moi et Sam, d'ailleurs, on figure dans la bande dessinée.
C'est disponible partout dans le monde.
Donc, autant en Europe, il y en a des tonnes de copies.
Au Québec aussi, un petit peu moins de copies, mais il y en a quand même partout.
Vous pouvez en trouver dans les grandes surfaces, sur lilibrar.ca.
Donc, merci à ceux qui nous encouragent là-dessus.
Et Seb, je pense qu'on en a assez dit.
Est-ce qu'on est prêt à se lancer dans le climat glacial de l'Antarctique?
Oui, mais avant de plonger dans notre épisode, savais-tu, Emile, qu'en es-tu l'usant incognit,
il est possible de limiter considérablement les appels indésirables
et les e-mails de spam que tu reçois chaque jour.
Dieu sait que j'en reçois, Seb, donc explique-moi comment.
Parce que gérer tous ces spams-là au quotidien, ça devient lourd.
Ah, c'est clair.
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Tu sais, ça, c'est des entreprises qui accumulent et commercialisent tes informations
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Incroyable. Ça, je sens qu'on avait besoin de ça, Seb.
En plus, deux podcasteurs qui scrutent toujours le web.
Dieu seul sait qu'on en reçoit.
Ils agissent donc directement contre ces courtiers en données
qui profitent de nos informations, réduisant ainsi les chances de vol d'identité.
Comment est-ce que je pourrais accéder au service, Seb?
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Je vais m'inscrire, Seb, dès qu'on finit l'épisode.
Donc plus de spam, moins de risque. C'est exactement ce dont on a besoin.
Alors Seb, est-ce qu'on est prêt à se lancer dans l'épisode de ce soir?
Oui, monsieur!
Avec la paix d'esprit garantie par Incolini.
Aujourd'hui, on se transporte dans une des régions les plus isolées et les plus froides du monde.
On ne sait pas exactement ce qui se passe dans cette région du pôle sud.
Tout y est très secret, très réservé.
Il y a aussi des flous au niveau de la loi,
donc ce n'est pas évident de savoir qu'est-ce qui se déroule au quotidien.
Mais comme toute autre région du monde, il y a quelques humains.
Et il y a bien sûr des crimes et plusieurs mystères.
Tout d'abord, avant de parler de ces beaux mystères, Seb,
parlons de l'Antarctique un petit peu en général,
parce que je me suis rendu compte qu'en fouillant, j'en connaissais pas tant que ça.
Non, sur ce continent qui est énorme, en fait.
L'Antarctique est un continent situé au pôle sud de la Terre,
ça la plupart d'entre nous le savons.
Il a été officiellement découvert au 19e siècle
et le dernier continent à avoir été exploré.
Avec une superficie océan entre 12 et 18 millions de kilomètres carrés,
selon les saisons, l'Antarctique est le septième continent de la planète.
Depuis 1959, il est protégé en tant que réserve naturelle
consacrée à la paix et à la science par le Traité sur l'Antarctique.
Et aucun gouvernement ne revendique sa souveraineté.
L'accès à l'Antarctique est réglementé par le Traité dont je vous parle
et toute personne souhaitant s'y rendre doit obtenir une autorisation.
En raison de son isolement et de son climat hostile,
la vie en Antarctique est difficile.
Mais le continent offre un environnement propice à la recherche scientifique sous toutes ses formes.
Tu serais surpris de voir à quel point on étudie des choses différentes là-bas.
On peut faire l'exploration du cosmos tout en explorant la biodiversité, le climat et autres.
Donc c'est un endroit très propice.
En Antarctique, il n'y a pas de population autochtone connue
et aucune personne n'habite de manière permanente sur le continent.
Cependant, il existe environ 45 stations de recherche permanentes,
complétées en été par 30 camps supplémentaires.
Parce que vous allez voir, l'hiver, il y a moins de gens.
L'été, il y a un petit peu plus de gens parce que le climat est très hostile en hiver.
Ces stations de recherche soutiennent des populations de taille variable
allant de quelques personnes à plus d'un millier pendant la saison estivale.
Donc il peut y avoir du monde sur ces bases-là.
La majorité des scientifiques et du personnel de soutien vivant en Antarctique
effectuent des missions de courte durée généralement de 3 à 15 mois,
bien que certaines missions puissent durer plus longtemps.
Pour moi, 15 mois, ce serait quand même une longue durée.
Je ne suis pas sûr que j'appellerais ça de courte durée.
Moi non plus, honnêtement.
Puis tu n'as pas toujours la chance, on va revenir plus tard,
tu n'as pas toujours la chance de retourner chez vous.
Si pendant ces mois-là, ça se peut qu'il n'y ait pas d'autre aller-retour vers ton pays d'origine.
C'est un non-retour.
Donc il faut vraiment être motivé à passer tout ce temps-là.
La recherche scientifique en Antarctique a une histoire très riche,
marquée par des expéditions et la mise en place de nombreuses bases de recherche.
La base Antarctique Amundsen Scott, située au pôle sud dont on va vous reparler aussi,
qui est une des plus connues, a été créée en 1956
dans le cadre de l'année géophysique internationale de 1957
et n'a jamais cessé d'être habitée depuis.
Cette base est le lieu habité le plus méridional du monde.
D'autres pays comme la France, l'Argentine, l'Australie, le Royaume-Uni, l'Espagne, la Chine, l'Italie
et d'autres pays aussi ont également établi des bases de recherche en Antarctique,
certaines qui datent des années 50 et 60 et qui sont encore actives.
Ces bases ont permis de soutenir une grande variété de recherche scientifique
allant de la météorologie à la glaciologie,
en passant par la biologie et la géophysique aussi.
Elles ont joué un rôle crucial dans la compréhension de l'Antarctique
et de son impact sur le climat et l'environnement mondial.
Les objectifs de ces recherches incluent la compréhension des changements environnementaux,
la surveillance de la biodiversité, l'étude des phénomènes météorologiques extrêmes,
la recherche sur le climat, bien évidemment,
et la contribution à la compréhension globale de la planète.
La taille moyenne des habitations scientifiques en Antarctique, c'est important d'en parler
parce que les histoires d'aujourd'hui vont se dérouler dans ces bases-là.
C'est pas des châteaux, vous allez voir.
La taille des bases varie en fonction des stations puis des budgets de chaque expédition, évidemment.
Par exemple, la base Antarctique Concordia, qui est gérée par la France et l'Italie,
est une station de recherche permanente qui a une altitude, en fait, de 3 233 m,
donc quand même assez élevée dans les montagnes de l'Antarctique.
Elle est conçue pour accueillir jusqu'à 60 personnes en été
et une équipe réduite de 12 à 15 personnes en hiver.
La station permanente de Concordia comprend deux grandes zones d'habitation,
l'une utilisée pendant l'été et pouvant héberger une soixantaine de personnes,
et l'autre en hiver, qui est pour l'équipe réduite, en fait,
c'est qu'il y a des degrés d'isolation différentes dans une section à l'autre.
En hiver, évidemment, on est dans des plus petits espaces parce qu'il fait très froid.
La base Antarctique Almirante Brown, qui elle est gérée par l'Argentine,
comprend une habitation principale de 392 m², deux réservoirs de carburant
et un bâtiment supplémentaire exclusivement réservé à la recherche.
Elle peut accueillir jusqu'à 18 personnes et est utilisée pour des programmes de recherche
dans des domaines comme la biologie, l'océanographie et d'autres disciplines scientifiques.
Je vous donne des exemples comme ça.
Il y a la station Dumont-Durville aussi, qui est une base scientifique française
située en Antarctique et construite sur l'île des Pétrel en terre Adélie.
Donc, évidemment, en Antarctique, il y a des régions aussi qui sont nommées et autres.
On n'y connaît rien, mais c'est immense. C'est un continent en soi.
C'est en Antarctique, tu arrives là et tu vois toutes les bases.
C'est un des endroits vraiment précis.
Donc, elle est conçue pour accueillir 20 personnes de manière permanente,
donc un petit peu moins.
Elle est utilisée pour des recherches sur la biodiversité,
mais aussi l'observation de l'atmosphère ainsi que d'autres domaines.
Les habitations scientifiques sont conçues pour résister aux conditions extrêmes,
notamment les températures glaciales, les vents violents,
tout en offrant un environnement sûr et fonctionnel pour mener des recherches.
Certaines bases ont un bar, par exemple, des gyms.
Il y a une base qui a un spa, entre autres, des bibliothèques,
des librairies audiovisuelles de films et autres,
parce que je ne suis pas sûr que le streaming Netflix fonctionne très bien là-bas.
Il y a une base aussi qui a une distérie,
donc ils ont ce qu'il faut quand même pour se divertir un peu.
Puis pour vous donner un peu l'allure physique, ça dépend vraiment.
Comme je dis, ce n'est pas des châteaux.
Il y a des bases qui ont vraiment plus l'air d'être des dômes un peu géodésiques.
Pour résister aux vents, pour que ça soit aérodynamique et tout ça.
Donc, ils sont conçus dans les dômes.
Il y en a d'autres qui ressemblent plus à des containers,
mais un peu des fois des roulottes de construction et autres.
Souvent, c'est assez, sûrement qu'en intérieur, c'est top de la technologie,
mais en construction, c'est vraiment en fait « rough »,
pour affronter le climat, pour tenir debout.
Ça n'a pas l'air d'être luxueux.
On ne parle pas de village avec des dépanneurs, puis des choses comme ça.
Donc, c'est un peu à ça que ça ressemble les habitations.
Donc, c'est là-dedans que les scientifiques passent des semaines et des mois.
Comment ils font pour leur électricité, tu le sais-tu?
Comment ils gèrent? C'est-tu du masoute, du nucléaire?
Je ne sais pas comment ils génèrent leur électricité.
C'est sûr que ça doit être un petit peu différent d'un à l'autre,
mais je sais qu'il y en a qui, oui, c'est avec du masoute ou du gaz,
du wine, pour se chauffer, pour produire de l'électricité.
Je présume qu'ils doivent avoir un mix de plein de choses.
Ils doivent tester des choses aussi.
Ils doivent avoir des génératrices,
mais je ne sais pas à quel point ils ont des installations concrètes
d'électricité sur place.
Ça aussi avec le froid et tout ça, ça va être difficile à gérer.
Ils doivent vivre constamment eux avec des pannes,
avec des réparations à faire live.
C'est cette table de brousse un peu quand même.
Oui, c'est une dedication. Tu te dédis quand tu vas là.
Je vais vous parler un peu de la loi maintenant,
parce qu'on va parler un peu de crimes et tout ça évidemment.
En Antarctique, le fonctionnement de la loi repose
sur le traité sur l'Antarctique de 1959,
dont je vous ai parlé tout à l'heure,
qui a été ratifié par 53 nations.
Ce traité-là établit l'Antarctique
comme une zone consacrée à la paix et à la science
et interdit toute activité militaire,
tout essai nucléaire et toute exploitation minière.
En outre, le protocole de Madrid de 1998
a renforcé la protection de l'environnement en Antarctique
en édiquetant des règles strictes
pour toutes les activités se déroulant sur le continent,
notamment en matière de respect de l'environnement,
d'études d'impact et d'interdiction.
Les crimes commis en Antarctique, eux,
relèvent de la juridiction des pays signataires du traité
qui peuvent poursuivre et sanctionner les contrevenants
conformément à leur législation nationale.
Donc ça, c'est quand même une subtilité importante à noter.
Bien que la criminalité en Antarctique soit rare,
quelques incidents ont été signalés.
L'isolement et les conditions de vie extrêmes
peuvent affecter négativement certaines personnes,
ce qui a conduit à des incidents
le tel que de la surconsommation d'alcool,
de drogues, à des bagarres,
des exhibitions indécentes
et même des tentatives de meurtre.
On va y venir, bien évidemment.
D'autres types de crimes qui ont été commis en Antarctique
incluent l'usage de drogues illicites,
la torture, même la mise à mort d'animaux sauvages,
ainsi que des infractions environnementales
telles que la conduite de motos
dans des zones sensibles protégées.
En vertu du Traité de l'Antarctique de 1959,
les personnes accusées de crimes en Antarctique
sont passibles de poursuites et de sanctions
dans leur propre pays.
C'est un peu comme ça que ça fonctionne, la loi.
C'est logique aussi.
Ça peut amener des complications,
vous allez le voir dans les sujets qu'on va illustrer.
Avant d'aller plus loin, Emile,
je voulais te dire un petit mot sur le climat, en fait,
car ça peut vraiment avoir un effet important
sur le moral des gens.
En Antarctique, le climat est extrêmement froid,
avec des températures qui peuvent descendre
jusqu'à moins 70 degrés Celsius.
C'est tellement froid,
quand il fait moins 40 à certains moments,
imaginez, c'est presque le double.
Tu ne peux pas sortir sans gants, sans protection.
J'ai l'impression que ta peau doit quasiment brûler
dès qu'elle est en contact avec l'air.
Pendant l'hiver austral,
qui dure environ six mois,
le continent est plongé dans l'obscurité totale,
ce qui peut avoir un impact significatif
sur la santé mentale
et le bien-être des personnes qui y vivent
ou qui y travaillent,
on le sait, juste nous, l'automne,
on trouve ça difficile d'imaginer six mois
de pas de lumière.
L'isolement, les conditions de vie extrêmes
et l'absence de lumière naturelle
peuvent entraîner des difficultés psychologiques
pour certaines personnes.
Ce ne sont que les plus forts
qui peuvent passer au travers.
Ceux qui ont passé l'hiver
disent presque invariablement
que c'était la pire
ou et la meilleure année de leur vie.
Ils parlent de dépression extrême,
d'ennui, d'insomnie,
de paranoïa, de frustration sexuelle.
Ils évoquent également
des horreurs boréales spectaculaires,
des nuits étoilées,
d'une beauté incroyable
et aussi des liens d'amitié durable
à force de côtoyer les gens comme ça
tu dois t'attacher.
Alors que l'été antarctique décline
et que le coucher de soleil annuel
commence sur un horizon blanc stérile de glace,
le dernier vol décollera
vers la terre ferme,
laissant hommes et femmes livrés à eux-mêmes
jusqu'au mois de novembre prochain.
Ils seront incapables de s'échapper
même en cas d'urgence médicale extrême.
Le bruitement des feuilles,
la pluie et les animaux deviendront
étrangers. Il n'y aura pas de
nouveaux vêtements, de nouveaux films
ou de nourriture fraîche.
Oui, parce qu'il n'y aura pas
de ravitaillement,
pas de possibilité de retourner à la maison
pendant tout l'hiver.
C'est intense.
La bouffe que tu as,
il faut que tu la rationnes.
À la fin, justement,
ça ne doit plus être très frais.
Exact.
Dans un tel environnement, disent les experts
en psychiatrie sur l'isolement,
les bizarreries de personnalités
en apparence mineures ou même
un léger changement de temps sont
amplifiées de manière disproportionnée
et peuvent avoir des effets imprévisibles
sur le bien-être psychologique du groupe
et les conflits surgissent facilement.
Pour cette raison,
ceux qui se portent volontaires pour passer
l'hiver en Antarctique sont évalués
pour des tiques personnelles
comme le craquement des articulations
ou d'autres habitudes nerveuses
qui pourraient être une source d'héritation
pour les autres.
Selon le capitaine Noel S. Howard,
un psychiatre du bureau
de médecine et de chirurgie de la marine
qui supervise les tests,
les traits les plus
importants à rechercher sont la flexibilité
et la tolérance aux habitudes
et aux croyances des autres.
Ceux qui présentent des traits paranoïaques,
une suspicion excessive
et une dépendance
excessive aux stimuli
et récompenses externes sont écartés.
Je te confirme que je serai écarté.
Une personne avec certaines qualités
introvertie s'en sort mieux
qu'un extroverti qui se montre
chaleureux et amical, selon des experts.
J'avoue,
quand tu es avec quelqu'un
qui a trop de tiques,
dans un environnement fermé après six mois,
je ne l'aurais plus capable.
Justement,
un craquement de doigts
ou n'importe quelle petite habitude
anodine que tu ne remarques pas
même des fois chez les autres,
tu remarques toutes les défauts de tout le monde.
Ton réservoir émotif
doit se remplir.
Juste en en parler, on dirait que je suis hérité.
De manière étrange,
beaucoup disent que le fait d'avoir
une communication radio-régulière
avec leur foyer, leur maison,
aggrave parfois l'isolement,
soulignant le sentiment que le monde
passe à côté. Donc, si un être
cher s'enfuit avec le laitier,
cette personne est coincée là-bas,
a déclaré le docteur
Howard, qui a comparé le personnel
de la station Antarctique
psychologiquement à des prisonniers de guerre.
C'est d'une certaine façon.
Cependant,
pendant l'été austral,
le continent connaît une période de
24 heures de lumière naturelle,
ce qui contraste fortement avec
la longue période d'obscurité hivernale.
Les scientifiques s'adaptent
au climat extrême de l'Antarctique
en prenant diverses mesures pour
assurer leur sécurité et leur bien-être.
Cela comprend des protocoles strictes
pour faire face aux températures glaciales
à l'obscurité prolongée pendant
l'hiver austral et à l'isolement.
Les stations de recherche sont
conçues pour résister aux conditions
extrêmes, et les scientifiques
reçoivent une formation spécifique
pour travailler dans cet environnement hostile.
De plus, il y a des activités
de loisir, des interactions sociales
et un soutien psychologique qui sont
souvent mis en place pour aider
à atténuer les effets de l'isolement
et de la monotonie.
Bref, ce n'est pas pour tout le monde
ce genre de boulot dans de telles conditions.
Toi Emile,
serais-tu un bon candidat
pour aller travailler dans une zone
aussi isolée et particulière comme ça?
On dirait, pour être
aussi longtemps en isolement,
il faudrait que je sois tout seul.
Je pense que tout seul je pourrais le faire
dans le genre, OK,
Emile, on t'engage pour faire de la recherche
scientifique, ben, foute-moi
tout seul dans un
container avec ce qu'il faut
pour t'offrir 12 mois, puis
des communications pour transmettre
mes résultats, puis je vais être correct.
Mais j'ai l'impression que c'est l'aspect social.
Il faudrait vraiment que je sois avec
des gens que j'aime beaucoup.
Oui, c'est ça que tu connais ça.
J'imagine qu'ils doivent le faire aussi
avant de former un groupe, ils doivent
passer du temps, s'assurer qu'il y a un fit
aussi au niveau des personnalités.
Mais je ne sais pas,
en tout et partout,
quand je lis tout ça,
ce n'est pas du rêve pour moi.
Mais ça pourrait être
une retraite intéressante
quelques semaines en Antarctique.
Oui, c'est ça, c'est pour des projets temporaires.
Je pense que moi-même je pourrais le faire.
Aller enregistrer des distorsions, mettons,
quelques semaines en Antarctique,
ça pourrait être le fun.
Une saison en Antarctique,
mais même ce qu'il disait et qui m'étonne
et qui ne m'étonne pas, c'est que
quand t'appelles ta famille,
ça renforce encore plus l'état d'isolement
parce que c'est vrai, tu dois avoir l'impression
de t'itagner un peu sur place, même si
tu travailles dans la recherche et tout ça.
Mais quand le monde ne bouge pas autour de toi,
ça donne vraiment cette impression-là.
On l'a vu dans la série Alone.
En fait, tu sais, le reality show,
en fait, à un certain moment donné,
il en reste deux à la fin.
Moi, je m'en rappelle plus d'un an.
Il y a quelqu'un qui flanche un certain moment donné,
puis le gagnant, quand il arrive à la fin,
il ne sait pas qu'il a gagné,
mais là, il l'apprend, il demande,
il dit, c'était qui l'autre personne qui restait?
C'était telle personne?
On voit que le gagnant
était bien entraîné.
Il demande, est-ce que la personne a utilisé
son appel à la famille? Est-ce qu'elle a parlé à sa famille?
Ah non, c'est même pas ça, c'est
est-ce qu'elle avait amené une photo de sa famille?
Il a dit oui,
parce qu'au début, il leur demande,
est-ce que vous voulez amener une photo de votre famille ou pas
avant de partir tout seul pendant plusieurs semaines?
Puis, la personne dit oui,
le numéro deux, la personne qui a flanché
dans le fond, avait amené une photo de sa famille.
Tout de suite, le gagnant, il dit, ah, mais c'est pour ça.
Ah oui, OK.
C'est dans le sens que la photo de famille,
quand tu parles à ta famille, c'est toujours là
pour te rappeler ça.
Donc, je pense qu'au moment
où tu as une faiblesse émotionnelle,
tu penses à ta famille, tu as envie de rentrer à la maison.
Ça doit te casser, c'est sûr.
Tu deviens émotif.
Un peu comme dans les télé-réalités,
souvent, ils ont des droits spéciaux
pour parler à leur famille à certains moments.
Puis, des fois, ils éclatent, justement.
On dirait que c'est pire quand tu peux faire ça.
Donc, fascinant.
Je vais vous parler un peu des premiers crimes
qui ont eu lieu là-bas.
Il faut faire des recherches poussées
pour trouver des traces du premier meurtre
officiel survenu en Antarctique.
Et encore, on ignore si il s'agit
d'une légende urbaine.
Dans un article scientifique qui date de 1988,
j'avais 10 ans,
nommé Le régime légal de l'Antarctique,
le professeur de science politique
Christopher C. Joyner
fait état de besoin en matière
en mesure légale sur le territoire
qu'il juge laissé à lui-même.
Il cite dans ce papier
le premier meurtre sur le territoire
qui serait survenu au tour de 1959
dans la station soviétique Vostok.
Après avoir perdu une partie d'échecs,
un Russe dans une base scientifique
soviétique en Antarctique
aurait assassiné un collègue avec une hache.
En conséquence,
l'Union soviétique
interdit désormais
à ses cosmonauts de jouer
aux échecs dans l'espace
en raison de la frustration
qu'une défaite en fait
peut causer dans un tel contexte
d'isolement. Fascinant.
Oui, c'est le crime
le plus souvent mentionné
dans la littérature
en lien avec ça.
C'est cité dans des articles,
mais c'est difficile à confirmer
à 100 %.
Entre la légende urbaine,
j'ai trouvé cette histoire-là.
Je l'ai lu le papier
de Joyner.
En 88,
lui, suite à des recherches,
il a fait des suggestions
en disant
qu'on a besoin d'un meilleur encadrement
des lois en Antarctique,
ça dérape un peu.
Déjà en 88, on avait remarqué ça.
Lui, il fait état de ce meurtre-là.
J'ai vu sur un site dédié
à des discussions sur le monde des échecs
cette histoire-là relatée.
J'ai fait différentes recherches.
Ça semble être celle
qui revient souvent comme premier meurtre
officiel en Antarctique,
mais encore, c'est pas tant confirmé.
On n'a pas le nom de la victime,
on n'a pas le nom du coupable.
C'est bizarre un peu, mais oui,
les échecs étaient
un jeu énormément joué
en Antarctique.
En Russie aussi, c'est presque
leur sport national.
Ça peut mener à des frustrations
effectivement.
Moi aussi, j'ai été surpris de voir
qu'ils ont interdit les parties
d'échecs et les clubs d'échecs
en temps l'espace
et en Antarctique.
D'autres événements troublants
seraient survenus en 1979.
Dans son article
du New York Times de 1982
titré Conflit et désespoir
au pôle sud,
éclaire la psychologie de l'isonnement
de Robert Reynolds,
détaille un autre incident
survenu en Antarctique.
Et là, je vous le cite,
« Les événements du 17 août 1979
ne figureuront pas
dans les livres d'histoire officielle,
mais ils ont été une sorte de
jalon psychologique dans l'histoire
du pôle sud.
Dehors, les températures ont chuté
à 71 degrés en dessous de zéro
dans une tempête de neige
aveuglante. Mais à l'intérieur,
les températures émotionnelles
parmi l'équipage de 16 hommes
et une femme après
près de la moitié d'une année
de noir total atteignait
le point de rupture.
Écumant et Yvre,
un membre de l'équipage qui venait
d'apprendre la mort de son père,
se précipite dans la cuisine en rage.
Il crie et commence à briser
sauvagement des tasses, du sang et du
verre partout. Bientôt,
il aperçoit son rival pour les
affections de la seule femme de la station.
Il charge avec une planche, puis
s'enfuit dans la tempête.
Il faudra des heures avant que le chaos
ne prenne fin avec des entailles
et des contusions et des engelures.
Ah oui, quand
la bouilloire monte, en fait,
la bouilloire émotionnelle, c'est
ça qu'on va tenter d'illustrer un peu.
La partie d'échec en est une illustration.
Ça aussi,
ça prend pas grand-chose
pour que les fusibles sautent
dans la tête des gens là-bas.
Ah non, la lumière, c'est tellement
important pour l'équilibre mental.
C'est fou.
D'autres crimes ont lieu sur des bases
scientifiques au fil du temps.
Et selon moi, l'isolation et la santé mentale
dans de telles conditions ont joué un rôle important.
Le 12 avril 1984,
la station de recherche
Argentine
Almirante Brown
a été incendiée
par le chef de la station
et médecin après lui avoir
été ordonné de rester pour l'hiver.
Le personnel de la station
a été secouru par le navire
Hero et amené à la station
de recherche américaine Palmer,
qui est situé sur l'île
Annvers, en vert.
Les deux stations sont distantes
d'environ 58 kilomètres,
l'une de l'autre.
Donc lui, il a foutu
le feu à la station
après qu'on lui ait demandé de rester pour l'hiver.
Ça a été sa façon
de réagir.
Ça peut être grave un feu là-bas.
C'est grave partout, mais imagine un endroit
où il y a moins de secours
que dans ton pays.
Il y a des blessés, etc.
Donc non, c'est...
Mon Dieu!
Un autre cas,
le 9 octobre 1996,
à la station américaine McMurdo.
Une bagarre a éclaté
entre deux travailleurs dans la cuisine.
L'un des travailleurs a attaqué l'autre
avec un marteau. Un autre cuisinier
a tenté de mettre fin à la bagarre
et a également été blessé.
Les deux victimes ont nécessité des points
de suture. Les agents du FBI
des États-Unis ont été envoyés
à la station McMurdo pour enquêter
et procéder à une arrestation.
Le suspect a été transféré à Honolulu
à Hawaii,
où il a été inculpé de quatre chefs d'accusation
d'agression avec une arme dangereuse.
Il a plaidé non-coupable.
C'est assez...
C'est fou, c'est aussi pareil,
à coups de marteau.
La station McMurdo, vous allez voir,
il s'en est passé des choses.
Il y a eu aussi
une tentative de meurtre en 2018.
Vous allez voir, on va revenir un peu dans le temps.
Mais le 9 octobre 2018,
dans une station de recherche
russe isolée en Antarctique,
au fond du monde, le chercheur
Sergei Savetki a craqué
selon plusieurs rapports d'actualité.
Un certain Oleg Belugusov,
un soudard de 52 ans,
se disputait avec Savetki,
qui est un ingénieur électricien
de 54 ans, depuis des mois.
Mais cette fois, c'était différent.
Belugusov aurait taquiné Savetki
en lui suggérant de danser
sur la table de la salle à manger
pour de l'argent.
D'autres sources affirment qu'il s'est fait attaquer
car il aurait divulgaché la fin
d'un livre que Savetki était
en train de lire. Donc j'ai trouvé des rapports
sur deux mobiles
dans cette histoire-là. Savetki,
qui était dangereusement ivre,
s'est précipité sur Belugusov
avec un couteau et le poignardait
à plusieurs reprises dans la poitrine.
Belugusov a été évacué
de la station. Lui était à la station
Bellinghausen,
situé sur l'île reculée de Waterloo,
au sud du Chili.
Il a été évacué vers un hôpital
militaire au Chili,
où les médecins ont réussi à lui sauver la vie.
Le 29 octobre,
on s'attendait à ce qu'il se rétablisse
complètement et retourne en Russie.
Savetki, quant à lui, s'est rendu
au chef de la station.
Cependant, il n'a pas pu rentrer
à Saint-Pétersbourg avant le 20 octobre,
car les vols vers et
depuis l'Antarctique ne sont pas
quotidiens, comme je vous disais tantôt.
De retour en Russie,
Belugusov, à admis avoir
poignardé son collègue,
a été placé en résidence
surveillée jusqu'au 8 décembre,
date à laquelle il sera jugé
pour tentative de meurtre.
Savetki maintient qu'il n'avait pas l'intention
de tuer son collègue.
Les deux sont d'ailleurs déjà allés
en Antarctique dans une mission
précédente en 2014 et 2015.
Apparemment, l'animosité
entre les deux n'avait jamais atteint
un tel niveau de violence jusqu'à cette année.
Il peut sembler étrange
que Savetki soit resté en Antarctique
pendant plus d'une semaine
après une tentative de meurtre,
mais pour être juste, il n'avait nulle part
où aller. En raison de l'isolement
en Antarctique, si vous commettez un crime là-bas,
vous êtes essentiellement emprisonné
au même endroit où vous l'avez commis,
donc il n'y a pas de prison officielle.
Les stations de recherche
en Antarctique
ont la réputation d'accueillir des personnages
excentriques et de favoriser
une expérience sociale dynamique,
mais il n'est pas difficile d'imaginer
que des esprits vulnérables
piégés au fond du monde
peuvent être poussés à des extrêmes.
Savetki, qui était en résidence
surveillé en Russie en attendant son procès
pour tentative de meurtre,
a été détenu pendant 10 jours
dans une petite église orthodoxe
russe
en bois située
au sommet
d'une colline rocheuse
en Antarctique.
Donc, assez drôle.
Savetki a vécu avec
les prêtres de l'église orthodoxe
pendant 10 jours après l'incident,
avant son vol de retour en Russie.
Aucune des stations Antarctiques
n'a de locaux spéciaux pour l'isolement
temporaire des personnes et il n'y a aucun
officier de police qui est présent.
Le 8 février 2019,
Savetki était à une audience
préliminaire au tribunal de
Vassiléostrov de Saint-Pétersbourg
dans son pays. L'homme était plein
de remords et était prêt à accepter une
punition criminelle plutôt qu'une réhabilitation.
Mais Belugouzov,
la victime, a pardonné
à son collègue et a proposé
d'abandonner l'affaire, malgré que
c'est quand même poignardé à plusieurs reprises.
Mais, tu sais, en fait,
il a, comment dire,
oui, il était empathique,
il comprend la genre
de tension qui peut régner là-bas,
puis il a pardonné à son collègue
finalement, malgré plusieurs
coups de couteau à la poitrine.
Pour expliquer la situation,
il y en a qui vont évoquer
le syndrome mental d'hivernage,
Seb, qui est une condition
qui peut affecter plusieurs personnes
postées dans des campements
et dans des régions éloignées.
Je ne sais pas si tu peux
nous en dire
plus.
Oui, le syndrome mental
d'hivernage, Emile,
a été énoncé par G. Revolier
en 1954.
Et c'est un trouble psychique
découlant de situations d'isolement extrême.
Ce syndrome, il a été
quasi-exclusivement étudié auprès
des personnes participantes à des missions
scientifiques dans des régions polaires,
notamment en Antarctique.
Chez les personnes atteintes de ce syndrome,
on constate des modifications
du sommeil, des manifestations
surtout dépressives
avec faible réactivité face
à la vie en communauté, des problèmes
relationnels, voire
des altérations cognitives souvent liées
à la dépression ou au stress.
Il y a différentes phases du syndrome
mental d'hivernage.
Il y a trois phases différentes.
La phase d'alarme,
en fait, elle, elle se caractérise
par une confrontation à la réalité de la situation
et une remise en question des
décisions prises de faire le voyage
en région polaire. Donc,
des doutes sur le bien fondé
de la décision, des manifestations
anxieuses et des idées de fuite.
Donc, par exemple,
finalement, je renonce, je refuse de me
confronter à cette situation,
je veux repartir. Toutes ces phrases-là
qu'on se dit, c'est la phase d'alarme.
Ensuite, on a la phase de
résistance ou autrement appelée
la phase de contestation, d'opposition.
C'est l'une des réactions les plus
fréquentes. Le sujet va tenter
d'agir sur l'environnement social,
le seul perçu comme
modifiable, selon
lui, pour
le modifier ou le contrôler.
Cela peut se traduire par une situation
d'agressivité, d'hostilité,
entrecoupée de phases anxio-dépressives.
Cette contestation,
en fait, a pour fonction de donner à l'individu
l'impression qu'il peut
contrôler la situation, alors que la
situation n'est pas vraiment contrôlable.
Les conditions climatiques, les conditions
sociales, il n'a pas choisi nécessairement
les gens, les conditions environnementales
aussi. Et la dernière
phase, en fait,
lorsque le bouchon
pète, comme on dit, c'est la
phase d'épuisement, ou autrement
appelée la phase de résignation,
acceptation, dans le sens où
c'est une phase lors de laquelle
vont s'installer des réactions d'indifférence
et de passivité. L'individu
admet son impuissance à vaincre
ce qui l'optreisse. Il
accepte donc son sort, mais son
mental restera affecté.
C'est comme un... Oui, c'est
vraiment une lâcher-prise, en fait.
Pour terminer, il y a
quand même moyen de
remédier à tout ça, à ce syndrome
par le biais de thérapies cognitivo-
comportementales ou par le biais
d'activités de loisirs qui semblent être le
moyen le plus efficace pour lutter
contre les conséquences du stress négatif
qu'engendre ce
syndrome hivernal.
Oui, c'est pour ça qu'ils vont
souvent faire des clubs sociales là-bas,
des salles de sport,
des clubs de sport,
des clubs de lecture, des choses comme ça
pour tenter avec l'aspect social
de remédier un peu
au syndrome mental
d'hivernage qui a l'air très difficile.
Mais même, je pourrais faire un comparatif avec
les gens plus âgés de notre société,
ils ont fait des études justement sur le bonheur
et tout ça, puis souvent en vieillissant, il y en a
qui ont tendance à s'isoler, ils ont moins de familles et tout ça.
Ça, ça a un impact,
il disait, automatique, justement,
la vie sociale sur l'humeur
et sur le bien-être, le bonheur
des gens. Donc, je ne suis pas surpris que
c'est la même chose aussi en Antarctique.
En fait, moi, quand je ne file pas
automatiquement que je vois mes amis, ça va tout le temps mieux.
Bien oui, quand même. On dirait que juste de voir
tes amis, puis pas nécessairement que tu vas parler de tes problèmes,
mais juste de...
On est des humains, puis on ne pourrait pas,
je pense, être où on est sans
ce besoin de
socialiser. Ça fait partie de notre ADN, donc
on dirait que c'est pour ça, je pense, que ça amène
au bonheur. Pour nous pousser
vers ces relations sociales-là,
qui vont amener... Ils disent que quand
t'as un réseau social, t'as moins de chances de mourir.
Dans le sens que ta durée de vie,
ton espérance de vie est plus élevée
grâce aux services sociales. Bref.
Ceci dit, Seb,
c'est en l'an 2000
que le crime le plus mystérieux commis en Antarctique
survira.
Au sein de la littérature
neuroscientifique, le lien
entre l'isolement et le déclin cognitif
est plus que de la spéculation.
L'isolement précède souvent
le déclin cognitif chez les personnes
âgées et seules, et dans diverses autres
études, il a été démontré qu'il
existe des changements physiologiques dans la structure
du cerveau. Dans une étude
portant sur un équipage de neuf
personnes stationnées en Antarctique,
il a été constaté qu'en l'espace de
quatorze mois, une perte de volume
moyenne de 7,2 %
a été notée dans l'hypocampe
de chaque membre de l'équipage.
Pour référence,
l'hypocampe est associée à la mémoire
spatiale, à l'apprentissage
et à la mémoire à long terme
en général. Les individus
qui présentent des lésions ou une atrophie
de l'hypocampe affichent souvent
des dysfonctionnements de l'humeur.
Ils ont des difficultés à stocker les souvenirs,
ils peuvent se perdre dans des endroits
familiers et peuvent également avoir
des problèmes à suivre des instructions.
Ils sont également connus pour avoir
des problèmes de prise de décision.
Intéressant tout ça.
En général, on ne s'attendrait
à observer des changements aussi drastiques
que chez les personnes souffrant de
maladies telles que la maladie d'Alzheimer
par exemple ou le trouble
de stress post-traumatique.
Ce qui rend ces résultats plutôt
choquants car ils mettent en lumière
la nécessité d'une force mentale
pour supporter les missions à l'Antarctique.
Et pour certains, les circonstances
sont tout simplement trop difficiles.
Et là, je vous amène
à notre histoire
mystérieuse ici dont on va traiter
dans cette deuxième partie.
En l'an 2000, à la station
Amundsen-Scott,
au pôle sud, travailler
un astrophysicien australien
nommé Rodney Marx,
un homme dévoué à son travail
mais connu pour son apparence de
« rocker », selon ses collègues,
avec souvent les cheveux
teints en différentes couleurs,
des tatouages,
tout ça, c'était quelqu'un aussi qui aimait
bien faire le party tout en étant
un scientifique reconnu.
Sa fiancée, Sonia Walter,
avait accepté un poste de
spécialiste en maintenance à la même
station en Antarctique que lui
pour voyager avec lui
et être en sa compagnie pendant tout ce temps-là.
Donc, il était allé en couple.
Angé de 32 ans à l'époque,
il était un chercheur talentueux
et passionné, travaillant
sur des projets liés à l'astronomie
et aux rayons cosmiques.
Il avait été sélectionné pour passer l'hiver
dans l'isolement inhospitalier
de l'Antarctique, où les conditions
météorologiques extrêmes et l'isolement
peuvent constituer des défis,
comme on le dit. Il était allé une première
fois en 97 et
en 98 et il accepta
de retourner en mission en l'an 2000.
Rodney travaillait
à la station Amundsen-Scott,
faisant partie du projet de télescope
submillimétrique Antarctique
et de l'observatoire distant
de l'Université de Chicago, également
connu sous le nom d'ASTRO.
La station Amundsen-Scott est
gérée par la National Science
Foundation, qui est une entité du
gouvernement américain, bien que
certains travaux soient sous-traités
à la société aérospatiale
par Raytheon Polar Services.
Rodney était apparemment
bien réussi
dans son travail, il avait beaucoup
d'exploits. Ses collègues louaient
ses compétences tout au long de son
séjour là-bas. Il était également
connu pour aller au-delà de ses fonctions.
Il enseignait, par exemple,
des cours d'astronomie à
des étudiants, il participait aux clubs
sociaux, faisait du sport là-bas
aussi, donc il était très impliqué
dans la vie parasociale de la base
de recherche. Il était évident
que Rodney avait une passion pour la vie,
mais malheureusement, sa propre vie
serait bientôt écourtée.
En mai 2000, après
environ un an de travail à
la base Astro, Rodney
commença à se sentir mal en
marchant entre l'observatoire distant
et la base. Il avait du mal
à respirer, sa vision
était affaiblie et en rentrant
à la base, il se coucha très
tôt en espérant que ses problèmes
disparaîtraient pendant son sommeil.
Cependant, à 5h30,
le lendemain matin, alors
qu'il était allongé à côté de sa
compagne Sonia, il se réveilla
avec une terrible brûlure
à l'estomac et se mit à vomir
du sang.
Des petits allants de
Max Spears.
Il fit sa
première visite au docteur de
la station, Robert Thompson,
qui, ne sachant pas qu'il n'allait
pas chez lui et n'ayant aucun contact
avec le monde extérieur pour obtenir des
conseils, lui dit de se reposer
davantage. Rodney revint
une deuxième fois plus tard dans la
journée avec des symptômes
aggravés. La brûlure
dans son estomac ne faisait que s'aggraver
et ses yeux étaient devenus si
sensibles qu'il devait porter des lunettes
de soleil même à l'intérieur.
Le docteur Thompson
nota que Rodney était devenu
agité et comme il ne pouvait
pas identifier une seule cause des
symptômes du patient, il attribua
cela à l'anxiété et
lui administra un sédatif.
Rodney retourna
se coucher et se reposa un peu plus
longtemps, mais ses symptômes
ne firent que s'aggraver encore une fois.
Lorsque Rodney visita le
médecin pour la troisième fois, il
était tellement perturbé qu'il
était en train d'hyperventiler et de
se débattre. Le docteur
Thompson injecta à Rodney
un anti-psychotique appelé Aldol
pour reprendre le contrôle
sur lui. Il se coucha
et sa respiration ralentit
et il sembla d'abord s'améliorer.
Mais malheureusement, Rodney
fit un arrêt cardiaque peu
de temps après et l'équipe de
traumatologie de la station fut appelée
immédiatement. Après 45
minutes de tentatives infructueuses
de réanimation, le
docteur Thompson déclara
Rodney mort à 18h45.
Il a été initialement pensé
que sa mort était due à des causes
naturelles. Malheureusement,
il s'écoulera plusieurs mois avant
que le corps de Rodney puisse être transporté
en Nouvelle-Zélande pour une autopsie.
Pendant ce temps,
ses restes ont été placés dans un sac
mortuaire et conservés
dans un endroit froid.
Cependant, certains de ses collègues
ont estimé qu'il méritait
un lieu de repos plus digne
jusqu'à ce que son corps puisse
être transporté. Par conséquent,
plusieurs d'entre eux ont travaillé
ensemble pour fabriquer un cercueil,
puis ils ont organisé une
cérémonie au pôle sud.
Une fois que le corps de Rodney a finalement
été évacué du continent
vers son pays d'origine,
les circonstances entourant sa mort
ont été complètement réexaminées.
Une autopsie a
facilement déterminé que la cause du décès
était un empoisonnement
au méthanol. Le méthanol,
également connu sous le nom d'alcool de bois,
est un seul vent qui,
malgré son nom, n'est certainement
pas destiné à être ingéré.
Prendre aussi peu
que 10 millilitres de méthanol
peut causer une cicité permanente,
mon Dieu, et une dose
de 30 millilitres est fatale.
Pourtant, Rodney
avait choqué tout le monde en consommant
environ 150 millilitres
de méthanol. Il était fait fort, quand même.
La question, bien sûr,
était de savoir comment cette substance
chimique était entrée dans le corps de Rodney
en premier lieu.
Oui, parce que c'est une grande quantité, ça.
150 millilitres, c'est plus
qu'une demi-tasse, en fait.
Oui, exactement.
Oui, c'est pas une goutte.
Tu peux pas prendre ça sans
t'en rendre compte quasiment.
Rodney Marx était un citoyen
Australien et natif de Nouvelle-Zélande.
Il travaillait dans une installation
de recherche des États-Unis.
Compte tenu de l'environnement multijuridictionnel,
en fait,
obtenir tout type
d'enquête véritable serait
presque impossible.
En effet, le NSF
et le Raytheon ont
bloqué toute enquête sur l'affaire.
L'enquête menée par la Nouvelle-Zélande
a rencontré des obstacles à chaque
étape, alors que le reposant essayait
d'enterrer l'affaire à chaque occasion.
Il y a toujours quelque chose
à cacher. En juillet 2000,
un rapport médical initial a été
soumis, affirmant qu'il n'y avait
aucune preuve de meurtre,
d'empoisonnement accidentel,
de toxicité environnementale ou même
d'infection. Pourtant,
étrangement, cette conclusion a été
magiquement tirée et un rapport
a été rédigé avant même la réalisation
d'une autopsie.
De plus, l'enquête
menée en Nouvelle-Zélande
a mis trois ans pour obtenir
les noms des personnes travaillant à la base,
car la NSF et Raytheon
refusaient de fournir
encore une fois ces informations.
C'est fou, hein, de
si peu de transparence,
trois ans pour obtenir les noms
d'une liste de noms.
C'est assez opaque.
Lorsque le détective
a finalement obtenu les noms,
Raytheon et la NSF
ont seulement accepté de distribuer un
questionnaire à leurs employés après
avoir eu la possibilité de sélectionner
les questions autorisées.
De plus, ils ont fortement souligné
à leurs employés
en fait que le questionnaire était facultatif.
Oui, c'est ça.
Oui, de le remplir.
En conséquence,
seules 13 des collègues de Rodney
sur 49 ont répondu
au questionnaire. Ces faits sont assez
choquants étant donné que, selon
tous les compte rendus, tout le monde l'aimait.
De plus, au fur et à mesure
que l'enquête avançait,
le coroner néo-zélandais s'est vu
refusé à plusieurs reprises
des entretiens supplémentaires avec un
médecin ayant traité Rodney.
Le rapport final du coroner
a été publié en 2008
concluant qu'il n'y avait aucune preuve
pour étailler quoi que ce soit
et finalement aucun verdict n'a été rendu
quant à la cause de sa mort
nous laissant seulement spéculer.
C'est fou.
C'est comme si les Américains
ne prenaient pas du tout au sérieux
de l'enquête.
Trois ans pour fournir les noms.
Une fois que tu as les noms, trois ans plus tard,
ces gens-là, est-ce qu'ils se rappellent
aussi clairement ce qui est arrivé
la veille, l'avant-veille,
cette semaine-là, trois ans plus tard?
C'est carrément
une entrave, selon moi,
à l'enquête, tout ça.
Puis après, ça devrait être obligatoire
et non facultatif. Ça devrait pas être
un questionnaire, ça devrait être des
entretiens en personne.
Ça devrait être les 49,
pas juste les 13 qui ont accepté
d'une manière facultative.
Il y a quelque chose.
C'est louche. Est-ce que les Américains
protègent un de leurs citoyens?
Est-ce que Rodney,
il savait quelque chose qu'il devait pas?
Je veux dire,
mourir par empoisonnement aussi,
c'est une forme de symbole.
C'est sûr que c'est plus discret aussi,
mais ça doit goûter en plus.
C'est là que ça m'intrigue
la quantité qu'il a consommé.
Est-ce que c'était sur un long plat?
Bref,
on s'en repart.
Le rapport final du coroner
néo-zélandais a été publié
en 2008 concluant
qu'il n'y avait aucune preuve pour étayer
quoi que ce soit. Et comme tu dis, Seb,
il n'y a eu aucun verdict
en lien avec sa mort.
Alors qu'on se plonge dans les théories
sur ce qui a pu arriver à Rodney,
je dirais que la spéculation sur cet incident
est plutôt délicate en raison des détails
obscurs et du manque de coopération
des parties impliquées.
La première théorie souvent évoquée
dans les discussions sur cette affaire
est liée à l'idée que Rodney
aurait accidentellement bu du méthanol
en raison de la
fabrication de son propre moonshine.
C'est-à-dire que, bon,
la base possédait sa propre
distillerie,
mais il semblerait que nulle part
on pouvait trouver du méthanol
dans la distillerie. C'est quand même
aussi étrange. Donc apparemment que Rodney
fabriquait un genre de moonshine qui est un peu
un whisky
à l'époque de la prohibition
qui était fait un peu la nuit
à l'abri des regards.
Donc lui apparemment qui en fabriquait un,
mais là,
est-ce que vraiment il aurait bu
un, je ne pense pas
que tu mets du méthanol dans du moonshine,
puis
je ne vois pas en quoi ça serait lié.
Il y en a qui disent que Rodney
aurait peut-être confondu deux bouteilles
sur son bureau,
parce qu'apparemment qu'il y avait un espace de travail
assez désordonné, mais
150 millilitres de méthanol,
non, c'est ça, c'est de l'alcool à bois,
c'est pas une
petite gorgée, 150 millilitres,
il faut vraiment que
tu t'en rendes compte selon moi.
L'autre personne clé dans
l'affaire, c'est le docteur Robert Thompson,
évidemment, qui a traité Rodney.
Certaines de ses actions étaient très
discutables, comme par exemple
il lui a injecté
du aldol, le cédatif,
peu de temps avant qu'il décède.
De plus, il y avait un
analyseur de sang
Hechtachem dans la pièce,
s'il y a des distordus dans le domaine de la santé,
vous pouvez nous dire un peu qu'est-ce que c'est
tout ça, et apparemment que la batterie
au lithium était morte, ce qui
signifiait que l'appareil
perdait son étalonnage
à chaque fois qu'il était éteint.
Thompson était au courant de ce
dysfonctionnement et l'avait signalé à l'entreprise
Raytheon, mais pour une raison
quelconque, il n'avait jamais tenté de
le réparer et a décidé de ne pas le
laisser allumer tout simplement.
Donc, Raytheon et la NSF ont
évidemment refusé de coopérer,
mais cela semble faire partie
d'un genre de schéma plus large
de comportement lorsqu'il
s'agit d'incidents douteux qui se sont
produits en Antarctique. Comme tu dis,
il y a une opacité. Alors que
les enquêteurs étaient sceptiques
quant à un empoisonnement intentionnel,
s'il s'agissait d'un complot par
exemple, on ne peut que remettre en question
la motivation. C'est quoi le mobile
de tuer Rodney? Mais
évidemment, lorsque l'on prend en compte
tous les autres scandales qui se sont produits
dans diverses situations par le passé,
pour les moindres petites choses,
cela ouvre certainement la porte à
plusieurs possibilités de mobile.
Une autre chose étrange,
c'est que les collègues de Rodney ont déclaré
après sa mort qu'il était apprécié,
mais encore une fois, il y a juste
13 d'entre eux qui ont coopéré
vraiment à l'enquête.
Donc,
comment dire, aussi,
il n'y a aucune
déclaration de sa fiancée,
Sonia, parmi ces 13-là.
Donc, bizarre encore une fois,
elle a donné des preuves lors des
audiences, mais elle a refusé
de donner des interviews sur la mort
de Rodney, à part en 2004,
où il a admis à être retourné
même travailler à la station de recherche
en Antarctique,
où son travail, ironiquement,
consistait à suivre les produits
chimiques et l'équipement de nettoyage
utilisé sur la base.
Donc, c'est tout de même un peu bizarre
de la part de sa fiancée,
je dirais tout d'abord de retourner
sur la base où son
copain est décédé,
puis en plus de gérer les produits
chimiques, tout ça, ça ne fait pas d'elle
une suspecte, mais c'est
un autre comportement bizarre dans ce
mystère-là.
Et peut-être le dernier détail étrange
qui n'a jamais été vraiment complètement
élucidé, c'est le fait
qu'apparemment, il y avait des marques
déguées retrouvées sur le bras de Rodney.
On sait qu'il y a au moins une
marque qui aurait pu provenir du médecin
quand il lui a injecté le aldol,
mais les autres, ça vient de
où, ça? Donc, encore une fois,
il y a beaucoup plus de questions
que de réponses en lien avec la
mort de Rodney Marx.
Les résultats de l'enquête menée en
Nouvelle-Zélande ont été publiés en 2008,
concluant qu'il n'y avait aucune preuve
pour condamner
qui que ce soit. Donc, l'énigme de la
mort de Rodney Marx persiste
et elle l'alimente,
d'une certaine façon, la fascination et la
perplexité de ceux qui s'intéressent
au mystère
du continent glacé.
Donc, évidemment,
en raison de tout ça,
des questions
de juridiction, on voit que
justement la loi, puis un peu le flou
au niveau du droit en Antarctique,
n'aide pas lors de l'enquête
de ce type-là.
Puis ses parents, en fait, les parents
de Rodney, ont un peu fait
la paix avec sa mort, en enfermant
qu'ils ne s'attendent plus à des résultats
sur l'enquête. Ils acceptent de
vivre sans savoir ce qui est réellement
arrivé à leurs fils. Donc, c'est
triste quand même.
C'est très triste pour les parents, pour tout le monde.
D'aptiquer comme ça, je les comprends
aussi un certain point d'aptiquer parce que
ça doit tellement être coûteux en
ressources, en énergie, en espoir
qui tombe par
la suite.
Mais c'est ça, c'est triste de voir qu'en raison
de très peu de transparence,
sa mort est peut-être facilement expliquable.
En plus, oui.
Mais ses parents le seront peut-être
jamais. Donc, c'est très
triste pour cette histoire-là.
Absolument. Il y a une autre problématique,
Émile, notoire et non
négligeable qu'on doit vraiment parler
en Antarctique. Oui. C'est les cas de
violence et de harcèlement sexuel
car ils sont très fréquents si on se
fit à plusieurs rapports.
Selon des enquêtes menées dans les bases
scientifiques australiennes de l'Antarctique,
une ambiance de vestiaires,
des plaisanteries et moqueries sexuelles,
des demandes intempestives
de rapports sexuels et des comportements
homophobes ont été identifiés,
créant un environnement assez
toxique pour les travailleurs.
Parce que oui, j'imagine que si la violence
en général, les gens pètent des coches
pour s'être fait divulguer
la fin
d'un livre,
au niveau sexuel,
effectivement, ça ne doit pas être
facile sur place. Non, vraiment
pas. De plus, une station
de recherche américaine à McMurdo
a été le théâtre de harcèlement
et de violence sexuelle avec de nombreuses
femmes dénonçant des agressions
sexuelles subies et une culture
machiste. Ces rapports
mettent en lumière les défis auxquels sont
confrontés les personnes travaillant
en Antarctique et soulignant vraiment
la nécessité de mesures pour
assurer un environnement de travail
sûr et respectueux pour l'ensemble
des demandes du personnel.
On a épluché un des rapports
sortis en 2022 et
il s'agit d'un document pour titre
« Perspectives des forces
de l'ordre sur les questions de
harcèlement sexuel et de harcèlement
concernant le programme Antarctique
des États-Unis ». Il est publié
par la Fondation nationale
des sciences des États-Unis.
Le rapport fait plus de 28 pages
et on y trouve des témoignages
assez troublants. Oui.
Tout d'abord, selon le rapport,
47 % des femmes interrogées
et 33 % des hommes
estiment que l'agression sexuelle est un
problème au sein
de la communauté de chercheurs américains
en Antarctique. C'est beaucoup, c'est une femme
sur deux et un homme sur trois.
Dans les groupes de discussion,
les entretiens avec les parties prenantes
clés et par correspondance électronique,
les interviewés ont relaté
des expériences telles que
il y a un superviseur
masculin tentant d'entrer
dans les chambres des femmes à l'aide
de ses clés principales.
Une agression sexuelle sur la station
au cours de laquelle l'agresseur a
violemment frappé à la tête la victime
contre une armoire métallique
avant de l'agresser sexuellement.
Un homme a également signalé avoir
été tripoté par des collègues
masculins et féminins.
Peu importe le sexe, les participants
au projet ont décrit comment les femmes
sont chassées et perçues comme
des proies par des hommes plus âgés.
Oui, on dirait que les gens
deviennent des animaux.
Une répondante à l'enquête a écrit
« Dès mon premier jour à la base
McMurdo, on m'a dit de rester
à l'écart du bâtiment.
Si je ne voulais pas être violé…
»
Une survivante d'agressions
sexuelles et de harcèlement
encore une fois à McMurdo a raconté
« Je suis parti parce que j'ai été
agressé sexuellement. Je n'ai pas
signalé, je ne l'ai pas signalé
car, d'après tout ce que j'avais
vu jusqu'alors, j'ai supposé
que mon entreprise me licencierait
si je le faisais. Quand j'ai atteint
le point où je ne pouvais plus
le supporter, j'ai démissionné.
»
Ils ont peur même
de dénoncer ça,
que ça se retourne contre eux.
Ce n'est pas normal.
Ils n'ont pas le choix de passer
beaucoup de temps en présence
de leurs agresseurs en isolement
comme ça.
Des entrepreneurs ont décrit
comment, malgré des efforts
répétés pour signaler les abus
et tenir les auteurs responsables
par le biais du processus des
ressources humaines, il y avait
rarement de sérieuses conséquences
pour les auteurs de harcèlement
et d'agressions sexuelles.
Une autre répondante a affirmé
« Un nombre notable de membres
de la communauté estime que les
départements des ressources humaines
des entrepreneurs et sous-traitants
minimise, dénigre et blâme
les victimes qui signalent le
harcèlement sexuel et l'agression
sexuelle. »
Une autre interviewée a parlé
d'une survivante d'agression
sexuelle qui n'était pas disposée
à signaler à la personne
responsable d'intervenir à sa
station car elle pensait que
cette personne était mal informée,
dénigrante, inaccessible et
susceptible de minimiser son
expérience.
Des descriptions d'hommes
suivant des femmes jusqu'à leur
dortoir après que leurs avances
sexuelles ont été rejetées,
des femmes se sentant obligées de
se cacher dans d'autres pièces
pour que la personne qui les
harcèle ne sache pas où elles
vivent, et des hommes ayant
accès aux horaires de travail
des femmes travaillant à la
cuisine pour les traquer
lors du changement d'équipe
pour les suivre chez elles.
C'est fou!
Il y avait une femme à
McMurdo, a raconté
à un interviewé, qui m'a dit
qu'elle portait un marteau avec
elle et elle change constamment
de chambre car elle est tellement
effrayée. Les ressources humaines
lui ont dit de se promener avec
une radio si elle se sentait
mal à l'aise, mais ils ne peuvent
rien faire car elle est encore
sous enquête.
Les résultats du rapport soulignent
la nécessité vraiment d'une action
immédiate pour prévenir et répondre
à ces problèmes. C'est un rapport de
2022, je vous rappelle.
Avec toutes ces histoires, Emile,
et je suis sûr qu'il y en a d'autres,
qu'on ne connaît pas,
on se rend vraiment en compte que l'isolement
et le manque d'intimité et un climat
extrême peuvent vraiment pousser
l'humain à ses limites corporelles et
psychologiques. On dirait que le dernier
rapport, c'est encore pire.
Pas que c'est pire, mais c'est un angle
encore plus mauvais de l'humain.
Oui, tu mélanges justement.
C'est sûr que c'est des endroits
où il y a des proportions d'hommes
vraiment
hommes et femmes débalancés.
Il y a beaucoup plus d'hommes que de
femmes. On dirait que ces gens-là
avec
l'alcool, avec les abus
qu'ils peuvent faire, même si c'est des gens à la
base, on n'envoie pas
des douchebags du New Jersey.
On envoie des scientifiques
entraînés, des gens qui ont des hautes
études, des sommetés, et tout ça.
Mais on dirait que là-bas, ils deviennent
je ne sais pas si le cul y baisse
ou les pulsions primaires
sont tellement fortes qu'ils sont incapables
de se contenir.
Ils snap
envers des collègues,
vont faire des tentatives de meurtre.
Effectivement, l'aspect sexuel
n'a aucun bon sens.
On dirait qu'ils se comportent là-bas
comme
ils se comporteraient dans la société
actuelle, dans leur pays
où ils vivent. C'est comme si
ils étaient vraiment dans la jungle, sur un
territoire où tout est possible.
Oui, exactement. On dirait que c'est le cerveau reptilien
qui embarque. C'est
étrange. Un peu comme dans les
histoires comme The Experience,
où ce qui enfermait, ils donnaient des rôles
dans les prisonniers.
Pas des vrais prisonniers, des
vrais gardes, mais ils leur donnaient un rôle
de garde et de prisonnier. Ils leur mettaient
des lunettes et tout ça. On dirait que
les gens, ils viraient fous. Ils devenaient avec
des rôles. On dirait que c'est un peu
comme ça.
Dans l'histoire que je te parle,
c'est que les gardes
utilisaient leur pouvoir de manière
exagérée sur les autres.
C'est un peu ça. C'est une forme de pouvoir.
On dirait que quand tu le sais que tu as le droit,
on dirait qu'il y a certains humains qui profitent
de cette latitude.
Il y a un espace où ce qu'ils peuvent le faire
et le font. C'est
troublant. Je pense que ça fait
partie de l'humain. On dirait que peu importe,
j'ai l'impression que la personne,
tout le monde n'est pas un agresseur, un abuseur
même en Antarctique, mais j'ai l'impression
que la prévalence, elle doit
être beaucoup plus élevée, même pour des gens
que je pourrais dire normaux.
On dirait à cause du contexte.
Tout à fait. C'est tellement intense.
C'est une méchante histoire, honnêtement.
Je ne pensais pas
tout ça de l'Antarctique.
Il y a des belles histoires
aussi, mais on est à distorsion.
On va vous laisser les découvrir via d'autres
publications.
Il y a des histoires aussi un petit peu plus
contestées et contestables.
On va en parler dans l'after show.
On va parler de théorie du complot
liée à l'Antarctique, parce que
c'est un monde mystérieux, un monde énigmatique.
Donc, on ne sait pas trop
qu'est-ce que ça nous réserve et ça laisse place à plein
d'histoires
funky. Certaines
qui sont complètement tirées par les cheveux et d'autres
à vous de juger. Peut-être
que vous les jugerez probables. Mais théorie
du complot en Antarctique,
c'est de ça qu'on vous parle dans l'after show
pour nos abonnés Patreon.
Merci Seb.
Merci au Distordu. C'est déjà la fin.
Dites-nous ce que vous pensez
de cet épisode-là. Est-ce que vous, vous aimeriez
aller vous isoler en Antarctique
faire de la recherche scientifique?
Peut-être que vous aviez envie avant et que maintenant vous
n'avez plus envie. On vous comprend.
On vous remercie d'être toujours à l'écoute
de votre soutien perpétuel.
Merci à André Beaupré pour
son montage.
La musique est de moi-même dans cet épisode.
Vous savez
où nous trouver les Distordus si vous voulez nous parler.
On est partout. On est sur YouTube,
sur Facebook, Twitter, sur TikTok
aussi, sur Instagram, bien sûr.
Et on a bien hâte
de savoir ce que vous en pensez. Il reste encore
quelques épisodes à cette saison.
Tenez bon jusqu'à la fin.
Et on a quelques surprises, en fait plusieurs surprises
de réservés pour vous.
Avant de quitter, on n'a pas le choix
de donner des gros shout-out
à nos abonnés Patreon pour
leur amour inconditionnel.
Je te laisse aller Seb.
Oh oui, un gros Wi-Fi. Merci
à Sarah R,
Isabelle L. F,
Isabelle B,
la mystérieuse ou le mystérieux Everyday Love
et Call me
Mr. Af Hott.
Une bonne
poignée de main à Elise F,
Céline G, à Audrey
B, à Alexane L
et à Sophie M.
Merci beaucoup, beaucoup à
Jay P, Antoine R,
Raph P, Alice
V et Beigel
Fret.
On ne pourrait faire ce show
sans l'aide d'Alejandra
D, de Mélanie B,
de Jess L, de
Caroline B et du mystérieux
ou de la mystérieuse JB.
Un gros bisou à
Laurie O, Ulysse B,
Samsonite
Alexandre L
et Mathieu V.
Aussi, une bonne
tape dans le dos à Jean-Philippe,
à Gio Vanity, à Benoît L,
à Evelyne G et à
Marianne L.
Je souhaite beaucoup de bonheur à
Zora Light, à Nancy G,
à Grégory J, à
Adi L et à Chloé B.
Un gros câlin à Maud
P, F, à Caroline,
à Camilia J,
à Mariline B
et à Geneviève G.
Je poursuis à Aquamarine,
avec
Aquamarine, Steve B,
Emma D, Sabrina L,
A et Sylvain M.
Et pour terminer, une grosse
dose de love à
Massico, à Chloé B,
à Mathieu B, Mathias
D et Elly L.
Merci à vous.
Claire mon cher Émile, est-ce que
tu as un mot de la fin pour nous?
Si vous souhaitez partir en
l'Antarctique, sachez qu'avec nos
120 épisodes, vous pourrez
survivre à l'isolement pendant plusieurs mois.
C'est certain.
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