Un tueur en série a semé la terreur dans une petite ville américaine pendant plus de 30 ans en torturant et tuant une dizaine de personnes. Après chaque crime qu’il commettait, il communiquait avec les médias en leur soumettant des preuves de ses crimes et en signant ses lettres par les initiales B.T.K. (Bind Torture and Kill). Malgré tous les échanges entre lui et les autorités, celui-ci était très méticuleux et ne laissait jamais d’indices sur ses scènes de crime. C’est un tueur qui semblait infaillible… Par contre, après plus de 3 décennies, il est finalement tombé dans un piège tendu par les autorités et s’est fait trahir par des traces numériques…Suivez-nous dans ce long jeu du chat et de la souris, qui s’est échelonné sur 3 décennies entre Denis Rader et les autorités.

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#76 - BTK Killer - Trahi par le numérique
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Des histoires étranges de l'ère numérique.
Un tueur en Syrie a semé la terreur dans une petite ville américaine pendant plus de 30 ans,
en torturant et tuant une dizaine de personnes.
Après chaque crime qu'il commettait, il communiquait avec les médias en leur soumettant des preuves de ces crimes
et en signant des lettres par les initiales BTK.
Malgré tous les échanges entre lui et les autorités, celui-ci était très meticuleux
et ne laissait jamais d'indices sur les scènes de crime. Il semblait infaillible.
Après plus de trois décennies, il est finalement tombé dans un piège tendu par les autorités
et s'est fait trahir par des traces numériques.
Suivez-nous dans ce long jeu du chat et de la souris qui s'est échelonné sur plus de 30 ans.
Bonsoir Emil Gauthier, comment vas-tu?
Ça va très bien Sébastien Lévesque, toujours en confinement, c'est le deuxième épisode qu'on enregistre à distance comme ça.
C'est un peu différent, on commence à avoir hâte à se voir dans la vraie vie, je pense.
Oui, vraiment, c'est tellement pas la même dynamique d'enregistrer l'épisode à distance,
même si on le fait live d'une certaine manière, il manque quelque chose, je dois te dire.
Oui, pour les distordieux qui sont moins au courant, on a pris une petite pause parce que justement avec la COVID,
je suis tombé en arrêt de travail, on n'avait plus d'épisodes en banque,
donc on doit un peu recommencer la recherche, ressortir des épisodes,
les ressortir en bonus pour les Patreons, pour nos membres Patreons, les sortir un petit peu en avance.
Mais là, on reprend notre rythme tranquillement, on vous rappelle qu'il nous reste cinq épisodes à cette saison-ci
et il y a un vote en cours sur notre groupe de discussion Facebook en ce moment pour le dernier épisode de la saison
qui va être voté par les membres de la communauté sur notre groupe de discussion sur Facebook.
Puis en plus, il ne faut pas oublier que nos membres Patreons, ceux qui sont abonnés au forfait Oui Monsieur,
vont avoir droit à un épisode secret juste pour eux qui risque de sortir un peu plus tard cet été.
Oui, c'est sûr, c'est la chance en fait que vous avez d'avoir un épisode d'exclusif, c'est d'être un membre Patreons, donc n'hésitez pas à y aller.
Yes, sinon pour le cas de ce soir, on voulait vous donner quand même un avertissement comme quoi c'est un épisode qui risque d'être assez difficile.
On va tenter de vous épargner certains détails, mais il y en a certains qu'on n'aura pas le choix de vous dire.
Donc si vous écoutez Distorsion dans un open space, bon, on est toujours en confinement, donc généralement vous devriez être seul chez vous ou du moins en petit groupe.
Mais si vous écoutez cet épisode-là, je ne sais pas moi, en 2025 et qu'il n'y a plus de confinement, eh bien on vous conseille de l'écouter.
Si vous travaillez dans un open space ou quelque chose comme ça, bien, de l'écouter dans les écouteurs et de garder ça pour vous parce qu'il y a certaines scènes dans l'épisode qui sont un peu plus difficiles.
Sinon, c'est assez rare, Sem, qu'on parle de tueurs en série. Toi, est-ce que tu as une fascination pour les tueurs en série?
Je sais qu'il y en a qui ont comme vraiment une obsession, je ne veux pas dire amour, mais qui ont vraiment une fascination pour ce sujet-là.
Les tueurs en série m'ont toujours fasciné, mais je n'ai jamais été tant obsédé par eux. Par contre, la seule exception, c'est Ted Bundy.
Et lui, étrangement, je suis tombé sur son histoire quand j'avais peut-être 11 ans.
J'avais vu un genre de... C'était pas un documentaire, mais c'était une fiction sur sa vie justement quand j'étais jeune.
Et ça, automatiquement, on dirait que à partir de ce moment-là, j'ai toujours suivi son dossier et ça m'a toujours fasciné.
C'est le tueur en série que j'ai le plus analysé, à part le cas de ce soir.
Mais je m'intéresse toujours aux tueurs en série, mais on dirait que c'était lui vraiment.
Sinon, je n'ai pas tant de fascination, à part le fait que je suis fasciné par le fait qu'il existe des tueurs en série et que des gens tuent toujours sur les mêmes motifs des tonnes de personnes sans se faire prendre souvent.
Oui, vraiment. Le cas de ce soir est particulier, le cas de Dennis Rader, aussi connu sous le nom de BTK, parce que c'est une histoire qui s'est échelonnée sur trois décennies, sur plus de 30 ans.
Il y a eu des meurtres commis en l'espace de toutes ces années-là.
Et puis même si c'est une histoire qui remonte avant l'ère numérique, parce qu'on va faire un pas derrière jusqu'aux années 70, ce soir, c'est quand même un cas qui a été résolu grâce aux preuves numériques.
Parce que justement, ça s'est échelonné sur tellement longtemps que même dans les années 2000, cette histoire-là a connu des développements grâce aux traces numériques et aux indices laissés derrière lui.
Donc, ça risque d'être fort intéressant. Moi, j'aime toujours ça quand un cas plus vieux, une histoire un petit peu plus vieille, connaît des rebondissements à notre ère actuelle.
Ça prouve que certains cold cases qui datent d'il y a très longtemps peuvent quand même connaître des résolutions plusieurs années plus tard grâce aux technologies.
Ben oui, t'as absolument raison. En fait, il y a même eu deux types de traces numériques ou du moins d'utilisation de la technologie qui ont permis d'arrêter BTK.
Mais sans ça, il n'y aurait jamais pu. Ces éléments-là, si ça avait été à la fin des années 70, par exemple, il n'y aura pas pu utiliser ça pour l'arrêter justement, comme tu disais, c'est grâce à la technologie.
Exactement. On a un shout-out qui nous vient d'une review 5 étoiles sur Apple Podcasts à donner ce soir.
Et ce shout-out nous vient de Rampalemi, de la France, qui nous dit « Avant de découvrir Distortion, je n'écoutais pas de podcast et je détestais l'accent québécois. Ah!
Tout a changé grâce à Émile et Seb, des histoires toujours passionnantes et toujours bien racontées. Merci pour tous les gars. »
Et en espérant que notre accent continue de vous séduire.
Oui, merci à toi, Rampalemi.
On a aussi plusieurs shout-out Patreon à donner. Merci à ceux qui rejoignent notre page Patreon. Vous pouvez le faire au patreon.com.
Vous allez voir, on a deux forfaits. Le forfait à 2 $ qui donne accès aux épisodes en exclusivité avant.
Donc généralement une semaine avant que ce soit disponible au public.
Et le forfait Oui Monsieur à 7 $ lui donne accès à du contenu exclusif, du contenu premium.
Donc, comme ce soir, on va enregistrer un after-show sur la psychologie de BTK.
Eh bien, ça va être disponible uniquement aux membres Patreon au forfait Oui Monsieur.
Et aussi, c'est eux qui vont avoir accès à l'épisode secret en fin de saison. Seb, je te laisse commencer.
Oui, on donne un gros shout-out à Isabelle CL. Merci à toi.
Aussi plein de bisous à Elise S.
Une grosse poignée de main à Luc L.
Un autre shout-out à Catherine T. Tu sais qui tu es.
Merci Jérémie B.
Shout-out et plein de respect à Nancy P.
Et à toi Vincent T. On t'aime.
Cet épisode ne serait pas possible sans l'aide de Pascal M. du Fat Pack. Shout-out à toi.
Un autre shout-out à Noémie S. Du Love.
Oh yes. Aussi plein de respect à Julie L.
Sans oublier Hugo R.
Aussi un high-five à Valérie S. Oh, shout-out à toi.
Edit B, on te fait une grosse colle.
Aussi on envoie plein de love à Christiane S.
Et on termine avec beaucoup beaucoup de bière pour Mathieu D. Merci.
Shout-out à tous nos membres Patreon.
Là-dessus Seb, est-ce qu'on est prêt à se lancer dans cette histoire troublante, celle de BTK?
Oui, mais juste avant Emil, nous devons vous dire un petit mot à propos de notre partenaire,
la Faculté de l'éducation permanente de l'Université de Montréal.
Celle qui enseigne aux adultes et où les admissions sont en cours pour le certificat en enquête et renseignement,
comme pour les 30 autres programmes qui sont offerts.
Absolument, mon cher Seb. Il s'agit d'un certificat universitaire de 30 crédits pour toute personne passionnée d'enquête
qui souhaite travailler dans les milieux professionnels ou criminels.
Au terme du certificat, vous serez en mesure de mener une enquête de A à Z.
Ce certificat est parfait si vous voulez compléter une formation existante,
réaliser un bac par cumul avec d'autres certificats, par exemple, pourquoi pas la criminologie, ou même réorienter votre carrière.
Est-ce que ce serait une bonne formation pour, mettons, deux podcasters qui s'intéressent aux enquêtes?
Oh que oui, mon cher Emil. Même que j'y pense un petit peu à tous les jours, encore plus en confinement.
Oh oui. Peu importe d'où vous venez, que vous soyez un distordu canadien ou européen,
vous pouvez vous inscrire au certificat en enquête et renseignement à la FEP, au fep.umoréal.ca, au fep.umoréal.ca.
Et là-dessus Seb, est-ce qu'on est prêt à se plonger dans l'esprit tordu de BTK?
Oui monsieur!
C'est parti!
Yeah!
Nous sommes en 2004, dans la ville de Wichita, au Kansas.
Cette ville, située au cœur du Midwest américain, est la plus grande ville de cet état.
Cependant, avec une population estimée d'environ 400 000 habitants,
ça lui permet tout de même de conserver une atmosphère de village et de tranquillité.
Un endroit parfait pour élever une famille.
Toutefois, c'est drôle parce que quand j'avais entendu la ville de Wichita dans cette histoire-là,
je me disais, on a déjà parlé de d'autres sujets qui se sont déroulés là.
Je ne sais pas si tu te rappelles, ma mémoire n'est pas assez bonne pour que je me rappelle exactement lequel,
mais j'ai fait une petite recherche, puis malgré le fait que c'est une ville de 400 000 habitants qui est quand même tranquille,
c'est la 58e en termes de taux de meurtre par habitant,
donc égal avec Miami en Floride, donc plusieurs millions d'habitants.
Donc c'est effectivement une ville qui est reconnue pour son taux de meurtre quand même assez élevé.
Donc j'essayais de trouver, c'est con là, mais j'essayais de trouver de quelle histoire on avait parlé,
puis je n'en trouvais pas parce que j'en trouvais tellement d'autres.
Je trouvais tellement de meurtre, je pense que c'est 9,7 meurtres par année par 100 000 habitants, donc c'est quand même beaucoup.
Wow, quand même! Mais oui, j'avais lu qu'elle avait quand même un taux de criminalité élevé,
mais c'est beaucoup là, parce que c'est même plus petit que la ville de Québec.
Par contre, cette ville-là, elle a un nombre au tableau, un peu comme tu le dis,
elle a été le siège de sept meurtres horribles qui ont été commis sur une période de cinq ans,
entre 1974 et 1979, par un tueur en série qui se surnomme lui-même BTK,
qui sont les initiales pour Bind, Torture and Kill, qui veut dire dans le fond Ligoter, Torturer et Tuer.
Mais personne n'a été arrêté et condamné pour ces crimes, et le tueur court toujours.
Cependant, la ville respire mieux depuis quelques années, car BTK ne semble pas avoir fait de nouvelles victimes.
Ambiance totalement différente du milieu et de la fin des années 70 jusqu'au début des années 80,
car à cette époque, il y avait beaucoup d'anxiété et de peur qui régnait sur la ville,
au point où une routine quotidienne était suivie par des milliers de femmes de Wichita.
En arrivant à la maison, elle vérifiait immédiatement si le téléphone fonctionnait.
Si la ligne était morte, elle devait quitter la maison au plus vite.
Pourquoi cette routine? Parce que c'était l'un des modus operandi du tueur BTK
de couper la ligne téléphonique de la résidence de ses victimes avant de les attaquer
pour éviter qu'elle puisse avertir bien sûr les policiers lorsqu'ils s'en prenaient à elle.
C'est une tactique, je te dirais, que les tueurs en série d'aujourd'hui
ne peuvent plus vraiment utiliser de couper la ligne téléphonique,
parce que maintenant, des lignes dures, on en a moins,
et si on en a une, généralement, on a un téléphone cellulaire.
Donc cette tactique-là, si vous voulez appliquer ça pour être un tueur en série,
ce n'est pas à copier.
Non, c'est sûr.
Toujours en janvier 2004,
le journal local de Wichita Eagle
publie un reportage intitulé BTK Case Unsolved 30 Years Later.
Donc le cas de BTK toujours irrésolu 30 ans plus tard.
L'article souligne le 30e anniversaire de son premier crime en 1974
et se questionne à savoir si le meurtrier n'est pas en prison
pour d'autres crimes qu'il aurait commis
ou s'il ne s'est pas enlevé la vie ou même déménagé de secteur.
Parce qu'habituellement, un tueur en série n'arrête jamais si longtemps
sauf s'il est coincé par les autorités.
Oui, exact. Tu as raison.
La plupart des tueurs en série, du moins,
puis on aurait la chance d'en reparler un petit peu plus tard,
vont laisser peu de temps entre leur série de meurtres
parce que souvent ils savent qu'ils vivent sur du temps emprunté
ou partent dans un genre de cavale.
Donc ils essaient d'en faire plusieurs avant de se faire attraper.
Mais dans ce cas-ci, il y a plusieurs temps de latence.
Oui, exact.
Cependant, la publication de cet article n'a pas laissé le tueur BTK indifférent.
Lui qui avait l'habitude de communiquer et de narguer les médias et les autorités
lorsqu'il commettait des crimes.
On y reviendra.
Il répliqua trois mois plus tard par une lettre,
soit le 19 mars 2004,
pour prouver qu'il est toujours en vie et en liberté.
Il expédie une lettre au Journal Ego
et il confesse un autre meurtre
d'une jeune femme qui l'aurait commis le 16 septembre 1986.
Un meurtre qui n'avait pas été attribué à BTK.
Et comme preuve que c'est bien lui le tueur,
il inclut une photocopie du permis de conduire de sa victime Vicky Wiggerly,
ainsi que trois photos de la scène de crime.
Le nom de l'expéditeur sur l'enveloppe avait les initiales BTK.
Le dossier d'enquête de BTK, comme tu le disais,
était vraiment en latence depuis plusieurs années,
sans nouveaux crimes, sans nouvelles traces.
C'était assez difficile pour les enquêteurs d'avancer.
Ce qui est assez ironique de cette lettre-là,
c'est que l'équipe qui enquêtait sur BTK vers justement les années 80,
s'appelait les chasseurs de fantômes,
parce que justement BTK était comme un peu un fantôme,
parce qu'il n'arrivait jamais à mettre la main dessus,
il venait de démanteler quelques jours avant le meurtre de Vicky Wiggerly en 1986,
toute cette équipe d'enquête-là.
Mais il ne savait pas, eux, que c'était lui.
Donc, 30 ans après son premier crime, il est de retour dans les médias.
À quel moment tout ça a commencé?
Faisons un bond en arrière.
Exact, on va revenir un petit peu en arrière.
C'est assez cocky, c'est assez culotté, je dirais, de sa part.
Après 30 ans pour un tueur qui s'est toujours pas fait attraper,
de relancer les médias, j'en reviens pas,
tu sais, c'est vraiment quelqu'un qui recherche l'attention médiatique,
on le sent.
Ah oui, vraiment, parce que ça avait pris quasiment 15 ans
avant qu'il n'y avait pratiquement pas beaucoup de nouvelles de lui,
pas de meurtre, rien.
Puis là, tout à coup, il semble avoir un gros égo.
Oui, nous sommes maintenant vers la fin novembre en 1973,
toujours dans la ville de Wichita, au Kansas, aux États-Unis.
Les sept membres d'une jeune famille originaire de Porto Rico
viennent de s'installer dans une jolie petite maison.
Joseph Otero, 38 ans, s'est trouvé un emploi
comme instructeur de vol et technicien d'aviation.
Sa femme, Julie, 33 ans, s'occupe de leurs cinq enfants
prénommés Charlie, âgé de 15 ans, Danny, 14 ans,
Carmen, 13 ans, Josephine, 11 ans et Joseph Junior, 9 ans.
Grosse famille.
Oui, tous arrivés à un an d'intervalle.
Leur arrivée dans le secteur a été remarquée par un citoyen
de la ville de Park City, en banlieue de Wichita,
qui a remarqué Julie avec ses beaux yeux et ses cheveux noirs.
Dès la première fois qu'il l'a vu,
il s'est dit que c'était son type de femme.
Il la voit pratiquement chaque matin
depuis qu'il va reconduire sa femme au travail quotidiennement
depuis le début décembre,
car celle-ci n'aime pas conduire l'hiver.
Ce que sa femme ne sait pas,
c'est que son mari a développé une obsession sur Julie
et que celui-ci a une sorte de double vie
et plusieurs fantasmes sadiques et sexuels malsains en tête
qu'il souhaite réaliser.
Au début de janvier 1974,
il se dit qu'il doit passer à l'action.
Les simulacres avec les animaux ne le satisfont plus.
Il veut passer à la vitesse supérieure.
Cependant, avant de tuer un humain,
il doit se préparer et mettre tout en scène.
Il se met alors à la recherche d'un lieu adapté pour un crime.
Il visualise celui-ci dans un champ,
puis une clarrière, voire même sa chambre à coucher.
Il se met alors en chasse et, quand une femme lui plaît,
il se met à la suivre et s'imagine ce qu'il va lui faire.
Un soir après le travail,
il se met à arpenter le centre commercial Twin Lakes
où il repère une femme de son goût et l'aborde gentiment.
Elle accepte de le suivre et de prendre un verre avec lui
avant de l'accompagner jusqu'à sa voiture dans le stationnement.
Mais saisie par un étrange pressentiment,
elle refuse finalement de monter dans sa voiture
et se débat avec force pour se sauver.
Pris de panique, il la laisse s'enfuir et disparaît.
Ça ne s'est pas passé exactement comme il le souhaitait.
Il se dit qu'il manquait de préparation
et que de tenter d'enlever quelqu'un dans un lieu public
était beaucoup trop risqué.
Le 15 janvier maintenant, l'opération Little Max est prête.
Il a consigné toutes les phases de son plan
dans un petit carnet qu'il a enfermé dans une chemise
et caché dans un tiroir de son bureau de travail.
Cela fait trois semaines qu'il épie les faits et gestes
de Julie Otero et de sa famille.
Ils n'ont plus aucun secret pour lui
et il sait à quel moment il doit frapper.
Ce matin-là, il n'a pas à aller reconduire sa femme au travail.
Il l'embrasse et quitte son domicile
et s'installe tranquillement dans sa voiture.
Il roule jusqu'au parking du centre commercial Dylan et se gare.
Il vole alors un véhicule quelques allées plus loin.
Il travaille pour une compagnie de système d'alarme,
je tiens à préciser,
et voler une voiture, ce n'est pas un grand défi pour lui.
À bord du véhicule volé,
il emprunte alors la route qu'il connaît maintenant très bien
vers la maison de la famille Otero.
Il est presque 8h30 du matin et il fait encore noir.
L'air est glacial en ce mois de janvier.
Joseph Otero vient tout juste de revenir de l'école
où il est allé reconduire ses trois aînés.
Julie prépare le déjeuner pour les plus petits
pendant que Joseph boit son café.
Le début de journée est tranquille comme à l'habitude.
Par contre, durant ce temps, notre homme au fantasme tordu
est derrière la maison et vient de couper la ligne téléphonique.
Il s'introduit alors dans la maison familiale
pendant que tout le monde est à table.
15h30.
Deux des enfants, Otero rentre de l'école
et, étrangement, la porte du garage est ouverte
et la voiture familiale n'est plus là.
Il remarque le sac à main de leur mère
qui est vidé sur le plancher du salon
et la nourriture et la vaisselle du déjeuner
traînaient encore dans la cuisine.
Personne ne répond à leur appel.
Il fouille alors dans la maison lorsqu'il tombe
sur leurs parents, inanimés,
gisant sur le sol de leur chambre à coucher.
Au même moment, Charlie, l'autre frère,
arrive à la maison et retrouve
ses frères et sœurs en état de choc.
Les trois enfants sortent de la maison
et demandent l'aide aux voisins.
Ça doit être assez traumatisant
à retrouver sa famille comme ça
dans la maison en rentrant.
C'est incroyable. Sincèrement,
ça doit rester en tête toute ta vie.
C'est impossible d'effacer une chose comme ça.
Les autorités arrivent évidemment
sur les lieux du crime.
Ils découvrent alors toute une famille massacrée.
Julie a été retrouvée tout habillée,
couchée à plavante sur le lit,
attachée avec un sac de plastique sur la tête.
Même chose pour Joseph.
Il a été étranglé
et avait un sac sur la tête.
Le petit hôtero a été retrouvé dans sa chambre.
Il avait lui aussi un sac sur la tête.
Quelques minutes plus tard,
un policier descend voir
au sous-sol de la maison. Il faisait noir.
C'est en allumant l'interrupteur
qu'il aperçut la jeune Joséphine,
11 ans, son corps attaché
ainsi que pendu par le cou,
au plafond. La scène bouleverse
tout le monde sur place.
Toutes les victimes avaient été ligotées
de façon particulière.
Le tueur avait d'abord étranglé le père,
puis la mère, avec la corde et les rideaux,
avant de pendre leur fille
et d'étouffer le jeune fils
en lui plaçant un sac de plastique sur la tête.
La maison bourdonne d'enquêteurs
et de spécialistes.
Elle est maintenant passée au pain de fin.
Il ne faisait aucun doute que le crime
avait été planifié, car rien n'a été
laissé sur les lieux du crime par le meurtrier.
Durant de longues semaines,
les enquêteurs travaillent très fort,
mais ne trouvent aucun indice concret,
sauf du sperme près d'un décor.
Et le fait que les nœuds qui ont été utilisés
pour ligoter les mains et les pieds des victimes
étaient faits par quelqu'un qui connaissait
bien ça, car différents types de nœuds
ont été utilisés. Les enquêteurs avaient
l'impression que c'était peut-être un marin.
La voiture d'Eotero a été retrouvée plusieurs
pâtés de maison plus loin.
Plusieurs témoins en fait disaient avoir vu
un homme mystérieux rodé dans le secteur.
Ils construisent même un portrait robot
avec les descriptions recueillies,
mais rien de tout ça ne permet de faire
avancer l'enquête.
Je l'ai vu, le portrait robot,
ça ne ressemblait pas tant que ça
à notre cher BTK, avec du recul.
Non, c'est clair.
On sent dans ce premier meurtre,
dans ce premier cas,
que tout ne s'est pas passé
comme il le voulait.
Lui tentait justement
d'étouffer les gens avec un sac de plastique
et des cordes, mais il s'est rendu compte
que ce n'était pas si simple. Les gens se sont
débattus, même les plus jeunes.
Souvent, il devait justement les étrangler
à mains nues
pour réussir à
les maîtriser.
Comme tu dis, ça prend quelqu'un d'assez
doué en nœud pour justement
sur le fly,
alors que tu es en train de maîtriser une famille
entière, t'amènes la petite
fille au sous-sol et tu la
pends avec un nœud coulant, avec une corde
qui a recueilli sur les rideaux.
Ça prend quelqu'un d'assez doué
rapidement comme ça,
dans une atmosphère de panique
pour faire un nœud coulant.
C'est quelqu'un qui, soit comme tu dis,
peut-être un marin ou peut-être quelqu'un
qui a une formation dans ce domaine-là,
un ancien militaire
ou un cadet ou quelqu'un comme ça.
C'est particulier comme scène de crime,
ça devait être à la fois
troublant, traumatisant,
il devait avoir beaucoup de questionnements de la part
des autorités. Oui, vraiment.
Vous allez les voir, les photos sont
tous là, si vous avez le cœur
pas trop sensible. Les nœuds,
on le voit, c'est tellement bien fait.
On le voit que c'est vraiment quelqu'un
qui maîtrisait. J'en reviens aux policiers.
Il y a des policiers qui ont été
en particulier celui qui a découvert
la fée Joséphine pendue dans
le sous-sol a été extrêmement
traumatisée pendant longtemps
de cette scène de crime-là. C'est la première
fois que la ville de Wichita subissait
ce genre de drame. L'hypothèse du
règlement de compte faisait partie des hypothèses.
Il avait aussi l'impression que c'était quelqu'un
de passage dans la région et qu'il
avait disparu tout simplement. Cependant,
neuf mois plus tard, une
rumeur dans les médias présume qu'un
jeune homme s'est identifié comme l'auteur
des meurtres avec deux autres
complices. Étrangement, le lendemain
matin de cette
rumeur-là, à 6h46,
un informateur anonyme appelle au journal
et mentionne que les policiers
sont sur la mauvaise piste et que s'ils
veulent découvrir le véritable tueur
de la famille Otero, ils doivent se
rendre à la bibliothèque municipale
et consulter un livre précis
car il y a laissé une note.
Les policiers y découvrent une lettre
d'actilographier dans un anglais
pauvre et décousu qui invalide
en premier lieu que le meurtre a été
commis par les trois punks. Le tueur,
c'est ce qu'il a écrit dans la lettre,
que c'était trois punks qui cherchaient
de l'attention. Et il décrit parfaitement
la scène de crime, la position
des corps, ainsi que les pièces
où les corps se trouvaient de la
famille Otero. Certains détails n'avaient
jamais été révélés à la population,
donc cela semblait véritablement
provenir du tueur. Il mentionne
aussi dans la lettre qu'il voulait être
reconnu pour ce qu'il avait fait.
C'est assez particulier parce que,
me semble habituellement, c'est rare
qu'un tueur veut être identifié.
Je sais qu'il y a des exceptions, mais
généralement, c'est pas ça que
tu veux. Il a conclu la
lettre en mentionnant que dorénavant,
son nom de cas est Bind, Torture
and Kill, BTK.
Il termine en disant
« Retenez bien ces initiales, elles seront
sur le prochain cadavre. » Malgré
cette nouvelle piste, les enquêteurs
n'ont rien de plus pour faire avancer
leur enquête. Nous sommes maintenant
le 17 mars 1977,
donc trois ans après le
meurtre de la famille Ottero. Un
appel est fait au 911 afin
de se rendre de toute urgence à la
résidence de Shirley Vianne,
âgée de 26 ans. En arrivant
sur les lieux, on retrouve son
corps inanimé à plaventre sur
son lit, ligoté de la même
façon que la famille Ottero avec
des noeuds et du ruban adhésif.
Cette fois, il y a des survivants. Trois
enfants sont sur place sous le choc,
mais ne sont pas blessés. Quelques heures
plus tôt, le petit Steven, 5 ans,
est allé faire une course au magasin
du coin. À son retour, un
homme l'a arrêté et lui a montré
une photo car il cherchait quelqu'un.
Steven ne pouvait l'aider et il
rentre chez lui. Quelques minutes plus
tard, le même homme cogne à sa
porte. Steven répond et l'homme
lui demande s'il y a quelqu'un à la maison
et si sa mère est présente.
En attendant cela, la mère
Shirley se rend à la porte.
L'homme lui mentionne qu'il est détective
privé pour finalement entrer de
force dans la maison et les menacer
avec une arme. Il a commencé à
les ligoter avec de la corde.
Les enfants criaient. La scène était
d'une terreur incroyable.
Il les enferme dans la
salle de bain et coince la porte
en l'attachant avec une corde.
Et là, c'est vraiment
Shirley qui a fait, je ne sais pas
comment décrire ce geste-là, mais ça a dû être
extrêmement difficile. Elle a décidé,
elle a négocié avec l'homme
en question et lui a dit
il faut épargner mes enfants.
Pour cela, on va les enfermer
dans la salle de bain. Et là,
ils ont même déposé des coussins,
ils ont amené des jouets pour les enfants,
ils ont installé tous les enfants dans la salle
de bain et par la suite, l'homme
lui avait dit qu'il ne lui ferait
pas de mal si elle faisait tout ça.
Par contre, on va voir où est-ce que les choses
s'en vont, mais Shirley
a vraiment tenté de protéger ses enfants
le plus possible. L'aîné
réussit finalement après plusieurs minutes
à entre-ouvrir la porte. La scène
qu'il a vue le marquera à jamais.
Il a vu les derniers instants en vie
de sa mère en se faisant étrangler.
Imaginez le traumatisme pour
cet enfant. Suite aux questions des enquêteurs,
la description faite par les
enfants n'était pas très précise.
Ce sont de jeunes enfants, n'oublions pas, donc
parfois la mémoire, c'est pas
toujours évident. C'était un grand-homme
blanc avec un sac noir
et à l'intérieur, il avait de la corde
et du ruban adhésif. Aussi,
il portait des gants. Un homme
blanc, c'est à peu près la moitié de la population
de Wichita, donc c'est pas si rare.
Mais ils sont convaincus que c'est
BTK qui est l'auteur de ce drame,
en raison du modus operandi utilisé
qui est très similaire à ce qu'on a vu
auprès de la famille Otero. Il se demande
alors s'il ne devrait pas le provoquer
par les médias pour que celui-ci
tente de les contacter. Mais ils ont aussi
peur que cela ne déclenche d'autres meurtres.
Donc imaginez la scène,
la mère de famille
qui négocie avec son tueur
et que là, ils prennent du temps pour
barricader les enfants dans la salle de bain,
mais le meurtre survient quand même.
Quelle fin de vie triste
et tragique.
Le 8 décembre 1977,
un homme appelle la police
d'une cabine téléphonique et
mentionne que Nancy Fox
a été assassinée et il donne son
adresse. Les policiers se rendent sur place
et enfoncent la porte.
Ils découvrent Nancy Jo Fox
ligotée et baillonnée sur
son lit. Les enquêteurs remarquent
que la porte du placard était ouverte
et que quelqu'un semblait s'être assis
sur une pile de vêtements.
La ligne téléphonique était aussi coupée,
ce qui est très similaire à ce qu'on a vu dans les autres cas.
Ils semblaient avoir entré par
la fenêtre arrière. Il y avait aussi
du sperme sur les lieux et quelques
effets personnels, ainsi que son
permis de conduire qui était manquant.
Cependant, encore une fois,
aucune empreinte digitale n'a été
retrouvée sur les lieux. Comme la scène
de crime semblait intacte à leur arrivée,
ils étaient convaincus que la personne
qui a fait l'appel était le meurtrier.
Ça ferait du sens du moins.
Un témoin affirme avoir vu un homme
d'un mètre 80
aux cheveux pâles quitter la cabine
téléphonique sans raccrocher le combiné.
Un détail important a été mentionné.
L'homme portait un uniforme.
C'était la première fois que l'on avait un indice
qui permettait de le distinguer un peu.
Parce que jusqu'à présent, on parle d'un homme
blanc d'une certaine taille
et tout ça, mais c'est assez typique.
On se rend compte que justement,
on va voir avec le temps,
le visage, la description de BTK
est assez commune. Ça pourrait être un peu
n'importe quel homme blanc
de cet âge-là. Les enquêteurs
ont extrait l'appel et isolé
la voix pour tenter de l'identifier,
mais sans succès. Un accent
assez typique du Midwest
a été reconnu. Près de deux mois
plus tard, le 31 janvier
1978, un étrange
poème faisant référence
au meurtre de Shirley Vian
est envoyé au Wichita Ida.
10 février 1978,
donc environ
deux semaines après l'envoi
du poème, une nouvelle enveloppe
arrive au bureau de Cake TV,
qui est la télévision locale de Wichita.
À l'intérieur, on y retrouve
une lettre dactylographiée
qui revendique les sept meurtres,
soit ceux de la famille Otero,
de Shirley Vian et de
Nancy Fox et d'une autre victime
non identifiée. Il y a aussi
à l'intérieur un dessin de la
scène de crime de Nancy Fox.
La précision du dessin
donnait l'impression qu'il avait pris
des photos instantanées sur place
et qu'il les a dessinées par la suite.
Il y a inclus encore une fois
un poème, un grand poète,
notre meurtrier,
mais cette fois-ci, c'était un poème
pour souligner la mort de Nancy.
Il se compare aussi dans cette lettre
à Jack l'Éventreur et même
à L'Étrangleur de Boston.
Et vers la fin de la lettre,
une phrase terrifiante conclue
« Combien d'autres personnes je vais devoir tuer
pour voir mon nom apparaître dans le journal ? »
et il signe BTK.
Donc il est vraiment en recherche
d'attention médiatique.
Ah oui, il veut qu'on dise que ça soit lui
qui a fait les crimes.
La lettre est remise rapidement aux enquêteurs.
Evidemment, la précision de la scène
de crime de Nancy ne laisse aucun doute.
C'était BTK l'auteur du meurtre.
À ce moment-ci,
les policiers étaient tout de même assez discrets
sur le cas de BTK dans les médias.
Et jamais ils ne parlaient de tueurs en série.
Mais là, ils n'avaient plus le choix
d'alerter la population qu'il y avait
un tueur en série qui était en liberté
dans la ville ou du nom de BTK.
À ce moment-là,
les entreprises d'armes à feu et de systèmes d'alarme
sont devenues débordées.
C'était la panique dans la ville.
Tout le monde avait peur.
Dès que quelqu'un entrait dans sa maison,
en fait, comme on vous disait, il allait vérifier sa ligne téléphonique.
Et chaque jour,
les policiers avaient des dizaines d'appels
de citoyens qui étaient effrayés
de rentrer chez eux.
Il y avait besoin de la police qui devait les accompagner.
Puis une des premières choses qu'il faisait,
c'était vérifier les placards.
Parce que justement, dans une de ses victimes,
il s'était caché dans le placard.
Et tout ça avait été révélé.
Donc, ça créait plein de stigmates chez les gens.
Puis je comprends.
Tu ne veux plus rentrer chez toi.
Tu as peur. Il y a un tueur qui court.
Et même à chaque jour, il y avait beaucoup de gens
qui appelaient parce qu'ils avaient l'impression
de l'avoir vu.
On le sait quand ce type de nouvelles
sort dans les médias
ou que les autorités demandent des indices
ou quoi que ce soit.
Ils ont beaucoup de fausses pistes.
À ce moment-là, justement, il y avait énormément d'appels.
De plus, pour avancer dans leur enquête,
ils ont dressé la liste
des prédateurs, des personnes violentes
ou des criminels qui ont été libérés
les dernières années dans le secteur de Wichita.
De plus, étant donné
que le tueur a cité
d'autres tueurs en série dans sa lettre,
ils ont eu la brillante idée, je trouve,
d'aller vérifier à la bibliothèque municipale
et à la bibliothèque de l'université
si quelqu'un avait emprunté des livres
sur le sujet dernièrement.
Malheureusement, tous ces efforts ne donnent toujours rien.
Ils ont interrogé plusieurs suspects,
mais malgré tout,
la seule certitude est qu'ils
recherchent un homme blanc en uniforme
et qui habite sûrement à Wichita ou dans les environs.
De plus en plus d'enquêteurs
travaillent sur le dossier, mais rien n'avance.
Le 28 avril 1979,
une autre femme
a failli être victime du BTK.
Anna Williams,
63 ans, rentre chez elle
et remarque que des tiroirs ont été ouverts
et que des vêtements ont été déplacés.
Quelques jours plus tard,
elle reçoit un colis par la poste avec son foulard
à l'intérieur et un petit mot.
« Tu n'étais pas chez toi, mais moi j'y étais.
BTK. »
Imagine la peur de cette pauvre dame là,
de 63 ans.
Ben oui, parce que là, c'est connu qu'il y a un tueur
qui rôde en ville.
Oui, exact. Le colis contient aussi
un poème que là s'appelle
« Oh, Anna, pourquoi tu n'es pas venue? »
Et il décrit en fait la soirée
où il l'a attendu chez elle.
Il l'avait aussi dessiné.
En fait, il avait dessiné un dessin assez vulgaire
de la scène comme il l'imaginait
et il avait ligoté Anna à un poteau.
Bien sûr, tout ça est resté au niveau
de la fantasy, mais quand même.
BTK envoya le même paquet
qu'il a envoyé aux autorités à Cake TV,
la station de télé locale,
pour encore une fois faire parler de lui.
Les enquêteurs se mettent alors à analyser
les différentes lettres manuscrits
qu'ils ont reçues au fil du temps.
Parce qu'ils se sont dit qu'une des seules choses
qu'on a qui appartient aux tueurs, c'est les lettres.
Puis même, je suis surpris qu'il n'ait pas
fait cette analyse-là avant, mais bon.
Comme je te disais, c'était le seul indice
qui était vraiment tangible.
Il remarque que l'appareil,
dans le fond, le dactylo qui était utilisé
pour faire les lettres,
pour écrire les lettres, était de mauvaise qualité
parce que l'écriture n'était pas toujours droite.
On le sait, un dactylo, c'est pas un ordinateur,
c'est des petits marteaux qui tapent les lettres.
Il y avait plusieurs qualités
de dactylographie.
Il y avait déjà un premier indice.
Deuxième indice, BTK envoyait toujours
une photocopie de la lettre. C'était jamais la lettre originale.
Petit détail important,
puis ça, je l'ignorais. Certains photocopieurs
laissent une empreinte bien spécifique
qui permet d'identifier quel appareil
a été utilisé. Les techniciens
sont parvenus à trouver une corrélation
unique entre le type de papier
et l'encre qui a été utilisé
pour la photocopie. Les enquêteurs
se sont mis alors à faire le tour de la ville
pour identifier tous les photocopieurs
qui correspondaient à
ce match-là. Ça a été tout de même
un travail assez ardu, mais
ils en sont venus à l'identifier
l'appareil. La photocopie de la première
lettre a été faite au sous-sol
du département de biologie de
l'Université de Wichita State.
C'était la première fois que l'on avait
une vraie piste tangible.
Les enquêteurs isolent alors une liste
de tous les étudiants blancs
de l'Université, mais elle contient des milliers
de noms, comme vous pouvez vous imaginer.
Encore une fois, c'est difficile de tracer
qui a fait la photocopie, parce qu'il n'y a pas
de ce que je présume n'était pas
identifié. Souvent à l'Université,
il faut mettre une carte, et peut-être
ça s'identifie, mais à cette époque-là,
je ne suis pas certain qu'il y avait un système d'authentification.
Donc les mois passent,
l'enquête piétine, mais aucune nouvelle
malgré tout de BTK, mais ils ont
quand même du moins une certaine piste
supplémentaire. Presque cinq ans
plus tard, en 1984,
pour éviter que BTK
tombe dans l'oubli, un groupe spécial
d'enquête est mis sur pied pour
clore ce dossier. On surnomme l'équipe
les Chasseurs de fantômes.
Grâce à l'aide d'un professeur de mathématiques
de l'Université, ils mettent sur
pied une base de données informatisée
de la liste des suspects potentiels
pour trouver les points communs
plus facilement grâce aux algorithmes.
Ils réussissent à circonscrire
200 suspects principaux.
Autre fait à noter, ils
ont été en mesure de déterminer le groupe
sanguin du suspect grâce aux
spermes qu'ils laissaient sur place.
Ils ont alors récolté le groupe sanguin
des 200 suspects. Cela leur
a permis d'éliminer des suspects,
mais pas de les identifier, malheureusement,
parce qu'à cette époque, on n'avait pas
les banques de données d'ADN qu'on a
actuellement. En août 1986,
il s'est écoulé 9 ans
depuis le dernier meurtre, donc c'est assez
long pour un tueur en série. Le FBI
croit qu'il est mort, ou en prison,
ou déménagé, et l'équipe des
chasseurs de fantômes se dilue.
Mais il se jure que s'il refait surface,
on va jouer sur son ego
qui est son point faible, afin de le
retrouver. On fait un bond maintenant
jusqu'en 2004, suite à
la lettre reçue de BTK
dont on vous en parlait en intro. Un des
anciens membres des chasseurs de fantômes
met en place la stratégie proposée
de jouer sur son ego et décide donc
de faire des conférences de
prince régulièrement pour l'amener à
communiquer avec eux et idéalement
laisser une genre de traces
repérables. Comme ça, en faisant
souvent des conférences de prince, il se
doute que le meurtrier va les regarder
à la télé et risque de réagir comme
il le fait à chaque fois. Exact.
Le 4 mai 2004,
Cake TV, la chaîne de télé locale,
reçoit une enveloppe avec
des messages codés qui contient
les mots victime, choisir,
suivre, courtier,
assurance, réparateur,
ainsi que des titres de chapitre qui
était nommé en fonction de son
historique de meurtrier.
Oui, ces mots-là, en fait,
courtier, assurance et réparateur,
c'est souvent les métiers
qu'il utilisait pour
tromper ses victimes quand ils se présentaient
chez eux, généralement.
Un mois plus tard, un résident
de Wichita découvre un autre
colis de BTK. Il contient
des feuilles dactylographiées,
des pages, et on peut y lire
mort par un froid matin d'hiver,
qui décrit le crime de la
famille Othéo. Dans les 11
mois suivants, il envoyait plus
d'une dizaine de messages. Il était
très actif. Autre paquet trouvé
dans un parc contient une poupée
ligotée et bâillonnée et contient
une photocopie du permis de conduire
de Nancy Fox, assassinée
en 1977, ainsi qu'un
récit intitulé Chapitre
9 qui explique comment il a
poursuivi et tué la jeune femme.
Donc c'est très troublant. Il a voulu
aussi, j'ai même vu la photo,
il a voulu reproduire
le meurtre de la jeune
Joséphine Othéo, qui l'a pendu
dans le sous-sol avec justement
en mettant une poupée avec une corde
attachée à un petit tuyau,
donc c'est quand même assez
troublant d'envoyer ça par la poste.
Il cherchait clairement
l'attention, mais sans faire de
nouveaux crimes. La stratégie à
des conférences de presse a donc
porté fruit. Le 25 janvier 2005,
BTK alerte la station
de nouvelles de Wichita en
y expédiant une carte postale qui
guide les policiers vers une lettre
et un autre colis laissé dans une camionnette
d'un des employés de Home Depot.
Il y a toujours un Home Depot dans une histoire
de crimes, évidemment. Les enquêteurs
pensent au pain de fin le magasin
au grand complet et questionnent
les employés. Et l'un d'eux se souvient
avoir vu une boîte de céréales
dans son camion deux semaines plus tôt
et l'avoir jeté à la maison.
Étrange quand même. Il la retrouve
dans ses ordures et la remet aux autorités.
La boîte contenait plusieurs documents,
mais sur une lettre qui était
inclue dans la boîte, BTK demande
s'il ne serait pas plus sécuritaire
pour lui d'envoyer ses messages
sur une disquette informatique
à la place. Il disait
« Can I communicate with Floppy
and not be traced on a computer?
Be honest! » Donc il demande aux autorités
de dire « Est-ce que c'est correct
si je vous envoie une disquette
pour ne pas être retracé? » Une question
un peu idiote qu'il demande comme ça
aux autorités et ils vont lui répandre
« Rex, it will be ok ».
Ils vont laisser l'annonce plusieurs jours
et s'ils le font, il va leur envoyer
une disquette avec d'autres indices.
Les policiers placent l'annonce quelque
demandée et en passant, « Rex »
en latin signifie « roi ».
Et là, nous, les distordus, c'est
exactement ce qu'on veut, en fait.
On veut qu'il envoie une disquette
aux policiers parce qu'on peut quand même
retirer une quantité d'informations
intéressantes depuis une disquette, même à cette époque-là.
Oui, les metadata
sont présentes depuis à peu près le début.
Il y a toujours des traces
qui sont laissées sur l'ordinateur utilisé,
qui a créé les documents, etc.
Exactement. Donc lui, il demande
en plus aux policiers si c'est
correct de leur envoyer une disquette.
« Hell yeah! Envoie-nous une disquette,
mon cher BTK! Ça risque
de nous aider beaucoup! » Parallèlement,
les caméras de surveillance du Home Depot
en question sont examinées et, selon
les observations, la boîte de céréales
aurait été déposée dans le camion
de l'employé par un homme conduisant
une « Jeep Cherokee Noire »
très récente. Selon les registres
du coin, il y a 2 500
véhicules qui sont enregistrés
comme un « Jeep Cherokee Noire ».
Ils vont donc faire le tour des propriétaires.
Deux semaines après avoir
mis l'annonce dans le journal,
comme le demandait BTK,
le 16 février 2005,
la station de télévision reçoit
la disquette de BTK dans une
enveloppe. La disquette contient
un seul fichier qui se nomme
« This is a test ».
Émédiatement, on copie la disquette
et les spécialistes informatiques font une analyse
de tout ce qu'elle contient. Étrangement,
il remarque que le fichier avait été nommé
au préalable « Christ Lutheran
Church », donc l'église
des Christes luthériens.
Le numérique laisse toujours des traces,
même sur une disquette. Il découvre
également que la disquette avait été
utilisée à la bibliothèque de Park City
et également à l'église
Christ Lutheran.
Pour clore le tout, avec les métas données
du document Word, parce que le fichier
qui a créé c'était un document Word,
ils ont été en mesure de savoir que le
document a été créé par un prénommé
« Dennis ». On le sait souvent quand on crée
un document Word, par défaut il va prendre le nom
de l'utilisateur qui est connecté
sur l'ordinateur. Une simple requête
dans un moteur de recherche avec
le nom « Dennis » et le nom
de l'église, « Christ Lutheran
Church », ont permis
de tomber sur un résultat
de recherche assez facilement.
C'était le président de la congrégation
de l'église, justement
« Chris Lutheran », un certain
« Dennis Radder ».
Le 20 février 2005,
les policiers se dirigent discrètement
vers Park City, à l'adresse
de la maison de Radder, pour l'observer.
En arrivant sur les lieux, ils remarquent
dans son entrée la présence d'un
« J. Grant Cherokee » noir.
Ils avaient leur homme, « Dennis
Radder », 59 ans. Ils n'avaient
toujours aucune preuve en tant que telle,
mais ils sont sûrs que c'est bitiqué.
Ils obtiennent alors un ordre
de la cour pour pouvoir obtenir un échantillon
d'ADN sans soupçon d'un autre membre
de la famille. Nous sommes maintenant
en 2005, donc il est possible
de faire des tests d'ADN, contrairement
à comme on vous disait dans les années 70
c'est même 80 au-dessus des crimes.
Et même que les banques d'ADN
commencent à être un peu plus
garnies en 2005, parce que
dès justement l'arrivée des années 90,
surtout la fin des années 90,
ils ont commencé vraiment à en accumuler
beaucoup, donc c'est possible de même
faire des recherches. Dans ce cas-ci,
on est moins persuadé que c'est un
criminel qui est déjà en prison, mais
c'est possible de savoir parfois que
finalement le meurtrier s'est fait
attraper plusieurs années plus tard.
Oui, exact, parce que je sais qu'une
fois qu'il y avait les banques de données
d'ADN, ils ont toutes les pièces
à conviction qu'il y avait, des anciens
crimes, ils les ont toutes stockées, en fait
toute l'ADN qu'ils ont pu ramasser à l'époque,
parce qu'ils connaissaient c'était quoi l'ADN,
ils ne pouvaient juste pas l'analyser en fait.
Donc, pour avoir de l'ADN familial,
il contacte la fille de Denis
Radder, Carrie Rosson.
Elle, elle habite maintenant avec son mari
au Michigan. Et les contacts,
le FBI, en fait vont la voir chez
elle pour lui demander de fournir un
échantillon d'ADN. Parce qu'en fait,
la manière que ça fonctionne,
c'est que c'est un profil familial
similaire, automatiquement, ils peuvent faire
le lien que c'est lui. Il n'y a pas vraiment
d'erreur, de marge
d'erreur dans ce cas-ci. Sa fille,
elle est sous le choc lorsqu'on lui apprend
que son père est sûrement bétiqué.
Imaginez sa réaction,
c'est de te faire apprendre
qu'il faut que tu donnes ton ADN pour qu'on puisse
coincer ton père, mais qu'en même temps, ton père
pourrait être un des plus prolifiques
tueurs en série sans que t'en aies
jamais rendu compte, qui a fait des
crimes durant ton enfance.
C'était même presque évanoui, en fait, lorsque
les FBI sont venus la voir. Tu sais, dans sa tête,
elle se disait comment un père qui était aimant
et présent avec ses enfants,
qui est directeur d'une église,
puis à l'époque, qui était devenu un employé de la ville,
pouvait être un tueur en série comme ça.
Pour elle, ça ne faisait pas de sens.
Oui, c'est très surprenant, mais
on en a vu d'autres. Oui.
Après quelques soucis techniques,
heureusement, le match d'ADN concorde,
parce qu'ils ont eu certains problèmes
pendant les premiers jours, ils n'ont pas
détaillé le problème, mais il y avait des problèmes techniques.
Le 25 février 2005,
les policiers voulaient arrêter
Dennis Radder loin de sa maison
et loin de son lieu de travail.
Avec des voitures balisées,
il l'arrête lorsqu'il se rend chez lui
sur son heure de lunch.
Il avait quand même observé toutes ses routines,
puis il rentrait toujours manger
chez lui. Ils l'ont arrêté peut-être à environ
un kilomètre de chez eux. Une fois amené
au poste, au départ, il clambe
son innocence.
Il refute les
accusations. Par contre, il finit
rapidement par craquer et dit
« Oui, je suis bittiqué. On dirait bien
que vous m'avez eu ». Il raconta alors
d'un coup, sans émotion, pendant
de longues heures, tous ses crimes
victimes par victime dans les moindres
détails. En plus des huit crimes
déjà connus, il en avoue deux
autres qui ont été commis par lui,
celui de Marin Edd
et de Dolores Davis.
En fait, ces deux meurtres-là
ont été commis dans les années
70-80. Justement, les corps
avaient été retrouvés dans des champs, mais
il n'avait jamais identifié le tueur.
En saisissant sa maison de Denis,
toutes les preuves des crimes
ont été retrouvées. Ils se sont même rendu
compte qu'il a déjà été sur une de
leurs listes de suspects lorsqu'il était
étudiant à l'Université de Wichita.
Oui, c'est ce qui expliquerait les photocopies
réalisées dans le département
de biologie. Exact, exact.
Mais avant d'aller plus loin,
parle-nous donc un peu, Émile, c'est qui
Denis Radder ? Oui,
Denis Lynn Radder est né le 9
mars 1945 à Pittsburgh,
dans l'état du Texas aux États-Unis,
mais il a grandi à Park City,
qui est une petite banlieue résidentielle
près de Wichita, qui est la capitale
de l'aviation, car on y retrouve
par exemple les sièges sociaux de
la compagnie comme Boeing et Cessna.
Il est l'aîné des quatre fils de Dorothée
et William Radder.
Mariés en avril 1943,
les parents de Denis forment un couple
profondément religieux, attachés
aux valeurs traditionnelles et à l'église
luthérienne locale, où tous leurs enfants
y sont baptisés. Toute la famille
se rend chaque dimanche au temple
pour assister à la célébration.
Il grandit avec ses trois frères,
Paul, Bill et Jeff,
qui fréquentent eux aussi la même
école secondaire, leur lycée.
Son père, William, combattit
dans la marine, mais il travaillait pour
une centrale électrique à partir de
1948. Sa mère, Dorothée,
était comptable dans une épicerie.
Les Radder habitaient une maison
modeste, mais agréable.
William était sévère avec ses enfants,
mais n'a jamais été brutal ni
méchant, par exemple. Dorothée,
elle, la mère, est une mère aimante
avec ses enfants. La famille Radder,
même la famille étendue qui habite
au Missouri, ne fit jamais quoi que ce soit
qui aurait pu attirer l'attention des autorités
ni même des médias. Aucun d'eux
n'a jamais transgressé la loi.
Donc, c'est une famille assez stricte,
assez correcte
et assez droite. Oui, exactement.
Avant d'être arrêté, Dennis Radder
travaillait pour Park City en tant que
superviseur de la conformité,
en charge du contrôle des animaux
et de l'application générale du Code.
Particulier, quand même, comme emploi.
Il était marié à Paula Dietz.
En fait, ils ont eu deux enfants ensemble.
Il était aussi un leader
dans son église, l'église luthérienne
chrétienne. Il était aussi un
ancien chef de Boy Scouts
et un vétéran de la Air Force
et finalement diplômé de l'Université
d'État de Wichita en 1979.
Donc, c'est là qu'on voit,
c'est un ancien chef d'une
organisation de Scouts
et c'est un vétéran de l'armée.
C'est ce qui explique peut-être un peu
les techniques utilisées dans ces meurtres,
la furtivité, mais aussi
la technique avec les nœuds et les cordes.
Exactement.
Ceux qui connaissaient Raider ont dit
qu'il prêtait attention aux détails
et appréciait la propreté en général.
Dans son église, il a distribué
des bulletins et a accueilli de nouveaux
membres presque chaque semaine.
Il était tellement impliqué qu'il est
devenu président de la congrégation de l'église.
Il semble avoir eu une enfance
heureuse et être un bon citoyen
et père de famille en général.
Mais qu'est-ce qui peut expliquer
une telle folie meurtrière?
Pour tenter de mieux le comprendre,
on doit retourner dans son enfance.
Et Seb, tu as fait un petit tour
qui n'a pas dû être évident de son enfance.
Non, c'est assez traumatisant.
Dennis était un petit garçon
sensible, intelligent et discret.
Il était adepte de la pêche
et du canoé kayak.
Dennis faisait ce que bon lui semble
dans sa jeunesse. Ses parents n'ont
pas le droit de pénétrer dans sa chambre
et quand il ramène des mauvaises notes
à la maison, de l'école bien sûr,
ce n'est pas vraiment grave, il ne se soucie pas
vraiment de ça. Il n'y a pas de la part
de ses parents aucune réponse à ses
insolences ni à ses provocations.
L'enfant cherche une limite que ceux-ci ne sont
apparemment pas décidés à lui donner.
C'était vraiment quelqu'un qui faisait un peu
ce qu'il voulait avec ses parents.
On l'excuse à chaque bêtise,
on le flatte même dans le sens du poil
comme on dit. Bref,
Dennis Rader grandit sans réel cadre
et c'est pour lui un manque
qui va l'amener à transgresser un peu plus
chaque jour les limites.
Dennis présente dès l'enfance les signes
d'un comportement anormal,
caractéristique du développement individuel
de nombreux criminels.
L'existence d'une vie fantasmatique
dont l'émergence est difficile à dater
dans le temps. Le petit garçon qui l'était
s'invente très tôt un ami
imaginaire qu'il baptise Rex.
Je ne sais pas si vous vous souvenez,
justement, il utilisait le mot
Rex dans le message
que les policiers annoncent un maître
qui veut dire roi.
Jeune en fait, c'était son ami
imaginaire. D'abord, c'était
son partenaire et confident intime,
puis au fil du temps, c'est un peu devenu son double
maléfique. Que même le
tueur va qualifier plus tard de démon.
Tout ce que je vous raconte
là, en fait, ça a été recueilli
quand les policiers ont recueilli
toutes les traces. Il écrivait des journalistes
intimes à l'époque. Il écrivait beaucoup
de ses comportements et tout ça. C'est
comme ça qu'ils ont été capables de reconstruire un peu ce fil-là.
Aucun de ses frères ne semble
à cette époque être au courant de l'existence
d'un tel alter ego,
Rex. En revanche, ils
surprennent un jour leur aîné, parce que c'était
le plus vieux, en train de dessiner des femmes
nues, baïonnées et attachées.
Réalisé à l'âge de 8-9 ans,
ces dessins reproduisent très probablement
les magazines, pardon, les photos
d'un magazine de faits d'hiver
sur lequel Denis a pu observer
des femmes dans différentes positions
d'âge. Il y a-t-il un mot français pour
bondage?
Je tendance à penser
sado-masochisme, mais
essayons ça.
Il semble s'avérer,
il semble avérer en fait que la mise en scène
de la douleur lui procure
un plaisir précoce. Il aime
ça voir ça. Qu'il expérimente
lors de séjours régulier dans
la ferme de ses grands-parents,
où il est fasciné par la mise à mort des
poulets. Parce qu'on le sait, on les mange,
les poulets, mais cet aspect-là
le fascinait de tuer les
animaux. À l'adolescence,
ses premières victimes sont d'ailleurs des animaux.
Par exemple, il s'est rendu compte que
l'agonie d'un chat peut-être tué
par accident lui fait
prendre conscience du plaisir qu'il ressent
à contrôler la vie ou la
mort d'un être en fait. Pour
satisfaire ses pulsions dominatrices,
Denis capture discrètement des chats
et des chiens errants qui l'attachent
soigneusement dans des granges abandonnés
avant de les pendre à l'aide de fil
de fer. La souffrance puis
la mort des animaux lui procure une
jouissance sexuelle intense
qu'il continuera de rechercher des années
plus tard lors bien sûr de ses opérations meurtrières.
Ça, c'est fucké, hein?
Je trouve ça vraiment particulier de
développer. On dirait que pour moi,
ça a toujours été bizarre d'associer
cruauté animale et sexe ensemble.
Oui, moi aussi. C'est
vraiment spécial comme déviance.
J'espère un jour qu'on aura la chance
de parler à un psychologue qui pourra peut-être
ou un sexologue qui pourra peut-être nous faire un lien
entre tout ça. Mais c'est
pas le seul. On en a couvert différentes
histoires comme ça dont le cas de Magnotta
aussi qui est vraiment
la montée vers le meurtre
d'un humain passe nécessairement par
la mise à mort
d'animaux, la fascination pour
la mort des animaux. Ça semble être une
constante chez bien les meurtriers,
pas juste des tueurs en série.
Exact, ils peuvent comme tester là-dessus. C'est des victimes
faciles d'une certaine manière.
Oui, mais c'est tout aussi cruel selon moi.
Oui, bien oui, exact. C'est également
l'adolescence qui développe une autre
fascination pour le fichisme.
Il dérobe les sous-vêtements de sa
mère, les porte en secret et
se met parfois en scène avec eux.
En 2005, après
son arrestation, la police a découvert
des photographies que Rader
conservait depuis cette époque. On le voit
justement habillé de vêtements
féminins ligotés et pendus.
Incroyable. Le meurtrier avouera
lors de ses interrogatoires que la
privation d'oxygène
et le bondage associés à la
masturbation lui permettaient de
décupler son excitation.
Oui, c'était assez troublant
ces pratiques-là. Ils faisaient comme
des pratiques auto-érotiques,
dans le fond. Moi, je les ai
vu, les photos, c'est troublant.
Ils pouvaient aller dans la nature parce que
j'imagine qu'ils voulaient faire ça loin
de sa famille. Parce que même quand
il y avait une fille et tout ça, une femme
et une famille, il devait quand même
satisfaire ses pulsions. Et parfois, il
allait dans le bois vraiment rapidement.
Il pouvait s'enrouler lui-même dans
du saran wrap, par exemple,
s'attacher le cou avec une corde,
se bander les yeux, puis
se mettre en position vraiment
dangereuse. Il aurait pu mourir comme ça.
À d'autres fois, il pouvait se pendre
lui-même justement avec des
bouts de corde et porter un genre
de masque en même temps. Parce qu'on
peut très peu parler, mais il
portait un masque pendant
certaines meurtres, ce qui fait en sorte
qu'il était difficile à identifier.
Ce masque-là, qui était un masque un peu
de mannequin, qui fait un peu peur,
on croirait un masque de film
dehors. C'est comme un visage
humain avec évidemment des trous pour les yeux,
mais c'est pas son visage à lui.
Le masque est tout sale, tout ça, parce
qu'il a dû trimbaler ça un peu partout.
Il pouvait porter ce masque-là,
puis il se prenait en photo justement
où il était presque en situation de
mort, ou même parfois il va mettre
des sous-vêtements féminins,
il va s'attacher au plafond avec une
corde, tenter de se pendre, prendre
des photos, tout ça. Tout ça, c'est
pour stimuler sa
stimulation sexuelle en fait.
Donc il y a vraiment un lien. Evidemment,
c'est pas la première fois à Distorsion qu'on parle
de sadomasochisme, on est conscient que
bien des gens recherchent ça, mais lui,
c'était une fascination
qui est très près, le sexe est très
près de la mort, donc c'est particulier quand même.
Ah oui, c'est un peu...
Je comprendrais jamais,
mais comme tu dis, c'est vrai que ça serait intéressant
de parler à un spécialiste qui puisse
un jour nous expliquer toutes
ces liens-là, ça doit
s'expliquer quand même d'une certaine manière.
L'année de ses 15 ans, il y a un événement
qui lui confère brièvement une petite
notoriété auprès des habitants de
Park City. Alors qu'il descend en canot
la rivière Arkansas,
dont le niveau est très très haut après des plus
torrentiels, il sauve d'une mort certaine
un camarade plus jeune que lui grâce
à son sang-froid et à son aptitude
à diriger la petite embarcation qui a
été déstabilisée par un courant-d'eau
très fort. Aux yeux des témoins de l'incident,
il est considéré comme un héros.
Pourtant, le jeune Dennis s'isole
de plus en plus. Il ne participe plus
beaucoup aux activités sportives avec les autres
adolescents de son âge et ne s'inscrit
à aucun club associatif,
préférant la solitude de sa chambre.
Ses résultats scolaires déclinent
et il ne part jamais de ses fantasmes à personne,
bien sûr, et continue probablement de torturer
occasionnellement des animaux pour
assouvir ses pulsions. À 18 ans,
il affirme avoir espionné une femme par
la fenêtre avant de lui voler une petite culotte.
Ce qui est étrange, c'est que
aucun problème semblait être présent
en tant que tel au sein de la structure
familiale enfantine de Dennis
Raider, qui peut vraiment expliquer
ses déviances. Je comprends que ses parents
ne m'étaient peut-être pas de limite, mais
des parents comme ça, il en existe plein,
et ça ne devient pas tous des tueurs en
série aussi. Il y avait sûrement quelque
chose en lui. On dirait que j'y crois
beaucoup à ça, que des fois on
peut naître avec des déviances
qui ne seront pas nécessairement balisées
par ton environnement. Je ne sais pas
si tu comprends ce que je veux dire, mais je ne sais pas
ce que j'avance, peut-être pas à part,
mais on dirait que
ça, j'arrive jamais à... Parce que
il y avait quand même des bons parents,
c'est là qu'on dirait que
je ne sais pas ce qui amène à ça.
Oui, c'est toujours difficile de
mettre le doigt sur l'origine de
ces crimes-là, puis de ce qui se passe
dans sa tête aussi. Il y a une certaine
forme de sadisme aussi.
Il y avait vraiment
un certain appétit
pour la douleur, pour la violence,
pour la souffrance.
Je ne sais pas pourquoi, mais
il s'infligeait lui-même des douleurs
très fortes, près de la mort même.
C'est quelqu'un qui
ne devait pas être à l'aise totalement
dans son corps à lui.
Et là,
on est ni un ni l'autre psychologue
et tout ça, puis à ce moment-là, j'aimerais parler
avec Guillaume Louis, on dirait,
pour discuter justement de ce qu'il peut,
puis peut-être qu'on aurait la chance de le faire.
On te lance l'invitation, Guillaume, comme ça, live
dans l'épisode, si tu veux discuter de BTK avec nous
pendant le confinement, ce serait bien cool.
Mais moi, j'ai toujours
de la difficulté à avoir vraiment un lien
de cause à effet avec la vie de famille,
l'enfance, et
de développer des perversions comme ça
qui poussent aux meurtres.
Mais il y a nécessairement un cheminement
qui s'est fait dans sa tête pour
partir de ça. Parce que tout de suite après,
en fait, il a commencé assez rapidement
à épier des gens,
à mettre en place des plans, du moins,
dans sa tête, à dessiner des choses,
justement, un peu imaginer
comment tout ça pouvait prendre
forme, ce qui l'a amené petit à petit
à commettre le meurtre de la famille
Otero, qui était épouvantable.
Comme premier meurtre, encore une fois,
de choisir d'assassiner une famille
entière, c'est pas rien,
c'est quand même assez intense.
Donc il a vraiment fait évoluer
cette vie-là de fantasme
au sein de son imaginaire
d'une manière assez exponentielle.
Puis c'est assez
troublant, en fait, que quelqu'un comme lui ait
ce cheminement-là. Puis c'est quand même,
on a pas le choix de penser à Ted Bundy
aussi quand on pense à Dennis Rader.
Ah oui, les deux ont certaines similitudes,
mais il était intelligent,
quand même, Dennis,
pour ne jamais laisser de traces.
Le fait qu'il était extrêmement méticuleux,
c'est ce qui l'a aidé aussi.
Mais ce qu'il a vraiment trahi,
c'est son âge.
À cause des traces numériques,
c'est assez particulier.
Oui, c'est carrément la
disquette, en fait. On comprend pas
pourquoi ce qu'il a trahi.
Toi, tu dis son âge.
Son âge dans le sens qu'il y a moins
une bonne connaissance de l'informatique.
Des traces qu'on peut laisser
sur un ordinateur, j'ai l'impression.
Versus que de laisser des traces
sur une scène de crime, il était très, très
bon pour ne pas en laisser.
Moi, j'ai l'impression que c'est plus son
besoin d'attention qu'il l'a trahi.
S'il avait jamais envoyé autant
de perches comme ça
aux médias en envoyant des lettres
et tout ça. Puis là, maintenant,
en demandant aux policiers
si je devrais vous envoyer une disquette,
c'est un peu une erreur
de débutant d'une certaine façon.
Oui, c'est même à se questionner
est-ce que tout ça
lui-même avait fait
exprès pour laisser ces traces-là?
Ça n'a jamais été trop mentionné,
mais je me questionne quand même.
Oui, c'est une vraie question.
Est-ce que BTK aurait pu
vivre dans l'anonymat
complet? Est-ce qu'il aurait pu
accepter lui de n'être jamais révélé
au grand jour? Parce que là, on l'a vu
en 2005,
30 ans après les meurtres,
en 2004,
lorsqu'il y a un article de journaux
qui sort, c'est lui qui
proactivement contacte les médias.
On se rappelle, Magnota aussi faisait ça.
Magnota contactait les médias
pour s'inventer des problèmes
en disant, c'est pas moi
le meurtrier, je suis constamment harcelé,
mais il voulait trouver une façon
de se mettre de l'avant, de tourner
la caméra vers lui.
J'ai l'impression que si c'était pas
la disquette ou si c'était pas
l'ADN, on aurait trouvé
une autre façon parce que dans le 10 ans,
il y aurait eu un autre article qui aurait sorti.
Ça fait 40 ans que Le Mystère du Tueur
de Wichita n'a pas été résolu,
mais peut-être que
il les aurait contacté à ce moment-là.
J'ai l'impression que tous les scénarios
se dirigeaient vers son arrestation.
Je ne sais pas ce que tu en penses.
Oui, non, tu as raison.
Tous s'en allaient vers ça. Dans le fond,
les policiers ont bien analysé
ses comportements. Dans le fond, ils savaient
qu'il allait tomber dans le piège, puis ça a marché.
Ça a pris un certain temps, mais ça a fonctionné
comme ils le voulaient. Sincèrement, là-dessus,
les enquêteurs, je les ai trouvés quand même brillants.
Les analyses des photocopieurs,
tout ça.
Ils ont travaillé fort avec ce qu'ils
avaient en main, je trouve,
dans ce contexte-là.
Je suis fier d'eux d'une certaine manière
qu'ils ont réussi à le coincer.
Les scènes de crime n'avaient pas le même niveau
de contrôle qu'ils ont maintenant.
Dans les années 70,
ça devait être...
On voit parfois des photos
de policiers
en enquête de ces années-là et tout ça,
puis ça fume sur les lieux du crime.
Il n'y a pas le même niveau
de rigueur qu'on a aujourd'hui.
J'ose croire qu'il y avait quand même une certaine
rigueur, surtout de meurtres familiaux
comme ça, mais je pense qu'il n'y avait pas
un aussi grand souci du détail
et encore moins des preuves d'ADN
qu'on a aujourd'hui de préservation
de la scène de crime.
Non, non, c'est clair, absolument.
Maintenant, on va discuter un peu du procès rapidement
et de la condamnation parce que là,
il a avoué, en fait, Denis Rader.
Donc, le 27 juin 2005,
il plaide coupable
aux 10 meurtres dont il est accusé.
Et le 18 août 2005,
il est condamné à 10 pennes d'emprisonnement
à perpétuité qu'il purge
actuellement dans la prison de haute sécurité
Del Dorado. La peine de mort
ayant été abolie, il va passer sa vie
dans cette prison-là à haute sécurité.
Le juge lui a demandé
si tous ses crimes étaient pour satisfaire
ses fantasmes sexuels,
ce à quoi il a répondu oui.
Et en passant, il n'a jamais montré
aucune forme de remords
ou il ne s'est jamais senti triste pour
la famille. En fait, la seule forme
de remords qu'il a démontré
c'est de s'être fait attraper.
Donc, il était déçu de s'être fait
attraper, mais il n'avait pas
désolé pour tous les meurtres,
pour toutes les familles qu'il a gâchées,
pour les proches, les familles et tout ça.
Donc, c'est vraiment un individu
qui assumait à 100%
ses gestes, de là
le fait qu'il a contacté constamment
les médias. Mais pourquoi tous ces meurtres?
Parce que là, il y a énormément de questions
qui ressortent de ce dossier-là.
C'est pas tous les jours
qu'on voit des histoires comme ça
qui sont résolues 30 ans plus tard.
Donc, pourquoi est-ce qu'il a fait tous ces meurtres?
Pourquoi a-t-il voulu, plus de 30 ans
après ses premiers crimes,
prendre le risque de se faire prendre?
Ça revient toujours
aux besoins de reconnaissance,
au désir de s'affirmer comme un
criminel hors norme.
Il voulait que son nom soit dans les journaux.
Il voulait même avoir une image
de marque à son nom en créant
le profil BTK.
Il voulait être reconnu comme Ted Bundy.
Et dès ses premiers crimes,
il s'était adressé
au journal local en leur demandant
combien de crimes devrais-je encore
commettre pour avoir le droit d'être
nommé dans le journal, un peu comme
Ted Bundy l'était à cette époque-là.
Ça démontre vraiment
le profil de quelqu'un
qui recherchait de l'attention à tout prix.
Ça fait un peu le tour
de la chronologie, cher Distordu.
C'est un cas qui est quand même
assez important dans l'histoire
des tueurs en série, du moins
américains.
J'ai l'impression,
on ne nous l'avait pas demandé si souvent
que ça, ce cas-là, en fait, c'est nous
qu'on s'est dit, on pourrait sortir un vieux
cas de la voûte qui a été résolu
grâce à des preuves numériques.
Et le cas de BTK était encore plus
intéressant pour cette raison.
Mais sinon, Seb, il y a aussi,
je crois que sa fille, Carrie,
a écrit un livre, non, récemment
même. Oui, en 2019,
l'été 2019, elle a sorti un livre
pour raconter
son histoire, son point de vue,
sa vie familiale avec son père et comment
elle a vécu ça parce que elle,
quand tout ça s'est produit, en 2005
à l'arrestation de son père, en fait,
c'était une adulte et elle a été très, très
loin des micros
et des caméras pendant presque 15
ans, mais elle a décidé de briser
le silence et d'écrire un livre.
Puis aussi, même si vous
voulez avoir, il y a des entrevues
avec elle sur YouTube, très
intéressante ce qu'elle raconte,
vraiment, vraiment toute son histoire.
Je n'en reviens pas. J'essayais de
me mettre à sa place et c'est pas à grand
que je me rendais compte que mon père
présent, aimant,
était
cet homme-là.
Je suis sûr que ça doit prendre du temps
à intégrer, à intégrer cette réalité-là.
Ça doit être
dévastant, en fait.
Puis on n'a pas parlé de sa femme et tout ça.
Il n'y a pas beaucoup de détails, je vous dirais
même, mais elle aussi, elle a dû
tomber en bas de sa chaise,
comme on dit.
Vraiment, si vous voulez
rechercher des interviews ou même
le livre de sa fille, sachez que sa
fille a changé son nom de famille.
Elle s'appelle pas Carrie
Raider, elle s'est peut-être mariée,
à long savoir, mais c'est Carrie Rosson.
Vous pouvez rechercher
du contenu à propos d'elle.
Carrie, c'est K-E-R-R-I,
Rosson, R-A-W-S-O-N.
Sinon,
il y avait quelques anecdotes
dont tu voulais nous parler, Seb.
Oui, c'était assez particulier.
Ce qui était drôle, c'est quand les policiers,
par exemple, ont saisi sa maison,
ils ont trouvé,
dans la cour arrière, toutes les
sous-vêtements de ces victimes étaient là.
Autre anecdote,
la maison
où la famille Raider
habitait a été détruite
par la famille. Puis même encore aujourd'hui,
j'ai vu un reportage de l'année dernière,
il n'y a rien. Je ne sais pas si
ils ont gardé le terrain ou personne ne veut
construire là-dessus, mais il n'y a pas de nouvelles
maisons depuis le temps.
Ça, je trouvais ça drôle. C'est rare
qu'on voit ça, mais ça arrive. Des fois,
ils vont détruire, comme pour le Slender Man,
ils avaient détruit même le Boisé au complet
ou ce que les jeunes filles,
ils avaient fait leur tentative de meurtre,
mais de voir une maison
totalement détruite, ça, ça, ça m'avait marqué.
Aussi, il y a un des enquêteurs
qui s'est rendu compte un peu plus tard
que BTK avait pris la montre
du père Joseph Ottero
et qu'il l'a même porté durant
plusieurs meurtres par la suite.
C'était comme un peu
un trophée. Oui, un genre de
trophée de chasse.
Ça, je trouve ça particulier.
Dernière petite chose,
petite anecdote aussi.
Dernièrement, il y a un site en ligne,
je ne sais pas si c'était eBay, ce n'était pas précisé,
qui vendait des vêtements
de prison qui
appartenaient à BTK,
même des obturations de dents en or
qui ont été vendues
sur le web. Ça, ça l'a mis en colère
un des avocats d'une des victimes
justement, mais je le comprends
parce que c'est une manière de
capitaliser sur un meurtrier.
Mais la question que je me pose, c'est comment cette personne-là
a mis la main là-dessus,
en particulier les vêtements de prison.
C'est pas nécessairement accessible.
J'imagine que quelqu'un à l'interne
a dû lui remettre ça. J'imagine.
C'est assez troublant.
En ce qui concerne justement les trophées,
on a parlé brièvement des trophées,
il gardait justement
les sous-vêtements de victimes
qu'il gardait. Souvent, il allait même
les utiliser dans ses mises en scène
auto-érotiques.
Il les portait parfois le même pour
je ne sais pas s'il voulait revivre le moment
ou quelque chose comme ça, mais
il les portait justement
en effectuant des pratiques sadomasochistes,
en soto-attachant
et tout ça. Donc, il utilisaient vraiment
ça dans ses genres
de rituels qu'il effectuait.
Moi, ça me rappelle un peu le silence des agneaux.
J'ai l'impression que le silence des agneaux,
on a le sentiment un peu qu'évidemment,
ce que suivi avec
Anibal, on se rend compte.
J'ai l'impression qu'ils se sont
inspirés un peu de
et de Ted Bundy et de
Dennis Radar. Non pas pour le personnage
d'Anibal lui-même, mais vous vous rappelez
le meurtrier que Anibal
aide à attraper en fait dans le silence
des agneaux. Je ne sais pas si vous vous rappelez de ce
film-là, qui est excellent, mais
justement, on se rappelle dans le
film, la personne, elle
s'habille en vêtement
féminin, elle garde des trophées.
Là, ça va un peu plus loin.
Le meurtrier tente de se refaire
une peau avec
de la peau de victime. Donc,
ça va un petit peu plus loin. C'est un film
hollywoodien et tout ça, mais je sentais une
inspiration venant de cette histoire-là
qui est encore une fois plus
réelle, qui est plus grande
que la fiction d'une certaine façon.
Oui, absolument. C'est vrai, tu as raison.
Il y a une certaine corrélation, rien d'officiel,
mais dans les faits, on le remarque bien.
Oui. Cher Distendu, on vous
invite à poursuivre la discussion
en fait parce qu'on va enregistrer un
after-show pour Patreon,
pour nos abonnés Oui Monsieur, qui sont abonnés
justement aux contenus exclusifs.
Et là, on va vraiment discuter de la
psychologie de Dennis Radar,
alias BTK. Donc, si vous voulez
entendre cet after-show-là,
il faut être membre Patreon
au forfait Oui Monsieur à 7 $ par
mois. Sinon,
Seb, c'était très intéressant. C'était
un dossier qui a nécessité beaucoup de recherche.
Ça a pris un peu de temps à vraiment le mettre en
place, mais au
final, je pense qu'on a fait un bon
tour de la question et
vous pouvez toujours vous renseigner. Il y a des tonnes d'articles
qui sont sortis là-dessus.
Oui, absolument. Ça, vous en avez.
Pour votre argent, vous pouvez écouter toutes
ces révélations quand il est
interrogé. Tout ça, tout est en ligne.
Exactement. Donc, mon
cher Seb, aurais-tu un mot de la
fin pour nous ce soir?
Avant, je vais faire juste les médias sociaux. Désolé, André.
Ok, non. Donc, si vous voulez
nous suivre, cher Distordu, c'est facile.
On est partout. Sur Facebook, on est
Distorsion Podcast. Sur Instagram,
même chose. Même chose sur YouTube.
Sur Twitter, on est
Distorsion Pod. On est sur
OnTap. C'est aussi le réseau social de
bières où on devrait mettre un petit peu plus d'amour.
Ça fait longtemps qu'on n'a pas posté
nos bières pendant le confinement.
Sinon, sur Patreon, on est là
aussi. On est Distorsion.
Merci à tous ceux qui nous achètent de la marchandise.
On vous rappelle que nos masques,
nos masques qu'on a faits
pour la situation du COVID actuel
sont disponibles sur la boutique.
Tous les profits de vente de masques iront
à l'organisme SOS, violence
conjugale. Donc, nous, on va se faire
aucun sou là-dessus. Prenez bonne note que ce n'est pas un
masque médical. Ça offre une forme
de protection, mais c'est aussi un accessoire
que vous pouvez utiliser.
Et tous les profits, justement, seront remis
à l'organisme SOS, violence conjugale,
sachant que la violence conjugale a augmenté
malheureusement pendant cette situation
de confinement. On remercie aussi
tous ceux qui nous envoient des dons, des tournées
de bières, des reviews 5 étoiles,
et qui ont fait l'achat de notre livre Distorsion,
13 histoires étranges de l'ère numérique.
Vous savez où nous trouver. On a notre
groupe de discussion privée aussi sur Facebook
que vous pouvez rejoindre pour discuter de plein
de sujets en lien avec les enquêtes,
l'ère numérique, des trucs
mystérieux, de l'humour
aussi. Donc, on trouve un petit peu de tout. Il y a plus de
5000 membres à notre groupe, donc on est très
fiers de cette belle communauté.
Seb, aurais-tu un mot de la
fin pour nous ce soir?
N'envoyez jamais de disquette à
la police.
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