En 2013, Laura Simonson, mère de 7 enfants, disparaît subitement après avoir écrit une lettre inquiétante à ses proches. Malgré que la thèse du suicide est abordée, il n’est pas du genre à Laura d’abandonner ainsi ses enfants pour disparaître volontairement. Une enquête est alors ouverte, et la vie privée de Laura est passée au peigne fin. On y apprend qu’elle avait fait certaines rencontres en ligne, notamment sur un site de BDSM… Un certain Mr Handcuffs aurait été son correspondant pendant plusieurs mois. Grâce à l’aide d’un mystérieux pirate informatique, les enquêteurs partiront sur la trace de ce certain Mr Handcuffs, convaincus qu’il sait sans doute une chose ou deux à propos de la disparition de Laura…

Épisode
#66 - À la recherche de Mr Handcuffs
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Whether it be pinching the nose or having a ballgag in the mouth and pinching the nose,
choking is popular or also causing excitement and all of that.
Des histoires étranges de l'ère numérique.
13. Laura Simonson, une mère de famille de 37 ans, connaît des moments difficiles
et se réfugie sur des sites de rencontre.
Après avoir écrit une lettre alarmante à ses proches, elle disparaît en laissant derrière elle ses six enfants.
Des analyses de ses activités en ligne laissent croire que Laura courait de gros risques
en devenant active sur un site de BDSM.
Au centre de l'enquête, un certain Mr. Hancoffs,
un homme mystérieux qui semble connaître les secrets du destin de Laura.
Sébastien Évec, comment ça va aujourd'hui?
Ça va bien toi, Émile Gauthier.
Ça va très bien. On a un sujet très intéressant ce soir.
On a eu la chance de réaliser un épisode de télé récemment à propos des prédateurs en ligne,
ces gens qui se tiennent un peu partout sur le web à la recherche de proies.
On a déjà couvert des cas similaires dans le passé comme celui d'Amanda Todd en particulier.
Souvent, on a tendance à croire que c'est plus des jeunes ou des adolescents qui se font piéger,
mais dans le cas de ce soir, c'est une mère de famille qui a en fait plusieurs enfants
et qui va disparaître suite à une étrange rencontre faite en ligne.
Oui, sur un site de BDSM, un site de rencontres de gens qui ont une préférence pour le sadomasochisme.
C'est aussi un sujet dont on a traité dans un autre épisode de notre série télé
à propos du sexe, en fait, sur l'évolution des pratiques sexuelles.
Évidemment, à distorsion, on est ouvert d'esprit, donc le BDSM en soi, ça ne nous choque pas.
Mais en fait, ce qu'on se rend compte, c'est qu'on se rend compte que ça a évolué avec l'arrivée d'Internet.
C'est de plus en plus facile lorsqu'on a une forme de fétichisme, par exemple,
de rencontrer des gens qui sont comme nous en ligne.
Ces endroits-là peuvent être aussi des sources pour des prédateurs.
Dès que t'es derrière un écran, tu ne sais jamais à qui tu t'adresses de l'autre côté.
Souvent, les relations sur les sites de rencontres se développent au fil du temps,
mais par chat sans rencontre.
Et c'est à ce moment-là que les choses peuvent se développer
ou que même une influence peut se produire entre les deux.
Parce que je suis convaincu qu'il y a des gens qui vont pour la petite.
Il y a toujours une première fois à tout.
La première fois, par exemple, qu'une personne peut aller sur un site de BDSM,
veux, veux pas, elle doit être nouvelle dans l'environnement, cette personne-là.
Et en discutant avec d'autres membres du site,
veux, veux pas, j'ai l'impression que ça ne doit pas te transformer,
mais t'attirer et t'amener un peu vers ce monde un peu quand même particulier.
Oui, tout à fait.
Puis on ne sait pas par la suite qu'est-ce qui peut en découler.
C'est des pratiques qui peuvent être risquées parfois
lorsque c'est mal pratiqué, mal encadré.
Et puis vous allez voir, l'histoire de ce soir tourne un peu autour de ça, de cette culture-là.
Donc, ça mêle un peu une histoire de mère de famille un peu dépressive, seule,
mais aussi sexe, vie secrète
et éventuellement tout un tournant dramatique autour de cette histoire-là.
Vous allez voir, c'est très passionnant, l'histoire de Mr. Hancoffs et de Laura Simonson.
Mais pour passer au travers de tout ça, aujourd'hui, on a une tournée de vin, Seb.
Oui, c'est une première à distorsion. On a une tournée de vin.
On boit le Fendant du Valais.
C'est un vin suisse du cépage chasselas.
Il est très fruité, puis il y a des petites notes minérales.
Il est très, très bon.
Ça, en fait, ça nous a été offert par Fiona, qui est elle-même une Suisse,
et elle nous l'a offert en main propre au Salon du livre de Montréal.
Donc, merci à toi, Fiona.
C'est un grand plaisir de déguster un vin de ta région.
Et pour la première fois, tu as comme initié peut-être une nouvelle tendance à distorsion,
d'avoir de temps à autre une tournée de vin.
Ben oui, pourquoi pas.
Puis, vous pouvez faire.
En fait, si vous ne pouvez pas faire, comme Fiona a nous amené une bouteille de vin en main propre,
et vous ne voulez pas envoyer ça par la poste,
au risque de vous faire saisir votre colis par les méchants douaniers canadiens.
Mais dans ce cas-ci, vous pouvez le faire, nous faire un don
au distorsionpodcast.com sur l'onglet Tourner de bière.
En fait, vous vous rendez là et vous pouvez faire un don.
Donc, en même temps, vous encouragez le show et vous remplissez notre frigo.
On a aussi un shout-out à donner pour une review 5 étoiles sur Apple Podcasts,
qui nous vient cette fois-ci de Jesse Spencer, du Canada,
qui nous parle et nous dit, en fait, le bouche-à-oreille virtuel,
c'est grâce à Prej et son podcast Ars Moriendi que je vous ai découvert.
Et j'aurais dû le faire avant.
J'avoue aussi avoir un faible pour votre effet d'écho.
Donc, juste pour toi, Jesse, un shitload d'écho.
Je pense qu'on a tout dit.
Seb, est-ce qu'on est prêt à se plonger dans le monde obscur de Mr. Hancofs?
Oui, monsieur.
C'est parti.
Nous sommes le 20 juin 2013 à Northfield,
qui est une petite municipalité d'environ 20 000 personnes au Minnesota aux États-Unis.
Laura Simonson, une aide soignante de 37 ans,
qui est divorcée depuis 6 ans de Troy Simonson,
a maintenant la garde partagée de ses 7 enfants,
Sarah, Hunter, Alyssa, Emily, Josephine, Ashton et Kylie.
Malgré les épreuves de la vie,
Laura est une femme lumineuse, très proche de ses enfants
et qui dégage la joie de vivre.
Laura est aussi bien entourée de sa famille
et est très proche de sa seule soeur,
Nikki, et de sa mère, Mary.
Par contre, le quotidien de Laura n'est pas toujours facile.
En plus de devoir s'occuper de ses 7 enfants seuls lorsqu'elle a la garde,
parmi eux, il y a Alyssa, 13 ans,
qui est depuis maintenant plusieurs années handicapée lourdement.
Alyssa a subi un malheureux accident à la piscine lorsqu'elle était enfant,
en fait elle a failli se noyer,
et depuis elle est devenue aveugle et a subi de graves dommages au cerveau,
ce qui l'empêche même de marcher ou de s'exprimer correctement.
C'est vraiment triste, ce qui est arrivé à cette petite fille-là.
Vraiment, elle est pas assez proche de mourir,
en fait elle a eu une noyade en jouant avec des amis
et elle a manqué d'air, comme on peut imaginer,
puis ça a eu vraiment des graves impacts au cerveau.
Ça peut la rendre aveugle, ça, manquer d'air?
Oui, c'est particulier.
J'avoue que je ne suis pas un spécialiste,
mais c'est une des premières fois que je vois cet impact-là,
justement, dans une conséquence comme ça.
Elle demande des soins constants, n'étant aucunement autonome, bien sûr.
C'est une épreuve qui doit être vraiment difficile en comme parent, justement,
si quand on en fait un accident comme ça, ça doit être très très difficile.
Il faut beaucoup de courage pour affronter ce genre de situation-là,
et Laura va ainsi passer beaucoup de temps avec Alyssa,
pour s'occuper d'elle, bien sûr.
Oui, puis ça doit être crève-coeur lorsque t'as sept enfants, si c'est beaucoup,
en fait, tu veux tenter de donner de l'attention et donner des soins à tout le monde,
mais justement, quand une de tes filles,
comme ça qui est lourdement handicapée puis qui demande plus de soins,
ça doit être difficile de gérer les priorités.
Oui, vraiment, vraiment.
Heureusement, si on peut dire ça, Laura, c'est une aide-soignante,
donc ça fait un peu partie d'elle, disons, d'aider ou d'accompagner des gens malades.
Nous sommes toujours le 20 juin 2013.
Ce soir-là, Laura n'a pas ses enfants avec elle,
et elle vaque à ses occupations.
Soudainement, elle reçoit un texto de sa sœur, Nicky,
qui lui demande de la rappeler immédiatement, ce qu'elle fait.
Nicky lui annonce une très mauvaise nouvelle.
Alyssa était chez une amie pour un sleepover,
et elle est décédée abruptement dans son sommeil.
C'est assez triste, là.
Elle avait une infection au cœur,
mais il n'y avait eu aucun symptôme particulier qui était apparu,
donc personne s'en était vraiment rendu compte de ça.
Ça a été assez difficile à imaginer, même pour l'amie d'Alyssa,
parce que c'est elle qui l'a trouvée dans le lit.
Elle couchait chez elle, puis elle essayait de la réveiller,
puis elle ne s'est pas réveillée.
Ça doit être quand même assez traumatisant.
Choc total pour Laura, on peut la comprendre.
Sa vie vient de basculer encore une fois.
Déjà qu'elle doit composer avec la maladie mentale,
ayant fréquemment des dépressions,
un événement de la sorte est très difficile à surmonter pour elle.
Son entourage ne la reconnaît plus,
et elle s'isole de plus en plus d'eux à cause de cet événement-là.
C'est souvent ce qui est le pire dans tout ça.
C'est un peu la pire chose à faire, de s'isoler,
même si parfois dans les épreuves difficiles,
on a tendance à le faire.
Souvent, c'est justement en discutant avec des gens
puis en partageant notre douleur qu'on arrive à l'atténuer.
Non, exact.
On dirait que ça partage le poids sur les épaules d'un autre,
mais ça demande des fois un petit coup de pied ou cul supplémentaire.
Ben oui.
Parce que quand t'es déprimé déjà que l'énergie est assez basse,
si une situation comme ça vous arrive,
ne faites pas comme elle et essayez de ne pas vous isoler.
À la mémoire de Alyssa,
Laura s'est fait tatouer sur sa cheville gauche, Alyssa,
ainsi que sa date de naissance soit le 28 avril 2000.
Les semaines et les mois passent, et Laura reprend du mieux.
Nous sommes maintenant en octobre 2013.
Pour contrer l'isolement, se trouver un nouvel amoureux
et s'échapper un peu de son quotidien qui est assez demandant,
je vous rappelle qu'elle a six autres enfants à s'occuper,
elle s'inscrit sur des sites de rencontres en ligne
et commence à chatter avec plusieurs hommes.
Au départ, elle développe surtout des relations amicales.
Laura est fan des Packers,
donc elle discute de football et de sport avec les gens qu'elle rencontre.
Il faut dire que depuis la mort d'Alyssa,
Laura passe beaucoup de temps seule
et elle se sent de plus en plus perdue
et prouvant une douleur qu'elle n'a jamais ressentie auparavant.
Ça inquiète un peu sa sœur Niki,
qui se demande si on peut faire confiance aux gens sur Internet.
Malgré tout, Laura la rassure qu'elle sera prudente et de ne pas s'inquiéter.
Par contre, Laura, qui est de nouveau en dépression,
a confié la garde complète de ses six autres enfants à Troy, son ex-marie.
Et le 2 novembre 2013,
Laura sent un grand vide dans sa vie et décide de prendre ses distances.
Elle écrit une lettre à son entourage avant de partir,
en commençant par s'excuser
et en se décrivant comme une bonne à rien pour les autres et ses enfants,
et le mieux qu'elle peut faire est de s'éloigner de son entourage pour leur bien.
Elle mentionne vouloir trouver une place où elle ne pourra plus nuire à personne.
Elle conclut la lettre en leur disant qu'elle les aime tous et les aimera pour toujours.
Mais là, ses proches sont inquiets,
mais se rassure en se disant qu'elle est sûrement allée chez une amie
quelque temps pour prendre un peu de recul et d'espace
et le reviendra en meilleure forme.
Malgré tout, la lettre semble presque être une lettre de suicide.
Quand on lit ça, moi, je m'attendrais au pire.
J'aurais pas fait...
En tout cas, je trouve que la réaction est particulière de la part de ses amis.
Je veux pas juger en même temps la réaction,
mais avec une lettre comme ça, j'aurais tendance tout de suite peut-être à prévenir les autorités.
Oui, exact, parce que c'est vrai que ça envoie un signal de suicide.
Son entourage sait qu'actuellement, elle est médicamentée,
elle va pas bien, elle est en dépression,
donc les chances qu'elle se suicide sont toujours beaucoup plus élevées dans ce type de situation-là,
où souvent, on prend pas des bonnes décisions non plus.
Mais c'est vrai que, en même temps, Laura, c'est une adulte.
On vient toujours à ça quand des adultes disparaissent.
On dirait qu'on laisse un peu une responsabilité à l'adulte même qui disparaît sans vouloir trop s'inquiéter,
on dirait, à cause de ça, versus un enfant qui disparaît.
Mais je suis d'accord avec toi que la réaction de son entourage semblait un peu passive.
Oui, donc elle a écrit cette lettre-là et par la suite, ils l'ont pas revue.
Faut dire que justement, ces autres enfants sont en garde complète chez son ex-mari.
Donc ils se sont pas rendus compte, eux, sur le coup que justement leur mère manquait à l'appel.
Mais pour l'instant, il n'y a pas tant que ça à lieu de s'inquiéter.
Il pense justement qu'elle était déprimée, elle a peut-être écrit cette lettre-là sans mauvaise intention,
puis Laura avait quand même une vie sociale.
Même avant de s'isoler, elle avait une bonne vie sociale, donc elle a plusieurs amis,
donc c'est quand même possible qu'elle soit allée se confier à quelque part.
Mais là, on se retrouve trois semaines plus tard, soit le 22 novembre 2013, au soir,
alors que la famille est toujours sans nouvelles de Laura.
Un étranger colle un mémo à la porte de la maison de la mère de Laura
et s'adresse directement à celle-ci, donc à Mary, la mère de Laura.
Et là, je vous lis le mémo.
Déjà, c'est étrange un peu.
Donc ici, on a quand même un signal d'alarme qui est montré par ce mystérieux Jeff.
Oui, c'est quand même étrange la manière de communiquer de Jeff,
je trouve, d'aller porter un mémo.
Je suis convaincu qu'il aurait pu téléphoner ou quoi que ce soit.
Peut-être qu'il avait une gêne ou une timidité,
mais je trouve que la manière qu'il a transmis le message est très bien.
Il est quand même bizarre.
Chose certaine, son objectif a été atteint parce que ça s'est rendu à bon port.
Sa mère, la mère de Laura, qui ne semble pas connaître Jeff,
parce que c'est vrai, à quelque part, il prend pour acquis dans son message qu'on le connaît.
La mère de Laura demande à Niki, la sœur de Laura, si elle le connaît.
La seule chose qu'elle sait, c'est qu'ils se sont connus en ligne il y a plusieurs années.
Donc là, cette lettre, ce mémo-là, accentue encore plus l'inquiétude de la famille.
Niki appelle Sarah, l'aînée des enfants de Laura,
pour savoir si elle a eu des nouvelles et la réponse est négative.
Elle appelle aussi l'ex-marie, Troy, et encore une fois, c'est négatif de son côté.
Donc là, c'est sérieux.
C'est alors que la famille décide de la déclarer portée disparue à la police.
Et malgré tout, sa sœur demeurait très positive et était convaincue qu'elle allait revenir.
Oui, parce que ça faisait quand même trois semaines qu'elle était partie.
Là, j'avoue que de mon côté, l'inquiétude augmentait.
Ce que je comprenais, c'était la première fois quand même qu'elle ne donnait pas de nouvelles
aussi longtemps, autant à Troy, son ex-marie, qu'à ses propres enfants.
Oui, puis là, les enfants, je comprends que quand t'es à garde complète chez ton père,
t'as peut-être pas des nouvelles de ta mère à chaque jour.
Mais après trois semaines, il y a vraiment un lieu de s'inquiéter, même pour un adulte.
Le lundi matin, le 25 novembre, le sergent-détective Lee Horlatz se rend à la maison familiale des Simonsons.
Cela fait 23 jours maintenant que personne n'a de nouvelles de Laura.
La famille lui présente la lettre qu'elle a écrite et le mémo de son ami Jeff.
Plusieurs drapeaux rouges sont détectés par le sergent-détective
dû au fait qu'elle n'a pas ses médicaments à sa possession,
ce qui est quand même un comportement très inhabituel de sa part.
Ils questionnent la famille à savoir si elle se serait suicidée, évidemment,
parce qu'avec la lettre qu'elle a écrite, c'est une des premières hypothèses qui vient en tête.
Mais selon eux, ce n'est qu'une option parmi tant d'autres.
Selon ses proches, évidemment, elle aime trop ses enfants pour faire un tel geste.
Sur les lieux, le sergent-détective Horlatz fouille la camionnette familiale,
qui sert aussi lors de sorties en camping.
Il fouille la camionnette pour chercher des indices pour déterminer où Laura pourrait bien se trouver.
Ça, je trouve ça étrange que même la famille n'a jamais fouillé la camionnette avant ça non plus.
Encore une fois, on revient au fait que la famille s'inquiétait,
mais en même temps est un peu passive.
Je ne les accuse pas, comprenez-moi bien, mais je trouve que ça aussi c'est un élément particulier.
Dans sa fouille, il trouve le téléphone intelligent de Laura et une carte de crédit.
C'est assez étrange de partir sans son cellulaire et sans argent.
Oui, on l'a vu dans plusieurs cas, souvent c'est un drapeau rouge.
Les autorités monitorent immédiatement la carte de crédit et le téléphone
pour observer s'il y a eu de l'activité dans les dernières semaines.
Malheureusement, rien du tout.
Les autorités questionnent l'entourage immédiat de Laura pour tenter d'obtenir le moindre indice.
Dans ce genre de disparition, les premières personnes qui deviennent des personnes d'intérêt
envers les autorités généralement, c'est les hommes qui gravitent autour d'elle.
Évidemment.
La première personne qui est interrogée, c'est Troy, son ex-mari.
Par contre, il avait un solide alibi et aucune preuve directe
qui pourrait être impliquée dans la disparition de Laura.
La seconde personne d'intérêt est bien sûr Jeff Madison,
l'homme qui a laissé la lettre sur la porte de la maison de la mère de Laura.
Oui, parce que ça fait un peu stalker, même.
Oui, c'est un peu particulier.
Jeff est très collaboratif avec les autorités et invite même
le sergent détective à se rendre chez lui,
car il a de l'information qui pourrait l'intéresser pour tenter de trouver Laura.
Il montre à Olatz qu'il a accès aux courriels de Laura,
ainsi qu'à ses comptes de réseaux sociaux et de sites de rencontre.
C'est particulier, ça, quand même.
C'est assez suspect, je te dirais.
Pourquoi que lui a accès à ça?
Est-ce que c'est elle qui lui a demandé?
Des fois, peut-être des amis à qui on a confiance,
on peut leur donner nos accès pour une raison X,
mais là, il a accès à tout son écosystème numérique.
C'est bizarre.
Oui.
Olatz, justement, le sergent détective, trouve ça étrange.
Par contre, les découvertes que Jeff font sont intéressantes.
On va vite se rendre compte que Jeff va jouer un très grand rôle
dans la recherche de Laura.
Après tout, jusqu'à présent,
les relevés de comptes de compte bancaire, de carte de crédit
et de téléphone cellulaire n'apportent aucune nouvelle piste.
Donc, il faut se tourner vers des recherches plus approfondies,
au pire, au risque de tomber dans le jardin secret de Laura.
Oui, c'est toujours ça, la crainte.
Oui, exactement.
On en vient toujours à ça, dans les enquêtes à fouiller,
dans le contenu.
Ça me rend tout le temps un peu mal à l'aise.
Jeff invite les enquêtants chez lui
pour leur montrer le résultat de ces recherches.
Il explique aux policiers qu'il a accès à tout ça.
En fouillant dans les comptes de Laura,
il découvre qu'elle a un compte sur un site assez particulier
qui s'appelle colorme.com.
Donc, color comme un collier,
c-o-l-l-a-r-me.com.
Le site colorme, en fait,
est un site de rencontres spécialisé en BDSM.
Le BDSM, pour ceux qui l'ignore,
c'est l'acronyme de bondage, discipline, sado et masochisme.
Les pratiques BDSM sont fondées sur un contrat entre deux parties.
Il y a un pôle qui est dominant et un pôle qui est dominé.
Jeff y a découvert aussi que Laura s'est inscrite en septembre,
un peu de temps après que sa Alice soit morte,
et elle a discuté avec plusieurs personnes sur ce site.
La nature des échanges est plutôt de type sado-maso
entre Laura et d'autres membres du site.
Apparemment que Laura serait plus elle de nature dominée dans tout ça.
Puis, je me demande si...
C'est pas clair si Jeff l'a pas rencontré sur ce site-là, lui non plus.
Parce qu'un truc que je me demandais un peu en pensant à tout ça,
c'est qu'en faisant des recherches pour notre série télé à distorsion,
on s'est rendu compte qu'il y avait une branche du BDSM
qu'on appelle le fin-dom, donc le financial domination.
À partir de là, souvent, les gens vont donner accès à leur dominant,
accès à beaucoup de données, leurs réseaux sociaux, même leurs comptes bancaires.
Le processus de domination va se traduire dans le contrôle des finances de la personne,
dans le contrôle de même sa géolocalisation, de ses mots de penses,
de son activité Internet, tout ça.
Donc, c'est une autre forme de soumission qu'on ne retrouvait pas avant l'ère numérique.
Donc, je me demande, est-ce que c'est possible que Jeff ait cette relation avec Laura
et que c'est pour ça qu'il a tous ses accès?
Non, effectivement, c'est une théorie que j'avais pas pensé du tout.
Ça fait du sens, mais on n'a pas vraiment de détails actuellement.
Non, pas du tout, c'est juste une théorie.
Oui, oui.
Avec ces informations en main, le sergent détective Olatz a l'impression qu'il vient peut-être
de tomber sur une piste intéressante.
Il poursuit donc des recherches avec le compte de Laura sur le site callarmy.com.
Il a découvert plus précisément qu'elle a discuté avec un certain Mr. Encoffs.
Encoffs, ça veut dire des Menottes en anglais, donc Monsieur Menottes.
Quelques semaines avant de disparaître, son tagline à Mr. Encoffs sur le site,
c'est Looking for 24 and 7 Slave for Permanent Ownership.
Donc, je recherche une esclave 24 heures sur 24 pour une domination permanente.
En creusant un peu plus les échanges entre les deux,
on y découvre que Laura était la dominée ou l'esclave virtuelle
et que Mr. Encoffs était le dominant ou le maître.
Plus les discussions avançent entre les deux, plus le désir de se rencontrer en personne émergeait
et le discours était très orienté vers cette rencontre.
Oui, parce qu'eux semblaient vouloir vraiment le vivre dans la vraie vie, cette pratique-là.
Oui, puis dans les discussions qu'on a vues, il y avait beaucoup de teasing.
Elle lui disait qu'elle serait son esclave à vie.
Il lui disait qu'il serait son maître pour le reste des temps.
Donc, ils ont développé quand même une relation.
Je ne sais pas si on peut dire une relation amoureuse, mais dis-moi, il y avait un lien entre les deux.
Ils avaient envie d'aller explorer leur fantasme.
Je ne sais pas si dans leur cas, à eux, il y avait une certaine forme de contrat,
parce que je sais que dans certaines situations de dominée-dominant, il y a cette notion-là de contrat,
pour être sûr que tout le monde est consentant.
Oui, exact, pour ne pas que quelqu'un revienne contre la personne par la suite.
Parce que, veux ou veux pas, les pratiques BDSM, un peu comme on le disait,
des fois, ça touche certaines limites qui peuvent être dangereuses.
Donc, je peux comprendre aussi que les gens peuvent se protéger avec des contrats de ce genre-là.
Pendant ce temps-là, la famille continue les recherches pour la trouver
et met des affiches partout dans la ville, en visitant les refuges, aussi les églises,
parce qu'ils se sont dit peut-être qu'elle est démunie,
dans le sens qu'elle n'a plus de sous, elle n'a plus où aller.
On se rappelle qu'elle n'a plus son téléphone, elle n'a pas sa carte de crédit.
Donc, on ne sait pas quel moyen financier qu'elle a avec elle.
Donc, ils ont fait vraiment le tour de la ville pour tenter de la trouver, rien sans succès.
Là, l'inquiétude augmente et les proches commencent à se faire les pires scénarios.
Oui, parce qu'en plus, elle n'a pas ses médicaments
et ça semble faire un bout de temps qu'elle les a prises.
Et on sait que ça peut faire vraiment un effet particulier lorsqu'on est tourmenté
ou qu'on est en dépression, qu'on vit des grandes émotions.
Elle vient quand même de vivre la mort de sa fille,
qui lui amenait déjà beaucoup de challenge mental.
Et là, sans sa médication, ça peut être fatal.
On se rappelle de cas, que ce soit même Elisa Lam ou Emma Philippoff,
où justement l'absence de médication a peut-être causé leur perte.
Nous sommes maintenant le 28 novembre 2013.
Et pour accélérer l'enquête, les autorités diffusent la fiche de disparition de Laura au grand public
via les médias sociaux et même par fax pour maximiser les chances de la retrouver.
Parce que le fax est encore très utilisé dans ces situations-là pour les médias, entre autres.
Oui, puis de ce que j'ai vu, il envoie aussi un peu partout aux entreprises qui ont encore des faxes.
Donc ça devient un genre de mass-mailing policier.
Cette initiative va porter fruit.
Christy Boudouneuf, une employée d'un hôtel situé à Rochester dans le Minnesota,
l'a reconnue et contacta les autorités tout de suite.
Donc il y a déjà du feedback par rapport à la diffusion de tout ça.
Ça a été presque instantané, la réaction de cet employé-là.
Le sergent-détective Olatz, très enthousiaste d'avoir enfin une piste intéressante,
se rend alors sur les lieux pour interroger cette fameuse Christy
et savoir à quel moment Laura s'était présentée à l'hôtel.
Est-ce qu'elle était seule? Est-ce qu'elle était accompagnée? Dans quel état elle était?
Donc c'est toutes des questions qu'il a.
Il apprend qu'elle est venue il y a trois semaines, le 2 novembre,
la date exacte de disparition supposément volontaire de Laura
et de l'envoi de sa lettre à ses proches.
Il y a une coïncidence qui est assez inquiétante ici.
Elle ne semblait pas bien dans sa peau, selon la commie de l'hôtel,
et elle était accompagnée par un homme.
Malheureusement, aucun nom au registre à propos de l'homme qui est présent à l'hôtel
et par un drôle de hasard, la captation vidéo de la caméra qui filme le lobby
le matin du 2 novembre a été perdue à un problème technique.
Oui, tu parles d'un méchant hasard.
Et ça c'est toujours un classique qui arrive.
Oui, on dirait toujours que c'est une conspiration
parce que ça arrive souvent au moment où on a besoin de cette preuve-là
pour essayer de faire avancer l'enquête.
Oui, ma théorie là-dessus, c'est qu'il y a bien des hôtels et des commerces sans doute
qui n'ont pas souvent besoin de consulter les vidéos de surveillance.
Donc il y a de la négligence, il y a peut-être un update
qu'il faut faire dans le système à un moment donné, qu'ils ne font pas.
Et puis là, au moment où vraiment on n'a besoin,
on se rend compte qu'il y a quelque chose qui ne marche pas finalement dans le système.
Non, exact.
J'ai pas l'impression que c'est une conspiration.
Non, exact, mais tu as raison parce qu'ils ne doivent pas vérifier justement
quand ça plante.
D'une certaine manière, ils peuvent s'en foutre un peu
qu'un matin ils n'ont plus les enregistrements.
Ils pensent alors à consulter la bande vidéo du lendemain matin.
Et là, ils vont faire une découverte.
On y voit l'homme qui accompagnait Laura sortir avec ses bagages,
mais on ne voit jamais Laura dans les images qui ont été filmées.
Étrange ça.
Où peut-elle bien être et qui est l'homme qui l'accompagnait?
Ça, c'est des questions que le sergent Olatz va se poser.
Une capture d'écran de la caméra de surveillance est alors diffusée
pour tenter de retrouver cet homme mystérieux.
Mais encore une fois, les captations de caméras de surveillance
sont souvent de mauvaise qualité.
C'est très pixelisé.
Et c'est toujours difficile à identifier quelqu'un.
Mais je sais que quand c'est quelqu'un que tu connais,
c'est un peu toujours ça l'argument des policiers,
que même si la qualité est basse de la photo,
quand tu connais la personne,
tu es en mesure de la reconnaître généralement,
tu vois des traits.
C'est vrai qu'on est capable de ça.
Donc, il ne faut pas penser qu'une photo pixelisée ne sert à rien.
Parfois, c'est la démarche.
On va reconnaître la démarche de quelqu'un qui se promène.
Quelqu'un va boiter un peu d'un pied
ou va se traîner les pieds ou va avoir le dos courbé.
Donc, c'est toutes des façons qu'on peut reconnaître quelqu'un.
Donc, c'est pertinent tout de même.
Non, exact.
Et même la démarche, maintenant,
c'est rendu une méthode d'authentification de quelqu'un,
un peu comme la reconnaissance faciale.
Parce que selon des dernières recherches qu'ils ont fait,
chaque humain a une démarche unique.
Donc, petite parenthèse.
Les semaines passent et c'est le premier temps des fêtes
sans Laura pour sa famille.
Tout le monde garde espoir qu'elle soit toujours en vie,
mais les espoirs diminuent peu à peu
car cela fait plus de deux mois qu'ils sont sans nouvelles.
Et on le sait, le temps des fêtes,
c'est toujours un moment très triste
pour les victimes et les proches des victimes de personnes disparues.
Le 12 janvier 2014,
le sergent-détective Olatz retourne voir l'ami de Laura, Jeff,
qui n'est plus, lui, sur la liste des suspects
car il ne ressemble pas à l'homme de l'hôtel
qu'on a vu sur la vidéo de surveillance.
Donc, il retourne le voir pour lui montrer
ses dernières découvertes de photos, entre autres,
de l'homme qui était à l'hôtel.
Jeff, de son côté, a infiltré le réseau de BDSM,
collarme.com, afin d'en connaître plus sur la communauté.
Donc, il a fait un peu son travail de détective privé.
Et là, il va essayer de voir s'il n'y a pas des indices
sur le site qui permettrait de faire avancer les choses.
Il va s'intéresser plus particulièrement
au profil de ce fameux Mr. Encoffs,
avec qui Laura discutait depuis un certain temps.
Il a continué à fouiller.
Il a trouvé, à travers le code HTML de la messagerie du site,
le collarme, le courriel de Mr. Encoffs.
Et là, on a enfin une adresse courriel liée à ce compte-là.
Il s'agit d'un certain Steve, 53-277, à yaw.com.
Et en le googlant, il remarque que ce courriel
est souvent associé à un certain Stephen Zellick,
originaire de Milwaukee.
Particulier, ça.
Ils ont enfin un nom, ou du moins un courriel,
derrière le pseudonyme.
Olatz commence enfin à avoir un peu le bout du tunnel
de voir qu'il y a quelque chose qui risque de l'amener à quelque part.
Donc, il commence par chercher,
dans la base de données des autorités,
qui s'appelle ClearPoint,
en guise de point de départ,
sans toutefois avoir beaucoup d'attente,
parce que c'est juste une base de données,
c'est une base de données des autorités.
Donc, c'est que les gens qui ont été membres
des services de police, des forces de l'ordre.
Donc, les chances sont minces, quand même,
que l'adresse ressorte.
Il recherche le nom et réduit le spectre
de ses recherches pour l'État du Wisconsin.
Par chance, ou par malchance,
Stephen Zellick, 52 ans,
se retrouve dans la base de données.
Étrangement, c'est un ancien policier
qui a été suspendu le 23 octobre 2012
et dans sa fiche, il y a un adresse courriel
qui est exactement la même que Mr. Hancoffs,
soit le Steve 53277 à yahoo.com.
C'est assez particulier parce que
M. Olatz disait que généralement,
dans les fiches de policiers dans le système,
il y a rarement un courriel.
Oui!
Et là, c'est un drôle d'hazard
qui permet encore plus de faire le lien
entre les deux, en gros.
C'est un beau hasard.
Jeff se rend aussi compte que Laura
avait aussi échangé les courriels
avec cette adresse.
Mais qui est donc Stephen Zellick?
Les soupçons se dirigent tout de suite
sur ce certain Stephen Zellick.
Les enquêteurs apprennent qu'il a travaillé
pour le département de police de West Allis,
qui est situé dans le Wisconsin.
Il a travaillé là de février 1989
et il a démissionné en août 2001.
On ne sait pas trop pour quelle raison.
Cette découverte allait grandement compliquer les choses,
puisqu'étant un ancien policier,
il connaît les techniques des enquêteurs.
Oui.
Il sait potentiellement comment camoufler des preuves
et il connaît ses droits.
Il n'allait donc pas être facile à faire parler
ni même à interroger.
Et comme nous ignorons encore si Laura
est vraiment disparue,
si elle a été enlevée
ou encore si elle a été assassinée,
il faut agir avec la plus grande précaution.
Oui, parce qu'étant donné qu'il connaît
les méthodes des enquêteurs,
il faut savoir bien l'entourlouper
ou bien le piéger, sinon
il va se douter à un kilomètre
qu'il y a quelque chose qui cloche avec lui.
Exactement.
Olatz commence à faire des appels
pour se renseigner à propos de ce nouveau suspect.
Il appelle ses collègues de West Allis,
le poste de police où il travaillait,
pour leur poser quelques questions.
Lorsqu'il leur dit que Zellick
est suspect dans une affaire de disparition,
ses collègues policiers de l'autre poste
ne semblent pas très surpris de ça.
Oh non!
Ils indiquent à Olatz
qu'il avait été suspendu suite
à des plaintes pour harcèlement.
On y reviendra plus tard.
Apparemment qu'il se montrait
insistant auprès des femmes
pour qu'elles sortent avec lui.
Olatz va même leur envoyer
les images de l'hôtel
pour voir si les collègues
peuvent confirmer en fait
ces biens Zellick qu'on voit
sur les bandes vidéo.
Et celui-ci est en fait
ces biens Zellick qu'il a.
Olatz est à la fois heureux et terrifié.
Ils ont enfin un nom officiel
pour Mr Encoffs.
Nous sommes maintenant le 17 janvier 2014
et Olatz va envoyer
sans plus tarder des agents policiers
chez Zellick pour tenter
d'en savoir plus.
Lorsqu'ils arrivent chez lui,
il le trouve bien-vêtu, articulé
et bien-veillant.
Il porte même toujours une veste
des services policiers.
Il indique qu'il est très motivé
à coopérer avec ceux-ci.
Lorsqu'il est interrogé,
Zellick indique aux policiers
qu'il connaît en effet Laura Simonson.
Il leur explique que les deux
se sont rencontrés en ligne
et qu'ils ont beaucoup discuté
au cours des mois précédents.
Il indique même que Laura
lui aurait envoyé des photos
osées et même compromettantes.
Cependant, il n'y a pas eu
une nouvelle d'elle lui non plus
depuis plus de deux mois.
Les policiers vont fouiller son appartement
et ne trouver aucune trace
ni de Laura, ni d'aucune autre femme
et rien qui puisse concrètement
vraiment faire avancer l'enquête.
Ils reviennent donc bredouille
au poste de police.
Oui, ça, c'est très décevant parce que
tu débarques chez quelqu'un que t'es presque sûr
qu'il est lié à cette histoire-là,
mais tu peux rien trouver.
En plus, lui, de son côté,
il semble très coopératif.
Apparemment, il répétait souvent aux policiers
que ça me fait plaisir d'aider
d'anciens collègues,
ça me fait toujours plaisir d'aider les autorités,
tout ça, mais en même temps, ils savent
qu'il y a quelque chose à cacher.
Malgré tout, Olatz est convaincu
que Zelik est mêlé à tout ça.
Il craint le pire,
qu'elle se soit fait assassiner ou encore
vendue à un autre maître d'esclaves.
Parce que ça aussi, c'est des choses
qui existent dans le monde
plus extrême du BDSM.
Il ne va donc pas lâcher le morceau
et continuer à fouiller la vie de Zelik.
Les risques sont élevés,
car on le sait, lorsque l'on s'acharne
sur un suspect, il peut arriver
que l'on manque un détail important
à propos d'un autre suspect.
Comme là, c'est vraiment comme si
le sergent Olatz mettait tous ses oeufs
dans le même panier.
Il focus vraiment sur Zelik, puis on est
quand même dans une petite municipalité
et puis on le sait, les services de police
ont des budgets limités aussi,
donc ils ne peuvent pas y tirer ça trop longtemps.
Les mois passent, il n'y a toujours
aucune nouvelle piste
et aucune nouvelle tout court
à propos de la disparition de Laura.
Le supérieur de Olatz lui annonce
que s'il n'y a pas de développement majeur
très bientôt, il devra fermer
le dossier pour prioriser d'autres affaires.
Après tout,
Laura est une adulte, elle a laissé
une lettre derrière elle qui peut laisser
penser qu'elle se serait suicidée,
donc il devient injustifié de continuer
à mettre énormément de budgets sur cette histoire-là.
Toutefois, Olatz ne démarre pas,
il va demander l'aide du FBI
pour tenter de faire avancer l'affaire.
Parce que même si elle a tenté
de se suicider ou qu'elle a commis le suicide,
on n'a toujours pas de corps.
C'est toujours ouvert à plein de scénarios.
On ne peut pas non plus, comment dire,
fermer l'hypothèse du suicide,
mais en même temps, cette histoire
avec Mr. Hancofs
garde le policier quand même assez intrigué
à l'idée d'en savoir plus.
Oui, parce qu'il y a quelque chose
de louche malgré tout.
Le 10 mars, les agents du FBI
retournent une fois de plus chez Zelik
pour l'interroger.
Car si Zelik a transporté Laura
du Minnesota au Wisconsin
advenant à un scénario tragique,
cela tombe dans leur juridiction du FBI.
Celui-ci, Zelik,
est encore très collaborateur avec les agents.
Ils reviennent sur le site Web
de BDSM et sur la rencontre
avec Laura. Celui-ci leur indique
encore une fois que ce type de site
n'est pas illégal du tout et qu'ils sont
des adultes consentants et responsables.
Ils peuvent bien
s'échanger ce qu'ils veulent
comme image, puis ils peuvent bien faire
n'importe quelle pratique.
Les agents fouillent son appartement
encore une fois sans rien trouver.
Les agents du FBI sont un peu plus sérieux.
Ils sont plus raides.
Par contre, ils vont demander à Zelik
s'il accepte de faire
un prélèvement d'ADN, ce qu'il accepte,
indiquant qu'il souhaite toujours
aider ses collègues policiers,
qu'il connaît bien la procédure
en lien avec les prélèvements d'ADN.
Les agents vont indiquer après coup
que Zelik était très nerveux pendant le prélèvement
buccal et que celui-ci
suait à grosse goutte en plus.
Donc les choses demeurent toujours
très louche à ce propos.
Zelik tombe soudainement sur la défensive.
Il est de moins en moins aidant
et insiste sur le fait que Laura
fréquentait d'autres sites de rencontre
et qu'il n'est certainement pas le seul homme
avec lequel elle discutait.
Malgré tout, le temps passe
et la famille de Laura est toujours sans réponse.
Ça doit être l'enfer,
de vivre ça,
parce que là, ça fait pratiquement 6 mois,
même 7 mois, presque.
Tu sais, de vivre
sans réponse, ça doit être
horrible. Ça doit te hanter
continuellement. Je pense aux enfants
qui doivent s'ennuyer de leur mère.
Elle était présente, même si à la fin
elle avait pu la garde temporellement.
Elle veut pas d'être proche de ses enfants.
Moi, je pense beaucoup à eux aussi dans cette
situation-là. Ça doit être vraiment difficile.
Le 5 juin 2014,
maintenant, dans le comté de
Walworth à 50 000
au sud-ouest de Milwaukee,
dans la ville de Genève,
deux cols bleus font leur travail sur le bord
de la route. Ils nettoient les abords
et ils coupent les branches mortes.
Un des deux travailleurs remarque
deux valises cachées
sous un tas de branches d'arbres cassées.
Dès qu'ils s'approchent, une odeur
très désagréable s'en dégage.
Une nuite de mouche aussi
est très présente autour des deux valises.
Une fois une des valises
ouvertes, on y trouve des sacs
à poubelles noires. Des techniciens
en scène de crime sont tout de suite
appelés et arrivent sur les lieux
et déterminent que chacune des valises
contient un corps de femme
différent. Les deux corps sont
dans des états de décomposition avancés.
Ils sont les deux dévêtis,
leurs mains nouées par des cordes.
Dans l'un d'eux, une main
avec du vernis rose ressort
du sac de poubelle.
Sur l'autre corps, on peut y distinguer
un tatouage déchiffrable
malgré la décomposition. On peut y
lire Alyssa.
Oladze doit maintenant en parler à la
famille de Laura. Il parle
entre autres à Niki, la sœur
de Laura, pour confirmer la
piste du tatouage. Eh oui,
en effet, il confirme que
Laura avait bel et bien le tatouage
d'Alyssa sur son pied. Donc,
il s'agit bien d'elle.
La famille est atterrée, parce que là, ça
confirme qu'elle est morte.
Oui, puis en plus, retrouver dans une valise
comme ça, c'est sûrement pas un suicide.
Non, exact. Puis il y a une état
de décomposition. Je pense
aux gars
sur le bord de la route qui ont trouvé la valise
et même ensuite aux autorités qui
ont fallu manipuler ça,
de gérer l'odeur, ça doit être
vraiment difficile. Ça pue,
ça doit vraiment... En fait, je sais pas ce que ça sent
un corde qui se décompose, mais
j'ose croire que ça
doit être difficile.
Pendant ce temps-là, les enquêteurs ne perdent plus
de temps. Ils ont enfin une scène de crime
et des cadavres à analyser.
Malgré le fait que la nouvelle est des plus tristes,
ils peuvent commencer à faire leur travail
plus sérieusement et à enfin tenter
d'élucider le mystère.
En analysant plus meticuleusement
les cordes qui étaient nouées autour des poignets
des victimes, les analystes défont
les nœuds et arrivent à prélever un
échantillon d'ADN.
Les cordes ne mentent pas.
Cet ADN ne correspond ni à celle
de Laura, ni à celle de
la femme toujours inconnue qui se trouve
dans l'autre valise.
Il est donc fort probable
que cet ADN soit celle de l'agresseur.
Les résultats du test arrivent enfin.
Le temps paraît une éternité
dans une situation comme ça.
Et boum, l'ADN de
Steve Zellick
correspond à celle retrouvée sur la
corde. Il est alors formellement
arrêté le 25 juin 2014.
Au départ,
Zellick joue un peu à l'innocent
et tout à coup,
il se met à table lors de l'interrogatoire.
Zellick explique tout d'abord
qu'il a fait connaissance avec une
certaine Jenny Gammaise
sur un site de rencontre BDSM.
Mais qui est donc cette
Jenny Gammaise?
Jenny Gammaise
est une fille âgée
d'à peine 19 ans au moment des faits.
Elle est originaire de Cottage Grove
dans l'état de l'Oregon
et elle a été portée
disparue en 2012.
Ces amis disent
d'elle qu'elle souhaitait voyager
pour apprendre à se connaître et à
découvrir ses véritables intérêts.
Un jour de 2012,
elle a quitté la maison
en ne donnant pas trop de détails à ses proches
qui eux non plus n'en ont pas fait cas
pensant qu'elle partait en voyage
et qu'elle allait les tenir au courant.
En fait, pendant ce temps,
elle parlait avec un certain
Mr. Hancoffs sur internet.
Après quelques semaines
de discussion, il l'invita
chez lui dans sa ville.
Elle accepta et il est venu la chercher
à l'aéroport de Milwaukee
et ils se sont rendus en voiture
dans un hôtel de Kenosha,
dans le Wisconsin, où ils ont passé
plusieurs jours ensemble.
Une fois arrivés,
ils ont commencé à faire certaines pratiques
de BDSM, dont celle
qui consiste à utiliser la strangulation
contrôlée afin de provoquer
un manque d'oxygène.
Peux-tu nous expliquer un peu comment
ça fonctionne, cette méthode-là?
C'est une technique
apparemment qui se nomme
asphyxie érotique, puis elle consiste
à étrangler le cou, souvent,
avec une corde, et ainsi
les artères en peinent
à acheminer l'oxygène au cerveau.
Puis après quelques temps, on observe
des sensations de légèreté, même
d'euphorie, après quoi les plaisirs
sexuels apparemment sont amplifiés.
Apparemment que selon les adeptes,
le roche qui parcourt
notre corps pendant tout ce temps-là
est encore plus puissant qu'une dose de cocaïne.
Ça doit être fort.
Je ne vous parle pas en connaissance de cause,
mais c'est une pratique qui est quand même assez courante.
On a même vu des gens
mourir de ça parce que tu peux te l'affliger
à toi-même, cette
pratique-là. Je crois que c'est ce qui a tué
David Carradine, le comédien
dans Kill Bill. Oui, c'est vrai, t'as raison.
C'est comme ça que ça s'est produit.
Oui, oui, ça peut être très, très dangereux
comme pratique parce qu'on pousse la personne
vraiment aux abords de la mort.
Oui, à la limite, justement.
C'est cette limite-là qui crée un buzz
au cerveau. J'ai l'impression qu'il doit avoir
le cerveau, le cerveau doit paniquer ou faire
une décharge, justement, d'adrénaline
et de dopamine pour peut-être tenter
de se réanimer et c'est ça qui doit
allumer la personne qui vit ce moment-là.
Zélick
explique en interrogatoire qu'il est allé
trop loin dans cette technique
et qu'elle a cessé de respirer.
Oui, on peut dire ça aussi.
Elle est morte après coup.
Zélick a alors placé le corps
dans une valise, on te parle toujours
de Jenny Gamayz ici, qui l'a sortie
de l'hôtel sur un chariot à bagages
et il l'a déposé dans la valise de son
coffre de voiture.
La raison pour laquelle il n'a pas appelé la police
ou les secouristes, ni procédé
à la réanimation cardio-respiratoire,
on le rappelle, c'était un ex-policier,
c'est qu'il a paniqué sur le coup.
Zélick a ensuite conservé le corps
dans son réfrigérateur pendant plus
d'un an. Incroyable.
Et en février 2014, il
déplaça le corps dans le coffre
de sa voiture étant donné que c'était l'hiver
et qu'il faisait froid. Donc, à ce moment-là,
les autorités étaient déjà
venus le voir et même
que lorsqu'ils étaient venus la première fois,
le corps de Jenny était dans
le congénateur et ils ne l'ont pas trouvé.
Non, exact. Et c'est pour ça qu'en février
2014, il l'a déplacé dans son coffre
de voiture parce que les policiers étaient venus
le voir et je crois qu'il y a eu peur
que s'il revienne puis il fouille plus
en profondeur l'appartement. Il y a
comme un peu dissimulé la preuve.
Parce que j'avoue que dans ce type d'enquête-là,
la voiture n'est peut-être pas la première endroit
qu'ils vont fouiller. Non, mais encore,
il courrait un grand risque parce que
en deux clics, il aurait pu décider de fouiller
la voiture. Oui, absolument. C'est vraiment
un peu idiot de sa part.
Oui, puis il se promenait avec sa voiture
donc il y avait toujours un cadavre
dans le coffre. Quand je pense
à ça, je trouve ça horrible. Ah oui, c'est
tordu. Lorsque questionnés
à propos de Laura Simonson,
Zellick explique qu'ils se sont
donnés rendez-vous en novembre 2013
dans un hôtel de Rochester.
Même scénario ici,
ils se sont adonné à des pratiques de soumission
dans la chambre pour finalement
en arriver à la strangulation.
Encore une fois, il est allé trop loin
et Laura n'a pas survécu à la
séance. Lorsque l'on regarde
la vidéo de surveillance de l'hôtel,
on le voit transporter un chariot à bagages
jusqu'à sa voiture, comme dans le cas
de Jenny Gaines.
Sur ce chariot se trouve la valise
dans laquelle Laura se trouvait
après le meurtre. Donc vraiment
troublant de visionner cette vidéo-là
en sachant les choses
après coup. Ah oui, moi j'ai pas aimé
ça de voir ça.
En plus de ça, la corde était
enroulée environ six ou sept
fois autour du cou de Laura,
ce qui montre
qu'il ne prenait pas la séance
à la légère. C'était quelque chose de sérieux,
cette strangulation-là.
Donc plusieurs minutes ont dû s'écouler
avant que les deux femmes meurent.
Il aurait donc, en théorie, eu pleinement
le temps d'arrêter la technique
juste à temps, avant qu'elles meurent.
Donc c'est vraiment à se questionner
à savoir si c'était intentionnel
cette histoire-là, parce que là,
ça fait deux fois que ça arrive,
puis c'est inquiétant
vraiment de...
il aurait pu les aider, puis il
l'a jamais fait.
C'est un choix. Oui.
Laura a laissé dans le deuil
sa sœur Nikki, mais aussi ses six enfants.
Kylie, 21 ans,
l'aînée des six enfants, le survivant
de Simonson, a déclaré
qu'elle se sentait coupable depuis que sa mère
avait été retrouvée dans une valise,
et sa peur est qu'elle doit expliquer
à ses plus jeunes frères et sœurs ce qui est
vraiment arrivé à leur mère.
Je la comprends tellement.
Que ta mère meure dans des circonstances,
toutes sortes de circonstances,
ça s'explique, mais dans des circonstances
comme ça...
Toi dis ça en mots, puis un enfant peut pas comprendre,
donc ça va prendre du temps avant qu'il lui explique.
Imaginez le choc.
Toi ta mère est morte, peut-être t'avais cinq ans,
puis t'apprends à 13 ans par exemple
la manière dont elle est morte.
Ça doit être vraiment difficile.
Sarah Simonson, en fait 18 ans,
était particulièrement proche
de sa mère. Les autres enfants
survivants de Laura sont Hunter,
15 ans, Emily, 14 ans,
Josephine, 11 ans, et Ashton,
9 ans. Les deux plus jeunes
ont dessiné des photos de leur famille
pour le juge. Ils n'étaient pas
dans la salle d'audience pendant les avieux de Zellick,
heureusement pour eux et leur
santé mentale. On vous rappelle
que Laura et Troy Simonson
avaient divorcé environ six ans
avant son assassinat et que les enfants
vivaient avec lui alors que Laura
était aux prises avec des problèmes de santé
peu de temps après la mort de leur fille
Alyssa. Lors du procès
de Stephen Zellick, la preuve
contenait 648 pages
de documents. Parce que là, on vous a
exhumé ça, mais c'est fou la preuve
accumulée parce qu'il faut vraiment démontrer
que c'était bien lui aussi,
autre son
lui-même qui s'incule.
De ça, il faut le démontrer. Je suis toujours
impressionné par la quantité de
preuves qui sont amassées dans ce
cas-ci. On parle de tonnes de courriels,
de messages échangés sur
le site CallerMe, tout ça.
C'est des messages qui peuvent être
assez troublants parfois. Oui, pour quelqu'un
qui n'est pas à l'aise avec ces pratiques-là,
ça va quand même loin.
Le 25 janvier 2016,
Stephen Mark Zellick,
qui est maintenant âgé de 55
ans, plaide coupable pour
homicide involontaire au premier degré de
Laura Simonson et de dissimulation
d'un cadavre,
il est condamné à 25 ans de prison.
Par contre, Zellick
doit faire face à un autre procès
pour le meurtre de Jenny.
Le 30 mars 2016,
il est condamné à une peine de
25 ans d'emprisonnement pour le meurtre
de Jenny, gamèse,
et aussi pour la même chose, dissimulation
d'un cadavre. Il a eu 10 ans de plus
pour Jenny.
Une des raisons, c'est que le
meurtre, il a eu lieu plus tôt,
il a caché le cadavre plus tôt,
donc ils ont voulu le punir un peu plus.
Par contre, ces pelles-là
doivent être purgées de manière concurrente.
Ce que ça veut dire, c'est que ça ne cumule pas.
Ce n'est pas 25 plus 35,
c'est vraiment 25 en même temps que le 30-50
ans de prison. Donc, au total, il va passer
35 ans en prison, et à sa sortie,
il va avoir 88 ans.
Et ça,
ça a beaucoup choqué la famille,
comme peine, qu'il n'y ait pas une peine de mort
ou des choses comme ça.
Oui, même moi, ça me choque un peu,
parce qu'on parle quand même de deux
homicides ici. Je comprends
l'idée de lui donner plus
pour Jenny, vu que c'était la première,
mais à quelque part, il aurait CIV avec
Laura. Donc, pourquoi il y a moins pour
Laura, ça m'échappe complètement.
Oui, moi aussi. Et eux, ils expliquaient que
la priorité, les procureurs, en fait,
dans le dossier, ils expliquaient que la priorité du procès,
ça a toujours été de faire en sorte
que Stephen Zellick ne soit
jamais dans la communauté à un
âge ou ce qu'il serait
physiquement capable de commettre
un crime de ce genre-là.
Donc, c'est clair qu'à 88 ans,
s'il survit jusque-là,
pour eux, c'était ça leur théorie.
Donc, on doit être dans un état qui
ne prône pas la peine de mort ou des choses,
ou du moins l'emprisonnement à vie, j'ose croire.
Cependant, comme je vous dis, la famille
n'était vraiment pas d'accord avec ça,
même Troy, l'ex-mari,
a beaucoup chialé.
C'est plein dans les médias,
c'est plein aux juges aussi, parce que
comme il expliquait ou comme Nicky,
sa sœur expliquait, oui, même s'il y a une peine
plus grave, ça la ramènera pas
Laura ou Jenny,
mais en tant que famille
de la victime, c'est vrai qu'on dirait
en vie que cette personne-là soit encore plus
punie pour le geste qu'elle a fait,
parce qu'il a quand même
enlevé une mère de famille à
six enfants.
Ça fait mal.
Oui, pour son propre plaisir
de jouissance érotique.
C'est pas fini.
On vous parlait tantôt que Steven
avait été suspendu de la police en 2001,
en fait qu'il avait démissionné.
C'est qu'il y a eu un autre cas en 2001.
Il a fait une autre victime.
C'est une femme de Milwaukee qui dit
s'être échappé de lui à un moment donné.
Elle pense, elle, après
coup qu'elle aura pu subir le même sort
que Laura et Jenny. Je vous
explique. Treize ans avant que les enquêteurs
débarrent pour la première fois
chez Steven, il y a eu un rapport
de police qui a été fait
de West Allis, la municipalité
ou le poste de police où Steven
travaillait, et qui décrivait
en détail l'évasion
d'une autre victime de Zellick en 2001.
La police a été appelée dans un appartement
après qu'une femme vêtue
de ses sous-vêtements ait commencé à
frapper à la porte d'une voisine
en disant qu'elle venait de s'échapper de l'appartement
d'en face et qu'un homme avait tenté
de la violer. Selon le rapport
de police, Zellick a évité
la femme à prendre un verre à son appartement.
En lui montrant la chambre à coucher,
il aurait mis quelque chose dans sa poche
de son pantalon qui ressemblait à des menottes.
Et lui, il se tenait dans
l'embrassure de la porte, les bras et les jambes
bien écartés. Tout à coup, il
a pris la femme et l'a jeté
à terre. Elle l'a paniquée,
puis elle lui a dit « Est-ce que tu veux me tuer ? »
Puis Zellick lui a simplement répondu
« Est-ce que tu veux coucher avec moi ? »
Puis elle a réussi à se débattre et à s'enfuir
de la pièce.
Mon Dieu, quelle tacte !
Malheureusement,
bon, elle a appelé la police,
mais la police, elle a arrêté la femme
parce que c'est une prostituée.
Et à cause
de ça, ils n'ont jamais porté d'accusation
criminelle contre Zellick.
Ça, pour moi, ça fait un
non-sens. Parce que Zellick
était policier à cette époque-là aussi.
Donc, la victime, elle, elle a déclaré
qu'une fois que Zellick a été arrêté,
selon
elle, il aurait fallu que Zellick
reste arrêté et qu'il y ait une enquête plus
approfondie et que
s'il avait été arrêté à ce moment-là, il aurait peut-être
pu éviter qu'il y ait eu d'autres victimes
comme Laura ou Jenny, par exemple.
Par contre, les autorités, eux,
ils ont un autre son de cloche par rapport à la femme
en question. Le chef de police
de West Allist, Charles Padgett,
a déclaré que les responsables de l'enquête
à l'époque avaient déclaré
que la femme, elle, elle a pas
voulu porter plainte
en fait contre Zellick
et qu'elle ne collaborait pas du tout à l'enquête.
OK. Mais tu sais,
d'une certaine manière, j'ai l'impression
que je peux comprendre parce que s'ils l'ont arrêté
pour prostitution, même si
tu as subi une attaque,
tu dois être un peu déchiré,
entre-aider les policiers, puis tu sens qu'ils t'aident
pas parce qu'ils t'arrêtent même si
tu les as appelés parce que
t'es presque fait violer. Donc, je peux
peut-être comprendre. Par contre, elle,
elle dit que c'est pas vrai. Elle nie complètement
ça qu'elle a toujours voulu collaborer à l'enquête.
Et suite à ça,
comme on vous a dit un peu plus tôt, Steven a quand
même démissionné une première fois de ce
poste de police-là. Mais c'est
ça démontre que
13 ans avant, en fait, il
a toujours été comme ça, de ce qu'on peut comprendre.
C'est à cause de ce dossier-là
que quand Olat
s'a appelé, les collègues de West
Alice qui ont dit justement une histoire d'harcèlement,
mais c'était ce cas-là
qui a mis la puce à l'oreille de tout le monde.
C'est drôle que la police
protège. Je peux pas dire
ça, mais on dirait que de ce côté-là, j'ai
l'impression que la police a un peu protégé Steven.
Je sais pas ce que t'en penses.
Il semble avoir eu quelque part, je veux pas dire
de la corruption, mais oui, ça se peut qu'il y ait eu une
forme de protection.
C'est même un peu
le comportement avec
la première femme en 2001
que Zélick a tenté de violer.
Ça fait un peu partie du problème.
Même si elle était une prostituée,
ça veut pas dire qu'on a le droit
de la battre
ou de la maltraiter.
Encore une fois, étant donné
qu'elle fait la prostitution, ça la gêne
d'aller parler à la police, parce qu'il y a
des services de police qui vraiment
ne respectent pas ça, puis ils sont complètement
contre. Donc c'est sûr que ces femmes-là
parfois peuvent être victimes de
traitements épouvantables, juste parce
qu'évidemment, ils osent pas
à les dénoncer aux policiers, parce
qu'ils ont peur d'avoir encore
plus de représailles étant donné de la façon
dont elles gagnent leur vie.
C'est un peu une roue malsaine
qui tourne sans fin, puis qui
fait en sorte que ces problèmes-là
persistent.
T'as absolument raison.
Je sais qu'on se remonte en 2001,
je sais qu'il y a eu beaucoup d'évolutions
par rapport au traitement des travailleuses du sexe,
disons un plus grand respect,
j'ose croire même aux États-Unis,
mais quand même,
je me questionne vraiment si à l'époque
il y avait eu une sanction ou un
emprisonnement ou quoi que ce soit,
ça ne l'aurait pas empêché
d'agir de la sorte, mais on peut pas revenir en arrière
et c'est comme ça.
Mais, toi,
est-ce que tu penses que c'était
prémédité,
ces actions-là de Steven
ou c'était vraiment un accident?
On le saura probablement jamais, mais moi,
on dirait que j'ai l'impression
que Steven était sans doute
un prédateur
dans l'âme. On le voit
au fil du temps, puis ça c'est des histoires
simplement des histoires qu'on sait,
mais il y en a peut-être d'autres histoires.
Il y a peut-être harcelé d'autres filles,
puis qui n'ont pas osé porter plainte.
Parfois, il y a peut-être même réussi
à commettre des crimes en lien avec
le harcèlement sexuel,
puis c'est passé sous silence.
Donc, j'ai l'impression que
j'aime pas le croire, mais
j'ai l'impression que c'était peut-être un peu prémédité,
parce que, tu sais, il a commencé
à faire des tentatives
de viol comme ça. Il y en a sans doute
fait d'autres entre 2001 et 2013.
En 12 ans,
je ne pense pas qu'il a été
abstinent de cette
déviance-là qu'il a,
puis j'ai l'impression qu'il a tenté à plusieurs reprises
d'essayer d'autres expériences,
puis c'est avec Jenny Gamaez
que peut-être il s'est rendu compte que
il y a peut-être quelque chose qui le plaisait là-dedans,
dans la strangulation
qui tourne mal.
C'est pour ça. Sachant qu'en plus,
il n'a même pas tenté de la réanimer,
il n'a pas appelé l'ambulance, rien.
Ça aurait pu changer
tout le scénario, en fait.
Peut-être même que Jenny aurait été sauvée,
puis grâce à ça, il n'aurait pas fait Laura
comme prochaine victime.
C'est pour ça que j'ai un peu l'impression
que c'était peut-être prémédité cette histoire-là,
étant donné qu'il l'avait fait une fois,
qu'il avait décidé
de le refaire une autre fois, puis l'a peut-être fait même
à d'autres reprises.
Je me questionne à savoir s'il n'y a même pas eu
d'autres victimes, et quand je parle de victimes,
d'autres femmes mortes, parce que des gens
disparus, pas retrouvés,
il y en a peut-être eu ailleurs aussi.
Peut-être que ça s'est restreint à ces deux-là seulement,
mais je ne suis pas capable
d'éliminer à 100% l'hypothèse
qu'il y a peut-être fait d'autres victimes,
puis que les corps n'ont pas été retrouvés non plus.
Ben oui, on a presque un
profil de tueur en série,
ici, ou potentiel,
et en plus, sachant qu'il vient
des forces de l'ordre, c'est encore plus troublant,
je trouve. Ah oui, vraiment.
Mais c'est ça.
C'est pas parce que t'es policier
que t'es
un peu sain d'esprit nécessairement,
il y a toujours dans tous les cadres
de métier, dans tous les cadres de métier, pardon,
il y a toujours un peu des gens déviants,
puis c'est vrai qu'on a tendance à penser que les policiers
c'est des gens droits,
mais ils sont droits,
qu'il n'y aurait pas d'exception, mais on le voit encore une fois
qu'il y a toujours une paume pourrite à quelque part.
Ben oui.
Et toi, qu'est-ce que t'as pensé de toute cette histoire-là,
Seb? Ben moi, je suis assez mitigé,
je suis un peu comme toi, j'ai l'impression
qu'avec Jenny, c'est un accident,
et qui en a peut-être découlé,
trouvé du plaisir justement,
donc quand il voyait qu'elle était sur le bord
d'étouffée, j'ai l'impression qu'il a vraiment
ressenti un plaisir, puis c'est pour ça
qu'il a pas appelé, je suis pas sûr qu'il a tant paniqué que ça.
Et il a répété
la même chose avec Laura. Je donne un
bénéfice du doute aussi, dans le sens que
peut-être que même avec Laura, l'objectif
n'était pas non plus de la tuer,
mais ça, on le saura
jamais. Puis sachez que le site
colorme.com,
il n'existe plus, et même qu'actuellement,
il appartient à personne.
Ce qui est quand même quelque chose de rare
sur internet qu'un nom de domaine,
il n'y a pas toujours un site web sur tous les noms de domaines,
mais souvent, il est acheté par
quelqu'un, ou là actuellement,
de ce que je voyais, il n'y a pas vraiment de propriétaires,
donc on dirait que
à cause de toute cette histoire-là, il y a personne
qui voudrait le racheter et s'associer
à ça, puis je le comprends aussi,
mais il y a d'autres
sites qui ont émergé suite à la fermeture
de ColorMe. Il y a eu le site
MissBisa,
en fait, MissBesa.com,
puis il y a aussi le site dont
tu nous parlais tout à l'heure, FetLife,
qui est par rapport
au financial, au fétiche
en fait. Oui, c'est ça qui est un peu un
réseau social, un Facebook
de gens qui ont un kink,
donc un genre de fétiche,
justement. Ben oui,
nous, en fait, on ne juge pas les gens qui vont sur
ces sites-là. Non, pas du tout.
Il y a plein
de choses intéressantes, je présume,
pour les gens à qui ça intéresse,
mais c'est ça. Il ne faut pas oublier
que, justement, des prédateurs
comme ça, comme Stephen Zellick, il peut en avoir
n'importe où, puis c'est pas juste les
jeunes qui peuvent être des victimes. Parfois, c'est
les adultes aussi. Donc,
c'est une histoire très triste. J'ai l'impression,
encore une fois, qu'elle aurait peut-être pu être
évité, mais
encore une fois, c'est une histoire
qui a été résolue grâce
aux preuves en ligne, puis au travail
de ce fameux Jeff, qui est un peu
un hacker, ami
de Laura, qui lui a fait
des travaux que même la police
n'avait pas réussi à faire à ce moment-là.
Donc, c'est une histoire
qui était pertinente, je pense, pour
distorsion et pour notre communauté.
Tu sais, je reviens un peu à
Laura par rapport à ses nouvelles
habitudes de BDSM. On n'a jamais su
si elle pratiquait ça avant avec son ex-
mari. J'ai l'impression que
la solitude et tout ça l'a amené vers ça,
parce que j'essaie de comprendre
qu'est-ce qui fait qu'il y a quelqu'un qui n'est pas attiré
par ça au départ, puis même
à son âge. Généralement,
plus on vieillit, plus on... Pas qu'on reste
dans nos pantouf, mais en vieillissant,
c'est moins là qu'on...
Elle l'aurait découvert sur le temps.
Oui, c'est ça. Je me demande qu'est-ce qui a pu
l'amener vers ça.
J'ai l'impression que quand
t'es en dépression, que tu vis
tellement des choses tristes que ça doit te...
Ce sentiment-là de domination
doit t'amener à autre chose.
Mais j'avais lu aussi que des théories...
Les gens qui aiment se faire dominer aussi, c'est souvent
des gens qui ont eux dans leur vie, ils ont le
contrôle sur tout. Donc,
ils aiment un peu s'échapper d'avoir
le contrôle et de se faire dominer.
Parce qu'elle, avec la gestion...
Tu sais, on dit six enfants parce qu'elle en a une de mort, mais il n'y a pas si longtemps,
elle avait sept enfants aussi,
en garde partagée.
C'est une aide soignante, donc c'est
pas toujours facile comme métier aussi.
Donc, j'ai l'impression que
il fallait qu'elle ait le contrôle sur sa vie.
J'ai l'impression qu'elle est allée vers ça pour
justement, un peu comme on le disait,
c'est un échappatoire. Mais ça semble être
un pattern,
pas récurrent, mais qui est souvent présent
des gens qui ont le contrôle,
mais qui cherchent plutôt à être dominés
dans une portion de leur vie sexuelle.
Oui, ou encore, moi j'aimerais une
théorie alternative.
Je sais qu'il y a des gens
dans la domination, en fait,
que ce qu'ils recherchent, d'une certaine façon,
c'est une forme de liberté.
Parce que dans la
soumission, en fait,
certains voient la soumission comme
l'expression de la liberté.
Parce que quand t'es libre
de choisir tout dans la vie,
et que tu choisis la soumission,
il n'y a aucun acte qui est plus libre
que ça. C'est une façon de penser
un peu...
alternative.
Mais je réussis à
trouver un fondement quand même.
Elle qui vivait beaucoup
d'angoisse, de challenge dans sa
vie personnelle, qui sentait peut-être
pas justement qu'elle avait le contrôle à ce moment-là,
pour elle, peut-être qu'elle
sentait qu'elle retrouvait sa liberté
dans ses pratiques-là.
Ça fait du sens. C'est une théorie
parmi tant d'autres. Cher Distordu,
on vous laisse nous dire ce que vous pensez
de cette histoire-là et de nos théories
sur le BDSM.
Vous pouvez le faire sur notre groupe privé
de discussion sur Facebook. Vous avez juste
à le trouver, faire une demande,
et nos modérateurs risquent de vous
accepter si vous avez pas l'air trop
louche. Non, et tout ce qu'il dit là, ça reste entre nous.
Oui. Et sinon, vous savez
toujours où nous trouver. On est sur Instagram
au Distorsion Podcast.
Même chose sur YouTube et
sur Facebook. Sur Twitter, on est
Distorsion Pod. Et puis,
c'était encore un plaisir, mon cher Seb, de traiter
d'une histoire étrange avec
toi ce soir.
Pour conclure cet épisode, mon cher
Émile, est-ce que tu aurais un mot de la fin
pour nous?
En guise de prévention,
ne surveillez pas seulement ce que vos enfants
font sur le web, mais aussi ce que
vos parents font. Ça pourrait éviter
beaucoup de tracas.
Oh!
Écouter Distorsion
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